Accompagnement du changement

Le but visé par la création de ce Blog,est de proposer un plan de formation des enseignants,afin d’arrimer ceux-ci à l’ère des TIC et d’en faciliter ainsi l’intégration dans l’enseignement des autres matières.

11 juillet, 2009

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1 juillet, 2009

Livrable Esquisse 8

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ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE YAOUNDE

HIGHER TEACHERS’  TRAINING COLLEGE OF YAOUNDE

Livrable Esquisse 8 clip_image002

UNIVERSITE DE YAOUNDE I

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I

*****

DEPARTEMENT D’INFORMATIQUE ET DES TECHNOLOGIES EDUCATIVES

DEPARTMENT OF COMPUTING SCIENCE AND INSTRUCTIONAL TECHNOLOGY

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Année académique 2008-2009

2008-2009 Academic year

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N°: 07YI429

 

 

 

 

 

ESQUISSE D’UNE STRATEGIE ET D’UN PLAN DE FORMATION DES ENSEIGNANTS A L’USAGE DES TIC.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par :

DOUANLA DOUNGTIO PAULINE

Licenciée en Droit privé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous la direction de

 

MARCEL FOUDA NDJODO

Chef de Département d’Informatique et des Technologies Educatives de l’ENS

 

 

 

 

 

 

 

TABLE DES MATIERES

 

INTRODUCTION.. 2

1.1.  Etape de sensibilisation. 4

1.2.  Etape de formation. 6

1.3.  Etape de recyclage : « formation continue ». 6

2.1. Un questionnaire de catégorisation. 7

2.2. Une catégorisation des enseignants. 8

2.3. La prise en main catégorielle. 9

2 .4. Test d’appropriation des TIC.. 9

2.5. La formation en modules. 10

ANNEXES. 11

Annexe 1 : Esquisse de questionnaire pour catégorisation. 11

Annexe 2 : Les différentes prises en main. 17

Annexe 3 : Esquisse de modules de formation. 18

CONCLUSION.. 27

 


 

INTRODUCTION

 

L’usage des TIC s’est de nos jours répandu dans tous les domaines au point ou ne peut plus s’en passer. Le système éducatif notamment camerounais est lui aussi entré dans la mouvance en décidant à travers ses gouvernants de les intégrer non seulement dans tous les usages, mais aussi et surtout dans l’enseignement.

Mais intégrer les TIC à l’enseignement signifie que les enseignants doivent les utiliser pour dispenser leurs cours. Comment faire aveuglément confiance à un outil dont on ne maîtrise ni le processus de fabrication, ni les réactions, encore moins les contours?

Il se pose de ce fait un problème de qualification des enseignants. Ces derniers ne sont pas aptes, ils n’ont pas la compétence requise pour enseigner avec les TIC. C’est pourquoi, face à ces nouveaux outils, ils démontrent une certaine réticence. D’où la nécessité de les mettre en confiance avec ces outils qui ne leur sont pas très familiers, ce en leur apportant une formation, seul moyen pour les arrimer.

L’intérêt de ce travail réside en le fait qu’il traite d’un problème crucial auquel se bute toujours l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et dans celui camerounais en particulier. Avec l’analyse de ce sujet, l’intégration des TIC dans l’éducation sera désormais aisément envisagée.

Pour résoudre ce problème, il est alors procédé par un recensement des difficultés que peuvent éprouver les enseignants, à partir duquel une formation spécialisée est prévue. Le but final étant de proposer une ébauche de solution pouvant contribuer à rendre les enseignants aptes à utiliser les TIC pour enseigner.

Pour y parvenir, ce travail soumet à deux phases obligatoires : d’un part une stratégie de formation (phase 1) qui étale les étapes à suivre pour une bonne formation et par ricochet une intégration réussie des TIC dans l éducation ;d’autre part un plan de formation (phase 2) qui décrit comment doit se dérouler le processus de formation ,bref les moment d’une formation.

 


 


 

Phase 1 : STRATEGIE DE FORMATION

 

L’accompagnement du changement se justifie par les nombreuses difficultés relevées comme éventuels obstacles à l’intégration des TIC. Il convient donc, de s’attarder sur le déploiement de l’encadrement à accorder aux enseignants pour lever ces difficultés. Ceci passe par une formation dont le plan est ci-dessous proposé. Il se subdivise en trois étapes : la sensibilisation, la formation proprement dite et le recyclage.

 

1.1.  Etape de sensibilisation

La sensibilisation grand public vise à apporter le maximum d’informations aux personnes concernées par l’intégration des TIC dans le système éducatif à savoir : les planificateurs, les décideurs, les chefs d’établissement, les enseignants, les élèves, etc. Cette sensibilisation pourrait se déployer en trois moments : des campagnes médiatiques, des campagnes de proximité, des séminaires d’information.

 

1.1.1.      Les campagnes médiatiques

Afin d’intéresser le maximum de personnes et d’incruster dans leur mémoire la culture technologique, une diffusion à grande échelle doit être effectuée à travers les médias écrits, audio et visuels. Pour ce faire, les masses médias doivent être utilisées non seulement pour cultiver les citoyens, mais aussi pour les informer des différentes planifications des formations. Ainsi, en vue de promouvoir la culture informatique :

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques visant la démystification de certains concepts et outils TIC doivent être proposées à fréquence régulière.

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques éducatives sur l’accompagnement du changement doivent également être programmées à fréquence régulière, ce en vue d’apporter un soutien au plan d’intégration envisagé par les établissements. Mais aussi dans le but de stimuler les établissements  retardataires à amorcer  le processus d’intégration des TIC.

Ø  Des communications dans la presse écrite doivent être faites pour informer le lectorat sur les opportunités, les apports et les avantages d’une intégration des TIC.

Ø  Des partenariats pourraient être signés avec des entreprises d’équipements informatique en vue d’assurer le sponsoring des émissions, rubriques, jeux (individuels par téléphone ou inter établissement en présentiel) technologiques dans les média pour équiper le plus grand nombre en matériel informatique tel les ordinateurs, les clés USB, des logiciels, des didacticiels.

 

1.1.2.      Les campagnes de proximité

Le but des campagnes de proximité est de créer un certain rapprochement entre le public cible et les formateurs, pour que ce dernier ressente  véritablement l’urgence et la nécessité de l’intégration ; et qu’il y adhère parce qu’ayant été convaincu. Pour ce faire, les agents du changement pourraient passer par deux étapes : des rencontres en conseil d’enseignants, ou des rencontres inter personnelles.

Ø  Les rencontres en conseil d’enseignants. L’agent du changement pour mieux inculquer la notion et effectuer sa mission, doit pouvoir regrouper les enseignants soit de tout l’établissement, soit par discipline pour les entretenir sur la nécessité d’une intégration des TIC, en insistant particulièrement sur le rendement qui pourrait de ce fait être amélioré et le travail des enseignants facilité, l’économie de temps qui pourrait s’ ensuivre, la précision dans le travail, sans toutefois omettre de parler du nouveau rôle de l’enseignant, de ses nouvelles attitudes et de ses nouvelles compétences. Il devra aussi s’attarder sur la nécessité d’une intégration collective (un mouvement d’ensemble, tous devant se sentir concernés pour une intégration réussie), passant par l’intégration individuelle. Autrement dit, il les entretiendra sur les opportunités que pourrait offrir une intégration et comment la gérer.

Ø  Les rencontres interpersonnelles. Il s’agit pour l’agent de changement, chaque établissement d’aller vers les enseignants les rencontrer individuellement, pour leur présenter la situation, leur expliquer comment opérer personnellement son propre changement, susciter ainsi leur adhésion au projet d’intégration des TIC dans leur établissement. Il est donc essentiellement question pour l’agent de créer ou de propulser la motivation des enseignants. En leur expliquant qu’un changement d’ensemble commence d’abord par un changement au niveau individuel par le biais d’une motivation personnelle et d’une formation appropriée.

 

1.1.3.      Des séminaires.

Dans le but de sensibiliser le maximum d’enseignants sur les offres de formation en vue d’une bonne intégration des TIC, des séminaires sur l’intégration, l’accompagnement du changement, les formations, les logiciels, l’apport des TIC etc, doivent être organisés régulièrement dans les établissements ; ceci pour préparer psychologiquement les participants à accepter et  suivre le changement. Pour ce faire, des experts en des domaines spécialisés de l’informatique, en TIC, en techno pédagogie, en des didacticiels précis pourront être invités à exposer et présenter les avantages à adopter ce qu’ils proposent. La phase de sensibilisation devra être suivie par un réel encadrement : la formation.

 

1.2.  Etape de formation

Elle consiste à proposer effectivement aux enseignants, une formation qui puisse les conduire à utiliser avec assurance les TIC en classe.

 

1.3.  Etape de recyclage : « formation continue »

Après les différentes formations octroyées aux enseignants, et dans le but de solidifier les acquis, un plan trimestriel ou semestriel de remise à niveau devra être établi. Ainsi, les enseignants pourront rester en phase avec les techniques apprises mais également suivre le rythme des évolutions technologiques. Ces séances de recyclage pourront être organisées soit en fonction des disciplines d’appartenance, soit en fonction des difficultés antérieurement recensées, ceci pour évaluer leur degré de résolution


 


 

Phase 2 : PLAN DE FORMATION

 

Après les étapes d’une formation envisagées à la phase précédente, il est important de marquer un temps d’arrêt sur la procédure de la formation.

Autant les élèves apprennent (niveau micro), autant les enseignants (niveau méso) que les sociétés (niveau macro) apprennent comme mentionné plus haut. Cet apprentissage a pour but essentiel d’accroître les compétences. Pour ce qui est de l’enseignant, il passe essentiellement par des formations et, pour comprendre les situations pouvant amener un enseignant à s’intéresser aux TIC,  six voies de formation possibles ont été suggérées : l’autoformation, des contacts en dehors du milieu professionnel, un accompagnement ou un appui en situation professionnelle, des stages professionnels ou non (en formation initiale), des stages (en formation continue). Parmi ces voies possibles, l’autoformation est de loin la plus fréquente (surtout dans une situation où l’initiative d’intégration des TIC en classe viendrait des enseignants eux-mêmes. Alors ils se donnent les moyens pour y parvenir). Mais dans le cadre d’une intégration envisagée par la hiérarchie d’un établissement, l’accompagnement ou l’appui en situation professionnelle est la voie préconisée.

         Une stratégie de formation des enseignants ici proposée pourrait être résumée en quatre principaux moments : les enseignants sont soumis à un questionnaire, à la suite duquel ils sont classés dans les différentes catégories, ils sont ensuite orientés vers la prise en main (encadrement psychologique) prévue  pour leur catégorie, et enfin soumis aux modules de formation qui sont fonction du besoin immédiat et du niveau d’appropriation individuel de chaque enseignant.

 

2.1. Un questionnaire de catégorisation

S’agissant du premier moment de la formation : le questionnaire (voir annexe 1), il permet à partir du résultat obtenu, de classer l’enseignant dans l’une des cinq catégories d’enseignants confrontés aux TIC d’après la catégorisation proposée par Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000). Ce qui permet de déterminer quelle assistance psychologique apporter à l’enseignant en difficulté.

 

 

2.2. Une catégorisation des enseignants

Pour le deuxième moment qui consiste à catégoriser effectivement les enseignants, il s’agit en fonction du nombre de réponses obtenu, de situer le sujet dans la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages. Il faut rappeler que les catégories dont il s’agit sont issues de la classification proposée par Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) et sont les suivantes : Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers.

Mais dans le souci de sauvegarder l’honorabilité des enseignants, en évitant de les frustrer par les termes péjoratifs de la classification (ceci pour les amener à répondre aux questions et poursuivre la formation sans préjugés), les termes Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers seront utilisés pour les besoins de recherche, mais pour les résultats qui seront publiés à l’enseignant, ils seront remplacés par Catégorie 1, Catégorie 2, Catégorie 3, Catégorie 4, Catégorie 5. Les enseignants ne doivent pas être décourages par le processus d’appropriation des TIC du seul fait  de la catégorie à laquelle ils appartiennent.

 

 

Catégories

Correspondances

Réfractaires

Catégorie 1

Craintifs

Catégorie 2

Insécures

Catégorie 3

Sceptiques

Catégorie 4

Pionniers

Catégorie 5

Tableau 5 : Equivalence de catégorisation

 

 

2.3. La prise en main catégorielle

Le troisième moment du plan de formation est la prise en main de chacune des catégories. Elle vise à apporter à l’enseignant la réponse qui lèvera son inquiétude et l’incitera ainsi à utiliser les TIC. Autrement dit, il s’agit d’un encadrement psychologique dont le but est d’amener l’enseignant à adhérer à l’engrainage du changement. Cette étape est plus théorique que pratique ; dans la mesure où elle passe plus par les exposés, les présentations, les discours, enfin les démonstrations. Ainsi, pour chaque catégorie il existe une prise en main spécifique, puisque les enseignants n’éprouvent pas tous les mêmes difficultés face aux TIC. D’où la nécessité de distinguer les « prise en main » (voir annexe 2).

Il faut remarquer que toutes ces prises en main devront immédiatement être suivies par des modules de formation, puisque l’objectif final est de faire parvenir les enseignants à une utilisation exemplaire des TIC c’est-à-dire à leur utilisation pédagogique.

 

2 .4. Test d’appropriation des TIC

Cet autre moment constitué d’une seule question à quatre propositions, permet de déterminer où l’enseignant a éventuellement débuté ou non sa formation, et donc par où il devrait la poursuivre ou la commencer.

La question à laquelle devront répondre les enseignants est la suivante : quoi vous servent actuellement les TIC ?

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             A rien

 

 

             Pour satisfaire ses besoins personnels

 

 

             Pour remplir ses obligations professionnelles et administratives

 

 

 Pour enseigner

Si l’enseignant coche la première case, cela signifie qu’il devra débuter la formation par le plus bas niveau (sensibilisation). S’il coche la deuxième case, alors il utilise déjà les TIC pour ses besoins personnels et ce module devra simplement être renforcé et testé avant le passage à un autre module. Ainsi de suite pour toutes les autres cases.

 

2.5. La formation en modules

Le dernier moment consiste à soumettre les enseignants à une formation par module selon leur degré d’appropriation des TIC. En fonction du modèle-synthèse d’appropriation des TIC par les enseignants proposé par Carole Raby ; les modules en question sont : la « sensibilisation », l’« utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ».

Il n’est pas superflu de rappeler que ces modules ne sont pas successifs, en ce sens qu’un enseignant après sa formation au module de sensibilisation, peut devenir un expert en TIC c’est-à-dire aller directement à l’utilisation pédagogique, sans forcément suivre les modules intermédiaires; tout dépendant de la motivation personnelle qui l’incite à vouloir les utiliser,  de l’intérêt qu’il porte à l’intégration des TIC, et de l’utilité qu’il croit pouvoir en tirer. Les modules de formation dépendent de l’utilisation des TIC par l’enseignant. Ainsi, il sera orienté vers un module précis en fonction de son degré personnel d’appropriation  en TIC et /ou de ses besoins imminents (voir annexe 3).

 

 

NB : Chaque module sera évalué sur 20 points, 10 comptant pour la théorie, et 10 autres pour la pratique. Un enseignant  ne pourra passer à un autre module, que s’il a obtenu au moins 15/20 dans le module qu’il suivait.

Au bout des quatre modules, il sera à nouveau soumis à une évaluation générale qui a pour but de tester les connaissances  acquises dans l’ensemble. S’il obtient au moins 15/20, il lui sera décerné un diplôme attestant qu’il a suivi tous les quatre modules et les a passés avec succès. Il est désormais compétent et apte à enseigner avec les TIC.


 

 


 

ANNEXES

 

Annexe 1 : Esquisse de questionnaire pour catégorisation

1- Vous êtes à Yaoundé et vous avez un ami  qui se trouve en  Espagne  vous voulez prendre de ses nouvelles:

Ø  La distance vous décourage (réfractaires)

Ø  Vous  lui écrivez une lettre manuscrite  que vous envoyez par la poste (craintifs)

Ø  Vous lui saisissez une lettre que vous envoyez par la poste (insécures)

Ø  Vous lui faites un e-mail et vous lui écrivez aussi une lettre (sceptiques)

Ø  Vous communiquez avec lui à travers la messagerie instantanée (pionniers)

 

2-  S’il fallait apprécier les TIC, vous diriez qu’ils sont :

Ø  Inutiles (réfractaires)

Ø  Dangereux (craintifs)

Ø  Imprévisibles (insécures)

Ø  Utiles mais avec quelques réserves (sceptiques)

Ø  Indispensables (pionniers)

 

3- Votre opinion générale sur Internet : vous considérez que c’est :

Ø  Un outil comme les autres (réfractaires)

Ø  Un outil à ne pas mettre entre toutes les mains (craintifs)

Ø  Un gain de temps (insécures)

Ø  Un gadget (sceptiques)

Ø  Un enjeu de société (pionniers)

 

4- Concernant la messagerie électronique, vous :

Ø  N’avez pas d’adresse électronique  (réfractaires)

Ø  Avez peur des répercussions sur votre santé physique ou mentale (craintifs)

Ø  Vous imaginez que d’autres personnes peuvent avoir accès à vos messages (insécures)

Ø  Avez un compte mais vous ne l’utilisez jamais (sceptiques)

Ø  Pouvez même joindre un fichier (pionniers)

 

5- Enseigner avec un ordinateur pour vous est :

Ø  Sans importance (réfractaires)

Ø  A ne pas envisager  car on ne sait pas de quoi il est constitué (craintifs)

Ø  Utile pour la préparation du cours mais risqué pour sa présentation (insécures)

Ø  Envisageable mais reste encore à voir (sceptiques)

Ø  Un atout (pionniers)

 

6- Concernant la maîtrise et l’usage d’un ordinateur, vous :

Ø  Ne pouvez pas allumer un ordinateur (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher car vous ignorez quelle en sera la réaction (craintifs)

Ø  Pouvez l’allumer et l’utiliser  mais, pas pour une illustration publique (insécures)

Ø  Savez-vous en servir mais quant à l’utiliser en classe, vous n’en voyez pas trop l’importance (sceptiques)

Ø  Vous sentez en confiance avec  et vous êtes prêt à l’utiliser en classe (pionniers)

 

7- S’il fallait qualifier les TIC, vous diriez qu’ils sont :

Ø  Sans importance notoire (réfractaires)

Ø  Dangereux et à déconseiller (craintifs)

Ø  Utiles mais leur manipulation est compliquée (insécures)

Ø  Importants mais doivent encore faire leurs preuves pour qu’on les adopte (sceptiques)

Ø  Indispensables de nos jours (pionniers)

 

8- Vous utilisez Internet pour :

Ø  Rien du tout car vous n’en voyez pas l’utilité (réfractaires)

Ø  Réaliser des tâches qui ne peuvent pas endommager le système (craintifs)

Ø  Vous divertir  sous une fausse identité (insécures)

Ø  Rien, pourtant il regorge de nombreuses potentialités (sceptiques) 

Ø  Faire des recherches et publier vos travaux (pionniers)

 

9- Parmi les accessoires suivants, lequel vous semble le mieux adapté pour la sauvegarde de vos données :

Ø  Des disquettes parce que ce sont les seuls que vous connaissez (réfractaire)

Ø  Des cédéroms car vous les maîtrisez mieux (craintifs)

Ø  Une imprimante car elle permet de sauvegarder les documents sur un papier qui peut être mieux conservé (insécures)

Ø  Les disquettes car elles ont fait leurs preuves et ne présentent pas d’incompatibilités (sceptiques)

Ø  Des disques durs externes car vous en connaissez les potentialités (pionniers)

 

10- Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’acheter  et/ou d’utiliser un ordinateur :

Ø  Vous n’en avez pas besoin (réfractaires)

Ø  Vous n’êtes pas sûr de pouvoir contrôler la situation en cas de problème (craintif)

Ø  Il ne vous permet pas d’assurer la confidentialité absolue de vos données (insécures)

Ø  Vous avez l’impression qu’il ne vous servira  pas à grand (sceptiques)

Ø  L’achat des logiciels (pionniers)

 

11- Chez vous, vous disposez de :

Ø  Aucun appareil (réfractaires)

Ø  Uniquement une radio et/ou une télévision (craintifs)

Ø  Un téléphone portable malgré vous (insécures)

Ø  Un ordinateur dont vous ne faites pas trop usage (sceptique)

Ø  Tous ces appareils et d’autres nouvelles sorties (pionniers)

 

12- Vous avez programmé un voyage de nuit et vous souhaitez effectuer une réservation. Votre frère dispose d’un ordinateur portable  connecté à  Internet via un  modem :

Ø  Vous vous déplacer pour aller personnellement effectuer la réservation (réfractaires)

Ø  Vous ne vous sentez pas capable d’effectuer tout seul une réservation par Internet (craintifs)

Ø  Vous pensez que des problèmes inattendus pourraient perturber le bon déroulement de la transaction si vous utilisez ce poste (insécures)

Ø  Vous n’êtes pas sûr qu’avec le Net la réservation sera réellement effective (sceptiques)

Ø  Convaincu, vous savez que c’est possible et sans hésitation vous effectuez ou vous cherchez les moyens pour  effectuer la réservation par Internet. Vous appelez ensuite pour confirmer. (pionniers)

 

13- Pour capturer des images, vous vous sentez à l’aise en utilisant les appareils suivants :

Ø  Rien, car vous n’avez pas besoin de savoir comment on fait une photo (réfractaires)

Ø  Un appareil photo analogique classique, car il semble plus facile à utiliser (craintifs)

Ø  Un téléphone portable car vous semblez mieux le maîtriser (insécures)

Ø  Un appareil photo numérique, car vous connaissez ses performances, bien que vous n’en maîtrisiez pas toutes les fonctionnalités (sceptiques)

Ø  Une caméra numérique (pionniers)

 

14- Par rapport à l’appropriation des TIC, vous diriez que vous :

Ø  Ne savez pas à quoi ça sert  (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher (craintifs)

Ø  Pouvez les utiliser, mais vous en redoutez la fiabilité (insécures)

Ø  Voulez avoir la preuve de leur apport avant de vous lancer dans leur utilisation (sceptiques)

Ø  Vous considérez comme un expert (pionniers)        

 

15- Vous êtes souffrant et vous devez subir une simple opération de routine. Votre médecin vous propose de l’effectuer plus rapidement avec la dernière technologie de pointe en la matière.

Ø  Vous refusez car vous ne voulez pas être un cobail (réfractaires)

Ø  Vous refusez car vous préférez une opération traditionnelle avec des humains car une panne serait mortelle (craintifs)

Ø  Vous refusez car vos ennemis pourraient en profiter, en piratant le système à distance  (insécures)

Ø  Vous refusez car vous souhaitez avoir la certitude que ça marche sur un nombre de cas statistiquement significatif  avant de l’essayer (sceptiques).

Ø  Vous acceptez volontiers car vous croyez fermement aux TIC et vous pensez que l’opération sera d’ailleurs meilleure (pionniers).

 

16- Si vous disposiez d’un ordinateur, vous l’utiliseriez pour :

Ø  Orner votre salon comme joyaux (réfractaires)

Ø  Ecouter la musique ou jouer aux cartes (craintifs)

Ø  Saisir uniquement du texte (insécures)

Ø  Réaliser des taches routinières sans jamais essayer quelque chose de nouveau (sceptiques)

Ø  Effectuer vos expériences dans la découverte de ses opportunités (pionniers)

 

17- Votre frère vous envoie de l’étranger une série de logiciels divers :

Ø  Vous les donnez à quelqu’un qui s’y connaît (réfractaires)

Ø  Vous les conservez soigneusement sans jamais y toucher (craintifs)

Ø  Vous testez ceux que vous connaissez (insécures)

Ø  Vous lui demandez de vous envoyer une version plus ancienne que vous maîtrisez déjà bien (sceptiques)

Ø  Vous les testez tous pour voir en quoi ils peuvent vous être utiles (pionniers)

 

18-  Vous avez un appareil (téléphone portable, appareil photo, ordinateur…) qui tombe en panne :

Ø  Vous l’abandonnez  et vous achetez un autre (réfractaires)

Ø  Vous le rangez soigneusement (craintifs)

Ø  Vous faites appel à un expert mais vous observez  le dépannage à distance (insécures)

Ø  Vous faites appel à un expert et vous assistez attentivement au dépannage (sceptiques)

Ø  Vous tentez de résoudre le problème par vous-même (pionniers).

 

19-  Pendant la navigation sur Internet, vous avez suivi la publicité d’un article qui vous a intéressé et vous souhaiteriez l’acheter :

Ø  Mais vous laissez tomber car vous ne savez pas trop comment ça se passe (réfractaires)

Ø  Vous voulez bien vous lancer mais vous craignez que ce ne soit une arnaque (craintifs)

Ø  Vous vous abstenez car vous ignorez comment l’article fera pour vous parvenir (insécures)

Ø  Vous effectuez des recherches pour savoir comment ça se passe et si c’est sûr (sceptiques)

Ø  Vous engagez directement le processus d’achat en suivant les instructions qui vous sont données (pionniers).

 

20- Vos collègues et vous êtes appelés à travailler en collaboration sur un sujet et produire à la fin un document. Pour y parvenir, vous devez effectuer des recherches sur Internet :

Ø  Vous attendez que les autres apportent ce qu’ils ont trouvé car vous ignorez comment chercher une information précise (réfractaires)

Ø  Vous préférez utiliser la bibliothèque du coin car vous savez mieux vous en servir (craintifs)

Ø  Vous apportez  quelque chose dont vous êtes convaincu  de la non pertinence, juste pour montrer que vous avez quand même cherché et cacher ainsi votre ignorance (insécures)

Ø  Vous apportez quelque chose, mais vous doutez de la pertinence car vous en ignorez les sources (sceptiques)

Ø  Vous êtes sûr de ce que vous apportez car vous savez identifier les informations fiables (pionniers).

 

Annexe 2 : Les différentes prises en main

 

Ø  Prise en main pour catégorie 1 ayant pour but essentiel de montrer aux enseignants, de leur expliquer le bien fondé, la plus value, les opportunités que les TIC offrent et l’importance de l’utilisation de l’ordinateur en classe : l’ordinateur permet à l’enseignant de réaliser de manière plus rigoureuse, plus soignée et plus rapide des travaux qui lui sont déjà familiers.

Ø  Prise en main pour catégorie 2 qui viserait à mettre en confiance les enseignants ayant des appréhensions, des préjugées sur l’ordinateur. Il sera donc question de démystifier cet outil en leur présentant son historique, ses rôles, ses opportunités, en précisant bien, qu’il ne s’agit que d’un appareil conçu par l’homme, pour faciliter l’existence humaine de par sa rapidité, sa capacité de stockage, sa performance dans les calculs, ses possibilités de représentation, de visualisation etc. Ils pourront même être amenés à le manipuler.

Ø  Prise en main pour catégorie 3 qui poursuivra l’objectif de rassurer les enseignants sur le caractère inoffensif de l’ordinateur, en insistant bien sur le fait qu’étant une machine fabriquée par l’homme, un certain nombre de garanties sont prises, et par conséquent il est celui qui la commande. La machine n’exécutant que les désirs de l’homme qui la manipule. Pour les convaincre, un ordinateur pourra même être démonté (et les circuits expliqués) et remonté avec leur concours.

Ø  Prise en main pour catégorie 4 qui cherchera à montrer, à présenter aux enseignants qui ont encore des doutes sur les performances des outils TIC, des applications qui ont fait leurs preuves. Cela signifie qu’il faudra à ce niveau, leur présenter des logiciels qui permettent de réaliser en un temps record des applications extraordinaires. On peut d’ailleurs en citer quelques uns. En mathématiques par exemple : Maple 9, Matlab ; en comptabilité et statistique : Excel ; en gestion : Access ; des logiciels de grammaire, d’orthographe, de géographie, de géologie, de sciences naturelles, etc.

Ø  Prise en main pour catégorie 5 qui se focalisera beaucoup  plus dans  l’incitation à la découverte et la présentation de logiciels autres qui existent en expliquant comment ils fonctionnent.  Ils seront invités à tester les dernières sorties en matière des TIC. Donc ici, pour chaque discipline, des logiciels appropriés devront être présentés.

 

Annexe 3 : Esquisse de modules de formation

 

Module 1 : sensibilisation

Ce module, à travers la sensibilisation, vise à inciter, à motiver les enseignants à utiliser les TIC, ce en passant par la maîtrise de l’ordinateur qui se présente comme l’objet particulier de l’ensemble des TIC. De plus, l’ensemble des compétences en TIC s’organisent autour de lui et s’articulent en système de connaissances : conceptuelles et procédurales.

 

Objectif du module :

Ø  Résoudre les problèmes liés à la connaissance du vocabulaire de base de l’ordinateur, de ses fonctions et de la petite maintenance ;

Ø  sensibiliser aux possibilités de la création des outils de gestion pédagogique avec les TIC ;

Ø  maîtriser les mécanismes fonctionnels d’un ordinateur ;

Ø  Percevoir la transition et les mobilités ou mutation due à l’innovation technologique (électricité, câbles de branchement, réseau intranet ou Internet) ;

Ø  réaliser la maintenance de premier niveau (résoudre les petits problèmes de connexion ou les pannes mineures).

 

Le Contenu

La connaissance de l’ordinateur ; de ses parties et de la maintenance de premier niveau visent à rendre l’enseignant capable d’utiliser un ordinateur et différents outils technologiques. Thierry Karsenti et autres, (1999) sont d’avis que cela inclut l’utilisation de logiciels et la manipulation de base comme : mettre en marche un ordinateur, ouvrir des logiciels, sauvegarder, enregistrer, créer, manipuler, éditer et distribuer des informations.           

Les TIC sont considérés comme une interface entre l’usager et le monde qui l’entoure; interface qui nécessite de la part de l’utilisateur des compétences manipulatoires pour pouvoir interagir avec l’objet technologique. Simplement, ce sont les compétences dont a besoin un apprenant pour savoir connecter les câbles d’un ordinateur, démarrer et fermer un ordinateur, choisir un espace de travail, c’est la connaissance de l’ensemble constitué du Hard et du software. Ces compétences techniques constituent alors le préalable à l’intégration des TIC dans l’enseignement. Leur maîtrise est essentielle pour la participation, l’interprétation et la modification des pratiques pédagogiques avec les TIC. Malheureusement, ce sont aussi des compétences qui donnent l’occasion de « technophobies »et de résistances à la technologie. En formation continue des enseignants et en formation des adultes, cette partie doit être abordée avec beaucoup de tact, pour justement ratisser le large et intéresser le plus grand nombre. Car malgré son côté convivial, l’ordinateur est d’abord perçu par les adultes comme un objet « boîte mystique ». Ces compétences techniques sont encore appelées compétences instrumentales, manipulatoires et procédurales. Donc en récapitulatif, ce module pourrait être découpé comme suit : Introduction (historique) ; les parties d’un ordinateur ; les outils matériels et logiciels ; les fonctions ; exploration de quelques périphériques ; maîtrise du clavier ; le diagnostic de disfonctionnement et la maintenance de premier niveau ; évaluation et conclusion.

 

Les outils pour la sensibilisation

Ce sont des outils matériels (documentaires, infrastructurels et numériques). Il s’agit des ordinateurs, des périphériques, des logiciels de dessin, des tableurs et de traitement de textes…des revues sur l’informatique et la maintenance informatique.

 

Activité dévaluation du  module :

A travers des questions qui viseront à juger le niveau d’acquisition des connaissances des enseignants : citer les parties de l’ordinateur ; citer des outils matériels et logiciels en donnant leurs fonctions ; quelques périphériques ; comment distinguer certaines pannes ou certains problèmes.

 

 

Module 2 : initiation à l’utilisation personnelle

Comme mentionné plus haut, lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : il est poussé par la curiosité ou par un besoin, ensuite il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels, enfin, il  recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

Objectif du module :

Ø  Faciliter l’utilisation des TIC pour résoudre des besoins personnels et satisfaire sa curiosité ;

Ø  Permettre  à l’enseignant d’avoir des connaissances de base dans certains logiciels courant afin qu’il puisse être apte à poursuivre tout seul et à compléter sa formation. Il s’agit des logiciels de traitement de textes, les tableurs, le PAO, de présentation, de conception  etc.

Ø  Rendre l’enseignant capable de rechercher des informations sur des sujets d’intérêt personnel, d’utiliser les TIC pour rester en contact avec ses connaissances, et pour résoudre des situations-problèmes ayant trait à ses besoins personnels.

Ø  écouter la musique, jouer, visionner des films, organiser son agenda, planifier ses activités, saisir ses textes, effectuer des calculs etc.

 

Contenu :

Rendre l’enseignant capable d’utiliser des outils TIC  pour subvenir à ses besoins. D’abord théorique ensuite pratique, ce module visera à inciter les enseignants à vouloir utiliser les TIC, en leur démontrant exemples à l’appui, la nécessité de les utiliser. Cela passe par des exposés sur les opportunités offertes par les TIC, qui aiguiseront la curiosité des enseignants. Ensuite, par la présentation des avantages qu’il y aurait à les utiliser : gain de temps, rapidité, convivialité, meilleure illustration, etc.

Après cette phase, suivra celle pratique  qui consistera à initier les enseignants aux rudiments techniques de base en se servant de quelques logiciels tel : un logiciel de traitement de texte (exemple Word) pour la réalisation des projets personnels, la rédaction de notes à but personnel, la bonne conservation de ses archives ; un logiciel tableur(exemple Excel) qui lui permettra d’effectuer ses propres calculs, un logiciel de présentation(exemple PowerPoint) pour présenter ses travaux, un logiciel de conception(exemple Publisher) pour des cartes de vœux à sa famille par exemple, des plans, un logiciel de gestion de base de données(exemple Access) pour réaliser ses projets, l’initiation à  l’impression , l’initiation à la recherche sur Internet pour être à la une des informations du monde (Accès à Internet à l’aide d’un navigateur, Comment chercher une information précise, Accéder à des sites web, créer son propre Site ou son Blog et publier des informations. Bref, le module visera à initier  l’enseignant à la bureautique.

 

Activité d’évaluation du module :

Des exercices lui seront proposés pour évaluer sa capacité à rechercher des informations d’intérêt personnel, produire des documents en lien avec ses besoins personnels de sorte qu’il ne soit plus obligé d’aller voir quelqu’un pour effectuer ses petites taches. Exemple : l’anniversaire de votre femme est dans quelques jours. Citez nous un outil courant que vous pourriez utiliser et concevez lui une carte de vœux ; Vous êtes responsable des activités de votre frère qui se trouve dans une autre ville. Vous lui adressiez mensuellement une lettre manuscrite pour lui faire le bilan de ses activités. En tant qu’enseignant utilisant les TIC, vous voulez l’épater en lui envoyant un autre style de lettre : saisie et comportant des calculs générés automatiquement. Qu’utiliserez-vous ? En laissant de côté la méthode traditionnelle de la poste, pourriez vous en plus  utiliser la messagerie électronique pour lui transmettre ces informations dans un fichier?

 

Module 3 : initiation à l’utilisation professionnelle

S’agissant du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant justifiera l’utilisation des TIC par une raison précise, puis au fil du temps il s’y accommodera en les utilisant régulièrement  et utilisera enfin les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel (à l’aide d’Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession et résoudre les problèmes administratifs.

 

Objectif du module : Avoir des enseignants compétents à :

Ø  utiliser l’ordinateur et certains logiciels pour la saisie, la PAO (Programmation Assistée par Ordinateur) et les calculs ; 

Ø  utiliser les TIC pour la gestion, la supervision et la planification de leurs activités professionnelles.

Ø  gérer des ressources humaines matérielles et numériques avec les TIC ;

Ø  construire des outils pertinents pour améliorer sa professionnalité.

Ø  familiariser les enseignants à l’utilisation des outils numériques pour la gestion, la planification pédagogique.

 

Contenu :

Ici, l’enseignant sera capable d’utiliser des outils pour résoudre des problèmes en rapport avec sa profession, afin d’améliorer sa productivité et sa croissance professionnelle. Les habiletés de base sont acquises ce qui lui permet d’utiliser des fonctions plus avancées des logiciels d’édition, de communications et des appareils audio ou vidéo. C’est ce qu’affirment Thierry Karsenti et autres (1999).

 Divisé en deux parties, ce module dans son approche  théorique permet de comprendre le rôle des TIC dans la gestion d’une école, alors que l’approche pratique permet de construire effectivement des outils de travail et d’améliorer la qualité de la gestion. Les points suivants seront alors développés dans ce module : la gestion avec les TIC;  la planification avec les TIC ;  construction des outils de gestion avec les TIC (tout ceci avec  à l’appui des logiciels adéquats)

Il en sortira que pour gérer sa classe,  l’enseignant aura par exemple besoin :

Ø  des fiches et grilles d’évaluation pour l’évaluation  des élèves et suivre la progression des enseignements ;

Ø  des grilles d’observation pour apprécier le parcours des élèves et veiller à la régularité et l’assiduité via le registre de présence, les taux de fréquentation ;

Ø  d’outils lui permettant la gestion des relations avec les élèves, avec l’administration avec le conseil de l’école et avec les parents d’élèves ; sans oublier la gestion des notes et procès verbaux des évaluations. Ces fonctions sont proposées par certains logiciels qu’il faudra présenter aux enseignants.

 

 

Activité d’évaluation du module :

Des questions pourront être posées aux enseignants, mais aussi des petits tests pratiques tels : à l’issue d’un séminaire auquel vous avez participé, vous êtes chargé de produire un rapport destiné à votre proviseur. Soignez-le, et dites nous quel type de logiciel vous utiliserez en nous décrivant la procédure que vous suivrez pour produire ce document ;  Introduisez, programmez et produisez automatiquement les notes de vos élèves ; représentez les résultats en utilisant un histogramme. Vous avez été désigné par votre proviseur pour représenter l’établissement à un colloque où vous devez exposer. Il vous est alors demandé de préparer une présentation avec un outil. Citez en un exemple. Au sortir du colloque, vous avez les adresses électroniques de plusieurs de vos collègues comment ferez vous pour rester en contact avec eux et échanger vos expériences ?

 

Module : initiation à l’utilisation pédagogique

Lors de l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement/apprentissage) pour enrichir son enseignement. Il les utilise fréquemment en classe avec ses élèves dans le cadre d’un apprentissage actif (interactif) et significatif.

 

Objectif du module : rendre les enseignants aptes à :

Ø  utiliser les TIC pour appliquer les principes des APC (approches par  compétences), de la NAP (Nouvelle Approche Pédagogique), de la pédagogie par objectif et la PGG (pédagogie des grands groupes) ; et ensuite à utiliser ces compétences techniques pour améliorer sa pratique pédagogique.

Ø  utiliser les TIC pour élaborer des outils de la recherche ;

Ø  résoudre les situations-problèmes liées à l’application de la Pédagogie par Objectifs, et la Pédagogie des Grands Groupes, à la nouvelle approche pédagogique et de l’Approche par  Compétences (APC) en utilisant les ordinateurs ; enseigner des grands groupes avec les TIC (exemple en utilisant un projecteur et des micros avec amplificateurs); conduire les activités pédagogiques selon les approches par objectif, par compétences.

Ø  résoudre des situations-problèmes liées à la réalisation des ressources pédagogiques avec des TIC pour améliorer leurs pratiques pédagogiques à travers  la réalisation des Didacticiels ( par : Preparing multimedia materials with Authorware ; using Macromedia Flash to create animations ; editing pictures with Adobe Photoshop ; Creating webpages with Dreamweaver ; principles of programming – Java Script Language ; development of e-portfolios ; instructional Design  selon pelgrum (2007).

 

Contenu :

L’enseignant sait très bien utiliser les différents logiciels et les différents outils de communication. Il possède maintenant les habiletés nécessaires pour intégrer l’utilisation des ordinateurs et des technologies à ses stratégies d’enseignement et aussi adapter ses interventions en fonction de ses élèves et de la matière, selon Thierry Karsenti et autres (1999).

Ce module est donc relatif à la gestion pratique en temps réel des activités des élèves, aux modes d’interventions et aux gestes professionnels nécessaires aux acteurs de l’école en fonction des contextes. Il s’agit de former les enseignants à la prise en compte pédagogique des problèmes posés par l’intégration des TIC à l’école. L’utilisation d’instruments rend complexes les relations dans l’école et en classe. C’est pourquoi le changement dans le processus de supervision ou d’enseignement/apprentissage qu’implique l’intégration des TIC nécessite de la part des acteurs l’adoption de nouvelles postures. Le système doit s’ouvrir et se transformer en un système ouvert avec interdépendance des facteurs humains et matériels.

 Au Cameroun, les compétences pédagogiques doivent permettre aux enseignants d’utiliser les TIC tout en appliquant les principes des Approches par les Compétences, la Nouvelle Approche Pédagogique, et Pédagogie par Objectifs et la Pédagogie des Grands Groupes. Tout ceci passe par : la construction de quelques exemples de didacticiels contenant des situations d’apprentissages (pour la maîtrise d’une langue ou d’une seconde langue (bilinguisme) ; pour comprendre un phénomène scientifique, pour résoudre des problèmes ; pour développer les compétences d’apprentissage). En utilisant des outils tels que des exercices d’expression orale, ou écrite, exercices de langue, reformulation de formules mathématiques, diagrammes, schémas, textes scientifiques, lois et règles, des cédéroms…

Il vise également à initier les enseignants à choisir des ressources selon les objectifs, le projet ou la compétence à acquérir ; à élaborer des contenus (des schémas, des diagrammes, les cartes…), construire des modèles permettant de rendre compte d’une série de situations de présentation, de manipulation et les mettre sur supports numériques. Ce module visera aussi à  soutenir les initiatives individuelles ; diffuser les bonnes pratiques ; valoriser les réalisations pour leur généralisation ; fédérer les ressources.

Le déploiement du  module comprend une partie théorique conceptuelle et notionnelle et une partie opératoire et expérimentale, divisées comme suit :

*          Les principes des approches pédagogiques par les objectifs, par compétences, de la pédagogie des grands groupes et la NAP qui visent à : s’approprier ces pédagogies et les théories de l’apprentissage liées aux TIC en éducation.

* Lappropriation de ces pédagogies pour conduire quelques activités d’enseignement/apprentissage et animer des projets scolaires intégrant les TIC. Plusieurs outils devront être déployés pour le succès d’une telle entreprise:

Ø  la documentation sur les approches pédagogiques par les objectifs, l’APC, la pédagogie des grands groupes, la NAP.

Ø  des situations typiques à travailler en atelier lors des pratiques ;

Ø  des références bibliographiques ;

Ø  des outils numériques hors ligne pour construire des grilles, des fiches de préparation de leçons, ou les fiches de progression par compétences, par objectifs…

Ø  usage et construction des didacticiels.

            De plus, en fonction de la discipline, des outils ou logiciels devront être proposés aux enseignants tels : les logiciels de tracé de graphiques sont à cet égard d’un intérêt particulier. Le temps qu’ils font gagner peut être consacré à l’étude des problèmes de méthode. Ces traceurs de graphes peuvent être des outils de type professionnel (Graph in the Box, grapheur de Works…), mais il sera judicieux de présenter d’abord des logiciels adaptés aux manipulations spécifiques de la discipline (tracé de diagrammes climatiques, de pyramides des âges…) qui sont d’une utilisation plus immédiate ; les logiciels de cartographie et leurs modules associés de traitement de données permettent de la même manière d’engager, à partir d’exemples rapidement réalisés, une profonde réflexion sur la valeur des représentations cartographiques (méthodes de discrétisation des données, choix des trames). L’intérêt de ces logiciels est donc, d’abord, méthodologique : la réflexion sur les choix opérés lors de la construction de la carte est plus importante que la qualité formelle du document fini. Pour cette raison on ne privilégiera pas forcément les logiciels les plus « professionnels » qui sont plus complexes à installer et à mettre en oeuvre (et sont souvent plus chers !) ; etc.

 

Activité d’évaluation du module :

Une évaluation formative, constituée de questions pour évaluer les avancés et plusieurs activités pratiques pour intégrer, renforcer et remédier les acquis sur : les nouvelles compétences de l’enseignant, les usages des TIC (qu’est-ce qu’ils peuvent apporter à l’enseignement) ; l’enseignement avec les TIC (comment ça devrait se passer) ; prise en main à l’utilisation d’un projecteur en classe ; les nouvelles attitudes des enseignants ; les nouveaux rôles des enseignants.


 

CONCLUSION

 

Dans le cadre de ce travail qui a conduit à poser le problème de l’encadrement à apporter aux enseignants pour faciliter l’intégration des TIC dans leur quotidien, il a été relevé que les enseignants ont des difficultés à les intégrer faute de compétences.

            Néanmoins, pour résoudre ce problème de qualification, ce travail a permit de proposer deux phases obligatoires : étaler d’abord la stratégie de formation qui consiste à sensibiliser, former et assurer le recyclage ; ensuite déployer le plan de formation qui a cinq étapes (le questionnaire, la catégorisation, la prise en main, le test d’appropriation et la formation en modules).

            Ce travail s’est attardé sur la formation des enseignants comme l’un des axes principaux de l’accompagnement du changement. Or il est évident que l’intégration systémique des TIC dans le système éducatif vise à rendre tous les maillons de la chaîne éducative technologiquement compétents, pas seulement les enseignants. Aussi, avec le travail déjà effectué, il est facile de déterminer l’encadrement par lequel doivent passer les enseignants pour être aptes. Mais s’agissant des autres acteurs non moins importants du système éducatif (tel les planificateur, les décideurs, les inspecteurs, les chefs d’établissement, etc. :), quelle stratégie d’accompagnement pourrait-on leur proposer pour assurer une intégration réelle des TIC dans l’éducation et pas seulement dans l’enseignement ?

 

 

14 juin, 2009

Esquisse 7

Classé dans : Non classé — pdoungtio @ 10:59

 

 

 

REMERCIEMENTS 

 

Au moment où nous produisons ce travail, notre profonde gratitude va à l’endroit de notre chef de département le Dr. Marcel FOUDA NDJODO dont l’ardeur au travail a été pour nous une source de motivation et d’inspiration.

Mes pensées vont également à l’endroit de tous les enseignants du département informatique, qui sans se décourager ont toujours su niveler notre formation.

Mes sincères remerciements s’adressent également :

A ma très chère maman Mme NDOUNTIO Martine pour le réconfort qu’elle m’a toujours apporté.

A tous mes frères et sœurs, membres de la famille NDOUNTIO, dont l’assistance et les conseils m’ont toujours poussé au travail. 

A toutes nos belles familles pour leurs encouragements constants.

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre m’ont soutenu. 


TABLE DES MATIERES 

 

REMERCIEMENTS. ii 

Liste des figures et tableaux. iv 

Liste des acronymes. v 

RESUME.. vi 

INTRODUCTION.. 1 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS. 2 

I.1. Intégration. 2 

I.2. Changement 3 

I.3. Accompagnement du changement 4 

I.4. plan de formation. 4 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION.. 5 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif. 5 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif. 6 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants. 7 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif. 14 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION   17 

3.1. Les types de changement 17 

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif. 18 

3.3. Les différents niveaux du changement 18 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC.. 19 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 27 

3.6. Autres obstacles au changement 29 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION.. 31 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC.. 31 

4.2. L’acquisition d’infrastructures. 36 

4.3. Les besoins en ressources humaines. 37 

5.1.  Démarche d’accompagnement du changement 38 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement. 39 

5.3. Proposition d’un plan de changement 41 

CONCLUSION.. 42 

RECOMMANDATIONS. 43 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC. 44 

BIBLIOGRAPHIE.. 48 

Liste des figures et tableaux 

 

Figures 

 

Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais…………………………………………………15

Figure 2: A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies …………48 

 

 

 

 

 

 

Tableaux 

 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch.  …………………………..12

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et Owyer….13 

Tableau 3 : Tableau de correspondance entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique…………………………………………………………………………29

Tableau 4 : Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow) (annexe)……………………………………………..…….6

Tableau 5 : Equivalence de catégorisation (annexe)……………………………………… 19

 

 

 

Liste des acronymes 

 

ACOT: Apple Class of Tomorrow 

APC:  Approche Par Compétence 

ISTE: Société Internationale pour la Technologie dans l’Enseignement 

NAP : Nouvelle Approche Pédagogique 

PGG : Pédagogie des grands Groupes 

ROCARE : Réseau Ouest et Centre Africain pour la Recherche en Education 

TIC : Technologies de l’Information et de la communication 

UNESCO: United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization 


RESUME  

L’intégration des TIC dans le système éducatif  provoque de nombreux changements tant dans les attitudes que dans les contenus pédagogiques. Ainsi de nouvelles attentes en termes de compétences seront envisagées. Dans le système éducatif Camerounais cette intégration semble en avoir surprit les acteurs. Ce qui implique que ces derniers éprouvent certaines difficultés à les adopter. Pour faciliter cette appropriation, ils doivent être encadrés. Les enseignants, vecteurs principaux de ce changement, ont besoin d’être formés en vue d’une utilisation efficiente  des TIC pour l’enseignement.

 

MOTS CLES : Intégration ; Changement ; Accompagnement du changement; Plan de formation.

 

 

 

ABSTRACT 

 

The integration of ICT in an educational system leads to many changes which lead to attitude changes and changing of pedagogical contents. So, there are new competences which are awaited from the educational system actors. In
Cameroon’s educational system
, these actors seem to have been surprised by that integration. That is why they have so many difficulties to adopt the ICT system. In order to facilitate the appropriation these actors should be trained. Teachers, which are the principal vectors of this change, need to be trained for an efficient use of ICT in teaching. 


 

Key Words:  Integration, Change, 


INTRODUCTION  

 

            La prolifération et la grande expansion des nouvelles technologies dans le monde, a poussé le gouvernement camerounais à décider il y a plus d’une décennie, d’entamer l’intégration des TIC dans le système éducatif. Au moment où tous les domaines s’évertuent à adopter les TIC parce qu’elles ont fait leurs preuves à travers le monde, le système éducatif ne saurait rester en marge de cette évolution. Un processus est alors engagé : celui de la réforme du système éducatif, qui doit désormais considérer ce facteur dans l’acte d’enseignement apprentissage.     

La politique gouvernementale vise à faire acquérir à tous les citoyens, des compétences  en TIC, sans lesquelles aucune compétitivité nationale et internationale n’est possible au 21ème siècle. Pour que ces compétences soient acquises par les élèves, leurs  dirigeants et leurs enseignants doivent d’abord les acquérir afin d’être aptes à pouvoir les conduire à les acquérir. 

            Toutefois, cette intégration pose un problème, dans la mesure où les acteurs du système éducatif, semblent avoir été surpris. Ils  éprouvent de ce fait des difficultés à s’approprier ces nouvelles technologies et techniques d’enseignement. D’où la nécessité de leur accorder un encadrement particulier. Les enseignants, cibles de ce travail car sont les agents principaux de ce changement ont besoin d’assistance. Alors, quelle stratégie de formation mettre en place pour lever les difficultés des  enseignants et les arrimer ainsi à l’utilisation des TIC en classe? Autrement dit, quelle   formation leur offrir et comment la déployer ?

            Afin de faciliter ce processus d’intégration des TIC dans le système éducatif, il serait judicieux de mettre en place des stratégies   visant à faciliter l’appropriation de ces TIC à travers un accompagnement. Et pour y parvenir, une analyse des procédés d’intégration dans le monde sera faite, avec un point d’ancrage sur le cas du Cameroun. Ce qui permettra à la fin de concevoir un modèle de modules de formation pour les enseignants désirant impliquer les TIC dans leurs enseignements.

            Le travail consistera à faire un état des lieux  sur l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et camerounais en particulier, sur les changements pouvant être engendrés par cette intégration, sur quelques moyens d’accompagnement du changement, et enfin il sera question de proposer une méthode de formation des enseignants qui puisse leur faciliter l’appropriation des TIC et par ricochet leur intégration dans le système éducatif camerounais.

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS 

 

Pour mieux cerner la quintessence du sujet, il est nécessaire que quelques concepts soient préalablement définis. Il s’agit des concepts d’intégration, de changement, d’accompagnement du changement, et du plan de formation.

I.1. Intégration 

 

L’intégration, dans un sens large se réfère, selon Legendre (1993), à l’« action de faire interagir divers éléments en vue d’en constituer un tout harmonieux et de niveau supérieur ». Le concept de « technologies de l’information et de la communication » (TIC) fait référence aux équipements technologiques de type numérique  pouvant servir d’outils pédagogiques.  Ex. : Ordinateurs, serveurs, caméras numériques, caméras vidéo numériques, numériseurs, projecteurs, lecteurs de cédéroms, lecteurs de DVD, graveurs, imprimantes, modems, logiciels, etc. L’intégration des TIC dans le secondaire signifie une cohésion harmonieuse entre les TIC et tous les maillons intervenant dans la chaîne éducative d’un établissement afin de produire un enseignement et un apprentissage de meilleure qualité. Ainsi, chaque acteur d’un établissement devra être capable d’utiliser  les TIC de manière efficace et efficiente pour réaliser la tâche qui lui est attribuée. Dias, (1999) dit à ce propos que « les technologies sont intégrées lorsqu’elles sont utilisées de manière continue pour soutenir et pousser plus loin les objectifs du programme et pour engager les élèves dans des apprentissages significatifs » « (…) technology is integrated when it is used in a seamless manner to support and extend curriculum objectives and to engage students in meaningful learning ». Pour soutenir cette idée, d’autres auteurs tels que Hadley, (1993), Parks, (1994), Depover, (1996) estiment que pour parler d’intégration, les TIC devraient être utilisées de manière « quotidienne », « habituelle », « régulière » ou « fréquente ». 

L’avis du Pr. Fonkoua et autres (2008) n’en est pas si éloigné, puisqu’ils affirment qu’ « il ne s’agit pas simplement de faire entrer les ordinateurs dans les écoles sans que les pratiques pédagogiques changent. L’enjeu ici est surtout l’appropriation des technologies pour changer, voire améliorer les pratiques pédagogiques. L’Intégration des TIC à l’école pense- t-on pourrait être l’un des leviers de la transformation de l’acte éducatif.

Mais, qu’est-ce que l’intégration pédagogique ? Plusieurs auteurs procèdent par la négative pour tenter de cerner le phénomène de l’intégration des TIC. Ils expliquent que l’intégration des TIC, ce n’est pas seulement : 

Placer les équipements dans les classes (Bray, 1999 ; Dockstader, 1999) ; encore moins aller au laboratoire 40 minutes par semaine (Dias, 1999) ; ni utiliser les ordinateurs comme une feuille d’exercice électronique ou une récompense pour les élèves qui ont terminé leur travail (Dias, 1999) ; ni utiliser des logiciels sans but précis (Dockstader, 1999) ; non plus enseigner comment utiliser les TIC (Bailey, 1997). 

Ce type de discours par la négative, sans vouloir en minimiser la valeur, ne permet pas de définir précisément ce qu’est l’intégration des TIC puisqu’il met plutôt l’emphase sur ce qu’elle n’est pas. 

François Mangenot, (2000) propose tout de même la définition suivante : « l’intégration, c’est quand l’outil informatique est mis avec efficacité au service des apprentissages ». Parlant d’efficacité, un  rapport canadien (Bracewell & alii, 1996) souligne que les TIC peuvent servir aux enseignants soit à faire mieux ce qu’ils font déjà, soit à faire des choses différentes, les deux approches étant pertinentes au plan pédagogique. Il est important de rappeler qu’ il ne s’agit pas d’une intégration physique, qui consiste à mettre à la disposition des acteurs du système éducatif des dispositifs technologiques dont ils peuvent occasionnellement se servir, mais qu’il s’agit plutôt d’une intégration pédagogique qui prône une utilisation effective et régulière des outils technologiques en classe.

 

I.2. Changement 

 

Le changement est un processus de passage d’un état A vers un état B. parler d’un changement dans le système éducatif camerounais suppose le passage de l’état de non utilisation ou de la mauvaise utilisation des TIC dans les établissements à un état de déploiement systématique des TIC pour toutes les activités tant scolaires qu’extra scolaires. Le but de l’intégration est de provoquer un changement radical chez le personnel éducatif, notamment chez les enseignants : changement d’habitudes, de contenus, d’outils ; en les faisant passer de l’approche traditionnelle d’enseignement (approche par objectif) à l’approche novatrice (approche par projet), qui contribue à rendre les élèves compétents et plus compétitifs. Le changement est donc le résultat attendu à l’issue d’un processus d’intégration.

Les acteurs du système éducatif camerounais n’ayant  pas dès les prémices envisagé l’éventualité d’une utilisation des TIC à l’école, ses acteurs, non suffisamment préparés à ce changement, se retrouvent actuellement devant le fait accompli : utiliser les TIC pour accomplir leurs tâches quotidiennes ; d’où le besoin pour eux d’être accompagnés dans ce processus d’intégration des TIC.

 

I.3. Accompagnement du changement 

 

L’accompagnement du changement dans le système éducatif est le processus qui vise à encadrer les acteurs du système éducatif afin de favoriser une rapide et excellente appropriation des TIC. Il s’agit donc d’apporter  un soutien, une assistance à tous ceux qui en manifestent le besoin, pour faciliter le processus d’intégration des TIC, ceci notamment dans le système éducatif camerounais.

Cet accompagnement peut consister en une assistance-conseil, une assistance-expertise, une assistance-formation, de tous les acteurs de la chaîne éducative. Il s’agit ainsi de mettre en place un cadre favorable à l’éclosion des TIC dans le système éducatif. Car un processus d’intégration non encadré ne saurait produire les résultats escomptés.

 

I.4. plan de formation 

 

Le plan de formation c’est l’ensemble des étapes et des activités à mener pour le bon déroulement d’une formation. Il sera ici question de présenter toutes les phases envisagées pour mettre en place et assurer une formation qui puisse avoir des retombées positives sur les enseignants, afin que ces derniers puissent être à même d’utiliser les TIC en classe sans préjugés. Il s’agit donc de déployer une stratégie de prise en main des enseignants.

Une fois ces concepts élucidés, une analyse minutieuse du processus d’intégration des TIC dans le système éducatif et ses implications est nécessaire avant la proposition d’une stratégie d’encadrement.

 

 

 

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION 

 

            Après la définition des concepts du chapitre précédent, ce chapitre abordera quelques points sur  l’intégration des TIC à savoir : les méthodes, les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif, les modèles d’appropriation des TIC par les enseignants, les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et dans le système éducatif camerounais en particulier.

 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

Il ressort des écrits de Christian Depover, (1996) qu’il existe deux principales manières d’intégrer les TIC dans un système : le top-down  et le bottom-up.

            Le top-down ou approche descendante est une technique d’intégration qui fait intervenir des décisions politiques pour initier l’intégration. Les décisions sont prises par la hiérarchie et font l’objet de décrets définissant ses modalités d’application sur le terrain. De prime abord, on serrait tenté de dire que c’est la meilleure approche d’intégration, puisqu’elle vise le changement de tout le système éducatif, et semble de ce fait plus apte à entraîner des modifications au sein du curriculum puisque se fondant sur une décision centrale imposable à tous. Mais dans les faits, cette approche se heurte rapidement à la résistance des enseignants de terrain  qui, par leurs pratiques  refusent de légitimer un outil technologique dont les apports aux disciplines restent  encore largement à démontrer et dans lequel à priori ils ne trouvent aucun intérêt.

            Le bottom-up ou approche ascendante est la technique d’intégration par laquelle l’initiative d’intégration des TIC dans le système et notamment dans  un établissement est le fait des enseignants eux-mêmes. Cette approche se caractérise par la conception par les enseignants de projets innovants, dans le but d’utiliser les TIC en classe et d’inciter leurs élèves à les utiliser également. Ces projets sont ceux qui ont une chance de succès, s’ils étaient entrepris par tous les enseignants au même moment. A ce sujet, D Cavallo, (2004) affirme que  « l’une des caractéristique d’un environnement fertile au changement est le fait que les initiatives doivent surgir de la base » en ces termes «  bottom-up and emergent   large-scale growth comes from the basis of many little contributions ».   

            Mais, le fait qu’il ne  s’agisse que d’initiatives personnelles et éparses, rend difficile un embrasement de tout le système, surtout que les enseignants ne démontrent pas tous la même motivation à utiliser les TIC en classe. Ainsi, des projets dispersés ne sauraient avoir un impact significatif sur le curriculum de manière à le modifier.

            La politique camerounaise pour sa part, semble être à cheval entre les deux approches, dans la mesure où, la hiérarchie éducative promeut une intégration des TIC dans le système éducatif en décrétant leur intégration, mais faute de moyens adaptés à cette politique, une méthode palliative semble être mise en place pour inciter les enseignants à être les acteurs prioritaires de cette intégration à travers leur implication personnelle.

            De ce qui précède, il faut retenir que l’intégration des TIC dans un système peut commencer soit par le sommet, soit par la base. Cette intégration s’effectue-elle toujours de la manière souhaitée ? D’où la nécessité d’analyser les niveaux d’intégration.

 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux, (1991) expliquent qu’il existe deux types d’intégration de l’ordinateur à la pédagogie : l’intégration physique et l’intégration pédagogique. 

Par rapport à  l’intégration physique, ils affirment qu’elle : (…) consiste à placer les équipements technologiques à la disposition des enseignants et des élèves et à amener ces deux groupes à s’en servir occasionnellement en vue de répondre aux demandes pédagogiques ponctuelles du milieu. Et Bray, (1999) dans la même lancée, affirme cependant que : « simplement placer les technologies dans la classe ou dans le laboratoire d’informatique ne signifie pas que les enseignants sauront comment les utiliser ou que le curriculum sera amélioré par leur présence »Simply placing technology in classrooms or computer labs does not mean that teachers will know how to use it or that the curriculum will be better for its presence»). De nombreux auteurs  Depover et Strebelle, (1996) ; Dias, (1999), conviennent tout de même que l’intégration physique est incontournable (puisqu ’elle est un préalable), mais c’est l’intégration pédagogique qui devrait être visée par l’implantation des TIC. Et IsaBelle, (2002) va dans le même sens lorsqu’elle affirme qu’ : « en milieu scolaire, l’aspect pédagogique des TIC constitue la pierre angulaire de la réussite ou de l’échec de leur intégration ». En d’autres termes, l’intégration est le fait d’utiliser les TIC dans le processus d’enseignement apprentissage. 

L’intégration des TIC dans un système peut demeurer au niveau physique ou évoluer vers le niveau pédagogique, tout dépendant de l’appropriation ou non de ces TIC par les enseignants. Ce qui conduit à évoquer quelques modèles d’appropriation des TIC par les enseignants. 

 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants 

Comme mentionné plus haut, l’intégration des TIC dans le système éducatif  a pour objectif principal que ses acteurs (et dans le cas présent les enseignants) en deviennent les experts, en vue de l’amélioration de la qualité du processus enseignement apprentissage. Mais, il faut noter, pour que cette intégration ait lieu, les acteurs du système éducatif doivent subir certaines transformations, ou mieux, traverser certaines étapes. Vu sous cet angle, l’intégration des TIC ne serait donc pas un état de fait mais plutôt un processus  s’échelonnant sur une période. Donc, ce processus est évolutif, partant de la non utilisation « non user » à une utilisation exemplaire « expert user » des TIC. C’est ainsi que plusieurs chercheurs tels que Carole Raby, (2004) se sont attelés à identifier les phases par lesquelles passent  les enseignants pour intégrer les TIC dans un établissement scolaire, dont il sera ici présentés quelques modèles et leurs caractéristiques.

 

2.3.1.      Le modèle de Moersch (1995,2001) 

Moersch définit sept niveaux par lesquels passe un enseignant qui veut intégrer les TIC en classe.

Ø  Le niveau zéro (0) représente la non utilisation, qui est une étape pendant laquelle l’enseignant perçoit le manque d’accessibilité et de temps comme des freins à l’utilisation des TIC.

Ø  La sensibilisation (1) est l’étape où l’enseignant peut être en contact indirect avec les TIC présentes dans son environnement.

Ø  L’exploration (2) est la phase pendant laquelle l’enseignant emploie les TIC comme complément à son enseignement lors d’activités de renforcement, d’enrichissement ; engageant ainsi ses élèves dans l’utilisation des TIC.

Ø  L’infusion (3) pour sa part, est l’étape où l’enseignant utilise les outils technologiques de manière ponctuelle, lors d’activités pédagogiques pour faciliter le traitement de l’information, résoudre des problèmes et prendre des décisions.

Ø  L’intégration (4)  constitue un moment crucial, difficile à franchir car ici, l’enseignant implique ses élèves et a recours aux TIC pour identifier et résoudre les problèmes liées à un thème (bases de données, traitement de texte, feuille de calcul, télécommunication, multimédia).

Ø  L’expansion (5)  quant à elle est la phase où l’utilisation des TIC permet à l’enseignant d’entrer en contact avec l’extérieur.

Ø  Le raffinement (6) suppose le moment où l’enseignant utilise les TIC pour permettre aux élèves de rechercher l’information, de trouver des solutions et de développer un résultat en rapport avec les problèmes réels et surtout avec leurs intérêts propres.

 

NIVEAUX 

    CATÉGORIES 

DESCRIPTIONS 

NON-UTILISATION

Perception d’un manque de temps ou d’un manque d’accessibilité des TIC comme frein à leur usage 

SENSIBILISATION

Présence des TIC dans l’environnement de l’enseignant, mais sans lien direct avec lui (ex. : dénombrement flottant, cours offerts aux élèves le midi, etc.) ou utilisation des TIC pour la gestion de classe (ex. : gestion des notes informatisée – évaluation) ou utilisation des TIC pour enrichir les présentations magistrales 

EXPLORATION

Les TIC servent de complément à l’enseignement, c’est-à-dire renforcement, enrichissement, exercices répétitifs, jeux, recherche d’information. Implique des structures de raisonnement, de niveau. 

 

INFUSION

Utilisation ponctuelle d’outils technologiques pour traiter l’information (ex. : feuille de calcul ou graphique pour représenter résultats d’une enquête). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur. 

 

 

INTÉGRATION 

 

Utilisation d’outils technologiques pour identifier et résoudre des problèmes réels liés à un thème central ou à un concept dans un contexte d’apprentissage riche (ex. : Internet pour rechercher de l’information sur un problème à résoudre, traitement de texte pour la production de documents en lien avec le problème à résoudre). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur. 

 

EXPANSION

Utilisation des TIC pour permettre aux élèves d’entrer en contact avec le monde extérieur, dans un contexte de résolution de problèmes réels liés à un thème central ou à un concept (ex. : contacter
la NASA, agence gouvernementale, etc.…). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur 

 

RAFFINEMENT 

Utilisation des TIC comme processus, produit et/ou outil pour permettre aux élèves de rechercher de l’information, de trouver des solutions et de développer un produit en lien avec des problèmes réels et significatifs pour eux. Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur et un milieu d’apprentissage actif. 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch. (Carole Raby, (2004, p.25)).  

 

* Critique du modèle de Moersch 

v  Un enseignant qui doit utiliser les TIC pour enrichir ses enseignements ne saurait en même temps être placé au stade de la « sensibilisation », où il n’est pas sensé être en contact indirect avec les TIC.

v  Ce modèle apparaît linéaire et présuppose donc que le parcours de tous les enseignants est similaire, c’est-à-dire que les enseignants traversent tous les niveaux  et selon l’ordre proposé.

2.3.2.      Le modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer (1997) 

Sandholtz et ses collègues proposent un modèle en cinq stades. Selon eux, l’enseignant passe du stade de l’ « entrée »  où il se familiarise avec les TIC placées dans sa classe, au stade de l’ « adoption » où il utilise les TIC pour des exercices répétitifs en vue d’appuyer l’enseignement. Vient ensuite le stade de l’ « adaptation » pendant lequel l’enseignant se sert des TIC  fréquemment pour gérer la classe et pour tester de nouvelles techniques pédagogiques. Suit le stade de l’ « appropriation » durant lequel il modifie ses méthodes d’enseignement pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences chez les élèves. Au dernier stade, celui de l’ « invention », l’enseignant adopte de nouvelles méthodes d’enseignement centrées sur la construction des connaissances, la résolution des problèmes, la pensée critique, qui mettent en évidence toutes les potentialités des TIC.

STADES 

DESCRIPTION 

ENTRÉE 

 

Mise en place du matériel technologique et maîtrise, par l’enseignant et les élèves, des rudiments techniques de son utilisation. 

ADOPTION 

 

Utilisation du matériel lors d’exercices répétitifs pour appuyer l’enseignement. Élaboration de stratégies pour résoudre les problèmes technopédagogiques rencontrés avec les TIC. 

ADAPTATION 

 

Usage fréquent et pertinent de la technologie. Utilisation des technologies pour la gestion de classe. Intégration des ressources technologiques aux méthodes traditionnelles d’enseignement. Questionnement sur les effets de l’enseignement avec les TIC. 

APPROPRIATION 

 

Maîtrise des ressources technologiques par l’enseignant. Transformation de l’attitude personnelle de l’enseignant à l’égard de la technologie. 

INVENTION 

 

Apparition de nouvelles méthodes d’enseignement favorisant l’acquisition d’un nouvel ensemble de compétences. 

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et 

Owyer. (Carole Raby, (2004, p.30)).  

* Critique du modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer 

Ce modèle est plus général mais est lui aussi linéaire. De plus, ce modèle  suggère qu’avec  l’intégration des TIC, l’enseignant  doit nécessairement transformer  ses méthodes d’enseignement. Alors, comment se déroulerait le processus d’intégration des TIC chez un enseignant novice à l’intégration des TIC ?

 

2.3.3.      Le modèle de Morais (2001) 

Ce modèle définit deux phases à l’intégration pédagogique des TIC. La première : l’ « initiation » qui est subdivisée en deux étapes à savoir la « pertinence » : période pendant  laquelle l’enseignant se demande si les TIC peuvent améliorer ses pratiques pédagogiques. Une fois convaincu de l’influence positive que les TIC peuvent avoir sur ses pratiques pédagogiques, il fait face à des  sentiments d’anxiété, de  « peur », d’incertitude et d’insécurité liés au changement.

La deuxième phase: l’  « utilisation » est quant à elle subdivisée en trois étapes à savoir l’ « utilisation personnelle » où l’enseignant utilise les TIC pour ses besoins personnels, excluant ses élèves ; l’ « utilisation professionnelle » pendant laquelle il y a recours  pour remplir ses fonctions de nature administratives. Ce n’est qu’à l’étape de l’ « utilisation pédagogique » qu’il les fait intervenir pour  améliorer l’enseignement et l’apprentissage de ses élèves qui se retrouvent de ce fait impliqués. Pour Morais, l’enseignant doit suivre systématiquement et progressivement les cinq étapes pour accéder à une utilisation pédagogique des TIC.

Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais. IsaBelle (2002, p. 85)

 

* Critique du modèle de Morais 

Ce modèle est lui aussi linéaire, et  ne définit pas clairement les étapes que traverse un enseignant lorsqu’il progresse vers une utilisation exemplaire des TIC.

Ces trois modèles incomplets mais complémentaires ont permis à Carole Raby d’établir un modèle synthèse représentant le processus d’intégration des TIC, qui plus loin dans ces travaux, servira de socle.

 

2.3.4.      Le modèle –synthèse de Carole Raby (2004) 

Ce modèle se fonde sur les trois précédents et illustre un processus menant de la non utilisation des TIC à une utilisation exemplaire, en quatre stades. La « sensibilisation », l’ « utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». A la « sensibilisation »,  l’enseignant est en contact indirect avec les TIC qui sont présentes dans son environnement personnel et/ou professionnel. Il côtoie dans son entourage des personnes qui s’en servent et les apprécient. Il est sans doute judicieux de préciser que le stade de « sensibilisation » sera suivi soit par l’ « utilisation personnelle », soit par l’ « utilisation professionnelle », ou encore par  l’ « utilisation pédagogique » en fonction des motivations pédagogiques qui poussent l’enseignant à suivre son processus d’intégration des TIC. Ce qui signifie que ces stades ne se succède pas forcément l’un à l’autre. Ils peuvent se chevaucher et même se dérouler simultanément, la base pour tous étant la « sensibilisation ».

Lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : la motivation  initiée par la curiosité ou le besoin  qui pousse l’enseignant à vouloir utiliser les TIC; la familiarisation, phase pendant laquelle il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels (s’il est d’abord passé par une autre phase telle l’ « utilisation professionnelle », il traversera plus rapidement cette phase de familiarisation ou même l’évitera) ; l’ exploration-appropriation où l’enseignant recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

Lors du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant traverse l’étape de motivation, puis celle de familiarisation plus ou moins longue et intense selon sa motivation et son expérience antérieure avec les TIC. Il est à relever qu’une motivation personnelle (curiosité ou besoin) permet plus facilement de traverser la familiarisation qu’un sentiment de contrainte (exemple, le chef d’établissement lui impose  de s’en servir pour une présentation : il sera confronté à une anxiété, une peur, une insécurité face à ce nouveau défi) ; et passe directement à l’étape suivante, celle de l’exploration-appropriation où il utilise les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel( à l’aide d’ Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession.

Lors du dernier stade : l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement apprentissage). Il amène même ses élèves à les utiliser en classe. Ce stade regroupe cinq étapes qui ne sont ni mutuellement  exclusives ni obligatoires. Il s’agit donc de la « motivation », la « familiarisation », l’ « infusion », l’ « exploration »,  l’ « appropriation ». Ainsi, un enseignant qui se retrouve à la quatrième étape du stade d’utilisation pédagogique (« appropriation ») peut avoir recours à des activités des étapes inférieures. Il n’est donc pas obligé de traverser toutes ces étapes. Ce stade commence par la curiosité, le  besoin pédagogique  ressenti par l’enseignant. Ici aussi, il passera très vite l’étape de familiarisation, selon sa source de motivation et son expérience. Toutefois, un enseignant qui éprouve le besoin d’utiliser les TIC  pour ses enseignements, sans  au préalable passer par l’utilisation personnelle ou professionnelle, traversera une familiarisation longue et pénible. Puisqu’ il apprendra lentement à maîtriser les rudiments techniques, ajouté à cela ses peurs, ses interrogations sur la pertinence des TIC, renforcé par le manque de temps et les difficultés d’accessibilité. A l’exploration, l’enseignant utilise les TIC pour enrichir son enseignement et donc il les utilise pour renforcer un concept enseigné en classe (exercice sur une notion de grammaire, visionnement d’un document multimédia, écoute d’un livre informatisé etc.) A l’étape de l’infusion, l’enseignant implique ses élèves dans une utilisation ponctuelle et isolée des TIC pour développer des compétences disciplinaires et  de poursuivre le développement des compétences transversales liées aux TIC. A la dernière étape l’appropriation, l’enseignant et ses élèves utilisent fréquemment les TIC  dans un cadre d’apprentissage actif et significatif. Exemple : approche par projets (modérer les communications par courrier électronique des élèves pour en tirer un élément d’information nécessaire à la réalisation du projet), approche coopérative (produire un journal informatisé pour un concours en se servant d’un logiciel de traitement de texte, de dessin), résolution de problèmes.

Si les enseignants s’appropriaient aisément les TIC, l’intégration pédagogique serait facilement acquise. Toutefois ce processus d’appropriation des TIC par les enseignants se trouve parfois perturbé par de nombreux obstacles liés à des raisons diverses.

 

 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

D’abord, une analyse sera faite sur les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde en général, ensuite une étude présentera les obstacles communs aux pays en développement notamment Africains, et enfin, une emphase sera mise sur les obstacles propres au contexte camerounais.

 

2.4.1.      Les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde 

Robert Bibeau, (2006) identifie six problèmes particuliers à l’intégration des TIC, mais mentionne tout de même que « le soutien pédagogique et technique et la formation continue des enseignants constituent encore et toujours la difficulté majeure ». Il note également au passage « l’insuffisance relative en quantité, en qualité et en pertinence des ressources et des contenus numériques éducatifs ». Les six problèmes qu’il relève sont : 

Le manque de fonds suffisants pour les technologies 

L’acquisition d’applications et de contenus numériques entraîne des coûts récurrents qui peuvent devenir difficiles à supporter par les commissions scolaires. L’achat de logiciels outils, d’applications éducatives, de systèmes d’exploitation, la  libération des droits pour l’utilisation d’œuvres protégées est une entrave financière à l’intégration des TIC. Ici, la solution serait l’acquisition de logiciels libres qui sont pourtant en nombre réduit et couvrent d’ailleurs imparfaitement les besoins.

Le développement et la mise à jour de banques de ressources numériques

Les contenus éducatifs sur Internet  ne sont pas régulièrement revisités et ne sont mis à jour que sporadiquement. La solution serait une mise à jour régulière.

L’indexation normalisée et la diffusion des ressources numériques
Il est souvent difficile pour les élèves et les enseignants de trouver ce qu’ils cherchent sur Internet. « Pour certaines disciplines, les informations sont relativement nombreuses, mais disparates et mal indexées (…) ». La solution serait un traitement documentaire et un catalogage. 

La qualité et l’évaluation des ressources numériques éducatives

La qualité et la validité des contenus numériques qui sont offerts sur le Web sont fortement critiquées par les enseignants. Puisque  n’importe qui peut publier n’importe quoi sur Internet. Tous ne prennent pas la peine d’indiquer leurs sources, si bien que l’élève ne sait plus ce qui constitue une information valide, de qualité, et ce qui constitue une désinformation. La solution serait d’outiller l’élève quant à l’évaluation de la pertinence et de la crédibilité des informations disponibles sur Internet.

Utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur
            Très souvent, des éducateurs soulignent leur ignorance face aux dispositions qui régissent le droit d’auteur sur Internet. A défaut de connaître et de comprendre la loi sur les droits d’auteur et devant le risque de poursuite judiciaire, les enseignants refusent l’accès à Internet à leurs élèves. Des campagnes d’information sur les droits  et obligations sur Internet doivent être envisagées en milieu éducatif.

Sécurité de navigation et contenus licencieux

Les adultes craignent que les élèves soient exposés à des images pornographiques, violentes ou inconvenantes en naviguant sur le Web. Pour cela, des filtres de navigation peuvent être implantés et les élèves formés à une bonne conduite.

 

2.4.2.      Les obstacles à l’intégration des TIC en Afrique 

Evarariste Zongo, (2004), énumère quelques causes à la difficile intégration des TIC en Afrique :

Ø  la  résistance culturelle à adopter de nouveaux comportements ;

Ø  les coûts très élevés des équipements ;  

Ø  les problèmes d’accès au réseau ;

Ø  le manque d’infrastructures telle l’énergie ;  

Ø  le manque de politiques cohérentes en matière de TIC.

 

2.4.3.      Les entraves à l’intégration des TIC en  classe au Cameroun 

Ø  Les effectifs pléthoriques : une application qui doit être exécutée simultanément se trouvent ralentie car le poste est partagé par plusieurs élèves. Toutefois, un vidéo projecteur pourrait résoudre le problème;

Ø  La non maîtrise de l’usage pédagogique des TIC et de l’outil informatique par les enseignants qui rend problématique leur utilisation en classe ;

Ø  la maintenance du matériel informatique pose problème car des pannes survenues ne sont pas très rapidement prises en charge ce qui ralentit la progression des enseignements.

Ø  l’ignorance des enseignants qui ne connaissent pas toujours quels sont les logiciels adaptés à leur discipline, et ne les maîtrisent pas totalement ;

Ø  Ils ont également des problèmes de gestion du temps et du contenu ;

Ø  il est difficile de modifier les habitudes et les façons de travailler, ancrées depuis longtemps ;

Ø   il faut noter aussi le manque de motivation de la part des enseignants qui se demandent pourquoi se donner tant de mal.

      Toutes ces difficultés sont dues au manque de formation des enseignants, au nombre insuffisant d’ordinateurs pour les élèves, voire nul pour les enseignants, au manque de temps des enseignants (emplois de temps chargés, et risque de ne pas achever les programmes, …), du manque d’intérêt et de volonté (les enseignants ont d’autres préoccupations). D’où la citation de Marcel Lebrun (2004) qui résume bien l’essentiel de la problématique : « L’importance de l’information, du support technique et du soutien pédagogique aux enseignants est une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. Sans cela, les nouvelles technologies permettront au mieux de reproduire les anciennes pédagogies. En d’autres mots, cela convient à dire que si les enseignants ne sont pas formés à ces technologies, dans bien des cas, ils risquent tout simplement de perpétuer les méthodes traditionnelles en utilisant un nouveau médium ». 

Il faut soulever le fait que l’intégration des TIC tant souhaitée dans le système éducatif  aura des répercussions  qui provoqueront  forcément des changements si elle est réussie.

 


 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION 

             

Dans le but d’élucider les changements pouvant subvenir suite à l’intégration des TIC dans le système éducatif, ce chapitre abordera les types possibles de changement, ce qui pourrait provoquer un changement, les niveaux pouvant être atteints par ce changement, les changements conséquents à l’intégration, et les obstacles pouvant entraver le changement.

 

3.1. Les types de changement 

 

Pour s’arrimer à l’ère technologique et ne pas être à la traîne du développement, les acteurs du système éducatif se doivent d’opter pour le changement, en vue d’améliorer les performances scolaires. Ce changement implique une révision des attitudes des acteurs du système éducatif, révision qui prendra en compte la nouvelle composante : les TIC.  Philibert de Divonne, (2006)  distingue ainsi deux types de processus interdépendants de changement:

Le changement organisationnel qui est le processus par lequel une organisation, un service …s’adapte en continu ou par rupture, sous la contrainte ou par anticipation, aux évolutions de son environnement. Et dans ce cas, l’action à mener pour parvenir à un changement est appelée conduite ou pilotage du changement, qui consiste à partir de la perception d’un problème d’organisation, à la définition d’un cadre d’actions qui permet l’élaboration, le choix et la mise en œuvre d’une solution dans les conditions optimales de réussite. Conduire le changement, c’est donc considérer le changement comme un projet à réaliser, et se donner les moyens pour y parvenir.

Le changement individuel  quant à lui est un processus psychologique d’apprentissage pouvant être appréhendé comme une adaptation des comportements individuels à un nouveau contexte. Pour que ce processus réussisse, un encadrement particulier doit être accordé : c’est l’accompagnement du changement. La somme des changements individuels entraîne l’évolution de l’organisation. Ainsi, réussir le changement organisationnel implique nécessairement réussir le changement individuel qui donnera l’opportunité à chaque membre de l’organisation de se sentir concerné. Mais alors, qu’est-ce qui pourrait justifier le désir de voir changer un système ?

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif 

 

Le développement rapide des technologiques a joué un rôle important dans la  marche du monde, tous les domaines de la vie ont été embrasés par les TIC,  au point où on ne saurait plus les éviter. Tant les domaines commercial, sanitaire, managérial, administratif, Sportif, qu’industriel, architectural n’ont pas été épargnés. Le système éducatif n’ayant pas la prétention d’être du reste, a lui aussi opté pour une modernisation fondamentale de ses méthodes. Ce, afin de permettre une nette amélioration de la qualité et de la quantité des rendements scolaires. Pourront donc être retenues comme raisons à l’adoption des TIC par le système éducatif en général que :

Ø  Aucun domaine, aucun secteur de la vie ne pourra évoluer au 21ème siècle sans les TIC. Le système éducatif doit donc être en phase avec la marche du monde en s’ y arrimant.

Ø  Faire de chaque homme un citoyen du monde  est et a toujours été une préoccupation de l’éducation. Car l’analphabète du 21ème siècle sera celui qui n’a pas  de compétences  en matière des TIC.

Ø  Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la quantité des produits scolaires est un souci permanent de l’éducation, même si l’impact des TIC dans l’éducation est plus difficile à  démontrer que dans les autres  domaine, notamment sanitaire. Ce qui est confirmé par Sasseville et Karsenti, (2005)  « Il n’existe pas de véritable consensus sur l’impact pédagogique et la pertinence de l’utilisation des TIC en classe. » Ce changement peut se limiter à un niveau ou être entier. 

 

3.3. Les différents niveaux du changement 

 

Philibert de Divonne, (2006) distingue deux niveaux de changement : 

Ø  Le changement de niveau 1 : est une modification de certains facteurs à l’intérieur d’un système qui demeure relativement stable. Si au cours du changement il survient des conditions défavorables, le changement de niveau 1  peut générer des phénomènes d’autorégulation en vue d’assurer la pérennité du système déjà existant, évitant ainsi le changement.

Ø  Le changement de niveau 2 : est une modification qui affecte le système lui-même et dans son entièreté, l’amenant ainsi à se mouvoir. Selon le niveau du changement, l’impact dans le système éducatif sera  soit mineur, soit majeur. Le but étant d’atteindre le niveau 2. Avec l’implication  des TIC dans l’éducation certains changements sont inévitables.

 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC 

 

Les changements occasionnés par l’intégration des TIC dans le système éducatif consistent prioritairement en un bouleversement dans les habitudes, une modification des curricula, une amélioration des rendements, un gain de temps, une gestion de qualité.

3.4.1. Le bouleversement des habitudes 

Faouzia  Messaoudi, (2008) affirme que : « l’intégration des TICE requiert de la part des enseignants un changement dans les pratiques et attitudes ». Et selon Charlier, B. (1998) : « le changement en question peut concerner, ses routines, ses décisions de planification ou ses connaissances ». Fullan, (1998) pour sa part, dans son analyse de la mise en place de changements en éducation, pense que : « tout acteur de changement doit s’assurer du soutien et/ou de la participation de l’institution ; de travailler en équipe ; d’accepter la diversité et de revoir régulièrement ses idées ». Donc, on peut retenir que :

Ø  les techniques pédagogiques s’en trouvent modifiées, en ce sens que l’enseignant n’est plus le centre du processus enseignement / apprentissage car désormais il y a prise en compte d’un élément nouveau : les TIC avec lesquels il doit concilier. L’apprenant n’est plus un réceptacle, il doit désormais construire ses propres savoirs sous le tutorat de son  enseignant qui n’est plus qu’un guide.

Ø  les outils pédagogiques sont améliorés, voire même modifiés .On partira par exemple du tableau noir au vidéo projecteur ; du livre à l’ordinateur portable etc.

Ø  les attitudes pédagogiques changent également. L’enseignement n’est plus un dogme mais un espace interactif. De ce fait l’enseignant n’est plus considéré comme le seul dépositaire du savoir, mais plutôt comme un encadreur, un facilitateur.

 

 

3.4.2. Modification du curriculum éducatif. 

Qui subit du fait de la présence de ces nouveaux outils un changement dans le but de les adopter et de s’y adapter. Enseigner sans les TIC impose un contenu fixe et précis, mais enseigner avec les TIC exige un contenu autre, ou du moins que celui qui existait déjà soit revisité afin de prévoir et de l’adapter à l’usage  des TIC. Par exemple, une leçon qui était faite sur une notion  et qui ne permettait que des abstractions représentables au tableau noir au prix de nombreux et fastidieux efforts,   pourra désormais être modifiée en incluant une application rapide et brève sur ordinateur pour représenter en image ou en son  la notion en question. Et pour cela, l’enseignant aura au préalable préparé sa leçon en tenant compte de ce fait et en recherchant des illustrations adéquates. Ce qui l’amène à modifier le contenu du curriculum. 

De meilleurs rendements scolaires, puisque les TIC permettent aux élèves de manipuler eux-mêmes, il n’y a pas meilleure méthode  que d’apprendre en pratiquant (apprentissage par essais d’erreurs). Il est certes vrai qu’on ne peut pas établir clairement le lien qui existe entre les TIC et l’amélioration des rendements scolaires, mais toujours est-il que beaucoup de points de vue s’accordent sur le fait que ces outils ont une contribution non négligeable dans l’amélioration des performances scolaires. Constat qui est plus facile à démontrer dans d’autres domaines.

Une économie de temps, les tâches jadis effectuées manuellement sont désormais facilitées par les TIC. Ces outils ont une performance et une vitesse impressionnantes, permettant du même coup à l’enseignant d’optimiser son temps de travail et d’accroître ses rendements.

Une gestion de qualité, en ce sens que les TIC favorisent une rapide et claire  visibilité sur l’ensemble des activités, ce qui  favorise la prise de meilleures décisions. Bref, l’intégration des TIC entraîne de nouvelles compétences.

3.4.3. Compétences attendues au 21ème siècle

Le 21ème siècle, exige de chaque citoyen du monde de posséder  certaines compétences en rapport avec les TIC, sinon sa compétitivité sera ébranlée, puisque  l’analphabète de demain sera celui qui ne maîtrise pas les outils TIC. Ces habilités, sont regroupées sous l’appellation des 21st century skills ou compétences du 21ème siècle. Il s’agit de : développer l’esprit de créativité et d’innovation ; avoir une pensée critique pour résoudre les problèmes ; communiquer et collaborer ; pouvoir s’informer ; avoir une culture médiatique ; avoir une culture technologique ; le savoir être en société. Certes, en fonction du contexte socio-économique de chaque pays et de chaque établissement, les compétences attendues ne seront pas mêmes pour tous. Toutefois, certains organismes internationaux se sont évertués  à  recenser  des standards de compétences, comme idéal à poursuivre. Il s’agit des standards ISTE (Société Internationale pour la Technologie dans l’Enseignement) de

la National Educational Technology Standards pour les compétences des élèves, et l’UNESCO pour les compétences  des enseignants. Ces compétences seront développées  ci-dessous. 

3.4.3.1. Standards pour les élèves : l’ISTE 

 

L’ISTE propose six grandes compétences comme Standards pour les élèves du 21ème siècle. Ils devront  ainsi développer les compétences que sont:

Créativité et innovation 

Les élèves doivent être capables de développer  leur esprit de créativité, construire des savoirs, développer des produits et processus innovants utilisant les technologies. Ils doivent pouvoir Utiliser les connaissances existantes pour générer de nouvelles idées, de nouveaux processus et produits.

Communication et collaboration 

Les élèves doivent utiliser les environnements et média numériques pour communiquer et travailler en collaboration même à distance pour soutenir l’apprentissage individuel et contribuer à l’apprentissage collaboratif.

Recherche et information 

Les élèves se servent  des outils numériques pour acquérir, évaluer et utiliser l’information. Ils doivent pouvoir évaluer la pertinence des informations et choisir les bonnes. 

Pensée critique, résolution de problèmes, prise de décision 

Les élèves utilisent leurs compétences de pensée critique pour organiser et mener des recherches, gérer des projets, résoudre des problèmes et prendre des décisions en utilisant des ressources et outils numériques appropriés. Ils sont à mesure d’identifier et définir des problèmes cruciaux et des questions significatives pour la recherche et utilisent alors plusieurs procédés et diverses perspectives pour explorer des solutions alternatives.

 

 

Citoyenneté numérique 

Les élèves comprennent les conséquences humaines, culturelles et sociétales liées aux technologies ainsi que les pratiques légales et les comportements éthiques. Ainsi, ils défendent et font une pratique saine, légale et une utilisation responsable de l’information et des technologies.

Maîtrise des concepts et des opérations technologiques. 

Les élèves démontrent une bonne compréhension des concepts, systèmes, et opérations technologiques. De ce fait, ils sélectionnent, utilisent effectivement et efficacement les applications ; expérimentent les systèmes et les applications; transfèrent les connaissances déjà acquises dans l’apprentissage des nouvelles technologies

 

3.4.3.2. Standards pour les enseignants : l’UNESCO 

 

L’UNESCO dénombre  six grandes composantes comme standards pour les enseignants  dans trois domaines. La formation des enseignants aux outils technologiques leur permettra d’avoir une double compétence. Ils seront compétents d’abord dans leur discipline, ensuite ils auront des bases en informatique ou du moins en manipulation des outils technologiques. Car  pour enseigner leur discipline avec les TIC, ces dernières ne doivent plus être considérées par eux comme un mystère. Or  l’informatique pour les non informaticiens puristes revient à la maîtrise des TIC. 

Pour ce qui est des compétences à acquérir par les enseignants, il s’agira beaucoup plus des compétences  techniques, pédagogiques et didactiques intégrant les TIC, ce qui est résumé par cette phrase du DEP 2005 « Une intégration réussie des technologies d’information et de communication (TIC) dans les pratiques enseignantes requiert surtout, au-delà des compétences techniques de manipulation des outils, une maîtrise des situations de classe et une forte structuration de leur préparation ». Et pour acquérir ces compétences, l’UNESCO préconise  six composantes qui doivent être adoptés par les enseignants : politique, programme et évaluation, pédagogie, TIC, organisation et administration, formation professionnelle de l’enseignant. Ce qui est décrit plus bas.

 

 

 

3.4.3.2.1. Programmes pour l’approche de l’alphabétisation technologique. 

Politique.  Les enseignants devraient être capables de : 

Initier des pratiques visant à faciliter l’appropriation des TIC. 

Programme et évaluation. Les enseignants devraient être capables de: 

Utiliser les TIC pour évaluer ce que les élèves ont acquis comme connaissances sur un sujet et fournir aux étudiants un retour sur leurs progrès en utilisant des évaluations tant formatives que sommatives. 

Pédagogie. Les enseignants devraient être capables de : 

Incorporer les activités TIC appropriées dans les plans des leçons. Décrire comment l’enseignement didactique et les TIC peuvent être utilisés pour aider les élèves à appréhender une matière. Faire concevoir par les élèves des plans de leçon qui incorporent des logiciels, e-ressources et e-contenu de tutorat, d’exercice et d’entraînement. Faire partager ces plans entre eux.

TIC. 

 Les enseignants devraient être capables de décrire et montrer l’utilisation des technologies courantes par la description du fonctionnement de base des différentes technologies, comme les ordinateurs de bureaux, les portables, les imprimantes, les scanners et les accessoires utilisables à la main. Par la description des tâches de base et les utilisations des traitements de texte comme la création de document, l’édition, le formatage et l’impression ; montrer comment les utiliser pour enseigner et faire créer des documents textes par les élèves ; décrire l’Internet et le World Wide Web, montrer leurs utilisations et décrire comment un navigateur fonctionne et utilise une URL pour accéder à un site Internet.  

Pour toutes ces activités, l’enseignant devra décrire et montrer le fonctionnement aux élèves, en discuter avec eux et leur donner la possibilité de pratiquer eux-mêmes à travers des devoirs à faire à domicile en utilisant ces TIC.

Organisation et administration. 

Les enseignants devraient être capables d’intégrer l’utilisation d’un laboratoire informatique dans les activités d’enseignement actuelles, tout en donnant des exemples des différentes façons dont on peut utiliser un laboratoire informatique pour compléter l’enseignement de la classe. 

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devrait être capables d’utiliser les ressources TIC pour améliorer la productivité ; discuter des différentes tâches qui occupent les participants pendant leur journée de travail ; discuter comment les ressources TIC peuvent être utilisées pour ces tâches et améliorer ainsi la productivité ; faire utiliser par les participants des ordinateurs de bureau, des portables, des accessoires manuels et des logiciels comme un traitement de textes, des blogs, des wikis ou d’autres outils de productivité et de communication afin d’aider à l’une de ces tâches identifiées.

 

3.4.3.2.2. Programmes pour l’approche de l’approfondissement des connaissances 

Politique. 

Les enseignants devraient être capables d’identifier les concepts clés et les processus dans les domaines de contenu ; décrire et montrer la fonction et l’objectif des simulations, visualisations, outils de collecte de données et logiciels d’analyse de donnée;  

Programmes et évaluation. 

Les enseignants devraient être capables de développer et appliquer des rubriques fondées sur les connaissances et la performance qui permettent aux enseignants d’évaluer la compréhension des étudiants des concepts clés, des compétences et des processus de leur matière, faire  appliquer par les participants.  

Pédagogie. 

Les enseignants devraient être capables de décrire comment l’apprentissage collaboratif, fondé sur le projet et les TIC peut aider les étudiants à penser et aider aussi à l’interaction humaine, et résoudre des problèmes du monde réel ; de faire travailler les participants en groupe pour concevoir un cours en ligne qui aide la compréhension des concepts clés et le développement de compétences connexes dans le domaine ; de mettre en œuvre des plans de cours fondés sur un projet et des activités de classe collaboratifs, tout en offrant des conseils aux étudiants pour les aider à finir avec succès leurs projets et leur compréhension approfondie et leurs concepts clés. 

TIC. 

Les enseignants devraient être capables de faire fonctionner différents logiciels ouverts appropriés à leurs domaines. Evaluer la pertinence et l’utilité des ressources Internet pour aider l’apprentissage fondé sur un projet. Faire chercher des sites Internet et des catalogues aux participants pour identifier des logiciels appropriés pour l’apprentissage. Faire créer par les participants des critères d’évaluation et des rubriques et justifier leurs sélections fondées sur l’efficacité pour l’objectif recherché. Utiliser le réseau pour aider la collaboration au sein et au delà de la classe. 

Organisation et administration. 

Les enseignants devraient être capables de gérer les activités d’apprentissage des étudiants fondées sur un projet dans un environnement technologique avancé.  

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devraient être capables d’utiliser les TIC pour rechercher, gérer, analyser, intégrer et évaluer l’information qui peut être utilisée, partager les ressources pour aider leur formation professionnelle. 

3.4.3.2.3. Approche de la création de savoir 

Politique. 

 Les enseignants devraient être capables de  concevoir, mettre en œuvre et modifier des programmes de réforme de l’éducation qui mettent en œuvre les éléments clés des politiques nationales de réforme de l’éducation. 

Programme et évaluation. 

Les enseignants devraient être capables de concevoir des cours et des activités de classe qui intègrent un éventail d’outils et d’appareils TIC pour aider les étudiants à acquérir les compétences du raisonnement, de l’organisation, de l’apprentissage réfléchi, de la construction de savoir et de la communication. 

Pédagogie. 

Les enseignants devraient être capables d’aider les étudiants à incorporer la production de multimédia, d’Internet, et les technologies de publication dans leurs projets afin de faciliter la production courante de connaissances et de communication avec les autres publics. Aider les étudiants à réfléchir sur leur propre apprentissage.  

TIC. 

Les enseignants devraient être capables de décrire les fonctions et l’objectif des outils de productions et de ressources TIC (équipements d’enregistrement et de production multimédia, outils d’édition, logiciels de publication, outils de conception Internet) et les utiliser pour aider l’innovation et la création de savoir des étudiants. 

        Organisation et administration.  

Les enseignants devraient être capables de  jouer un rôle de leader dans la création d’une vision de ce que leur école pourrait être avec des TIC intégrées dans les programmes et les pratiques de classe ; dans l’aide à l’innovation dans leur école ; dans la formation et l’aide aux collègues à l’intégration des TIC dans leurs classes.  

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devraient être capables d’utiliser les ressources TIC pour participer aux communautés professionnelles et partager et discuter des meilleures pratiques d’enseignement.  

            Toutes ces nouvelles compétences peuvent être résumées en quatre comme le montre le  schéma ci-dessous, qui l’explique en ces termes : « These themes may be understood as a strategic combination of approaches that help teacher educators develop the four core competencies. The core competencies may be seen as clusters of objectives that are critical for successful use of ICTs as tools for learning. The ICT competencies are organized into four groups. Pedagogy is focused on teachers’ instructional practices and knowledge of the curriculum and requires that they develop applications within their disciplines that make effective use of ICTs to support and extend teaching and learning. Collaboration and Networking acknowledges that the communicative potential of ICTs to extend learning beyond the classroom walls and the implications for teachers development of new knowledge and skills. Technology brings with it new rights and responsibilities, including equitable access to technology resources, care for individual health, and respect for intellectual property included within the Social Issues aspect of ICT competence. Finally, Technical Issues is an aspect of the Lifelong Learning theme through which teachers update skills with hardware and software as new generations of technology emerge ». 

 

Figure 2. A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies (UNESCO (2002, p.41)) 

 

Toutefois, tous les changements escomptés dans le système éducatif, dans leur mise en ouvre font face à de nombreux obstacles qui entravent considérablement leur atteinte.

 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 

 

La résistance face à une action de changement ne doit pas être comprise comme une inertie visant à bloquer l’évolution, mais comme une phase de maturation nécessaire dont on ne peut faire l’économie ; car les individus ont besoin de comprendre les changements qui les concernent avant d’agir en conséquence .C’est l’opinion de Philibert de Divonne cité plus haut. Carr (1996), dans la même lancée, dit qu’ « un  principe de l’approche systémique est  l’effet qu’un système tend à se perpétuer lui-même ». Aussi, lorsqu’un élément nouveau y est introduit (par exemple, un laboratoire d’ordinateurs est installé dans une école), le milieu tendra à rechercher le même fonctionnement qu’avant l’arrivée de cet élément, de manière à ne pas se modifier lui-même (les mêmes pratiques d’enseignement utilisées sans les ordinateurs seront appliquées). Des efforts particuliers pour modifier divers éléments du système doivent donc être entrepris (par exemple, dans ce cas-ci, en offrant notamment de la formation à de nouvelles approches pédagogiques,). Ce qui explique le fait que par nature, les individus sont réfractaires à tout changement, quel qu’il soit. Ce n’est qu’après une phase de maturation qu’ils s’y adaptent. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas de faire prendre aux technologies un rôle plus actif dans l’école, mais plutôt que les personnes qui les utilisent modifient leur perception face à celles-ci et face à leur propre rôle dans l’école.

Selon Kanter (1985), les « récepteurs » résistent au changement pour des raisons sensées et prévisibles telles que :

Ø  La perte de contrôle les individus craignent que le changement qui s’opère ne vienne leur ravir la vedette et qu’ils n’aient plus aucune maîtrise sur les activités qu’ils semblaient contrôler.

Ø  La trop forte incertitude le manque d’information sur les  étapes suivantes ou sur les actions futures cantonne les individus dans une situation d’insécurité par rapport au changement qui s’opère.

Ø  Le manque d’information lorsque les décisions sont imposées et exposées aux individus  sans préparation ni concertation, ces derniers n’y adhèrent pas forcément.

Ø  Les coûts de confusion quand il y a trop de choses qui changent simultanément, les routines qui sont interrompues. Ce qui met les individus dans une situation de confusion où ils ne savent plus quoi faire.

Ø  Le sentiment de perdre la face quand la nécessité de changer donne aux gens le sentiment qu’ils sont stupides par rapport à leurs actions passées, surtout envers leurs pairs. Et donc pour préserver leur image, ils résistent à ce changement. Ces quelques exemples présentent les causes multiples qui sont à l’origine de la résistance au changement des individus. Toutefois, cette résistance peut prendre plusieurs formes.

 

Les formes de résistance au changement 

Dans son ouvrage, Carton (1997)  a tenté de catégoriser les formes de résistance. Il a suggéré et définit  quatre formes principales de résistance : l’inertie, l’argumentation, la révolte ou le sabotage.

Ø  L’inertie consiste en une absence de réaction au changement. Les personnes manifestant l’inertie laissent croire  qu’elles acceptent le changement, mais tentent de reporter son application. Elles justifient cette inertie  en évoquant la prudence, la nécessité de demander des avis objectifs, car elles ne veulent pas se jeter dans l’inconnu, sans certitude.

Ø  L’argumentation est la forme privilégiée de la résistance et constitue la voie royale d’accès à l’intégration du changement. Un changement non argumenté n’est pas intégré. Il s’agit de la forme la plus productive et utile de résistance. L’argumentation peut se concevoir comme une négociation sur le fond et la forme du changement. Elle est un besoin naturel des individus d’influencer la réalité projetée afin de la rapprocher de la réalité vécue.

Ø  La révolte survient lorsqu’il y a incapacité pour un individu d’ajuster sa réalité à la réalité du changement proposé. L’action syndicale, la demande de mutation, le recours à la hiérarchie, la grève, … sont autant d’exemples de résistance qui prennent la forme de révolte. La révolte est toujours précédée de menace notamment dans l’argumentation. Le principe de base du changement étant de produire de façon implicite ou explicite, une amélioration, la menace à pour objet de montrer que le changement risque non pas d’améliorer mais de dégrader la situation.

Ø  Le sabotage est plus pernicieux et manipulateur que la révolte. Il prend souvent la forme d’excès de zèle dont le but est de démontrer la stupidité du changement, d’embarrasser le promoteur du projet. Le sabotage  est le reflet d’une soumission apparente au premier degré et d’une révolte au second degré. Mais il n’y a pas que la résistance comme obstacle au changement.

 

3.6. Autres obstacles au changement 

 

D. Cavallo dit que la véritable raison à l’absence de changement dans l’éducation n’est pas due au manque d’idées sur l’enseignement au niveau individuel mais plutôt à l’absence d’un modèle de changement pour tout un système en ces termes ; « a major reason for the lack of change in education is not due to lack of ideas about learning on a micro or individual level, but rather is due to a lack of models for growth and change at a macro or systemic level»

Poellhuer et Boulanger (2001) quant à eux définissent quatre catégories d’obstacles au changement :

3.6.1. Manque de temps 

Le temps requis à l’enseignant pour la préparation des nouvelles parties du cours constitue pour ce dernier un obstacle à l’adoption des TIC. Car «  pour certains domaines d’enseignement, l’utilisation des TIC affecte directement le contenu des cours, exige une mise à jour régulière et apporte un surcroît de travail au formateur .Ce surplus de travail est souvent reconnu comme un facteur dissuasif et signalé comme une conséquence négative de l’implantation des TIC ».Ce changement est souvent perçu comme une augmentation de la tâche.

3.6.2.      Transformation du style pédagogique 

Ces auteurs définissent le style pédagogique comme « la manière habituelle d’être et d’agir du professeur lors de son intervention en classe ». De ce fait l’introduction des TIC dans son enseignement modifie la relation avec l’étudiant et la façon de travailler du formateur. L’une des frayeurs des enseignants est la crainte de l’échec lors de l’utilisation d’autres méthodes dont les contours sont encore assez flous pour le formateur. Il ne voudrait pas  être confronté à la défaillance du matériel ou à un manque de connaissances technique. (Devauchelle, 2002),  ce qui engendre chez le formateur un déficit de motivation. Poellhuber, (1998)  va même jusqu’à dire que « les TIC ne représentent en rien une nécessité pour l’enseignement », bien que le travail s’en trouve nettement facilité par les nombreux, conviviaux et puissants outils qu’elles offrent. L’enseignement avec les TIC est une activité qui nécessite une forte participation des étudiants or ces derniers ne sont pas toujours préparés à ces changements qu’ils subissent inertes.

3.6.3.      Manque de soutien 

La carence de soutien des formateurs est un frein à l’adoption des TIC car toutes les mesures devant la faciliter ne sont pas entreprises  et les formateurs se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Une autre difficulté réside en la qualité du matériel choisi, qui est parfois désuet, insuffisant ou pas entretenu, ce qui renforce la résistance.

3.6.4.      Accès difficile aux technologies 

Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre (2004), ont un avis commun sur le fait qu’une intégration par les formateurs exige  que ceux-ci aient facilement accès à la technologie et  aient une bonne maîtrise des outils informatiques. En d’autres termes, les TIC doivent être dans une certaine proximité géographique avec le formateur, qui doit régulièrement les manipuler. Or les enseignants camerounais en particulier ne sont pas formés à cette  manipulation. Pour (Dary et Mallet, 1998) ceux qui prennent l’initiative de se former ne sont pas rémunérés, ni remplacés pendant ce temps de formation pris sur leur temps libre. Pour ceux qui les utilisent on note une certaine monotonie dans les outils utilisés, il y a une résistance à vouloir essayer d’autres. Ce qui s’explique par un certain nombre de difficultés rencontrées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION 

 

             Les chapitres précédents ont présenté  les contours de l’intégration et les changements qu’elle pourrait provoquer. Ce chapitre  quant à lui, relève les facteurs qui constituent des limites à une parfaite utilisation pédagogique des TIC, à savoir les difficultés des enseignants face aux TIC, les problèmes infrastructurels, et l’insuffisance en ressources humaines.

 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC 

 

 Martine Leclerc, (2007), Desjardins, (2005), Rogers, (1995), ainsi que Hall & Hord, (1987) mettent en évidence six regroupements pour catégoriser les enseignants : les initiateurs, les collaborateurs, les observateurs, les apprentis, les hésitants et les réfractaires. Ces profils constituent un moyen pour mieux comprendre les enseignants face au changement qu’ils vivent par rapport à  l’intégration des TIC et ainsi permettre aux décideurs de mieux intervenir.

Ils proposent  deux  étapes de questionnement permettant, en fonction du degré d’accord que le sujet indique, de le situer dans une catégorie d’enseignant confronté aux TIC citée ci-dessus :

* Par rapport aux représentations faites de leurs compétences face aux TIC. 

Ø  Compétence technique : Vous sentez vous prêt à apprendre à utiliser un ordinateur ?

Ø  Compétence informationnelle : êtes vous capable d’utiliser Internet pour effectuer une recherche spécifique via un moteur de recherche ?

Ø  Compétence sociale : pouvez-vous utiliser les outils technologiques pour échanger avec vos collègues ?

Ø  Compétence épistémologique : pouvez vous vous servir d’un ordinateur pour résoudre des problèmes, évaluer des idées ou dresser des analogies ?

* Par rapport au niveau où se situe l’enseignant sur l’échelle d’attitude 

Ø  Au plan affectif : Vous sentiriez vous serein, anxieux ou peureux  s’il fallait utiliser les TIC

Ø  Au plan du confort : vous sentiriez vous en confiance face aux TIC ?

Ø  Au plan du plaisir : prenez vous du plaisir à utiliser les TIC ? En êtes-vous satisfait ?

Ø  Au plan de l’utilité : êtes vous convaincu que les TIC peuvent vous aider à résoudre les problèmes professionnels ou de la vie courante ?

            Élisabeth HORDEQUIN (2006), a effectué une étude dans le but de faire un « Etat des lieux des pratiques et des perceptions de l’usage des dispositifs TICE par les enseignants et les élèves », qui a permis de détecter cinq typologies des enseignants :

- les bons élèves ;  - les « enthousiastes moteurs » ; – les intéressés individuels ; – ceux « en difficulté » ; – les désengagés.

Ce qui permet également de constater :

Ø  qu’il y a  une sous utilisation pédagogique des TIC.

Ø  qu’un accompagnement sociétal est nécessaire car les enseignants qui utilisent les TIC en classe avec leurs élèves sont ceux qui en ont d’abord une personnelle.

Pour Robert Bibeau, (2005) le personnel scolaire  pour être informatiquement alphabétisé, doit comprendre les caractéristiques de l’ordinateur, ses possibilités et ses applications. De plus il doit pouvoir apprendre à diffuser ses connaissances  par  une utilisation compétente et productive des TIC. Halle et Hord (1987) pour leur part, distinguent de ce fait sept niveaux d’alphabétisation informatique  encore appelés niveaux d’intégration de l’innovation technologique en milieu scolaire. A  ces niveaux d’intégration sont immédiatement associés autant de niveaux d’intérêt et de pratique chez le personnel enseignant. Ce qui est résumé dans le tableau suivant :

 

 

 

 

 

 

 

 

Sept niveaux d’alphabétisation informatique 

En milieu scolaire 

Sept niveaux d’intérêt et de pratique 

Chez le personnel enseignant 

Ø   0-Non utilisation 

u 0- Eveil 

Ø   1-Orientation 

u 1- S’informe sur l’innovation 

Ø   2-Formation initiale 

u 2- S’implique personnellement 

Ø   3-Automatisme 

u 3- Gère l’implantation 

Ø   4-Indépendance 

u 4- Observe les conséquences 

Ø   5-Intégration 

u 5- Collabore à l’intégration 

Ø   6-Renouveau 

u 6- L’intègre dans le système 

 

Tableau 3 : Tableau de correspondance entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique. 

 

Cependant, d’autres auteurs iront plus loin dans la classification des attitudes qu’ont les enseignants vis-à-vis de l’innovation technologique.  C’est ainsi que Rogers (1995) distinguera cinq catégories d’enseignants face aux nouvelles technologies à savoir :  

1-  Les innovateurs ; 2-  Les utilisateurs précoces ; 3-  La majorité avancée ; 4-  La majorité tardive ; 5-  Les retardataires.

      Un autre aspect sous lequel on peut évaluer les enseignants face aux TIC est proposé par Lisa Deguire, (2001). Elle pense en effet qu’il y a deux façons d’appréhender les nouvelles technologies :

Ø  en expérimentant et en innovant, même sans préparation particulière ;

Ø  en étant d’abord convaincu de la pertinence des résultats avant de tenter toute expérience.

Pour elle, il n’y a donc que deux situations possibles : soit pionnier, soit  récalcitrant. Il faut relever que ces deux catégories de personnes n’ont pas les mêmes  besoins et encore moins les mêmes intérêts  en matière d’intégration des nouvelles technologies.
 Les « récalcitrants » :

Ø  veulent des preuves tangibles, des résultats et des performances afin de s’assurer que leur investissement sera rentable. 

Ø  s’attendent à utiliser un produit de qualité sur les plans de la convivialité, de la pertinence, de l’adéquation pédagogique ainsi que du support à l’usager. 

Ø  veulent savoir comment ces outils amélioreront l’apprentissage et le raisonnement de leurs étudiants. 

En conséquence, devant des enseignants démontrant méfiance et inquiétude, il y a intérêt à utiliser des produits qui ont fait leurs preuves et qui présentent peu de risques. Veiller à leur éviter les surprises, surtout en plein milieu d’un cours! Il n’y a aucun doute que l’utilisation de modèles pédagogiques pertinents, la formation sur l’utilisation des logiciels, l’encadrement par les pairs, le travail en équipe ont leur place. Mais la dimension la plus importante demeure le soutien technique des ressources humaines qui doivent assurer la fiabilité du réseau informatique, le fonctionnement adéquat des logiciels, des environnements informatiques, et le dépannage en cas de problème.

Les « pionniers » : 

Ø  Veulent expérimenter toutes les dernières sorties en matière de technologie.

Ø  Découvrir toutes les opportunités offertes par l’outil qu’ils utilisent

Ø  Tester toutes les applications pour en observer les réactions et les répercussions.

Ø  Veulent s’en servir pour réaliser des choses extraordinaires.

Ø  Savent qu’on apprend en faisant, en explorant, en essayant, en échouant, en changeant, en adaptant nos stratégies et en surmontant les obstacles après plusieurs essais.

De ce fait, face à des enseignants démontrant autant d’enthousiasme, et de curiosité, il serait profitable pour une intégration rapide, de mettre à leur disposition un cadre propice à leur épanouissement. Ce qui pourrait d’ailleurs susciter l’admiration de leurs collègues encore sceptiques.

Pour ces auteurs : Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) les enseignants peuvent être classifiés en fonction de leur réaction face aux TIC. Eux aussi, identifieront cinq catégories d’enseignants face à l’innovation technologique. Et, cette classification sera retenue pour les présents travaux. Il s’agit : des pionniers et « mordus »,  des sceptiques,  des insécures, des craintifs, des réfractaires. 

1)      Les pionniers et les « mordus » correspondent aux niveaux 6 et 5 d’alphabétisation informatique. Ces catégories regroupent approximativement 20%  du personnel enseignant Pierre Julien Guay, (2002). Ils ont déjà adopté les technologies et fournissent les efforts requis pour surmonter les obstacles  et offrir à leurs élèves des opportunités d’utilisation des TIC et de l’Internet. La majorité d’entre eux se situe cependant aux niveaux 4 et 5 de l’échelle d’intérêt et de pratique de l’innovation technologique. Ces derniers peuvent être d’une aide importante pour leurs collègues dans l’appropriation du matériel pédagogique numérique. 

2)      Les sceptiques constituent environ 60% du personnel enseignant. Leur caractéristique principale est qu’ils ne sont pas réfractaires aux TIC, mais se demandent toutefois si « le jeu en vaut la chandelle ».Le moindre obstacle les dissuade, et ils  renoncent définitivement à l’utilisation des technologies si rien n’est fait pour améliorer les conditions et lever ainsi ces obstacles. Ce groupe se décompose en deux sous groupes : les insécures et les craintifs. 

3)      Les insécures comptent pour environ 20% du personnel enseignant. Ils se situent aux niveaux d’alphabétisation  informatique 3 et 4 et sont des gens ayant entrepris et amorcé une démarche d’appropriation des TIC. Ils les utilisent régulièrement pour préparer leurs cours et effectuer leurs recherches. Mais pour ce qui est de les utiliser en classe, ils ne se sentent pas très en sécurité (et c’est vers eux que devraient plus tendre les efforts de soutient et de formation). 

4)      Les craintifs  regroupent près de 40% des enseignants et sont aux niveaux 1 et 2 d’alphabétisation informatique. Ils correspondent à la «  majorité tardive » chez Rogers. Pour eux, l’ordinateur est encore une boîte mystérieuse dont ils ignorent le fonctionnement, qu’ils essaient d’utiliser le moins possible en classe, de peur qu’il ne se brise ou qu’il ne se plante, les laissant ainsi dans l’embarras. Ceux qui se retrouvent dans cette catégorie, ne connaissent pas beaucoup de logiciels et ne mesurent pas l’ampleur des potentialités d’un ordinateur ou d’Internet (ce groupe doit urgemment être pris en main à travers une  formation et un soutien en vue d’une appropriation  technique et pédagogique du matériel didactique sur support numérique. 

5)      Les réfractaires : Ce groupe concerne 20% du personnel enseignant et se situe aux niveaux 0 et 1 tant de l’échelle d’alphabétisation informatique que de l’échelle d’intérêt. Les efforts de formation et de soutien pour ce groupe doivent être importants. 

 Thierry Karsenti et Larose (2005), retrouvent ces catégories dans les propos des pédagogues qui affirment : « Nous manquons de temps, nous manquons de modèles d’usage efficient de ces technologies en classe, nous manquons d’assurance et notre sentiment de compétence dans l’utilisation de ces technologies avec nos élèves est très bas… la gestion de classe avec les TIC nous rend anxieux.  

Comme nous l’avons vu ci-dessus,  il existe cinq groupes d’enseignants donc cinq catégories d’attitudes : les pionniers-mordus, les insécures, les craintifs, les sceptiques et les réfractaires. Bibeau, (2005) affirme que parmi les quatre dernières catégories, nombreux sont ceux qui regardent et attendent. Car parmi ces enseignants, la majorité possède un ordinateur à domicile et ne s’opposent pas à l’utilisation pratique des TIC  en classe. Ils sont seulement sceptiques, insécures, craintifs, ou découragés devant l’ampleur de la tâche, le manque de temps et le manque de soutien technique et pédagogique. Nombreux sont les enseignants qui aimeraient être considérés comme innovateurs (des gens qui entreprennent une action innovatrice visant à résoudre une difficulté, à améliorer une situation, pourvu que l’effort leur semble profitable), mais ils hésitent car la preuve de la plus value pédagogique de ces TIC ne leur a pas encore été rapportée. En plus des difficultés liées à l’appropriation des TIC par les enseignants, d’autres facteurs contribuent à entraver l’intégration des TIC tels les problèmes infrastructurels et de disponibilité des ressources humaines.

 

4.2. L’acquisition d’infrastructures 

 

Le problème d’infrastructures est une limite majeure à l’intégration effective des TIC dans le système éducatif camerounais. En effet, faisant partie des pays pauvres très endettés, le Cameroun rencontre de nombreuses difficultés en matière d’équipements TIC, notamment du fait de leur coût jugé encore élevé pour le niveau de vie au Cameroun. Il est assez difficile pour un établissement qui voudrait se doter de matériel informatique de le faire, puisque les budgets qui lui sont alloués ne le lui permettent pas. De plus, avec le nombre impressionnant d’établissement scolaires que compte le pays, cela ne laisse aucune possibilité à l’Etat de pouvoir subventionner l’achat de ce matériel, si oui, il empiéterait sur le budget national.

Il faut également noter qu’avec les effectifs pléthoriques rencontrés dans les établissements, il est presque impossible d’acquérir un matériel suffisant. C’est pourquoi, les établissements sont  parfois obligés de se contenter de la quantité qu’ils ont pu acquérir et de gérer leurs effectifs en fonction de cette quantité de matériel. L’autre difficulté infrastructurelle réside dans la quasi inexistence des salles appropriées pour ce matériel d’un autre genre. Donc pour que le projet aboutisse, il faudrait penser à construire des salles adaptées et bien équipées, ce qui exige des moyens importants.

D’autres bémols non moins négligeables sont ceux liés à l’énergie électrique, impérative pour toute utilisation des TIC ; la connexion Internet qui est parfois interrompue, entravant ainsi l’utilisation optimale des TIC.

 

4.3. Les besoins en ressources humaines 

 

Le personnel formé à l’accompagnement (le nombre de personnes formées à la formation des autres) est insuffisant, pour ne pas dire inexistant. C’est pourquoi, l’espoir est que l’adhésion des enseignants au projet d’intégration des TIC (qui  se muteront en catalyseurs et en agents de changement), sera massive, et facilitera ainsi le processus d’intégration. De plus sur le terrain le personnel formé à l’utilisation des outils TIC est rare. Ce qui pourrait poser un problème d’assistance aux enseignants qui éprouveraient des difficultés lors de l’utilisation pratique. Mais aussi pour une question d’entretient et de maintenance de ces outils, il est nécessaire qu’il y ait des personnes qualifiées pour le sujet. Pour toutes les raisons sus évoquées, s’impose l’accompagnement du changement.

 


Chapitre 5 : L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT

 

Il a été démontré dans les chapitres précédents que l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais  et les changements attendus se heurtaient à quelques difficultés. C’est pourquoi cet autre chapitre envisagera comment encadrer ce changement afin d’éviter ces obstacles ; car le changement est une situation  pouvant déstabiliser la vie professionnelle des enseignants (dans la mesure où il impose des ajustements tant dans les attitudes, le contenu que dans la méthode), il doit donc être géré. C’est ce qui ressort des allégations  de Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre : « Si la technologie est mal intégrée au contexte ou si elle n’est pas entièrement acceptée par les différents acteurs qui utilisent seulement le minimum de ses fonctionnalités, il s’avère souvent que les bénéfices diminuent et peuvent disparaître totalement ». Le succès des projets d’intégration des TIC n’est plus fonction de la puissance de ces technologies, mais de la capacité des formateurs à exploiter leurs potentialités en vue d’améliorer l’efficience du processus d’apprentissage. Il ne suffit pas seulement d’introduire les TIC, il faut également y associer des contenus de qualité et des méthodes pédagogiques efficaces. D’où la nécessité de soutenir ces futurs utilisateurs en leur apportant les formations adéquates. Le chapitre traitera donc de la méthode d’accompagnement, de quelques domaines pouvant faire l’objet d’un accompagnement, et enfin par la proposition d’un plan de changement.

 

5.1.  Démarche d’accompagnement du changement 

 

Il est ici question d’analyser  comment initier le changement dans un système tel qu’un établissement scolaire.

Il est important de relever que chaque établissement se situe à un niveau qui lui est propre  par rapport à l’intégration des TIC dans son système. C’est pourquoi, on ne doit pas adopter le même plan, la même stratégie de changement pour tous les établissements, mais les introduire en tenant compte de sa situation et des difficultés qu’il rencontre. Il en est de même pour les enseignants. Pendant que certains sont au niveau zéro, d’autres utilisent des applications très évoluées. Le plan de changement  ne saurait donc être identique pour tous les établissements, mais le fond de la démarche restant le même comme suit : 

1)      Analyser l’existant  c’est-à-dire faire le point sur l’appréhension, le niveau d’appropriation en TIC de l’établissement qui envisage le changement à travers l’intégration des TIC.

2)      Critiquer l’existant c’est-à-dire faire ressortir les points qui pourraient être améliorés si on utilisait les TIC.

3)      Réaliser le diagnostic  c’est-à-dire présenter les points forts, les points faibles et les opportunités offertes par l’établissement en question.

4)      Elaborer et choisir des solutions c’est-à-dire, en fonction du diagnostic réalisé, proposer plusieurs solutions possibles et adopter celle qui sera appliquée. 

5)      Mettre en œuvre c’est déployer toutes les mesures pour son succès et entamer véritablement le processus d’accompagnement du groupe choisi (voir les domaines d’accompagnement  ci dessous). 

6)      Suivre et ajuster c’est se donner des indicateurs d’évolution qui permettront de vérifier si tout se déroule normalement, sinon utiliser des stratégies palliatives pour ajuster et améliorer. Cette stratégie pourra être déployée non pas seulement pour l’accompagnement des enseignants, mais aussi pour plusieurs autres domaines. Tous les aspects ne pouvant être entamés au même moment, on doit alors choisir par quel domaine commencer.

 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement.

 

Comme rapporté plus haut, une intégration réussie des TIC dans un système voudrait que tous les maillons de ce système soient impliqués et les utilisent effectivement pour accomplir leurs tâches. Ainsi, intégrer les TIC dans le système éducatif camerounais reviendrait à inclure tous ses acteurs dans le schéma directeur de l’accompagnement. C’est pourquoi, seront énumérés ici quelques axes pouvant faire l’objet d’un accompagnement et faciliter ainsi le changement.

 

5.2.1.      L’adoption des politiques TIC incitatives 

Sous d’autres cieux, les gouvernements ont adopté des stratégies pour accélérer l’intégration des TIC dans leurs établissements scolaires en distribuant par exemple des ordinateurs à tous les élèves d’une classe, en faisant des dons de salles entièrement équipées à des établissements etc.

Dans le contexte camerounais, l’Etat pourrait élaborer un plan de subvention auprès des établissements qui en feraient la demande et qui justifieraient d’une certaine crédibilité dans leur projet d’intégration des TIC, mais aussi, qui contribueraient au moins à hauteur de la moitié de toutes les dépenses à effectuer. Il pourrait également réduire les taxes à l’importation des ces outils ; signer des partenariats avec d’autres Etats pouvant apporter une aide à travers des dons de matériels  ou encore en amortissement de leurs coûts. Donc pour nous résumer, l’Etat devrait bénéficier de l’assistance (d’un accompagnement) d’experts en stratégies d’intégration des TIC pour élaborer ses plans d’intervention aux fins de propulser l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais.

 

5.2.2.      Sensibilisation à grande échelle: les média 

En vue de favoriser l’intégration des TIC dans l’éducation au Cameroun, des nombreuses campagnes médiatiques doivent être entreprises pour divulguer et promouvoir leur utilisation en classe. Ainsi, des campagnes d’information  répétitives pourraient avoir une influence sur les mentalités des populations car à force de parler et d’entendre parler des prouesses d’une chose, on finit par y croire.

 

5.2.3.       La formation : 

Ø  des Planificateurs aux  nombreuses techniques de planification de sorte qu’on puisse avoir le choix ou que l’on applique une autre si celle choisie ne produit pas les résultats escomptés.

Ø  des Décideurs à utiliser et savoir décrypter des indicateurs afin de prendre les meilleures décisions.

Ø  des Encadreurs pédagogiques  à choisir et confectionner de meilleurs contenus et supports pédagogiques.

Ø  des Dirigeants à initier et conduire des projets d’intégration pédagogiques des TIC dans leurs établissements.

Ø  des Enseignants à la manipulation, à la maîtrise et à l’utilisation des outils technologiques en salle de classe.

Ø  des Elèves  aux usages bénéfiques des TIC. C’est-à-dire comment les utiliser sans tendre vers la dérive et en tirer le maximum de profits. Au regard de ce qui précède, nous pouvons tenter de proposer un plan de changement.

 

5.3. Proposition d’un plan de changement 

 

 Le plan de changement ci-dessous proposé,  être considéré comme un canevas devant être présent dans l’esprit de celui qui veut initier le changement dans un système.

1)      Avoir un objectif global de restructuration.

2)      Adopter une approche systémique d’intégration (qui considère l’école comme un ensemble de sous systèmes inter reliés et inter dépendants) C’est -à -dire envisager une intégration  des TIC à tous les postes de travail d’un établissement et ne négliger aucun domaine.

3)      Identifier à quelle étape d’appropriation des TIC se trouve l’établissement dans lequel le projet d’implantation est envisagé.

4)      Procéder à une information, à une diffusion massive du projet d’intégration des TIC auprès des enseignants.

5)      Insister sur le fait que la décision d’adhésion au changement doit être un choix personnel, une décision délibérée de chaque enseignant  convaincu de la pertinence et de la nécessité du changement.

6)      Acquérir et installer les équipements en temps opportun.

7)      Confectionner une fiche de progression des formations

8)      Organiser les enseignants et planifier leur formation.

9)      Prévoir une assistance permanente pour d’éventuelles difficultés.

10)  Prévoir les phases de recyclage.

11)  Evaluer à la fin de chaque année les avancées et les améliorations à apporter.

 

Un accompagnement réussi conduit à l’acquisition de nouvelles compétences. Ainsi, tous les processus et plans envisagés dans le système éducatif ont un objectif principal : faire acquérir de nouvelles compétences aux acteurs du système éducatif. S’agissant de ces compétences, l’attention ne sera retenue ici que par les acteurs premiers du système éducatif à savoir les élèves et les enseignants

CONCLUSION

 

 

Mener une innovation dans un établissement est une tâche difficile. Elle l’est encore plus lorsqu’elle touche à des pratiques et des fonctions bien maîtrisées et bien ancrées dans le quotidien des enseignants et des étudiants. Introduire l’usage des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage exige de la prudence, et surtout, une démarche qui amènera la communauté éducative et notamment les enseignants à  accepter l’innovation, l’adopter et la défendre par la suite. Ainsi, une utilisation exemplaire des TIC passe par une intégration réussie. Et pour qu’elle le soit, cela suppose une procédure de changement bien encadrée. Pour ce faire, nous l’avons constaté avec nos recherches, que les enseignants ont un besoin urgent de formation. Ils  doivent être pris en charge à travers des formations visant à les doter de connaissances procédurales, techniques et pédagogiques leur permettant d’adopter sans difficultés les TIC. Mais au demeurant, pour une intégration efficace, d’autres actions parallèles à la formation des enseignants devraient être entreprises : des campagnes d’information, l’adoption de politiques incitatives, l’encadrement ou la formation des autres acteurs du système éducatif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECOMMANDATIONS

 

 

Qu’attendent donc les enseignants pour enclencher le processus d’intégration des TIC ? 

Ils espèrent que les orientations prises par les autorités en matière de TIC à l’école soient claires, précises et à long terme. Pour ce faire, nous recommandons que les autorités se dotent d’un plan stratégique et systémique d’implantation des TIC en milieu scolaire et que chaque établissement se donne un plan de mise en oeuvre de cette stratégie dans son propre milieu. Car chaque milieu  a son propre rythme d’intégration des TIC, c’est pourquoi il est recommandé qu’au préalable soient identifiées les différentes phases d’intégration des TIC en milieu scolaire et que les décisions d’implantations et les projets d’activités pédagogiques respectent la phase en cours dans chacun des établissements . Nous recommandons également que les autorités inscrivent la compétence transversale TIC dans le programme scolaire ; que le soutien technico-pédagogique soit plus immédiat, plus présent, plus rapide quand ils en ont besoin. Parfois, ils attendent simplement qu’on les informe de ce qui existe comme applicatifs scolaires, comme types de projets, comme ressources ou services et comme contenu numérique de qualité.


ANNEXES 

 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC. 

 

Phase 1 : Modalités de la formation 

 

Le déploiement de la formation doit s’effectuer en trois étapes :

Ø  Une étape de sensibilisation visant à informer au maximum les acteurs du système éducatif sur la nécessité et les opportunités de l’intégration des TIC ; à préparer les psychologies collectives et individuelles à accepter, faciliter et contribuer au changement.

Ø  Une étape de formation qui aura pour but de permettre aux acteurs du système éducatif (et dans le cas présent les enseignants), d’acquérir les connaissances nécessaires pour utiliser de manière experte, fréquente et continue les TIC pour accomplir leurs tâches.

Ø  Une étape de recyclage « formation continue » dont l’objectif sera de maintenir le niveau des personnes formées, et même de l’améliorer en l’adaptant aux évolutions.

Après l’analyse des modalités de la formation, suivra immédiatement celle du déploiement réel de la formation.

 

Phase 2 : le processus de formation 

La formation de déploie en cinq étapes : un questionnaire ; une catégorisation ; une prise en main ; un test d’appropriation des TIC ; et la formation elle-même en modules.

1) Comment fonctionne le questionnaire ? 

L’objectif est qu’à partir d’un formulaire, qu’il soit possible de déterminer dans quelle catégorie se retrouve l’enseignant-sujet. Le formulaire est constitué de vingt (20) questions ayant chacune cinq (5) propositions de réponse, chaque proposition correspondant à une catégorie. L’enseignant qui est soumis au questionnaire choisit la proposition qui semble le plus se rapprocher de sa considération. Au bout des vingt (20) questions, il aura forcément obtenu des résultats dans les catégories proposées. Il sera alors considéré comme appartenant à la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages.

2) Pourquoi classer les enseignant en catégorie ? 

Il est important de classer d’abord l’enseignant dans une catégorie précise avant de songer par après à sa formation, car de cette catégorisation dépend le conseil à lui prodiguer ou le discours à lui tenir pour l’inciter à vouloir utiliser les TIC. Les catégories en question selon  sont :

-  les réfractaires

-  les craintifs

-  les insécures

-  les sceptiques

-  les pionniers ou mordus

3) Pourquoi une prise en main ? 

La prise en main est le discours à tenir à une catégorie précise, visant à lever ses inquiétudes vis-à-vis des TIC. Elle est différente en fonction de la catégorie, et cela se justifie par le fait que les enseignants n’ont pas les mêmes appréhensions et ne rencontrent pas les mêmes difficultés dans le processus d’appropriation des TIC. Ce qui est du  soit à la situation géographique de l’enseignant qui peut ne pas être propice à l’expansion des TIC ; soit aux difficultés financières pouvant entraver l’acquisition d’outils technologiques et du même coup leur appropriation ; soit encore à des raisons purement subjectives liées à l’enseignant lui-même qui éprouve des difficultés à s’approprier les TIC. De ce fait, il y aura donc une prise en main pour réfractaires, pour craintifs, pour insécures, pour sceptiques, pour pionniers.

Après la prise en main catégorielle, l’enseignant sera testé sur son degré d’utilisation effective des TIC,  

4) Test d’appropriation des TIC 

Cette étape est assez simple car il suffit à l’enseignant de dire à quoi lui servent les TIC actuellement.

             A rien

 

             Pour satisfaire ses besoins personnels

 

             Pour remplir ses obligations professionnelles et administratives

 

 Pour enseigner

Sa réponse permettra de déterminer où il se situe dans l’appropriation des TIC, de savoir par où il l’a débutée et éventuellement pour savoir par où il va commencer (par la base) s’il ne l’a pas débutée. Ce qui permettra de savoir quels sont les modules qui lui restent à suivre pour être un enseignant complet au 21ème siècle. Le but étant que l’enseignant puisse au final savoir utiliser les TIC, au point de s’en servir pour enseigner ses élèves en classe. Il est recommandé, pour la formation intégrale de l’enseignant de suivre tous les modules de formation, et même de repasser par le module qu’il semblait déjà maîtriser, pour éventuellement affermir ses connaissances dans le module en question.

5) les modules de formation 

Il y en a quatre, en fonction du modèle synthèse proposé par Carole Raby. Il s’agit de :

Ø  sensibilisation : où l’enseignant est amené à se familiariser au vocabulaire et aux outils technologiques.

Ø  Initiation à l’utilisation personnelle : où l’enseignant est initié à  découvrir les TIC pour satisfaire sa curiosité et à les utiliser pour résoudre des problèmes d’ordre personnel tels que visionner, écouter de la musique, jouer, gérer son agenda ou son carnet d’adresses, etc. 

Ø  Initiation à l’utilisation professionnelle : où l’enseignant s’en sert pour gérer ses classes, résoudre les problèmes d’ordre administratif (répondre aux demandes d’explication, produire des rapports…), échanger avec ses collègues, etc. 

Ø  Initiation à l’utilisation pédagogique : où l’enseignant utilise effectivement les TIC en classe, avec ses élèves, pour rechercher des informations et enrichir ses cours, pour rester en contact avec les parents d’élèves, etc. 

Il est à préciser que ces modules ne se déroulent pas forcément de manière chronologique. L’enseignant commencera ou suivra par l’un ou l’autre module en fonction des ses besoins imminents, de ce qu’il veut en faire. Mais il reste conseillé de suivre tous les modules au final.

NB : Chaque module sera évalué sur 20 points, 10 comptant pour la théorie, et 10 autres pour la pratique. Un enseignant  ne pourra passer à un autre module, que s’il a obtenu au moins 15/20 dans le module qu’il suivait.

Au bout des quatre modules, il sera à nouveau soumis à une évaluation générale qui a pour but de tester les connaissances  acquises dans l’ensemble. S’il obtient au moins 15/20, il lui sera décerné un diplôme attestant qu’il a suivi tous les quatre modules et les a passés avec succès. Il est désormais compétent pour enseigner avec les TIC.

(Pour plus d’informations, se référer au document annexe)

 

 

 

 

 

 

 Livrable

 

 

 

CONCEPTION D’UNE STRATEGIE DE FORMATION DES ENSEIGNANTS A L’USAGE DES TIC. 

 

Pour que le processus d’accompagnement du changement  (volet  formation des enseignants) réussisse, celui-ci doit être encadré de plusieurs mesures. Le but  étant d’amener les enseignants à  utiliser de façon experte les TIC pour enseigner. Et pour y parvenir, il convient qu’avant d’analyser le processus de formation (phase 2), qu’il soit au préalable examiné la méthodologie de formation (phase 1).

 

Phase 1 : METHODOLOGIE DE FORMATION 

L’accompagnement du changement se justifie par les nombreuses difficultés relevées comme éventuels obstacles à l’intégration des TIC. Il convient donc, de s’attarder sur le déploiement de l’encadrement à accorder aux enseignants pour lever ces difficultés. Ceci passe par une formation dont le plan est ci-dessous proposé. Il se subdivise en trois étapes : la sensibilisation, la formation proprement dite et le recyclage.

 

1.1.  Etape de sensibilisation 

La sensibilisation grand public vise à apporter le maximum d’informations aux personnes concernées par l’intégration des TIC dans le système éducatif à savoir : les planificateurs, les décideurs, les chefs d’établissement, les enseignants, les élèves, etc. Cette sensibilisation pourrait se déployer en trois moments : des campagnes médiatiques, des campagnes de proximité, des séminaires d’information.

 

1.1.1.     

Les campagnes médiatiques 

Afin d’intéresser le maximum de personnes et d’incruster dans leur mémoire la culture technologique, une diffusion à grande échelle doit être effectuée à travers les médias écrits, audio et visuels. Pour ce faire, les masses médias doivent être utilisées non seulement pour cultiver les citoyens, mais aussi pour les informer des différentes planifications des formations. Ainsi, en vue de promouvoir la culture informatique :

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques visant la démystification de certains concepts et outils TIC doivent être proposées à fréquence régulière.

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques éducatives sur l’accompagnement du changement doivent également être programmées à fréquence régulière, ce en vue d’apporter un soutien au plan d’intégration envisagé par les établissements. Mais aussi dans le but de stimuler les établissements  retardataires à amorcer  le processus d’intégration des TIC.

Ø  Des communications dans la presse écrite doivent être faites pour informer le lectorat sur les opportunités, les apports et les avantages d’une intégration des TIC.

Ø  Des partenariats pourraient être signés avec des entreprises d’équipements informatique en vue d’assurer le sponsoring des émissions, rubriques, jeux (individuels par téléphone ou inter établissement en présentiel) technologiques dans les média pour équiper le plus grand nombre en matériel informatique tel les ordinateurs, les clés USB, des logiciels, des didacticiels.

 

1.1.2.      Les campagnes de proximité 

Le but des campagnes de proximité est de créer un certain rapprochement entre le public cible et les formateurs, pour que ce dernier ressente  véritablement l’urgence et la nécessité de l’intégration ; et qu’il y adhère parce qu’ayant été convaincu. Pour ce faire, les agents du changement pourraient passer par deux étapes : des rencontres en conseil d’enseignants, ou des rencontres inter personnelles.

Ø  Les rencontres en conseil d’enseignants. L’agent du changement pour mieux inculquer la notion et effectuer sa mission, doit pouvoir regrouper les enseignants soit de tout l’établissement, soit par discipline pour les entretenir sur la nécessité d’une intégration des TIC, en insistant particulièrement sur le rendement qui pourrait de ce fait être amélioré et le travail des enseignants facilité, l’économie de temps qui pourrait s’ ensuivre, la précision dans le travail, sans toutefois omettre de parler du nouveau rôle de l’enseignant, de ses nouvelles attitudes et de ses nouvelles compétences. Il devra aussi s’attarder sur la nécessité d’une intégration collective (un mouvement d’ensemble, tous devant se sentir concernés pour une intégration réussie), passant par l’intégration individuelle. Autrement dit, il les entretiendra sur les opportunités que pourrait offrir une intégration et comment la gérer.

Ø  Les rencontres interpersonnelles. Il s’agit pour l’agent de changement, chaque établissement d’aller vers les enseignants les rencontrer individuellement, pour leur présenter la situation, leur expliquer comment opérer personnellement son propre changement, susciter ainsi leur adhésion au projet d’intégration des TIC dans leur établissement. Il est donc essentiellement question pour l’agent de créer ou de propulser la motivation des enseignants. En leur expliquant qu’un changement d’ensemble commence d’abord par un changement au niveau individuel par le biais d’une motivation personnelle et d’une formation appropriée.

 

1.1.3.      Des séminaires.  

Dans le but de sensibiliser le maximum d’enseignants sur les offres de formation en vue d’une bonne intégration des TIC, des séminaires sur l’intégration, l’accompagnement du changement, les formations, les logiciels, l’apport des TIC etc, doivent être organisés régulièrement dans les établissements ; ceci pour préparer psychologiquement les participants à accepter et  suivre le changement. Pour ce faire, des experts en des domaines spécialisés de l’informatique, en TIC, en techno pédagogie, en des didacticiels précis pourront être invités à exposer et présenter les avantages à adopter ce qu’ils proposent. La phase de sensibilisation devra être suivie par un réel encadrement : la formation. 

 

1.2.  Etape de formation 

L’unesco publie en (2008) que : « Les nouvelles technologies nécessitent de nouveaux rôles pour les enseignants, de nouvelles pédagogies, et de nouvelles approches de la formation des enseignants. L’intégration réussie des TIC dans une classe dépendra de la capacité des enseignants à structurer l’environnement d’apprentissage selon des manières non traditionnelles, de fusionner les nouvelles technologies avec de nouvelles pédagogies, de développer des classes participatives, d’encourager une interaction coopérative, l’apprentissage collaboratif, et le travail de groupe. Cela nécessite le développement d’autres compétences de gestion des classes. Les compétences clés pour le futur incluront la capacité de développer des façons innovantes d’utiliser la technologie pour améliorer l’environnement de l’apprentissage, et d’encourager l’alphabétisation technologique, l’approfondissement des connaissances et la création de savoir ». 

Marcel Lebrun, (2004) constate que  l’imagerie populaire conçoit le fait d’apprendre comme étant une tâche dévolue aux seuls étudiants. Or tout comme eux, les enseignants apprennent , les sociétés aussi . Cet apprentissage constant de ces différents acteurs dénote du souci d’une éducation de qualité. Suite à l’innovation qui s’impose, les méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage doivent être revues afin de promouvoir l’innovation technologique. Ainsi, former les enseignants aux TIC, c’est d’abord leur donner un environnement favorable à l’apprentissage d’un usage réfléchi des TIC dans le cadre de leurs enseignements, c’est aussi les former pédagogiquement. 

Mais pourquoi les enseignants manifestent-ils une volonté d’apprendre ? Comment se déroule l’apprentissage des professeurs ? Si les professeurs apprennent, cela implique que certains deviendront des agents de changement dans leurs institutions !

 

1)      Les objectifs de l’apprentissage 

La formation pédagogique des enseignants a pour but de rendre ces derniers plus armés à favoriser le développement des compétences requises chez les étudiants.

 

2)      Apprentissage et méthodes. 

Pour que les enseignants apprennent, Il faut mettre en place des méthodes favorisant cet apprentissage : développer le sens critique, interagir, participer activement, construire la personnalité…qui sont les conditions d’un apprentissage en profondeur, de qualité. La description concerne les élèves mais est transposable aux enseignants qui sont également en situation d’apprentissage et devront donc à leur tour enseigner cela dans leurs classes.

 

3)      Outils et usages de l’apprentissage 

Les outils technologiques ont une efficacité maximum quand ils sont utilisés dans des dispositifs proches de la manière par laquelle l’individu apprend. C’est pourquoi ils sont appelés des amplificateurs car ils viennent améliorer une situation qui était déjà bonne, et empirer celle qui était dégradée. C’est dans ce sens que  Lebrun et Vigano, (1995b) pensent que : « (a) (…) l’ordinateur en lui-même, superposé à des formes traditionnelles d’enseignement ne peut améliorer la qualité ou le rendement de l’enseignement ». De plus, les facteurs personnels relationnels et méthodologiques supplantent les caractéristiques intrinsèques de l’outil même. Kadiyala et Crynes, (2000) estiment que des méthodes doivent entourer l’outil, mais qu’on doit surtout veiller à ce qu’il y ait congruence entre les objectifs, les méthodes et les outils;

« (b) : les bénéfices à escompter de l’utilisation des technologies ne doivent pas être attendus dans la seule sphère cognitive réduite aux connaissances et aux savoirs ». Pour C.Bagley et B.hunter, (1992), l’introduction des nouvelles technologies implique une restructuration des méthodes didactiques à savoir :

Ø  transition de la leçon ou du cours vers des formes d’enseignement axées davantage sur les ressources et l’accompagnement ;

Ø  transition d’un travail qui ne concerne que les meilleurs étudiants vers un travail partagé qui concerne l’ensemble des étudiants (chacun avec ses compétences particulières) ;

Ø  transition d’une classe « assoupie » d’étudiants inertes vers des étudiants plus engagés dans la tâche ;

Ø  transition d’une évaluation basée sur le contrôle de la rétention des connaissances vers une évaluation plus soucieuse des progrès, des processus et des produits réalisés ;

Ø  transition d’une structure sociale compétitive à une structure plus coopérative ;

Ø  transition d’un système dans lequel tous les étudiants apprennent la même chose vers un système différencié où chaque étudiant apprend éventuellement des choses différentes ;

Ø  transition de modes d’expression et de communication centrés exclusivement sur l’expression verbale à des modes qui intègrent différentes techniques d’expression (visuelle, graphique, audio…);

 « (c) : insérer ces nouvelles technologies ne va pas induire automatiquement de nouvelles formules d’enseignement et d’apprentissage ». L’information, le support technique et le soutien pédagogique aux enseignants sont une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. En acceptant les TIC, les rôles de l’enseignant s’en trouvent largement modifiés comme l’illustre le tableau comparant les modes  traditionnel et « techno pédagogique » (étendu).

 

 

Mode traditionnel 

(INSTRUCTION) 

Mode « étendu » 

(CONSTRUCTION DES CONNAISSANCES) 

 

Activité 

Centrée sur l’enseignant 

Didactique 

Centrée sur ce que fait l’apprenant et interactive

Rôle de l’enseignant 

« Récitant » et expert 

 

Collaborateur, guide et parfois apprenant

Rôle de l’étudiant 

« Récepteur » et apprenant 

Collaborateur et parfois expert

Apprentissage 

 

De la matière, des faits et de la reproduction 

Interrelation et recherche

Connaissances 

Accumulation 

Transformation

Performance 

Quantité 

Qualité

Évaluation 

 

Mémorisation et référence à une norme 

Critères de référence, cahier de charges

Usages technologiques 

 

« Le poste ou le siège » de travail 

 

Outils de communication, Collaboration, Accès à l’information, Modes d’expression 

 

Tableau 1Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow). Marcel Lebrun (2004, p.18) 

 

 

4)      Le chemin en TIC des professeurs. 

Le moteur d’une innovation pédagogique c’est avant tout l’enseignant porté par une certaine reconnaissance institutionnelle et sociale des pratiques nouvelles qu’il veut mettre en place. Ainsi, dans le but de les impliquer au mieux, les centres de ressource qui s’occupent de la formation des enseignants doivent mener des actions différentes pour chaque étape : faire connaître, informer au début, motiver, donner les moyens de l’action (soutien, supports technique et pédagogique, financement d’initiatives), encourager le partage de pratiques, ce qui favorisera l’émergence de projets. Et, pour qu’un enseignant soit  agent de changement, il a besoin de suivre au moins une formation même si c’est dans l’informel.

Le mot « enseignant » ici doit être entendu au sens large. Il recouvre par exemple les personnels de documentation, de l’administration et les conseillers pédagogiques, puisque toutes ces personnes sont appelées à utiliser les TIC dans leurs activités quotidiennes. Ils doivent de ce fait en maîtriser l’utilisation et les usages. Dans le rapport de l’ISTE Braun, (1990) recommande que chaque enseignant ait un ordinateur sur son bureau et un ordinateur à la maison, car selon ce rapport, les enseignants sont la clé du succès de tout changement en éducation. Les enseignants vont envisager les ordinateurs et les autres technologies comme étant des outils efficaces dans leurs classes uniquement lorsqu’ils se sentiront eux-mêmes suffisamment à l’aise avec ces outils et pourront eux-mêmes entrevoir ce qu’ils pourraient faire avec ceux-ci. Les enseignants de toutes disciplines doivent pouvoir employer l’informatique comme outil d’enseignement et parler à leurs élèves de son insertion dans la société. Ainsi, une éventuelle formation des enseignants aura donc pour but de permettre à tous d’acquérir : 

Ø  une connaissance générale de la nature de l’informatique et de ses applications dans la société d’aujourd’hui.

Ø  la compétence nécessaire pour employer des didacticiels dans leur enseignement.

            Cet emploi des didacticiels posera cependant des problèmes techniques et même pédagogiques qui ne pourront être résolus par tous les enseignants s’ils sont laissés à eux-mêmes. Toutefois, l’encadrement  des enseignants à  la production de didacticiels dans leur discipline, la recherche pédagogique, l’enseignement avec l’informatique, demandent des connaissances plus approfondies conduisant à construire des enseignants à double compétence : leur discipline et l’informatique. D’où la nécessité d’une formation continue pour les enseignants.  

Claude Pair, et Yves Le Corre, (1982) affirment qu’il existe trois principaux types de formation continue pouvant être proposées aux enseignants : la formation légère, la formation à l’animation, et la formation approfondie. Mais avant de suivre une formation continue, l’enseignant doit d’abord passer par une formation initiale.

 

1.2.1        Formation initiale 

Il s’agit des pré requis en informatique dont devront être dépositaires tous les futurs enseignants. La formation initiale doit porter à la fois sur l’informatique elle-même et sur son emploi dans l’enseignement et la documentation.  L’initiation à l’informatique devrait faire l’objet d’une unité de valeur dans toutes les formations universitaires conduisant à l’enseignement. Cette unité de valeur serait bien liée à la discipline principale de l’étudiant. D’autre part, dans l’année de formation professionnelle ((ENS, ENIEG…) devra être intégrée une formation qui insisterait sur l’insertion de l’informatique dans l’enseignement.

L’objectif étant d’atteindre le niveau 1(voir infra) pour tous les enseignants recrutés et de leur permettre un accès facile au niveau 2. Le niveau 3 devra toujours être acquis en formation continue si le choix  est de ne pas recruter de spécialistes d’informatique.

 

1.2.2.      Formation légère (niveau 1) 

Elle vise essentiellement les professeurs volontaires. Mais, pour que le choix soit fait en connaissance de cause, elle pourrait être précédée d’une information, destinée à tous les professeurs et effectuée par discipline sous la responsabilité des Inspecteurs Pédagogiques (cela rejoint la phase de sensibilisation : rencontre en conseil mentionnée plus haut). La formation légère doit être effectuée dans chaque établissement dans l’année de son équipement.  

Elle a un double objectif :

Ø  familiariser les enseignants volontaires avec l’informatique et ses applications, et à l’emploi de l’enseignement assisté par ordinateur

Ø  dégager une équipe d’animation comportant au moins une personne par discipline

Puis, un suivi devrait être assuré pour les enseignants engagés dans des travaux personnels et pour la formation de l’équipe d’animation.

La formation sera assurée par une équipe de professeurs formateurs de plusieurs disciplines. L’un deux sera désigné comme responsable (agent de changement dont le rôle sera de stimuler les autres formateurs à propulser et entretenir le processus de changement). Un formateur ne devrait être responsable que d’un établissement ; il pourrait intervenir dans 1 à 3 autres.  L’organisation et la répartition de la formation dans le temps seront mises au point par discussion entre le chef d’établissement et le responsable de formation.

Il faudrait envisager d’effectuer la formation en dehors des horaires de cours, en fournissant aux enseignants qui la suivent une contre partie monétaire pour le temps qu’ils y consacrent ; ceci dans le but de les galvaniser.  Ou  par exemple leur payer un montant forfaitaire par séance, qui pourrait leur assurer leurs frais de déplacement. L’inspecteur pédagogique de chaque discipline chargé de cordonner les activités pour cette discipline devra recevoir une formation préalable en vue d’un bon encadrement.   

 

1.2.3.      Formation à l’animation (niveau 2) 

            Cette formation a pour but principal de former des agents de changement. Ce sont des personnes ayant pour seul souci de voir réussir l’intégration des TIC. Ils seront donc amenés à être des catalyseurs, des promoteurs du changement. Ils seront chargés de stimuler le changement partout où ils se trouvent.

            De ce qui précède, le rôle de l’accompagnateur du changement est très important dans le succès de l’intégration. Car de son degré de motivation, dépendra l’adhésion ou non de son public cible. C’est pourquoi sa formation doit être le plus fournie possible.

            Elle commence en même temps que la formation légère. Puis, chaque année, l’équipe d’animation (composée d’au moins une personne par discipline), dans le rapport qu’elle doit fournir, fait état des besoins de formation complémentaire qu’elle ressent. L’inspection organise les formations nécessaires avec l’aide du Ministère.

 

1.2.4.      Formation approfondie (niveau 3) 

Cette formation concerne les enseignants désirant approfondir leurs connaissances dans un domaine spécialisé de l’informatique. Elle est effectuée pendant un an dans des centres universitaires qui auront une activité de Formation, de Recherche et de Développement. Ce sont les enseignants issus de cette formation qui assureront l’effectivité de la formation légère. Il est demandé aux centres d’assurer un suivi des anciens stagiaires.

 

1.3. Etape de recyclage : « formation continue » 

Après les différentes formations octroyées aux enseignants, et dans le but de solidifier les acquis, un plan trimestriel ou semestriel de remise à niveau devra être établi. Ainsi, les enseignants pourront rester en phase avec les techniques apprises mais également suivre le rythme des évolutions technologiques. Ces séances de recyclage pourront être organisées soit en fonction des disciplines d’appartenance, soit en fonction des difficultés antérieurement recensées, ceci pour évaluer leur degré de résolution.


 

 

Phase 2 : PROPOSITION d’une PROCEDURE  et d’un MODELE de FORMATION   

Après les étapes d’une formation envisagées à la phase précédente, il est important de marquer un temps d’arrêt sur la procédure de la formation.

 Autant les élèves apprennent (niveau micro), autant les enseignants (niveau méso) que les sociétés (niveau macro) apprennent comme mentionné plus haut. Cet apprentissage a pour but essentiel d’accroître les compétences. Pour ce qui est de l’enseignant, il passe essentiellement par des formations et, pour comprendre les situations pouvant amener un enseignant à s’intéresser aux TIC,  six voies de formation possibles ont été suggérées : l’autoformation, des contacts en dehors du milieu professionnel, un accompagnement ou un appui en situation professionnelle, des stages professionnels ou non (en formation initiale), des stages (en formation continue). Parmi ces voies possibles, l’autoformation est de loin la plus fréquente (surtout dans une situation où l’initiative d’intégration des TIC en classe viendrait des enseignants eux-mêmes. Alors ils se donnent les moyens pour y parvenir). Mais dans le cadre d’une intégration envisagée par la hiérarchie d’un établissement, l’accompagnement ou l’appui en situation professionnelle est la voie préconisée.

         Une stratégie de formation des enseignants ici proposée pourrait être résumée en quatre principaux moments : les enseignants sont soumis à un questionnaire, à la suite duquel ils sont classés dans les différentes catégories, ils sont ensuite orientés vers la prise en main (encadrement psychologique) prévue  pour leur catégorie, et enfin soumis aux modules de formation qui sont fonction du besoin immédiat et du niveau d’appropriation individuel de chaque enseignant.

 

 

 

2.1. Un questionnaire de catégorisation 

S’agissant du questionnaire, il permettra à partir du résultat obtenu de classer l’enseignant dans l’une des cinq catégories d’enseignants confrontés aux TIC dont il a déjà été fait mention.

 

Esquisse de questionnaire 

1- Vous êtes à Yaoundé et vous avez un ami  qui se trouve en  Espagne  vous voulez prendre de ses nouvelles: 

Ø  La distance vous décourage (réfractaires) 

Ø  Vous  lui écrivez une lettre manuscrite  que vous envoyez par la poste (craintifs)

Ø  Vous lui saisissez une lettre que vous envoyez par la poste (insécures)

Ø  Vous lui faites un e-mail et vous lui écrivez aussi une lettre (sceptiques)

Ø  Vous communiquez avec lui à travers la messagerie instantanée (pionniers)

 

2-  S’il fallait apprécier les TIC, vous diriez qu’ils sont : 

Ø  Inutiles (réfractaires)

Ø  Dangereux (craintifs)

Ø  Imprévisibles (insécures)

Ø  Utiles mais avec quelques réserves (sceptiques)

Ø  Indispensables (pionniers)

 

3- Votre opinion générale sur Internet : vous considérez que c’est : 

Ø  Un outil comme les autres (réfractaires)

Ø  Un outil à ne pas mettre entre toutes les mains (craintifs)

Ø  Un gain de temps (insécures)

Ø  Un gadget (sceptiques)

Ø  Un enjeu de société (pionniers)

 

4- Concernant la messagerie électronique, vous : 

Ø  N’avez pas d’adresse électronique (réfractaires)

Ø  Avez peur des répercussions sur votre santé physique ou mentale (craintifs)

Ø  Vous imaginez que d’autres personnes peuvent avoir accès à vos messages (insécures)

Ø  Avez un compte mais vous ne l’utilisez jamais (sceptiques)

Ø  Pouvez même joindre un fichier (pionniers)

 

5- Enseigner avec un ordinateur pour vous est : 

Ø  Sans importance (réfractaires)

Ø  A ne pas envisager  car on ne sait pas de quoi il est constitué (craintifs)

Ø  Utile pour la préparation du cours mais risqué pour sa présentation (insécures)

Ø  Envisageable mais reste encore à voir (sceptiques)

Ø  Un atout sans pareil (pionniers)

 

6- Concernant la maîtrise et l’usage d’un ordinateur, vous : 

Ø  Ne pouvez pas allumer un ordinateur (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher car vous ignorez quelle en sera la réaction (craintifs)

Ø  Pouvez l’allumer et l’utiliser  mais, pas pour une illustration publique (insécures)

Ø  Savez-vous en servir mais quant à l’utiliser en classe, vous n’en voyez pas trop l’importance (sceptiques)

Ø  Vous sentez en confiance avec  et vous êtes prêt à l’utiliser en classe (pionniers)

 

7- S’il fallait qualifier les TIC, vous diriez qu’ils sont : 

Ø  Sans importance notoire (réfractaires)

Ø  Dangereux et à déconseiller (craintifs)

Ø  Utiles mais leur manipulation est compliquée (insécures)

Ø  Importants mais doivent encore faire leurs preuves pour qu’on les adopte (sceptiques)

Ø  Indispensables de nos jours (pionniers)

 

8- Vous utilisez Internet pour : 

Ø  Rien du tout car vous n’en voyez pas l’utilité (réfractaires)

Ø  Réaliser des tâches qui ne peuvent pas endommager le système (craintifs)

Ø  Vous divertir  sous une fausse identité (insécures)

Ø  Rien, pourtant il regorge de nombreuses potentialités (sceptiques) 

Ø  Faire des recherches et publier vos travaux (pionniers)

 

9- Parmi les accessoires suivants, lequel vous semble le mieux adapté pour la sauvegarde de vos données : 

Ø  Des disquettes parce que ce sont les seuls que vous connaissez (réfractaire)

Ø  Des cédéroms car vous les maîtrisez mieux (craintifs)

Ø  Une imprimante car elle permet de sauvegarder les documents sur un papier qui peut être mieux conservé (insécures)

Ø  Les disquettes car elles ont fait leurs preuves et ne présentent pas d’incompatibilités (sceptiques)

Ø  Des disques durs externes car vous en connaissez les potentialités (pionniers)

 

10- Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’acheter  et/ou d’utiliser un ordinateur : 

Ø  Vous n’en avez pas besoin (réfractaires)

Ø  Vous n’êtes pas sûr de pouvoir contrôler la situation en cas de problème (craintif)

Ø  Il ne vous permet pas d’assurer la confidentialité absolue de vos données (insécures)

Ø  Vous avez l’impression qu’il ne vous servira  pas à grand (sceptiques)

Ø  L’achat des logiciels (pionniers)

 

11- Chez vous, vous disposez de : 

Ø  Aucun appareil (réfractaires)

Ø  Uniquement une radio et/ou une télévision (craintifs)

Ø  Un téléphone portable malgré vous (insécures)

Ø  Un ordinateur dont vous ne faites pas trop usage (sceptique)

Ø  Tous ces appareils et d’autres nouvelles sorties (pionniers)

 

12- Vous avez programmé un voyage de nuit et vous souhaitez effectuer une réservation. Votre frère dispose d’un ordinateur portable  connecté à  Internet via un  modem : 

Ø  Vous vous déplacer pour aller personnellement effectuer la réservation (réfractaires)

Ø  Vous ne vous sentez pas capable d’effectuer tout seul une réservation par Internet (craintifs)

Ø  Vous pensez que des problèmes inattendus pourraient perturber le bon déroulement de la transaction si vous utilisez ce poste (insécures)

Ø  Vous n’êtes pas sûr qu’avec le Net la réservation sera réellement effective (sceptiques)

Ø  Convaincu, vous savez que c’est possible et sans hésitation vous effectuez ou vous cherchez les moyens pour  effectuer la réservation par Internet. Vous appelez ensuite pour confirmer. (pionniers)

 

13- Pour capturer des images, vous vous sentez à l’aise en utilisant les appareils suivants : 

Ø  Rien, car vous n’avez pas besoin de savoir comment on fait une photo (réfractaires)

Ø  Un appareil photo analogique classique, car il semble plus facile à utiliser (craintifs)

Ø  Un téléphone portable car vous semblez mieux le maîtriser (insécures)

Ø  Un appareil photo numérique, car vous connaissez ses performances, bien que vous n’en maîtrisiez pas toutes les fonctionnalités (sceptiques)

Ø  Une caméra numérique (pionniers)

 

14- Par rapport à l’appropriation des TIC, vous diriez que vous : 

Ø  Ne savez pas à quoi ça sert  (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher (craintifs)

Ø  Pouvez les utiliser, mais vous en redoutez la fiabilité (insécures)

Ø  Voulez avoir la preuve de leur apport avant de vous lancer dans leur utilisation (sceptiques)

Ø  Vous considérez comme un expert (pionniers)        

 

15- Vous êtes souffrant et vous devez subir une simple opération de routine. Votre médecin vous propose de l’effectuer plus rapidement avec la dernière technologie de pointe en la matière. 

Ø  Vous refusez car vous ne voulez pas être un cobail (réfractaires)

Ø  Vous refusez car vous préférez une opération traditionnelle avec des humains car une panne serait mortelle (craintifs)

Ø  Vous refusez car vos ennemis pourraient en profiter, en piratant le système à distance  (insécures)

Ø  Vous refusez car vous souhaitez avoir la certitude que ça marche sur un nombre de cas statistiquement significatif  avant de l’essayer (sceptiques).

Ø  Vous acceptez volontiers car vous croyez fermement aux TIC et vous pensez que l’opération sera d’ailleurs meilleure (pionniers).

 

16- Si vous disposiez d’un ordinateur, vous l’utiliseriez pour : 

Ø  Orner votre salon comme joyaux (réfractaires)

Ø  Ecouter la musique ou jouer aux cartes (craintifs)

Ø  Saisir uniquement du texte (insécures)

Ø  Réaliser des taches routinières sans jamais essayer quelque chose de nouveau (sceptiques)

Ø  Effectuer vos expériences dans la découverte de ses opportunités (pionniers)

 

17- Votre frère vous envoie de l’étranger une série de logiciels divers : 

Ø  Vous les donnez à quelqu’un qui s’y connaît (réfractaires)

Ø  Vous les conservez soigneusement sans jamais y toucher (craintifs)

Ø  Vous testez ceux que vous connaissez (insécures)

Ø  Vous lui demandez de vous envoyer une version plus ancienne que vous maîtrisez déjà bien (sceptiques)

Ø  Vous les testez tous pour voir en quoi ils peuvent vous être utiles (pionniers)

 

18-  Vous avez un appareil (téléphone portable, appareil photo, ordinateur…) qui tombe en panne : 

Ø  Vous l’abandonnez  et vous achetez un autre (réfractaires)

Ø  Vous le rangez soigneusement (craintifs)

Ø  Vous faites appel à un expert mais vous observez  le dépannage à distance (insécures)

Ø  Vous faites appel à un expert et vous assistez attentivement au dépannage (sceptiques)

Ø  Vous tentez de résoudre le problème par vous-même (pionniers).

 

19-  Pendant la navigation sur Internet, vous avez suivi la publicité d’un article qui vous a intéressé et vous souhaiteriez l’acheter : 

Ø  Mais vous laissez tomber car vous ne savez pas trop comment ça se passe (réfractaires)

Ø  Vous voulez bien vous lancer mais vous craignez que ce ne soit une arnaque (craintifs)

Ø  Vous vous abstenez car vous ignorez comment l’article fera pour vous parvenir (insécures)

Ø  Vous effectuez des recherches pour savoir comment ça se passe et si c’est sûr (sceptiques)

Ø  Vous engagez directement le processus d’achat en suivant les instructions qui vous sont données (pionniers).

 

20- Vos collègues et vous êtes appelés à travailler en collaboration sur un sujet et produire à la fin un document. Pour y parvenir, vous devez effectuer des recherches sur Internet :

Ø  Vous attendez que les autres apportent ce qu’ils ont trouvé car vous ignorez comment chercher une information précise (réfractaires)

Ø  Vous préférez utiliser la bibliothèque du coin car vous savez mieux vous en servir (craintifs)

Ø  Vous apportez  quelque chose dont vous êtes convaincu  de la non pertinence, juste pour montrer que vous avez quand même cherché et cacher ainsi votre ignorance (insécures)

Ø  Vous apportez quelque chose, mais vous doutez de la pertinence car vous en ignorez les sources (sceptiques)

Ø  Vous êtes sûr de ce que vous apportez car vous savez identifier les informations fiables (pionniers).

 

2.2. Une catégorisation des enseignants 

Pour le deuxième moment qui consiste en la catégorisation des enseignants, il s’agira en fonction du nombre de réponses obtenu pour une catégorie, de situer le sujet dans la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages. Il faut rappeler que les catégories dont il s’agit sont issues de la classification proposée par Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) Comme suit : Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers.

Mais dans le souci de sauvegarder l’honorabilité des enseignants, en évitant de les frustrer par les termes péjoratifs de la classification (ceci pour les amener à répondre aux questions et pour suivre la formation sans préjugés), les termes Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers seront utilisés pour les besoins de recherche, mais pour les résultats qui seront publiés à l’enseignant, il seront remplacés par Catégorie 1, Catégorie 2, Catégorie 3, Catégorie 4, Catégorie 5. Les enseignants ne doivent pas être décourages par le processus d’appropriation des TIC du seul fait  de la catégorie à laquelle ils appartiennent.

 

 

Catégories 

Correspondances 

Réfractaires 

Catégorie 1

Craintifs 

Catégorie 2

Insécures 

Catégorie 3

Sceptiques 

Catégorie 4

Pionniers 

Catégorie 5

Tableau 5 : Equivalence de catégorisation 

 

2.3. La prise en main catégorielle 

Le troisième moment serait la prise en main de chacune des catégories. Elle vise à apporter à l’enseignant la  réponse qui lèvera son inquiétude et l’incitera ainsi à utiliser les TIC. Cette étape est plus théorique que pratique ; dans la mesure où elle passe plus par les exposés, les présentations, les discours, enfin les démonstrations.

 

Ø  Prise en main pour catégorie 1 ayant pour but essentiel de montrer aux enseignants, de leur expliquer le bien fondé, la plus value, les opportunités que les TIC offrent et l’importance de l’utilisation de l’ordinateur en classe : l’ordinateur permet à l’enseignant de réaliser de manière plus rigoureuse, plus soignée et plus rapide des travaux qui lui sont déjà familiers.  

Ø  Prise en main pour catégorie 2 qui viserait à mettre en confiance les enseignants ayant des appréhensions, des préjugées sur l’ordinateur. Il sera donc question de démystifier cet outil en leur présentant son historique, ses rôles, ses opportunités, en précisant bien, qu’il ne s’agit que d’un appareil conçu par l’homme, pour faciliter l’existence humaine de par sa rapidité, sa capacité de stockage, sa performance dans les calculs, ses possibilités de représentation, de visualisation etc. Ils pourront même être amenés à le manipuler. 

Ø  Prise en main pour catégorie 3 qui poursuivra l’objectif de rassurer les enseignants sur le caractère inoffensif de l’ordinateur, en insistant bien sur le fait qu’étant une machine fabriquée par l’homme, un certain nombre de garanties sont prises, et par conséquent il est celui qui la commande. La machine n’exécutant que les désirs de l’homme qui la manipule. Pour les convaincre, un ordinateur pourra même être démonté (et les circuits expliqués) et remonté avec leur concours. 

Ø  Prise en main pour catégorie 4 qui cherchera à montrer, à présenter aux enseignants qui ont encore des doutes sur les performances des outils TIC, des applications qui ont fait leurs preuves. Cela signifie qu’il faudra à ce niveau, leur présenter des logiciels qui permettent de réaliser en un temps record des applications extraordinaires. On peut d’ailleurs en citer quelques uns. En mathématiques par exemple : Maple 9, Matlab ; en comptabilité et statistique : Excel ; en gestion : Access ; des logiciels de grammaire, d’orthographe, de géographie, de géologie, de sciences naturelles, etc.  

Ø  Prise en main pour catégorie 5 qui se focalisera beaucoup  plus dans  l’incitation à la découverte et la présentation de logiciels autres qui existent en expliquant comment ils fonctionnent.  Ils seront invités à tester les dernières sorties en matière des TIC. Donc ici, pour chaque discipline, des logiciels appropriés devront être présentés. 

 

Il faut remarquer que toutes ces prises en main devront immédiatement être suivies par des modules de formation, puisque l’objectif final est de faire parvenir les enseignants à une utilisation exemplaire des TIC c’est-à-dire à leur utilisation pédagogique.

 

 

 

2.4. Les modules de formation 

Le dernier moment serait  de soumettre les enseignants à une formation par module selon leur degré d’appropriation des TIC qui, en fonction du modèle-synthèse de Carole Raby ci-dessus retenu pourraient être : la « sensibilisation », l’« utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». Il n’est pas superflu de rappeler que ces modules ne sont pas successifs, en ce sens qu’un enseignant après sa formation au module de sensibilisation, peut devenir un expert en TIC c’est-à-dire aller directement à l’utilisation pédagogique, sans forcément suivre les modules intermédiaires; tout dépendant de la motivation personnelle qui l’incite à vouloir les utiliser,  de l’intérêt qu’il porte à l’intégration des TIC, et de l’utilité qu’il croit pouvoir en tirer. Rappelons-le, les modules de formation sont fonction du degré d’appropriation des TIC par l’enseignant. Ainsi, il sera orienté vers un module précis en fonction de son degré personnel d’appropriation  en TIC et /ou de ses besoins imminents.

 

Esquisse des modules  de formation 

 

Module 1 : sensibilisation 

Ce module, à travers la sensibilisation, vise à inciter, à motiver les enseignants à utiliser les TIC, ce en passant par la maîtrise de l’ordinateur qui se présente comme l’objet particulier de l’ensemble des TIC. De plus, l’ensemble des compétences en TIC s’organisent autour de lui et s’articulent en système de connaissances : conceptuelles et procédurales.

 

Objectif du module : 

Ø  Résoudre les problèmes liés à la connaissance du vocabulaire de base de l’ordinateur, de ses fonctions et de la petite maintenance ; 

Ø  sensibiliser aux possibilités de la création des outils de gestion pédagogique avec les TIC ;

Ø  maîtriser les mécanismes fonctionnels d’un ordinateur ;

Ø  Percevoir la transition et les mobilités ou mutation due à l’innovation technologique (électricité, câbles de branchement, réseau intranet ou Internet) ;

Ø  réaliser la maintenance de premier niveau (résoudre les petits problèmes de connexion ou les pannes mineures).

 

Le Contenu 

La connaissance de l’ordinateur ; de ses parties et de la maintenance de premier niveau visent à rendre l’enseignant capable d’utiliser un ordinateur et différents outils technologiques. Thierry Karsenti et autres, (1999) sont d’avis que cela inclut l’utilisation de logiciels et la manipulation de base comme : mettre en marche un ordinateur, ouvrir des logiciels, sauvegarder, enregistrer, créer, manipuler, éditer et distribuer des informations.           

Les TIC sont considérés comme une interface entre l’usager et le monde qui l’entoure; interface qui nécessite de la part de l’utilisateur des compétences manipulatoires pour pouvoir interagir avec l’objet technologique. Simplement, ce sont les compétences dont a besoin un apprenant pour savoir connecter les câbles d’un ordinateur, démarrer et fermer un ordinateur, choisir un espace de travail, c’est la connaissance de l’ensemble constitué du Hard et du software. Ces compétences techniques constituent alors le préalable à l’intégration des TIC dans l’enseignement. Leur maîtrise est essentielle pour la participation, l’interprétation et la modification des pratiques pédagogiques avec les TIC. Malheureusement, ce sont aussi des compétences qui donnent l’occasion de « technophobies »et de résistances à la technologie. En formation continue des enseignants et en formation des adultes, cette partie doit être abordée avec beaucoup de tact, pour justement ratisser le large et intéresser le plus grand nombre. Car malgré son côté convivial, l’ordinateur est d’abord perçu par les adultes comme un objet « boîte mystique ». Ces compétences techniques sont encore appelées compétences instrumentales, manipulatoires et procédurales. Donc en récapitulatif, ce module pourrait être découpé comme suit : Introduction (historique) ; les parties d’un ordinateur ; les outils matériels et logiciels ; les fonctions ; exploration de quelques périphériques ; maîtrise du clavier ; le diagnostic de disfonctionnement et la maintenance de premier niveau ; évaluation et conclusion.

 

Les outils pour la sensibilisation

Ce sont des outils matériels (documentaires, infrastructurels et numériques). Il s’agit des ordinateurs, des périphériques, des logiciels de dessin, des tableurs et de traitement de textes…des revues sur l’informatique et la maintenance informatique.

 

Activité dévaluation du  module : 

A travers des questions qui viseront à juger le niveau d’acquisition des connaissances des enseignants : citer les parties de l’ordinateur ; citer des outils matériels et logiciels en donnant leurs fonctions ; quelques périphériques ; comment distinguer certaines pannes ou certains problèmes.

 

 

Module 2 : initiation à l’utilisation personnelle 

Comme mentionné plus haut, lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : il est poussé par la curiosité ou par un besoin, ensuite il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels, enfin, il  recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

Objectif du module : 

Ø  Faciliter l’utilisation des TIC pour résoudre des besoins personnels et satisfaire sa curiosité ; 

Ø  Permettre  à l’enseignant d’avoir des connaissances de base dans certains logiciels courant afin qu’il puisse être apte à poursuivre tout seul et à compléter sa formation. Il s’agit des logiciels de traitement de textes, les tableurs, le PAO, de présentation, de conception  etc.

Ø  Rendre l’enseignant capable de rechercher des informations sur des sujets d’intérêt personnel, d’utiliser les TIC pour rester en contact avec ses connaissances, et pour résoudre des situations-problèmes ayant trait à ses besoins personnels.

Ø  écouter la musique, jouer, visionner des films, organiser son agenda, planifier ses activités, saisir ses textes, effectuer des calculs etc.

 

Contenu : 

Rendre l’enseignant capable d’utiliser des outils TIC  pour subvenir à ses besoins. D’abord théorique ensuite pratique, ce module visera à inciter les enseignants à vouloir utiliser les TIC, en leur démontrant exemples à l’appui, la nécessité de les utiliser. Cela passe par des exposés sur les opportunités offertes par les TIC, qui aiguiseront la curiosité des enseignants. Ensuite, par la présentation des avantages qu’il y aurait à les utiliser : gain de temps, rapidité, convivialité, meilleure illustration, etc.

Après cette phase, suivra celle pratique  qui consistera à initier les enseignants aux rudiments techniques de base en se servant de quelques logiciels tel : un logiciel de traitement de texte (exemple Word) pour la réalisation des projets personnels, la rédaction de notes à but personnel, la bonne conservation de ses archives ; un logiciel tableur(exemple Excel) qui lui permettra d’effectuer ses propres calculs, un logiciel de présentation(exemple PowerPoint) pour présenter ses travaux, un logiciel de conception(exemple Publisher) pour des cartes de vœux à sa famille par exemple, des plans, un logiciel de gestion de base de données(exemple Access) pour réaliser ses projets, l’initiation à  l’impression , l’initiation à la recherche sur Internet pour être à la une des informations du monde (Accès à Internet à l’aide d’un navigateur, Comment chercher une information précise, Accéder à des sites web, créer son propre Site ou son Blog et publier des informations. Bref, le module visera à initier  l’enseignant à la bureautique.

 

Activité d’évaluation du module : 

Des exercices lui seront proposés pour évaluer sa capacité à rechercher des informations d’intérêt personnel, produire des documents en lien avec ses besoins personnels de sorte qu’il ne soit plus obligé d’aller voir quelqu’un pour effectuer ses petites taches. Exemple : l’anniversaire de votre femme est dans quelques jours. Citez nous un outil courant que vous pourriez utiliser et concevez lui une carte de vœux ; Vous êtes responsable des activités de votre frère qui se trouve dans une autre ville. Vous lui adressiez mensuellement une lettre manuscrite pour lui faire le bilan de ses activités. En tant qu’enseignant utilisant les TIC, vous voulez l’épater en lui envoyant un autre style de lettre : saisie et comportant des calculs générés automatiquement. Qu’utiliserez-vous ? En laissant de côté la méthode traditionnelle de la poste, pourriez vous en plus  utiliser la messagerie électronique pour lui transmettre ces informations dans un fichier?

 

Module 3 : initiation à l’utilisation professionnelle 

S’agissant du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant justifiera l’utilisation des TIC par une raison précise, puis au fil du temps il s’y accommodera en les utilisant régulièrement  et utilisera enfin les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel (à l’aide d’Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession et résoudre les problèmes administratifs.

 

Objectif du module : Avoir des enseignants compétents à :

Ø  utiliser l’ordinateur et certains logiciels pour la saisie,
la PAO (Programmation Assistée par Ordinateur) et les calculs ; 

Ø  utiliser les TIC pour la gestion, la supervision et la planification de leurs activités professionnelles.

Ø  gérer des ressources humaines matérielles et numériques avec les TIC ;

Ø  construire des outils pertinents pour améliorer sa professionnalité.

Ø  familiariser les enseignants à l’utilisation des outils numériques pour la gestion, la planification pédagogique.

 

Contenu : 

Ici, l’enseignant sera capable d’utiliser des outils pour résoudre des problèmes en rapport avec sa profession, afin d’améliorer sa productivité et sa croissance professionnelle. Les habiletés de base sont acquises ce qui lui permet d’utiliser des fonctions plus avancées des logiciels d’édition, de communications et des appareils audio ou vidéo. C’est ce qu’affirment Thierry Karsenti et autres (1999). 

 Divisé en deux parties, ce module dans son approche  théorique permet de comprendre le rôle des TIC dans la gestion d’une école, alors que l’approche pratique permet de construire effectivement des outils de travail et d’améliorer la qualité de la gestion. Les points suivants seront alors développés dans ce module : la gestion avec les TIC;  la planification avec les TIC ;  construction des outils de gestion avec les TIC (tout ceci avec  à l’appui des logiciels adéquats)

Il en sortira que pour gérer sa classe,  l’enseignant aura par exemple besoin :

Ø  des fiches et grilles d’évaluation pour l’évaluation  des élèves et suivre la progression des enseignements ;

Ø  des grilles d’observation pour apprécier le parcours des élèves et veiller à la régularité et l’assiduité via le registre de présence, les taux de fréquentation ;

Ø  d’outils lui permettant la gestion des relations avec les élèves, avec l’administration avec le conseil de l’école et avec les parents d’élèves ; sans oublier la gestion des notes et procès verbaux des évaluations. Ces fonctions sont proposées par certains logiciels qu’il faudra présenter aux enseignants.

 

 

Activité d’évaluation du module : 

Des questions pourront être posées aux enseignants, mais aussi des petits tests pratiques tels : à l’issue d’un séminaire auquel vous avez participé, vous êtes chargé de produire un rapport destiné à votre proviseur. Soignez-le, et dites nous quel type de logiciel vous utiliserez en nous décrivant la procédure que vous suivrez pour produire ce document ;  Introduisez, programmez et produisez automatiquement les notes de vos élèves ; représentez les résultats en utilisant un histogramme. Vous avez été désigné par votre proviseur pour représenter l’établissement à un colloque où vous devez exposer. Il vous est alors demandé de préparer une présentation avec un outil. Citez en un exemple. Au sortir du colloque, vous avez les adresses électroniques de plusieurs de vos collègues comment ferez vous pour rester en contact avec eux et échanger vos expériences ?

 

Module : initiation à l’utilisation pédagogique 

Lors de l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement/apprentissage) pour enrichir son enseignement. Il les utilise fréquemment en classe avec ses élèves dans le cadre d’un apprentissage actif (interactif) et significatif.

 

Objectif du module : rendre les enseignants aptes à :

Ø  utiliser les TIC pour appliquer les principes des APC (approches par  compétences), de
la NAP (Nouvelle Approche Pédagogique), de la pédagogie par objectif et
la PGG (pédagogie des grands groupes) ; et ensuite à utiliser ces compétences techniques pour améliorer sa pratique pédagogique.

Ø  utiliser les TIC pour élaborer des outils de la recherche ;

Ø  résoudre les situations-problèmes liées à l’application de
la Pédagogie par Objectifs, et
la Pédagogie des Grands Groupes, à la nouvelle approche pédagogique et de l’Approche par  Compétences (APC) en utilisant les ordinateurs ; enseigner des grands groupes avec les TIC (exemple en utilisant un projecteur et des micros avec amplificateurs); conduire les activités pédagogiques selon les approches par objectif, par compétences.

Ø  résoudre des situations-problèmes liées à la réalisation des ressources pédagogiques avec des TIC pour améliorer leurs pratiques pédagogiques à travers  la réalisation des Didacticiels ( par : Preparing multimedia materials with Authorware ; using Macromedia Flash to create animations ; editing pictures with Adobe Photoshop ; Creating webpages with Dreamweaver ; principles of programming – Java Script Language ; development of e-portfolios ; instructional Design  selon pelgrum (2007).

 

Contenu : 

L’enseignant sait très bien utiliser les différents logiciels et les différents outils de communication. Il possède maintenant les habiletés nécessaires pour intégrer l’utilisation des ordinateurs et des technologies à ses stratégies d’enseignement et aussi adapter ses interventions en fonction de ses élèves et de la matière, selon Thierry Karsenti et autres (1999). 

Ce module est donc relatif à la gestion pratique en temps réel des activités des élèves, aux modes d’interventions et aux gestes professionnels nécessaires aux acteurs de l’école en fonction des contextes. Il s’agit de former les enseignants à la prise en compte pédagogique des problèmes posés par l’intégration des TIC à l’école. L’utilisation d’instruments rend complexes les relations dans l’école et en classe. C’est pourquoi le changement dans le processus de supervision ou d’enseignement/apprentissage qu’implique l’intégration des TIC nécessite de la part des acteurs l’adoption de nouvelles postures. Le système doit s’ouvrir et se transformer en un système ouvert avec interdépendance des facteurs humains et matériels.

 Au Cameroun, les compétences pédagogiques doivent permettre aux enseignants d’utiliser les TIC tout en appliquant les principes des Approches par les Compétences,
la Nouvelle Approche Pédagogique, et Pédagogie par Objectifs et
la Pédagogie des Grands Groupes. Tout ceci passe par : la construction de quelques exemples de didacticiels contenant des situations d’apprentissages (pour la maîtrise d’une langue ou d’une seconde langue (bilinguisme) ; pour comprendre un phénomène scientifique, pour résoudre des problèmes ; pour développer les compétences d’apprentissage). En utilisant des outils tels que des exercices d’expression orale, ou écrite, exercices de langue, reformulation de formules mathématiques, diagrammes, schémas, textes scientifiques, lois et règles, des cédéroms…

Il vise également à initier les enseignants à choisir des ressources selon les objectifs, le projet ou la compétence à acquérir ; à élaborer des contenus (des schémas, des diagrammes, les cartes…), construire des modèles permettant de rendre compte d’une série de situations de présentation, de manipulation et les mettre sur supports numériques. Ce module visera aussi à  soutenir les initiatives individuelles ; diffuser les bonnes pratiques ; valoriser les réalisations pour leur généralisation ; fédérer les ressources.

Le déploiement du  module comprend une partie théorique conceptuelle et notionnelle et une partie opératoire et expérimentale, divisées comme suit :

*          Les principes des approches pédagogiques par les objectifs, par compétences, de la pédagogie des grands groupes et
la NAP qui visent à : s’approprier ces pédagogies et les théories de l’apprentissage liées aux TIC en éducation.

* Lappropriation de ces pédagogies pour conduire quelques activités d’enseignement/apprentissage et animer des projets scolaires intégrant les TIC. Plusieurs outils devront être déployés pour le succès d’une telle entreprise:

Ø  la documentation sur les approches pédagogiques par les objectifs, l’APC, la pédagogie des grands groupes,
la NAP.

Ø  des situations typiques à travailler en atelier lors des pratiques ;

Ø  des références bibliographiques ;

Ø  des outils numériques hors ligne pour construire des grilles, des fiches de préparation de leçons, ou les fiches de progression par compétences, par objectifs…

Ø  usage et construction des didacticiels.

            De plus, en fonction de la discipline, des outils ou logiciels devront être proposés aux enseignants tels : les logiciels de tracé de graphiques sont à cet égard d’un intérêt particulier. Le temps qu’ils font gagner peut être consacré à l’étude des problèmes de méthode. Ces traceurs de graphes peuvent être des outils de type professionnel (Graph in the Box, grapheur de Works…), mais il sera judicieux de présenter d’abord des logiciels adaptés aux manipulations spécifiques de la discipline (tracé de diagrammes climatiques, de pyramides des âges…) qui sont d’une utilisation plus immédiate ; les logiciels de cartographie et leurs modules associés de traitement de données permettent de la même manière d’engager, à partir d’exemples rapidement réalisés, une profonde réflexion sur la valeur des représentations cartographiques (méthodes de discrétisation des données, choix des trames). L’intérêt de ces logiciels est donc, d’abord, méthodologique : la réflexion sur les choix opérés lors de la construction de la carte est plus importante que la qualité formelle du document fini. Pour cette raison on ne privilégiera pas forcément les logiciels les plus « professionnels » qui sont plus complexes à installer et à mettre en oeuvre (et sont souvent plus chers !) ; etc.

 

Activité d’évaluation du module : 

Une évaluation formative, constituée de questions pour évaluer les avancés et plusieurs activités pratiques pour intégrer, renforcer et remédier les acquis sur : les nouvelles compétences de l’enseignant, les usages des TIC (qu’est-ce qu’ils peuvent apporter à l’enseignement) ; l’enseignement avec les TIC (comment ça devrait se passer) ; prise en main à l’utilisation d’un projecteur en classe ; les nouvelles attitudes des enseignants ; les nouveaux rôles des enseignants.

 

NB : Chaque module sera évalué sur 20 points, 10 comptant pour la théorie, et 10 autres pour la pratique. Un enseignant  ne pourra passer à un autre module, que s’il a obtenu au moins 15/20 dans le module qu’il suivait.

Au bout des quatre modules, il sera à nouveau soumis à une évaluation générale qui a pour but de tester les connaissances  acquises dans l’ensemble. S’il obtient au moins 15/20, il lui sera décerné un diplôme attestant qu’il a suivi tous les quatre modules et les a passés avec succès. Il est désormais compétent et apte à enseigner avec les TIC.

 

(Pour toutes justifications, se référer au mémoire)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Articles de journaux 

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Livres 

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6 juin, 2009

Esquisse 6

Classé dans : Non classé — pdoungtio @ 13:21

Ndountio 
LE PLAN DE MON MEMOIRE  [Type the document subtitle] 

 

 

Pauline Ndountio 

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REMERCIEMENTS 

 

Au moment où nous produisons ce travail, notre profonde gratitude va à l’endroit de notre chef de département le Dr. Marcel FOUDA NDJODO dont l’ardeur au travail a été pour nous une source de motivation et d’inspiration.

Mes pensées vont également à l’endroit de tous les enseignants du département informatique, qui sans se décourager ont toujours su niveler notre formation.

Mes sincères remerciements s’adressent également :

A ma très chère maman Mme NDOUNTIO Martine pour le réconfort qu’elle m’a toujours apporté.

A tous mes frères et sœurs, membres de la famille NDOUNTIO, dont l’assistance et les conseils m’ont toujours poussé au travail. 

A toutes nos belles familles pour leurs encouragements constants.

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre m’ont soutenu. 


TABLE DES MATIERES 

 

REMERCIEMENTS. ii 

Liste des figures et tableaux. iv 

Liste des acronymes. v 

RESUME.. vi 

INTRODUCTION.. 1 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS. 2 

I.1. Intégration. 2 

I.2. Changement 3 

I.3. Accompagnement du changement 4 

I.4. plan de formation. 4 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION.. 5 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif. 5 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif. 6 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants. 7 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif. 14 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION   17 

3.1. Les types de changement 17 

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif. 18 

3.3. Les différents niveaux du changement 18 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC.. 19 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 27 

3.6. Autres obstacles au changement 29 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION.. 31 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC.. 31 

4.2. L’acquisition d’infrastructures. 36 

4.3. Les besoins en ressources humaines. 37 

5.1.  Démarche d’accompagnement du changement 38 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement. 39 

5.3. Proposition d’un plan de changement 41 

CONCLUSION.. 42 

RECOMMANDATIONS. 43 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC. 44 

BIBLIOGRAPHIE.. 48 

Liste des figures et tableaux 

 

Figures 

 

Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais…………………………………………………15

Figure 2: A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies …………48 

 

 

 

 

 

 

Tableaux 

 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch.  …………………………..12

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et Owyer….13 

Tableau 3 : Tableau de correspondance entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique…………………………………………………………………………29

Tableau 4 : Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow) (annexe)……………………………………………..…….6

Tableau 5 : Equivalence de catégorisation (annexe)……………………………………… 19

 

 

 

Liste des acronymes 

 

ACOT: Apple Class of Tomorrow 

APC:  Approche Par Compétence 

ISTE: Société Internationale pour la Technologie dans l’Enseignement 

NAP : Nouvelle Approche Pédagogique 

PGG : Pédagogie des grands Groupes 

ROCARE : Réseau Ouest et Centre Africain pour la Recherche en Education 

TIC : Technologies de l’Information et de la communication 

UNESCO: United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization 


RESUME  

L’intégration des TIC dans le système éducatif  provoque de nombreux changements tant dans les attitudes que dans les contenus pédagogiques. Ainsi de nouvelles attentes en termes de compétences seront envisagées. Dans le système éducatif Camerounais cette intégration semble en avoir surprit les acteurs. Ce qui implique que ces derniers éprouvent certaines difficultés à les adopter. Pour faciliter cette appropriation, ils doivent être encadrés. Les enseignants, vecteurs principaux de ce changement, ont besoin d’être formés en vue d’une utilisation efficiente  des TIC pour l’enseignement.

 

MOTS CLES : Intégration ; Changement ; Accompagnement du changement; Plan de formation.

 

 

 

ABSTRACT 

 

The integration of ICT in an educational system leads to many changes which lead to attitude changes and changing of pedagogical contents. So, there are new competences which are awaited from the educational system actors. In
Cameroon’s educational system
, these actors seem to have been surprised by that integration. That is why they have so many difficulties to adopt the ICT system. In order to facilitate the appropriation these actors should be trained. Teachers, which are the principal vectors of this change, need to be trained for an efficient use of ICT in teaching. 


 

Key Words:  Integration, Change, 


INTRODUCTION  

 

            La prolifération et la grande expansion des nouvelles technologies dans le monde, a poussé le gouvernement camerounais à décider il y a plus d’une décennie, d’entamer l’intégration des TIC dans le système éducatif. Au moment où tous les domaines s’évertuent à adopter les TIC parce qu’elles ont fait leurs preuves à travers le monde, le système éducatif ne saurait rester en marge de cette évolution. Un processus est alors engagé : celui de la réforme du système éducatif, qui doit désormais considérer ce facteur dans l’acte d’enseignement apprentissage.     

La politique gouvernementale vise à faire acquérir à tous les citoyens, des compétences  en TIC, sans lesquelles aucune compétitivité nationale et internationale n’est possible au 21ème siècle. Pour que ces compétences soient acquises par les élèves, leurs  dirigeants et leurs enseignants doivent d’abord les acquérir afin d’être aptes à pouvoir les conduire à les acquérir. 

            Toutefois, cette intégration pose un problème, dans la mesure où les acteurs du système éducatif, semblent avoir été surpris. Ils  éprouvent de ce fait des difficultés à s’approprier ces nouvelles technologies et techniques d’enseignement. D’où la nécessité de leur accorder un encadrement particulier. Les enseignants, cibles de ce travail car sont les agents principaux de ce changement ont besoin d’assistance. Alors, quelle stratégie de formation mettre en place pour lever les difficultés des  enseignants et les arrimer ainsi à l’utilisation des TIC en classe? Autrement dit, quelle   formation leur offrir et comment la déployer ?

            Afin de faciliter ce processus d’intégration des TIC dans le système éducatif, il serait judicieux de mettre en place des stratégies   visant à faciliter l’appropriation de ces TIC à travers un accompagnement. Et pour y parvenir, une analyse des procédés d’intégration dans le monde sera faite, avec un point d’ancrage sur le cas du Cameroun. Ce qui permettra à la fin de concevoir un modèle de modules de formation pour les enseignants désirant impliquer les TIC dans leurs enseignements.

            Le travail consistera à faire un état des lieux  sur l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et camerounais en particulier, sur les changements pouvant être engendrés par cette intégration, sur quelques moyens d’accompagnement du changement, et enfin il sera question de proposer une méthode de formation des enseignants qui puisse leur faciliter l’appropriation des TIC et par ricochet leur intégration dans le système éducatif camerounais.

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS 

 

Pour mieux cerner la quintessence du sujet, il est nécessaire que quelques concepts soient préalablement définis. Il s’agit des concepts d’intégration, de changement, d’accompagnement du changement, et du plan de formation.

I.1. Intégration 

 

L’intégration, dans un sens large se réfère, selon Legendre (1993), à l’« action de faire interagir divers éléments en vue d’en constituer un tout harmonieux et de niveau supérieur ». Le concept de « technologies de l’information et de la communication » (TIC) fait référence aux équipements technologiques de type numérique  pouvant servir d’outils pédagogiques.  Ex. : Ordinateurs, serveurs, caméras numériques, caméras vidéo numériques, numériseurs, projecteurs, lecteurs de cédéroms, lecteurs de DVD, graveurs, imprimantes, modems, logiciels, etc. L’intégration des TIC dans le secondaire signifie une cohésion harmonieuse entre les TIC et tous les maillons intervenant dans la chaîne éducative d’un établissement afin de produire un enseignement et un apprentissage de meilleure qualité. Ainsi, chaque acteur d’un établissement devra être capable d’utiliser  les TIC de manière efficace et efficiente pour réaliser la tâche qui lui est attribuée. Dias, (1999) dit à ce propos que « les technologies sont intégrées lorsqu’elles sont utilisées de manière continue pour soutenir et pousser plus loin les objectifs du programme et pour engager les élèves dans des apprentissages significatifs » « (…) technology is integrated when it is used in a seamless manner to support and extend curriculum objectives and to engage students in meaningful learning ». Pour soutenir cette idée, d’autres auteurs tels que Hadley, (1993), Parks, (1994), Depover, (1996) estiment que pour parler d’intégration, les TIC devraient être utilisées de manière « quotidienne », « habituelle », « régulière » ou « fréquente ». 

L’avis du Pr. Fonkoua et autres (2008) n’en est pas si éloigné, puisqu’ils affirment qu’ « il ne s’agit pas simplement de faire entrer les ordinateurs dans les écoles sans que les pratiques pédagogiques changent. L’enjeu ici est surtout l’appropriation des technologies pour changer, voire améliorer les pratiques pédagogiques. L’Intégration des TIC à l’école pense- t-on pourrait être l’un des leviers de la transformation de l’acte éducatif.

Mais, qu’est-ce que l’intégration pédagogique ? Plusieurs auteurs procèdent par la négative pour tenter de cerner le phénomène de l’intégration des TIC. Ils expliquent que l’intégration des TIC, ce n’est pas seulement : 

Placer les équipements dans les classes (Bray, 1999 ; Dockstader, 1999) ; encore moins aller au laboratoire 40 minutes par semaine (Dias, 1999) ; ni utiliser les ordinateurs comme une feuille d’exercice électronique ou une récompense pour les élèves qui ont terminé leur travail (Dias, 1999) ; ni utiliser des logiciels sans but précis (Dockstader, 1999) ; non plus enseigner comment utiliser les TIC (Bailey, 1997). 

Ce type de discours par la négative, sans vouloir en minimiser la valeur, ne permet pas de définir précisément ce qu’est l’intégration des TIC puisqu’il met plutôt l’emphase sur ce qu’elle n’est pas. 

François Mangenot, (2000) propose tout de même la définition suivante : « l’intégration, c’est quand l’outil informatique est mis avec efficacité au service des apprentissages ». Parlant d’efficacité, un  rapport canadien (Bracewell & alii, 1996) souligne que les TIC peuvent servir aux enseignants soit à faire mieux ce qu’ils font déjà, soit à faire des choses différentes, les deux approches étant pertinentes au plan pédagogique. Il est important de rappeler qu’ il ne s’agit pas d’une intégration physique, qui consiste à mettre à la disposition des acteurs du système éducatif des dispositifs technologiques dont ils peuvent occasionnellement se servir, mais qu’il s’agit plutôt d’une intégration pédagogique qui prône une utilisation effective et régulière des outils technologiques en classe.

 

I.2. Changement 

 

Le changement est un processus de passage d’un état A vers un état B. parler d’un changement dans le système éducatif camerounais suppose le passage de l’état de non utilisation ou de la mauvaise utilisation des TIC dans les établissements à un état de déploiement systématique des TIC pour toutes les activités tant scolaires qu’extra scolaires. Le but de l’intégration est de provoquer un changement radical chez le personnel éducatif, notamment chez les enseignants : changement d’habitudes, de contenus, d’outils ; en les faisant passer de l’approche traditionnelle d’enseignement (approche par objectif) à l’approche novatrice (approche par projet), qui contribue à rendre les élèves compétents et plus compétitifs. Le changement est donc le résultat attendu à l’issue d’un processus d’intégration.

Les acteurs du système éducatif camerounais n’ayant  pas dès les prémices envisagé l’éventualité d’une utilisation des TIC à l’école, ses acteurs, non suffisamment préparés à ce changement, se retrouvent actuellement devant le fait accompli : utiliser les TIC pour accomplir leurs tâches quotidiennes ; d’où le besoin pour eux d’être accompagnés dans ce processus d’intégration des TIC.

 

I.3. Accompagnement du changement 

 

L’accompagnement du changement dans le système éducatif est le processus qui vise à encadrer les acteurs du système éducatif afin de favoriser une rapide et excellente appropriation des TIC. Il s’agit donc d’apporter  un soutien, une assistance à tous ceux qui en manifestent le besoin, pour faciliter le processus d’intégration des TIC, ceci notamment dans le système éducatif camerounais.

Cet accompagnement peut consister en une assistance-conseil, une assistance-expertise, une assistance-formation, de tous les acteurs de la chaîne éducative. Il s’agit ainsi de mettre en place un cadre favorable à l’éclosion des TIC dans le système éducatif. Car un processus d’intégration non encadré ne saurait produire les résultats escomptés.

 

I.4. plan de formation 

 

Le plan de formation c’est l’ensemble des étapes et des activités à mener pour le bon déroulement d’une formation. Il sera ici question de présenter toutes les phases envisagées pour mettre en place et assurer une formation qui puisse avoir des retombées positives sur les enseignants, afin que ces derniers puissent être à même d’utiliser les TIC en classe sans préjugés. Il s’agit donc de déployer une stratégie de prise en main des enseignants.

Une fois ces concepts élucidés, une analyse minutieuse du processus d’intégration des TIC dans le système éducatif et ses implications est nécessaire avant la proposition d’une stratégie d’encadrement.

 

 

 

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION 

 

            Après la définition des concepts du chapitre précédent, ce chapitre abordera quelques points sur  l’intégration des TIC à savoir : les méthodes, les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif, les modèles d’appropriation des TIC par les enseignants, les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et dans le système éducatif camerounais en particulier.

 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

Il ressort des écrits de Christian Depover, (1996) qu’il existe deux principales manières d’intégrer les TIC dans un système : le top-down  et le bottom-up.

            Le top-down ou approche descendante est une technique d’intégration qui fait intervenir des décisions politiques pour initier l’intégration. Les décisions sont prises par la hiérarchie et font l’objet de décrets définissant ses modalités d’application sur le terrain. De prime abord, on serrait tenté de dire que c’est la meilleure approche d’intégration, puisqu’elle vise le changement de tout le système éducatif, et semble de ce fait plus apte à entraîner des modifications au sein du curriculum puisque se fondant sur une décision centrale imposable à tous. Mais dans les faits, cette approche se heurte rapidement à la résistance des enseignants de terrain  qui, par leurs pratiques  refusent de légitimer un outil technologique dont les apports aux disciplines restent  encore largement à démontrer et dans lequel à priori ils ne trouvent aucun intérêt.

            Le bottom-up ou approche ascendante est la technique d’intégration par laquelle l’initiative d’intégration des TIC dans le système et notamment dans  un établissement est le fait des enseignants eux-mêmes. Cette approche se caractérise par la conception par les enseignants de projets innovants, dans le but d’utiliser les TIC en classe et d’inciter leurs élèves à les utiliser également. Ces projets sont ceux qui ont une chance de succès, s’ils étaient entrepris par tous les enseignants au même moment. A ce sujet, D Cavallo, (2004) affirme que  « l’une des caractéristique d’un environnement fertile au changement est le fait que les initiatives doivent surgir de la base » en ces termes «  bottom-up and emergent   large-scale growth comes from the basis of many little contributions ».   

            Mais, le fait qu’il ne  s’agisse que d’initiatives personnelles et éparses, rend difficile un embrasement de tout le système, surtout que les enseignants ne démontrent pas tous la même motivation à utiliser les TIC en classe. Ainsi, des projets dispersés ne sauraient avoir un impact significatif sur le curriculum de manière à le modifier.

            La politique camerounaise pour sa part, semble être à cheval entre les deux approches, dans la mesure où, la hiérarchie éducative promeut une intégration des TIC dans le système éducatif en décrétant leur intégration, mais faute de moyens adaptés à cette politique, une méthode palliative semble être mise en place pour inciter les enseignants à être les acteurs prioritaires de cette intégration à travers leur implication personnelle.

            De ce qui précède, il faut retenir que l’intégration des TIC dans un système peut commencer soit par le sommet, soit par la base. Cette intégration s’effectue-elle toujours de la manière souhaitée ? D’où la nécessité d’analyser les niveaux d’intégration.

 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux, (1991) expliquent qu’il existe deux types d’intégration de l’ordinateur à la pédagogie : l’intégration physique et l’intégration pédagogique. 

Par rapport à  l’intégration physique, ils affirment qu’elle : (…) consiste à placer les équipements technologiques à la disposition des enseignants et des élèves et à amener ces deux groupes à s’en servir occasionnellement en vue de répondre aux demandes pédagogiques ponctuelles du milieu. Et Bray, (1999) dans la même lancée, affirme cependant que : « simplement placer les technologies dans la classe ou dans le laboratoire d’informatique ne signifie pas que les enseignants sauront comment les utiliser ou que le curriculum sera amélioré par leur présence »Simply placing technology in classrooms or computer labs does not mean that teachers will know how to use it or that the curriculum will be better for its presence»). De nombreux auteurs  Depover et Strebelle, (1996) ; Dias, (1999), conviennent tout de même que l’intégration physique est incontournable (puisqu ’elle est un préalable), mais c’est l’intégration pédagogique qui devrait être visée par l’implantation des TIC. Et IsaBelle, (2002) va dans le même sens lorsqu’elle affirme qu’ : « en milieu scolaire, l’aspect pédagogique des TIC constitue la pierre angulaire de la réussite ou de l’échec de leur intégration ». En d’autres termes, l’intégration est le fait d’utiliser les TIC dans le processus d’enseignement apprentissage. 

L’intégration des TIC dans un système peut demeurer au niveau physique ou évoluer vers le niveau pédagogique, tout dépendant de l’appropriation ou non de ces TIC par les enseignants. Ce qui conduit à évoquer quelques modèles d’appropriation des TIC par les enseignants. 

 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants 

Comme mentionné plus haut, l’intégration des TIC dans le système éducatif  a pour objectif principal que ses acteurs (et dans le cas présent les enseignants) en deviennent les experts, en vue de l’amélioration de la qualité du processus enseignement apprentissage. Mais, il faut noter, pour que cette intégration ait lieu, les acteurs du système éducatif doivent subir certaines transformations, ou mieux, traverser certaines étapes. Vu sous cet angle, l’intégration des TIC ne serait donc pas un état de fait mais plutôt un processus  s’échelonnant sur une période. Donc, ce processus est évolutif, partant de la non utilisation « non user » à une utilisation exemplaire « expert user » des TIC. C’est ainsi que plusieurs chercheurs tels que Carole Raby, (2004) se sont attelés à identifier les phases par lesquelles passent  les enseignants pour intégrer les TIC dans un établissement scolaire, dont il sera ici présentés quelques modèles et leurs caractéristiques.

 

2.3.1.      Le modèle de Moersch (1995,2001) 

Moersch définit sept niveaux par lesquels passe un enseignant qui veut intégrer les TIC en classe.

Ø  Le niveau zéro (0) représente la non utilisation, qui est une étape pendant laquelle l’enseignant perçoit le manque d’accessibilité et de temps comme des freins à l’utilisation des TIC.

Ø  La sensibilisation (1) est l’étape où l’enseignant peut être en contact indirect avec les TIC présentes dans son environnement.

Ø  L’exploration (2) est la phase pendant laquelle l’enseignant emploie les TIC comme complément à son enseignement lors d’activités de renforcement, d’enrichissement ; engageant ainsi ses élèves dans l’utilisation des TIC.

Ø  L’infusion (3) pour sa part, est l’étape où l’enseignant utilise les outils technologiques de manière ponctuelle, lors d’activités pédagogiques pour faciliter le traitement de l’information, résoudre des problèmes et prendre des décisions.

Ø  L’intégration (4)  constitue un moment crucial, difficile à franchir car ici, l’enseignant implique ses élèves et a recours aux TIC pour identifier et résoudre les problèmes liées à un thème (bases de données, traitement de texte, feuille de calcul, télécommunication, multimédia).

Ø  L’expansion (5)  quant à elle est la phase où l’utilisation des TIC permet à l’enseignant d’entrer en contact avec l’extérieur.

Ø  Le raffinement (6) suppose le moment où l’enseignant utilise les TIC pour permettre aux élèves de rechercher l’information, de trouver des solutions et de développer un résultat en rapport avec les problèmes réels et surtout avec leurs intérêts propres.

 

NIVEAUX 

    CATÉGORIES 

DESCRIPTIONS 

NON-UTILISATION

Perception d’un manque de temps ou d’un manque d’accessibilité des TIC comme frein à leur usage 

SENSIBILISATION

Présence des TIC dans l’environnement de l’enseignant, mais sans lien direct avec lui (ex. : dénombrement flottant, cours offerts aux élèves le midi, etc.) ou utilisation des TIC pour la gestion de classe (ex. : gestion des notes informatisée – évaluation) ou utilisation des TIC pour enrichir les présentations magistrales 

EXPLORATION

Les TIC servent de complément à l’enseignement, c’est-à-dire renforcement, enrichissement, exercices répétitifs, jeux, recherche d’information. Implique des structures de raisonnement, de niveau. 

 

INFUSION

Utilisation ponctuelle d’outils technologiques pour traiter l’information (ex. : feuille de calcul ou graphique pour représenter résultats d’une enquête). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur. 

 

 

INTÉGRATION 

 

Utilisation d’outils technologiques pour identifier et résoudre des problèmes réels liés à un thème central ou à un concept dans un contexte d’apprentissage riche (ex. : Internet pour rechercher de l’information sur un problème à résoudre, traitement de texte pour la production de documents en lien avec le problème à résoudre). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur. 

 

EXPANSION

Utilisation des TIC pour permettre aux élèves d’entrer en contact avec le monde extérieur, dans un contexte de résolution de problèmes réels liés à un thème central ou à un concept (ex. : contacter
la NASA, agence gouvernementale, etc.…). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur 

 

RAFFINEMENT 

Utilisation des TIC comme processus, produit et/ou outil pour permettre aux élèves de rechercher de l’information, de trouver des solutions et de développer un produit en lien avec des problèmes réels et significatifs pour eux. Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur et un milieu d’apprentissage actif. 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch. (Carole Raby, (2004, p.25)).  

 

* Critique du modèle de Moersch 

v  Un enseignant qui doit utiliser les TIC pour enrichir ses enseignements ne saurait en même temps être placé au stade de la « sensibilisation », où il n’est pas sensé être en contact indirect avec les TIC.

v  Ce modèle apparaît linéaire et présuppose donc que le parcours de tous les enseignants est similaire, c’est-à-dire que les enseignants traversent tous les niveaux  et selon l’ordre proposé.

2.3.2.      Le modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer (1997) 

Sandholtz et ses collègues proposent un modèle en cinq stades. Selon eux, l’enseignant passe du stade de l’ « entrée »  où il se familiarise avec les TIC placées dans sa classe, au stade de l’ « adoption » où il utilise les TIC pour des exercices répétitifs en vue d’appuyer l’enseignement. Vient ensuite le stade de l’ « adaptation » pendant lequel l’enseignant se sert des TIC  fréquemment pour gérer la classe et pour tester de nouvelles techniques pédagogiques. Suit le stade de l’ « appropriation » durant lequel il modifie ses méthodes d’enseignement pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences chez les élèves. Au dernier stade, celui de l’ « invention », l’enseignant adopte de nouvelles méthodes d’enseignement centrées sur la construction des connaissances, la résolution des problèmes, la pensée critique, qui mettent en évidence toutes les potentialités des TIC.

STADES 

DESCRIPTION 

ENTRÉE 

 

Mise en place du matériel technologique et maîtrise, par l’enseignant et les élèves, des rudiments techniques de son utilisation. 

ADOPTION 

 

Utilisation du matériel lors d’exercices répétitifs pour appuyer l’enseignement. Élaboration de stratégies pour résoudre les problèmes technopédagogiques rencontrés avec les TIC. 

ADAPTATION 

 

Usage fréquent et pertinent de la technologie. Utilisation des technologies pour la gestion de classe. Intégration des ressources technologiques aux méthodes traditionnelles d’enseignement. Questionnement sur les effets de l’enseignement avec les TIC. 

APPROPRIATION 

 

Maîtrise des ressources technologiques par l’enseignant. Transformation de l’attitude personnelle de l’enseignant à l’égard de la technologie. 

INVENTION 

 

Apparition de nouvelles méthodes d’enseignement favorisant l’acquisition d’un nouvel ensemble de compétences. 

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et 

Owyer. (Carole Raby, (2004, p.30)).  

* Critique du modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer 

Ce modèle est plus général mais est lui aussi linéaire. De plus, ce modèle  suggère qu’avec  l’intégration des TIC, l’enseignant  doit nécessairement transformer  ses méthodes d’enseignement. Alors, comment se déroulerait le processus d’intégration des TIC chez un enseignant novice à l’intégration des TIC ?

 

2.3.3.      Le modèle de Morais (2001) 

Ce modèle définit deux phases à l’intégration pédagogique des TIC. La première : l’ « initiation » qui est subdivisée en deux étapes à savoir la « pertinence » : période pendant  laquelle l’enseignant se demande si les TIC peuvent améliorer ses pratiques pédagogiques. Une fois convaincu de l’influence positive que les TIC peuvent avoir sur ses pratiques pédagogiques, il fait face à des  sentiments d’anxiété, de  « peur », d’incertitude et d’insécurité liés au changement.

La deuxième phase: l’  « utilisation » est quant à elle subdivisée en trois étapes à savoir l’ « utilisation personnelle » où l’enseignant utilise les TIC pour ses besoins personnels, excluant ses élèves ; l’ « utilisation professionnelle » pendant laquelle il y a recours  pour remplir ses fonctions de nature administratives. Ce n’est qu’à l’étape de l’ « utilisation pédagogique » qu’il les fait intervenir pour  améliorer l’enseignement et l’apprentissage de ses élèves qui se retrouvent de ce fait impliqués. Pour Morais, l’enseignant doit suivre systématiquement et progressivement les cinq étapes pour accéder à une utilisation pédagogique des TIC.

Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais. IsaBelle (2002, p. 85)

 

* Critique du modèle de Morais 

Ce modèle est lui aussi linéaire, et  ne définit pas clairement les étapes que traverse un enseignant lorsqu’il progresse vers une utilisation exemplaire des TIC.

Ces trois modèles incomplets mais complémentaires ont permis à Carole Raby d’établir un modèle synthèse représentant le processus d’intégration des TIC, qui plus loin dans ces travaux, servira de socle.

 

2.3.4.      Le modèle –synthèse de Carole Raby (2004) 

Ce modèle se fonde sur les trois précédents et illustre un processus menant de la non utilisation des TIC à une utilisation exemplaire, en quatre stades. La « sensibilisation », l’ « utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». A la « sensibilisation »,  l’enseignant est en contact indirect avec les TIC qui sont présentes dans son environnement personnel et/ou professionnel. Il côtoie dans son entourage des personnes qui s’en servent et les apprécient. Il est sans doute judicieux de préciser que le stade de « sensibilisation » sera suivi soit par l’ « utilisation personnelle », soit par l’ « utilisation professionnelle », ou encore par  l’ « utilisation pédagogique » en fonction des motivations pédagogiques qui poussent l’enseignant à suivre son processus d’intégration des TIC. Ce qui signifie que ces stades ne se succède pas forcément l’un à l’autre. Ils peuvent se chevaucher et même se dérouler simultanément, la base pour tous étant la « sensibilisation ».

Lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : la motivation  initiée par la curiosité ou le besoin  qui pousse l’enseignant à vouloir utiliser les TIC; la familiarisation, phase pendant laquelle il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels (s’il est d’abord passé par une autre phase telle l’ « utilisation professionnelle », il traversera plus rapidement cette phase de familiarisation ou même l’évitera) ; l’ exploration-appropriation où l’enseignant recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

Lors du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant traverse l’étape de motivation, puis celle de familiarisation plus ou moins longue et intense selon sa motivation et son expérience antérieure avec les TIC. Il est à relever qu’une motivation personnelle (curiosité ou besoin) permet plus facilement de traverser la familiarisation qu’un sentiment de contrainte (exemple, le chef d’établissement lui impose  de s’en servir pour une présentation : il sera confronté à une anxiété, une peur, une insécurité face à ce nouveau défi) ; et passe directement à l’étape suivante, celle de l’exploration-appropriation où il utilise les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel( à l’aide d’ Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession.

Lors du dernier stade : l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement apprentissage). Il amène même ses élèves à les utiliser en classe. Ce stade regroupe cinq étapes qui ne sont ni mutuellement  exclusives ni obligatoires. Il s’agit donc de la « motivation », la « familiarisation », l’ « infusion », l’ « exploration »,  l’ « appropriation ». Ainsi, un enseignant qui se retrouve à la quatrième étape du stade d’utilisation pédagogique (« appropriation ») peut avoir recours à des activités des étapes inférieures. Il n’est donc pas obligé de traverser toutes ces étapes. Ce stade commence par la curiosité, le  besoin pédagogique  ressenti par l’enseignant. Ici aussi, il passera très vite l’étape de familiarisation, selon sa source de motivation et son expérience. Toutefois, un enseignant qui éprouve le besoin d’utiliser les TIC  pour ses enseignements, sans  au préalable passer par l’utilisation personnelle ou professionnelle, traversera une familiarisation longue et pénible. Puisqu’ il apprendra lentement à maîtriser les rudiments techniques, ajouté à cela ses peurs, ses interrogations sur la pertinence des TIC, renforcé par le manque de temps et les difficultés d’accessibilité. A l’exploration, l’enseignant utilise les TIC pour enrichir son enseignement et donc il les utilise pour renforcer un concept enseigné en classe (exercice sur une notion de grammaire, visionnement d’un document multimédia, écoute d’un livre informatisé etc.) A l’étape de l’infusion, l’enseignant implique ses élèves dans une utilisation ponctuelle et isolée des TIC pour développer des compétences disciplinaires et  de poursuivre le développement des compétences transversales liées aux TIC. A la dernière étape l’appropriation, l’enseignant et ses élèves utilisent fréquemment les TIC  dans un cadre d’apprentissage actif et significatif. Exemple : approche par projets (modérer les communications par courrier électronique des élèves pour en tirer un élément d’information nécessaire à la réalisation du projet), approche coopérative (produire un journal informatisé pour un concours en se servant d’un logiciel de traitement de texte, de dessin), résolution de problèmes.

Si les enseignants s’appropriaient aisément les TIC, l’intégration pédagogique serait facilement acquise. Toutefois ce processus d’appropriation des TIC par les enseignants se trouve parfois perturbé par de nombreux obstacles liés à des raisons diverses.

 

 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif 

 

D’abord, une analyse sera faite sur les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde en général, ensuite une étude présentera les obstacles communs aux pays en développement notamment Africains, et enfin, une emphase sera mise sur les obstacles propres au contexte camerounais.

 

2.4.1.      Les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde 

Robert Bibeau, (2006) identifie six problèmes particuliers à l’intégration des TIC, mais mentionne tout de même que « le soutien pédagogique et technique et la formation continue des enseignants constituent encore et toujours la difficulté majeure ». Il note également au passage « l’insuffisance relative en quantité, en qualité et en pertinence des ressources et des contenus numériques éducatifs ». Les six problèmes qu’il relève sont : 

Le manque de fonds suffisants pour les technologies 

L’acquisition d’applications et de contenus numériques entraîne des coûts récurrents qui peuvent devenir difficiles à supporter par les commissions scolaires. L’achat de logiciels outils, d’applications éducatives, de systèmes d’exploitation, la  libération des droits pour l’utilisation d’œuvres protégées est une entrave financière à l’intégration des TIC. Ici, la solution serait l’acquisition de logiciels libres qui sont pourtant en nombre réduit et couvrent d’ailleurs imparfaitement les besoins.

Le développement et la mise à jour de banques de ressources numériques

Les contenus éducatifs sur Internet  ne sont pas régulièrement revisités et ne sont mis à jour que sporadiquement. La solution serait une mise à jour régulière.

L’indexation normalisée et la diffusion des ressources numériques
Il est souvent difficile pour les élèves et les enseignants de trouver ce qu’ils cherchent sur Internet. « Pour certaines disciplines, les informations sont relativement nombreuses, mais disparates et mal indexées (…) ». La solution serait un traitement documentaire et un catalogage. 

La qualité et l’évaluation des ressources numériques éducatives

La qualité et la validité des contenus numériques qui sont offerts sur le Web sont fortement critiquées par les enseignants. Puisque  n’importe qui peut publier n’importe quoi sur Internet. Tous ne prennent pas la peine d’indiquer leurs sources, si bien que l’élève ne sait plus ce qui constitue une information valide, de qualité, et ce qui constitue une désinformation. La solution serait d’outiller l’élève quant à l’évaluation de la pertinence et de la crédibilité des informations disponibles sur Internet.

Utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur
            Très souvent, des éducateurs soulignent leur ignorance face aux dispositions qui régissent le droit d’auteur sur Internet. A défaut de connaître et de comprendre la loi sur les droits d’auteur et devant le risque de poursuite judiciaire, les enseignants refusent l’accès à Internet à leurs élèves. Des campagnes d’information sur les droits  et obligations sur Internet doivent être envisagées en milieu éducatif.

Sécurité de navigation et contenus licencieux

Les adultes craignent que les élèves soient exposés à des images pornographiques, violentes ou inconvenantes en naviguant sur le Web. Pour cela, des filtres de navigation peuvent être implantés et les élèves formés à une bonne conduite.

 

2.4.2.      Les obstacles à l’intégration des TIC en Afrique 

Evarariste Zongo, (2004), énumère quelques causes à la difficile intégration des TIC en Afrique :

Ø  la  résistance culturelle à adopter de nouveaux comportements ;

Ø  les coûts très élevés des équipements ;  

Ø  les problèmes d’accès au réseau ;

Ø  le manque d’infrastructures telle l’énergie ;  

Ø  le manque de politiques cohérentes en matière de TIC.

 

2.4.3.      Les entraves à l’intégration des TIC en  classe au Cameroun 

Ø  Les effectifs pléthoriques : une application qui doit être exécutée simultanément se trouvent ralentie car le poste est partagé par plusieurs élèves. Toutefois, un vidéo projecteur pourrait résoudre le problème;

Ø  La non maîtrise de l’usage pédagogique des TIC et de l’outil informatique par les enseignants qui rend problématique leur utilisation en classe ;

Ø  la maintenance du matériel informatique pose problème car des pannes survenues ne sont pas très rapidement prises en charge ce qui ralentit la progression des enseignements.

Ø  l’ignorance des enseignants qui ne connaissent pas toujours quels sont les logiciels adaptés à leur discipline, et ne les maîtrisent pas totalement ;

Ø  Ils ont également des problèmes de gestion du temps et du contenu ;

Ø  il est difficile de modifier les habitudes et les façons de travailler, ancrées depuis longtemps ;

Ø   il faut noter aussi le manque de motivation de la part des enseignants qui se demandent pourquoi se donner tant de mal.

      Toutes ces difficultés sont dues au manque de formation des enseignants, au nombre insuffisant d’ordinateurs pour les élèves, voire nul pour les enseignants, au manque de temps des enseignants (emplois de temps chargés, et risque de ne pas achever les programmes, …), du manque d’intérêt et de volonté (les enseignants ont d’autres préoccupations). D’où la citation de Marcel Lebrun (2004) qui résume bien l’essentiel de la problématique : « L’importance de l’information, du support technique et du soutien pédagogique aux enseignants est une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. Sans cela, les nouvelles technologies permettront au mieux de reproduire les anciennes pédagogies. En d’autres mots, cela convient à dire que si les enseignants ne sont pas formés à ces technologies, dans bien des cas, ils risquent tout simplement de perpétuer les méthodes traditionnelles en utilisant un nouveau médium ». 

Il faut soulever le fait que l’intégration des TIC tant souhaitée dans le système éducatif  aura des répercussions  qui provoqueront  forcément des changements si elle est réussie.

 


 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION 

             

Dans le but d’élucider les changements pouvant subvenir suite à l’intégration des TIC dans le système éducatif, ce chapitre abordera les types possibles de changement, ce qui pourrait provoquer un changement, les niveaux pouvant être atteints par ce changement, les changements conséquents à l’intégration, et les obstacles pouvant entraver le changement.

 

3.1. Les types de changement 

 

Pour s’arrimer à l’ère technologique et ne pas être à la traîne du développement, les acteurs du système éducatif se doivent d’opter pour le changement, en vue d’améliorer les performances scolaires. Ce changement implique une révision des attitudes des acteurs du système éducatif, révision qui prendra en compte la nouvelle composante : les TIC.  Philibert de Divonne, (2006)  distingue ainsi deux types de processus interdépendants de changement:

Le changement organisationnel qui est le processus par lequel une organisation, un service …s’adapte en continu ou par rupture, sous la contrainte ou par anticipation, aux évolutions de son environnement. Et dans ce cas, l’action à mener pour parvenir à un changement est appelée conduite ou pilotage du changement, qui consiste à partir de la perception d’un problème d’organisation, à la définition d’un cadre d’actions qui permet l’élaboration, le choix et la mise en œuvre d’une solution dans les conditions optimales de réussite. Conduire le changement, c’est donc considérer le changement comme un projet à réaliser, et se donner les moyens pour y parvenir.

Le changement individuel  quant à lui est un processus psychologique d’apprentissage pouvant être appréhendé comme une adaptation des comportements individuels à un nouveau contexte. Pour que ce processus réussisse, un encadrement particulier doit être accordé : c’est l’accompagnement du changement. La somme des changements individuels entraîne l’évolution de l’organisation. Ainsi, réussir le changement organisationnel implique nécessairement réussir le changement individuel qui donnera l’opportunité à chaque membre de l’organisation de se sentir concerné. Mais alors, qu’est-ce qui pourrait justifier le désir de voir changer un système ?

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif 

 

Le développement rapide des technologiques a joué un rôle important dans la  marche du monde, tous les domaines de la vie ont été embrasés par les TIC,  au point où on ne saurait plus les éviter. Tant les domaines commercial, sanitaire, managérial, administratif, Sportif, qu’industriel, architectural n’ont pas été épargnés. Le système éducatif n’ayant pas la prétention d’être du reste, a lui aussi opté pour une modernisation fondamentale de ses méthodes. Ce, afin de permettre une nette amélioration de la qualité et de la quantité des rendements scolaires. Pourront donc être retenues comme raisons à l’adoption des TIC par le système éducatif en général que :

Ø  Aucun domaine, aucun secteur de la vie ne pourra évoluer au 21ème siècle sans les TIC. Le système éducatif doit donc être en phase avec la marche du monde en s’ y arrimant.

Ø  Faire de chaque homme un citoyen du monde  est et a toujours été une préoccupation de l’éducation. Car l’analphabète du 21ème siècle sera celui qui n’a pas  de compétences  en matière des TIC.

Ø  Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la quantité des produits scolaires est un souci permanent de l’éducation, même si l’impact des TIC dans l’éducation est plus difficile à  démontrer que dans les autres  domaine, notamment sanitaire. Ce qui est confirmé par Sasseville et Karsenti, (2005)  « Il n’existe pas de véritable consensus sur l’impact pédagogique et la pertinence de l’utilisation des TIC en classe. » Ce changement peut se limiter à un niveau ou être entier. 

 

3.3. Les différents niveaux du changement 

 

Philibert de Divonne, (2006) distingue deux niveaux de changement : 

Ø  Le changement de niveau 1 : est une modification de certains facteurs à l’intérieur d’un système qui demeure relativement stable. Si au cours du changement il survient des conditions défavorables, le changement de niveau 1  peut générer des phénomènes d’autorégulation en vue d’assurer la pérennité du système déjà existant, évitant ainsi le changement.

Ø  Le changement de niveau 2 : est une modification qui affecte le système lui-même et dans son entièreté, l’amenant ainsi à se mouvoir. Selon le niveau du changement, l’impact dans le système éducatif sera  soit mineur, soit majeur. Le but étant d’atteindre le niveau 2. Avec l’implication  des TIC dans l’éducation certains changements sont inévitables.

 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC 

 

Les changements occasionnés par l’intégration des TIC dans le système éducatif consistent prioritairement en un bouleversement dans les habitudes, une modification des curricula, une amélioration des rendements, un gain de temps, une gestion de qualité.

3.4.1. Le bouleversement des habitudes 

Faouzia  Messaoudi, (2008) affirme que : « l’intégration des TICE requiert de la part des enseignants un changement dans les pratiques et attitudes ». Et selon Charlier, B. (1998) : « le changement en question peut concerner, ses routines, ses décisions de planification ou ses connaissances ». Fullan, (1998) pour sa part, dans son analyse de la mise en place de changements en éducation, pense que : « tout acteur de changement doit s’assurer du soutien et/ou de la participation de l’institution ; de travailler en équipe ; d’accepter la diversité et de revoir régulièrement ses idées ». Donc, on peut retenir que :

Ø  les techniques pédagogiques s’en trouvent modifiées, en ce sens que l’enseignant n’est plus le centre du processus enseignement / apprentissage car désormais il y a prise en compte d’un élément nouveau : les TIC avec lesquels il doit concilier. L’apprenant n’est plus un réceptacle, il doit désormais construire ses propres savoirs sous le tutorat de son  enseignant qui n’est plus qu’un guide.

Ø  les outils pédagogiques sont améliorés, voire même modifiés .On partira par exemple du tableau noir au vidéo projecteur ; du livre à l’ordinateur portable etc.

Ø  les attitudes pédagogiques changent également. L’enseignement n’est plus un dogme mais un espace interactif. De ce fait l’enseignant n’est plus considéré comme le seul dépositaire du savoir, mais plutôt comme un encadreur, un facilitateur.

 

 

3.4.2. Modification du curriculum éducatif. 

Qui subit du fait de la présence de ces nouveaux outils un changement dans le but de les adopter et de s’y adapter. Enseigner sans les TIC impose un contenu fixe et précis, mais enseigner avec les TIC exige un contenu autre, ou du moins que celui qui existait déjà soit revisité afin de prévoir et de l’adapter à l’usage  des TIC. Par exemple, une leçon qui était faite sur une notion  et qui ne permettait que des abstractions représentables au tableau noir au prix de nombreux et fastidieux efforts,   pourra désormais être modifiée en incluant une application rapide et brève sur ordinateur pour représenter en image ou en son  la notion en question. Et pour cela, l’enseignant aura au préalable préparé sa leçon en tenant compte de ce fait et en recherchant des illustrations adéquates. Ce qui l’amène à modifier le contenu du curriculum. 

De meilleurs rendements scolaires, puisque les TIC permettent aux élèves de manipuler eux-mêmes, il n’y a pas meilleure méthode  que d’apprendre en pratiquant (apprentissage par essais d’erreurs). Il est certes vrai qu’on ne peut pas établir clairement le lien qui existe entre les TIC et l’amélioration des rendements scolaires, mais toujours est-il que beaucoup de points de vue s’accordent sur le fait que ces outils ont une contribution non négligeable dans l’amélioration des performances scolaires. Constat qui est plus facile à démontrer dans d’autres domaines.

Une économie de temps, les tâches jadis effectuées manuellement sont désormais facilitées par les TIC. Ces outils ont une performance et une vitesse impressionnantes, permettant du même coup à l’enseignant d’optimiser son temps de travail et d’accroître ses rendements.

Une gestion de qualité, en ce sens que les TIC favorisent une rapide et claire  visibilité sur l’ensemble des activités, ce qui  favorise la prise de meilleures décisions. Bref, l’intégration des TIC entraîne de nouvelles compétences.

3.4.3. Compétences attendues au 21ème siècle

Le 21ème siècle, exige de chaque citoyen du monde de posséder  certaines compétences en rapport avec les TIC, sinon sa compétitivité sera ébranlée, puisque  l’analphabète de demain sera celui qui ne maîtrise pas les outils TIC. Ces habilités, sont regroupées sous l’appellation des 21st century skills ou compétences du 21ème siècle. Il s’agit de : développer l’esprit de créativité et d’innovation ; avoir une pensée critique pour résoudre les problèmes ; communiquer et collaborer ; pouvoir s’informer ; avoir une culture médiatique ; avoir une culture technologique ; le savoir être en société. Certes, en fonction du contexte socio-économique de chaque pays et de chaque établissement, les compétences attendues ne seront pas mêmes pour tous. Toutefois, certains organismes internationaux se sont évertués  à  recenser  des standards de compétences, comme idéal à poursuivre. Il s’agit des standards ISTE (Société Internationale pour la Technologie dans l’Enseignement) de

la National Educational Technology Standards pour les compétences des élèves, et l’UNESCO pour les compétences  des enseignants. Ces compétences seront développées  ci-dessous. 

3.4.3.1. Standards pour les élèves : l’ISTE 

 

L’ISTE propose six grandes compétences comme Standards pour les élèves du 21ème siècle. Ils devront  ainsi développer les compétences que sont:

Créativité et innovation 

Les élèves doivent être capables de développer  leur esprit de créativité, construire des savoirs, développer des produits et processus innovants utilisant les technologies. Ils doivent pouvoir Utiliser les connaissances existantes pour générer de nouvelles idées, de nouveaux processus et produits.

Communication et collaboration 

Les élèves doivent utiliser les environnements et média numériques pour communiquer et travailler en collaboration même à distance pour soutenir l’apprentissage individuel et contribuer à l’apprentissage collaboratif.

Recherche et information 

Les élèves se servent  des outils numériques pour acquérir, évaluer et utiliser l’information. Ils doivent pouvoir évaluer la pertinence des informations et choisir les bonnes. 

Pensée critique, résolution de problèmes, prise de décision 

Les élèves utilisent leurs compétences de pensée critique pour organiser et mener des recherches, gérer des projets, résoudre des problèmes et prendre des décisions en utilisant des ressources et outils numériques appropriés. Ils sont à mesure d’identifier et définir des problèmes cruciaux et des questions significatives pour la recherche et utilisent alors plusieurs procédés et diverses perspectives pour explorer des solutions alternatives.

 

 

Citoyenneté numérique 

Les élèves comprennent les conséquences humaines, culturelles et sociétales liées aux technologies ainsi que les pratiques légales et les comportements éthiques. Ainsi, ils défendent et font une pratique saine, légale et une utilisation responsable de l’information et des technologies.

Maîtrise des concepts et des opérations technologiques. 

Les élèves démontrent une bonne compréhension des concepts, systèmes, et opérations technologiques. De ce fait, ils sélectionnent, utilisent effectivement et efficacement les applications ; expérimentent les systèmes et les applications; transfèrent les connaissances déjà acquises dans l’apprentissage des nouvelles technologies

 

3.4.3.2. Standards pour les enseignants : l’UNESCO 

 

L’UNESCO dénombre  six grandes composantes comme standards pour les enseignants  dans trois domaines. La formation des enseignants aux outils technologiques leur permettra d’avoir une double compétence. Ils seront compétents d’abord dans leur discipline, ensuite ils auront des bases en informatique ou du moins en manipulation des outils technologiques. Car  pour enseigner leur discipline avec les TIC, ces dernières ne doivent plus être considérées par eux comme un mystère. Or  l’informatique pour les non informaticiens puristes revient à la maîtrise des TIC. 

Pour ce qui est des compétences à acquérir par les enseignants, il s’agira beaucoup plus des compétences  techniques, pédagogiques et didactiques intégrant les TIC, ce qui est résumé par cette phrase du DEP 2005 « Une intégration réussie des technologies d’information et de communication (TIC) dans les pratiques enseignantes requiert surtout, au-delà des compétences techniques de manipulation des outils, une maîtrise des situations de classe et une forte structuration de leur préparation ». Et pour acquérir ces compétences, l’UNESCO préconise  six composantes qui doivent être adoptés par les enseignants : politique, programme et évaluation, pédagogie, TIC, organisation et administration, formation professionnelle de l’enseignant. Ce qui est décrit plus bas.

 

 

 

3.4.3.2.1. Programmes pour l’approche de l’alphabétisation technologique. 

Politique.  Les enseignants devraient être capables de : 

Initier des pratiques visant à faciliter l’appropriation des TIC. 

Programme et évaluation. Les enseignants devraient être capables de: 

Utiliser les TIC pour évaluer ce que les élèves ont acquis comme connaissances sur un sujet et fournir aux étudiants un retour sur leurs progrès en utilisant des évaluations tant formatives que sommatives. 

Pédagogie. Les enseignants devraient être capables de : 

Incorporer les activités TIC appropriées dans les plans des leçons. Décrire comment l’enseignement didactique et les TIC peuvent être utilisés pour aider les élèves à appréhender une matière. Faire concevoir par les élèves des plans de leçon qui incorporent des logiciels, e-ressources et e-contenu de tutorat, d’exercice et d’entraînement. Faire partager ces plans entre eux.

TIC. 

 Les enseignants devraient être capables de décrire et montrer l’utilisation des technologies courantes par la description du fonctionnement de base des différentes technologies, comme les ordinateurs de bureaux, les portables, les imprimantes, les scanners et les accessoires utilisables à la main. Par la description des tâches de base et les utilisations des traitements de texte comme la création de document, l’édition, le formatage et l’impression ; montrer comment les utiliser pour enseigner et faire créer des documents textes par les élèves ; décrire l’Internet et le World Wide Web, montrer leurs utilisations et décrire comment un navigateur fonctionne et utilise une URL pour accéder à un site Internet.  

Pour toutes ces activités, l’enseignant devra décrire et montrer le fonctionnement aux élèves, en discuter avec eux et leur donner la possibilité de pratiquer eux-mêmes à travers des devoirs à faire à domicile en utilisant ces TIC.

Organisation et administration. 

Les enseignants devraient être capables d’intégrer l’utilisation d’un laboratoire informatique dans les activités d’enseignement actuelles, tout en donnant des exemples des différentes façons dont on peut utiliser un laboratoire informatique pour compléter l’enseignement de la classe. 

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devrait être capables d’utiliser les ressources TIC pour améliorer la productivité ; discuter des différentes tâches qui occupent les participants pendant leur journée de travail ; discuter comment les ressources TIC peuvent être utilisées pour ces tâches et améliorer ainsi la productivité ; faire utiliser par les participants des ordinateurs de bureau, des portables, des accessoires manuels et des logiciels comme un traitement de textes, des blogs, des wikis ou d’autres outils de productivité et de communication afin d’aider à l’une de ces tâches identifiées.

 

3.4.3.2.2. Programmes pour l’approche de l’approfondissement des connaissances 

Politique. 

Les enseignants devraient être capables d’identifier les concepts clés et les processus dans les domaines de contenu ; décrire et montrer la fonction et l’objectif des simulations, visualisations, outils de collecte de données et logiciels d’analyse de donnée;  

Programmes et évaluation. 

Les enseignants devraient être capables de développer et appliquer des rubriques fondées sur les connaissances et la performance qui permettent aux enseignants d’évaluer la compréhension des étudiants des concepts clés, des compétences et des processus de leur matière, faire  appliquer par les participants.  

Pédagogie. 

Les enseignants devraient être capables de décrire comment l’apprentissage collaboratif, fondé sur le projet et les TIC peut aider les étudiants à penser et aider aussi à l’interaction humaine, et résoudre des problèmes du monde réel ; de faire travailler les participants en groupe pour concevoir un cours en ligne qui aide la compréhension des concepts clés et le développement de compétences connexes dans le domaine ; de mettre en œuvre des plans de cours fondés sur un projet et des activités de classe collaboratifs, tout en offrant des conseils aux étudiants pour les aider à finir avec succès leurs projets et leur compréhension approfondie et leurs concepts clés. 

TIC. 

Les enseignants devraient être capables de faire fonctionner différents logiciels ouverts appropriés à leurs domaines. Evaluer la pertinence et l’utilité des ressources Internet pour aider l’apprentissage fondé sur un projet. Faire chercher des sites Internet et des catalogues aux participants pour identifier des logiciels appropriés pour l’apprentissage. Faire créer par les participants des critères d’évaluation et des rubriques et justifier leurs sélections fondées sur l’efficacité pour l’objectif recherché. Utiliser le réseau pour aider la collaboration au sein et au delà de la classe. 

Organisation et administration. 

Les enseignants devraient être capables de gérer les activités d’apprentissage des étudiants fondées sur un projet dans un environnement technologique avancé.  

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devraient être capables d’utiliser les TIC pour rechercher, gérer, analyser, intégrer et évaluer l’information qui peut être utilisée, partager les ressources pour aider leur formation professionnelle. 

3.4.3.2.3. Approche de la création de savoir 

Politique. 

 Les enseignants devraient être capables de  concevoir, mettre en œuvre et modifier des programmes de réforme de l’éducation qui mettent en œuvre les éléments clés des politiques nationales de réforme de l’éducation. 

Programme et évaluation. 

Les enseignants devraient être capables de concevoir des cours et des activités de classe qui intègrent un éventail d’outils et d’appareils TIC pour aider les étudiants à acquérir les compétences du raisonnement, de l’organisation, de l’apprentissage réfléchi, de la construction de savoir et de la communication. 

Pédagogie. 

Les enseignants devraient être capables d’aider les étudiants à incorporer la production de multimédia, d’Internet, et les technologies de publication dans leurs projets afin de faciliter la production courante de connaissances et de communication avec les autres publics. Aider les étudiants à réfléchir sur leur propre apprentissage.  

TIC. 

Les enseignants devraient être capables de décrire les fonctions et l’objectif des outils de productions et de ressources TIC (équipements d’enregistrement et de production multimédia, outils d’édition, logiciels de publication, outils de conception Internet) et les utiliser pour aider l’innovation et la création de savoir des étudiants. 

        Organisation et administration.  

Les enseignants devraient être capables de  jouer un rôle de leader dans la création d’une vision de ce que leur école pourrait être avec des TIC intégrées dans les programmes et les pratiques de classe ; dans l’aide à l’innovation dans leur école ; dans la formation et l’aide aux collègues à l’intégration des TIC dans leurs classes.  

Formation professionnelle de l’enseignant. 

Les enseignants devraient être capables d’utiliser les ressources TIC pour participer aux communautés professionnelles et partager et discuter des meilleures pratiques d’enseignement.  

            Toutes ces nouvelles compétences peuvent être résumées en quatre comme le montre le  schéma ci-dessous, qui l’explique en ces termes : « These themes may be understood as a strategic combination of approaches that help teacher educators develop the four core competencies. The core competencies may be seen as clusters of objectives that are critical for successful use of ICTs as tools for learning. The ICT competencies are organized into four groups. Pedagogy is focused on teachers’ instructional practices and knowledge of the curriculum and requires that they develop applications within their disciplines that make effective use of ICTs to support and extend teaching and learning. Collaboration and Networking acknowledges that the communicative potential of ICTs to extend learning beyond the classroom walls and the implications for teachers development of new knowledge and skills. Technology brings with it new rights and responsibilities, including equitable access to technology resources, care for individual health, and respect for intellectual property included within the Social Issues aspect of ICT competence. Finally, Technical Issues is an aspect of the Lifelong Learning theme through which teachers update skills with hardware and software as new generations of technology emerge ». 

 

Figure 2. A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies (UNESCO (2002, p.41)) 

 

Toutefois, tous les changements escomptés dans le système éducatif, dans leur mise en ouvre font face à de nombreux obstacles qui entravent considérablement leur atteinte.

 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 

 

La résistance face à une action de changement ne doit pas être comprise comme une inertie visant à bloquer l’évolution, mais comme une phase de maturation nécessaire dont on ne peut faire l’économie ; car les individus ont besoin de comprendre les changements qui les concernent avant d’agir en conséquence .C’est l’opinion de Philibert de Divonne cité plus haut. Carr (1996), dans la même lancée, dit qu’ « un  principe de l’approche systémique est  l’effet qu’un système tend à se perpétuer lui-même ». Aussi, lorsqu’un élément nouveau y est introduit (par exemple, un laboratoire d’ordinateurs est installé dans une école), le milieu tendra à rechercher le même fonctionnement qu’avant l’arrivée de cet élément, de manière à ne pas se modifier lui-même (les mêmes pratiques d’enseignement utilisées sans les ordinateurs seront appliquées). Des efforts particuliers pour modifier divers éléments du système doivent donc être entrepris (par exemple, dans ce cas-ci, en offrant notamment de la formation à de nouvelles approches pédagogiques,). Ce qui explique le fait que par nature, les individus sont réfractaires à tout changement, quel qu’il soit. Ce n’est qu’après une phase de maturation qu’ils s’y adaptent. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas de faire prendre aux technologies un rôle plus actif dans l’école, mais plutôt que les personnes qui les utilisent modifient leur perception face à celles-ci et face à leur propre rôle dans l’école.

Selon Kanter (1985), les « récepteurs » résistent au changement pour des raisons sensées et prévisibles telles que :

Ø  La perte de contrôle les individus craignent que le changement qui s’opère ne vienne leur ravir la vedette et qu’ils n’aient plus aucune maîtrise sur les activités qu’ils semblaient contrôler.

Ø  La trop forte incertitude le manque d’information sur les  étapes suivantes ou sur les actions futures cantonne les individus dans une situation d’insécurité par rapport au changement qui s’opère.

Ø  Le manque d’information lorsque les décisions sont imposées et exposées aux individus  sans préparation ni concertation, ces derniers n’y adhèrent pas forcément.

Ø  Les coûts de confusion quand il y a trop de choses qui changent simultanément, les routines qui sont interrompues. Ce qui met les individus dans une situation de confusion où ils ne savent plus quoi faire.

Ø  Le sentiment de perdre la face quand la nécessité de changer donne aux gens le sentiment qu’ils sont stupides par rapport à leurs actions passées, surtout envers leurs pairs. Et donc pour préserver leur image, ils résistent à ce changement. Ces quelques exemples présentent les causes multiples qui sont à l’origine de la résistance au changement des individus. Toutefois, cette résistance peut prendre plusieurs formes.

 

Les formes de résistance au changement 

Dans son ouvrage, Carton (1997)  a tenté de catégoriser les formes de résistance. Il a suggéré et définit  quatre formes principales de résistance : l’inertie, l’argumentation, la révolte ou le sabotage.

Ø  L’inertie consiste en une absence de réaction au changement. Les personnes manifestant l’inertie laissent croire  qu’elles acceptent le changement, mais tentent de reporter son application. Elles justifient cette inertie  en évoquant la prudence, la nécessité de demander des avis objectifs, car elles ne veulent pas se jeter dans l’inconnu, sans certitude.

Ø  L’argumentation est la forme privilégiée de la résistance et constitue la voie royale d’accès à l’intégration du changement. Un changement non argumenté n’est pas intégré. Il s’agit de la forme la plus productive et utile de résistance. L’argumentation peut se concevoir comme une négociation sur le fond et la forme du changement. Elle est un besoin naturel des individus d’influencer la réalité projetée afin de la rapprocher de la réalité vécue.

Ø  La révolte survient lorsqu’il y a incapacité pour un individu d’ajuster sa réalité à la réalité du changement proposé. L’action syndicale, la demande de mutation, le recours à la hiérarchie, la grève, … sont autant d’exemples de résistance qui prennent la forme de révolte. La révolte est toujours précédée de menace notamment dans l’argumentation. Le principe de base du changement étant de produire de façon implicite ou explicite, une amélioration, la menace à pour objet de montrer que le changement risque non pas d’améliorer mais de dégrader la situation.

Ø  Le sabotage est plus pernicieux et manipulateur que la révolte. Il prend souvent la forme d’excès de zèle dont le but est de démontrer la stupidité du changement, d’embarrasser le promoteur du projet. Le sabotage  est le reflet d’une soumission apparente au premier degré et d’une révolte au second degré. Mais il n’y a pas que la résistance comme obstacle au changement.

 

3.6. Autres obstacles au changement 

 

D. Cavallo dit que la véritable raison à l’absence de changement dans l’éducation n’est pas due au manque d’idées sur l’enseignement au niveau individuel mais plutôt à l’absence d’un modèle de changement pour tout un système en ces termes ; « a major reason for the lack of change in education is not due to lack of ideas about learning on a micro or individual level, but rather is due to a lack of models for growth and change at a macro or systemic level»

Poellhuer et Boulanger (2001) quant à eux définissent quatre catégories d’obstacles au changement :

3.6.1. Manque de temps 

Le temps requis à l’enseignant pour la préparation des nouvelles parties du cours constitue pour ce dernier un obstacle à l’adoption des TIC. Car «  pour certains domaines d’enseignement, l’utilisation des TIC affecte directement le contenu des cours, exige une mise à jour régulière et apporte un surcroît de travail au formateur .Ce surplus de travail est souvent reconnu comme un facteur dissuasif et signalé comme une conséquence négative de l’implantation des TIC ».Ce changement est souvent perçu comme une augmentation de la tâche.

3.6.2.      Transformation du style pédagogique 

Ces auteurs définissent le style pédagogique comme « la manière habituelle d’être et d’agir du professeur lors de son intervention en classe ». De ce fait l’introduction des TIC dans son enseignement modifie la relation avec l’étudiant et la façon de travailler du formateur. L’une des frayeurs des enseignants est la crainte de l’échec lors de l’utilisation d’autres méthodes dont les contours sont encore assez flous pour le formateur. Il ne voudrait pas  être confronté à la défaillance du matériel ou à un manque de connaissances technique. (Devauchelle, 2002),  ce qui engendre chez le formateur un déficit de motivation. Poellhuber, (1998)  va même jusqu’à dire que « les TIC ne représentent en rien une nécessité pour l’enseignement », bien que le travail s’en trouve nettement facilité par les nombreux, conviviaux et puissants outils qu’elles offrent. L’enseignement avec les TIC est une activité qui nécessite une forte participation des étudiants or ces derniers ne sont pas toujours préparés à ces changements qu’ils subissent inertes.

3.6.3.      Manque de soutien 

La carence de soutien des formateurs est un frein à l’adoption des TIC car toutes les mesures devant la faciliter ne sont pas entreprises  et les formateurs se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Une autre difficulté réside en la qualité du matériel choisi, qui est parfois désuet, insuffisant ou pas entretenu, ce qui renforce la résistance.

3.6.4.      Accès difficile aux technologies 

Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre (2004), ont un avis commun sur le fait qu’une intégration par les formateurs exige  que ceux-ci aient facilement accès à la technologie et  aient une bonne maîtrise des outils informatiques. En d’autres termes, les TIC doivent être dans une certaine proximité géographique avec le formateur, qui doit régulièrement les manipuler. Or les enseignants camerounais en particulier ne sont pas formés à cette  manipulation. Pour (Dary et Mallet, 1998) ceux qui prennent l’initiative de se former ne sont pas rémunérés, ni remplacés pendant ce temps de formation pris sur leur temps libre. Pour ceux qui les utilisent on note une certaine monotonie dans les outils utilisés, il y a une résistance à vouloir essayer d’autres. Ce qui s’explique par un certain nombre de difficultés rencontrées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION 

 

             Les chapitres précédents ont présenté  les contours de l’intégration et les changements qu’elle pourrait provoquer. Ce chapitre  quant à lui, relève les facteurs qui constituent des limites à une parfaite utilisation pédagogique des TIC, à savoir les difficultés des enseignants face aux TIC, les problèmes infrastructurels, et l’insuffisance en ressources humaines.

 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC 

 

 Martine Leclerc, (2007), Desjardins, (2005), Rogers, (1995), ainsi que Hall & Hord, (1987) mettent en évidence six regroupements pour catégoriser les enseignants : les initiateurs, les collaborateurs, les observateurs, les apprentis, les hésitants et les réfractaires. Ces profils constituent un moyen pour mieux comprendre les enseignants face au changement qu’ils vivent par rapport à  l’intégration des TIC et ainsi permettre aux décideurs de mieux intervenir.

Ils proposent  deux  étapes de questionnement permettant, en fonction du degré d’accord que le sujet indique, de le situer dans une catégorie d’enseignant confronté aux TIC citée ci-dessus :

* Par rapport aux représentations faites de leurs compétences face aux TIC. 

Ø  Compétence technique : Vous sentez vous prêt à apprendre à utiliser un ordinateur ?

Ø  Compétence informationnelle : êtes vous capable d’utiliser Internet pour effectuer une recherche spécifique via un moteur de recherche ?

Ø  Compétence sociale : pouvez-vous utiliser les outils technologiques pour échanger avec vos collègues ?

Ø  Compétence épistémologique : pouvez vous vous servir d’un ordinateur pour résoudre des problèmes, évaluer des idées ou dresser des analogies ?

* Par rapport au niveau où se situe l’enseignant sur l’échelle d’attitude 

Ø  Au plan affectif : Vous sentiriez vous serein, anxieux ou peureux  s’il fallait utiliser les TIC

Ø  Au plan du confort : vous sentiriez vous en confiance face aux TIC ?

Ø  Au plan du plaisir : prenez vous du plaisir à utiliser les TIC ? En êtes-vous satisfait ?

Ø  Au plan de l’utilité : êtes vous convaincu que les TIC peuvent vous aider à résoudre les problèmes professionnels ou de la vie courante ?

            Élisabeth HORDEQUIN (2006), a effectué une étude dans le but de faire un « Etat des lieux des pratiques et des perceptions de l’usage des dispositifs TICE par les enseignants et les élèves », qui a permis de détecter cinq typologies des enseignants :

- les bons élèves ;  - les « enthousiastes moteurs » ; – les intéressés individuels ; – ceux « en difficulté » ; – les désengagés.

Ce qui permet également de constater :

Ø  qu’il y a  une sous utilisation pédagogique des TIC.

Ø  qu’un accompagnement sociétal est nécessaire car les enseignants qui utilisent les TIC en classe avec leurs élèves sont ceux qui en ont d’abord une personnelle.

Pour Robert Bibeau, (2005) le personnel scolaire  pour être informatiquement alphabétisé, doit comprendre les caractéristiques de l’ordinateur, ses possibilités et ses applications. De plus il doit pouvoir apprendre à diffuser ses connaissances  par  une utilisation compétente et productive des TIC. Halle et Hord (1987) pour leur part, distinguent de ce fait sept niveaux d’alphabétisation informatique  encore appelés niveaux d’intégration de l’innovation technologique en milieu scolaire. A  ces niveaux d’intégration sont immédiatement associés autant de niveaux d’intérêt et de pratique chez le personnel enseignant. Ce qui est résumé dans le tableau suivant :

 

 

 

 

 

 

 

 

Sept niveaux d’alphabétisation informatique 

En milieu scolaire 

Sept niveaux d’intérêt et de pratique 

Chez le personnel enseignant 

Ø   0-Non utilisation 

u 0- Eveil 

Ø   1-Orientation 

u 1- S’informe sur l’innovation 

Ø   2-Formation initiale 

u 2- S’implique personnellement 

Ø   3-Automatisme 

u 3- Gère l’implantation 

Ø   4-Indépendance 

u 4- Observe les conséquences 

Ø   5-Intégration 

u 5- Collabore à l’intégration 

Ø   6-Renouveau 

u 6- L’intègre dans le système 

 

Tableau 3 : Tableau de correspondance entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique. 

 

Cependant, d’autres auteurs iront plus loin dans la classification des attitudes qu’ont les enseignants vis-à-vis de l’innovation technologique.  C’est ainsi que Rogers (1995) distinguera cinq catégories d’enseignants face aux nouvelles technologies à savoir :  

1-  Les innovateurs ; 2-  Les utilisateurs précoces ; 3-  La majorité avancée ; 4-  La majorité tardive ; 5-  Les retardataires.

      Un autre aspect sous lequel on peut évaluer les enseignants face aux TIC est proposé par Lisa Deguire, (2001). Elle pense en effet qu’il y a deux façons d’appréhender les nouvelles technologies :

Ø  en expérimentant et en innovant, même sans préparation particulière ;

Ø  en étant d’abord convaincu de la pertinence des résultats avant de tenter toute expérience.

Pour elle, il n’y a donc que deux situations possibles : soit pionnier, soit  récalcitrant. Il faut relever que ces deux catégories de personnes n’ont pas les mêmes  besoins et encore moins les mêmes intérêts  en matière d’intégration des nouvelles technologies.
 Les « récalcitrants » :

Ø  veulent des preuves tangibles, des résultats et des performances afin de s’assurer que leur investissement sera rentable. 

Ø  s’attendent à utiliser un produit de qualité sur les plans de la convivialité, de la pertinence, de l’adéquation pédagogique ainsi que du support à l’usager. 

Ø  veulent savoir comment ces outils amélioreront l’apprentissage et le raisonnement de leurs étudiants. 

En conséquence, devant des enseignants démontrant méfiance et inquiétude, il y a intérêt à utiliser des produits qui ont fait leurs preuves et qui présentent peu de risques. Veiller à leur éviter les surprises, surtout en plein milieu d’un cours! Il n’y a aucun doute que l’utilisation de modèles pédagogiques pertinents, la formation sur l’utilisation des logiciels, l’encadrement par les pairs, le travail en équipe ont leur place. Mais la dimension la plus importante demeure le soutien technique des ressources humaines qui doivent assurer la fiabilité du réseau informatique, le fonctionnement adéquat des logiciels, des environnements informatiques, et le dépannage en cas de problème.

Les « pionniers » : 

Ø  Veulent expérimenter toutes les dernières sorties en matière de technologie.

Ø  Découvrir toutes les opportunités offertes par l’outil qu’ils utilisent

Ø  Tester toutes les applications pour en observer les réactions et les répercussions.

Ø  Veulent s’en servir pour réaliser des choses extraordinaires.

Ø  Savent qu’on apprend en faisant, en explorant, en essayant, en échouant, en changeant, en adaptant nos stratégies et en surmontant les obstacles après plusieurs essais.

De ce fait, face à des enseignants démontrant autant d’enthousiasme, et de curiosité, il serait profitable pour une intégration rapide, de mettre à leur disposition un cadre propice à leur épanouissement. Ce qui pourrait d’ailleurs susciter l’admiration de leurs collègues encore sceptiques.

Pour ces auteurs : Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) les enseignants peuvent être classifiés en fonction de leur réaction face aux TIC. Eux aussi, identifieront cinq catégories d’enseignants face à l’innovation technologique. Et, cette classification sera retenue pour les présents travaux. Il s’agit : des pionniers et « mordus »,  des sceptiques,  des insécures, des craintifs, des réfractaires. 

1)      Les pionniers et les « mordus » correspondent aux niveaux 6 et 5 d’alphabétisation informatique. Ces catégories regroupent approximativement 20%  du personnel enseignant Pierre Julien Guay, (2002). Ils ont déjà adopté les technologies et fournissent les efforts requis pour surmonter les obstacles  et offrir à leurs élèves des opportunités d’utilisation des TIC et de l’Internet. La majorité d’entre eux se situe cependant aux niveaux 4 et 5 de l’échelle d’intérêt et de pratique de l’innovation technologique. Ces derniers peuvent être d’une aide importante pour leurs collègues dans l’appropriation du matériel pédagogique numérique. 

2)      Les sceptiques constituent environ 60% du personnel enseignant. Leur caractéristique principale est qu’ils ne sont pas réfractaires aux TIC, mais se demandent toutefois si « le jeu en vaut la chandelle ».Le moindre obstacle les dissuade, et ils  renoncent définitivement à l’utilisation des technologies si rien n’est fait pour améliorer les conditions et lever ainsi ces obstacles. Ce groupe se décompose en deux sous groupes : les insécures et les craintifs. 

3)      Les insécures comptent pour environ 20% du personnel enseignant. Ils se situent aux niveaux d’alphabétisation  informatique 3 et 4 et sont des gens ayant entrepris et amorcé une démarche d’appropriation des TIC. Ils les utilisent régulièrement pour préparer leurs cours et effectuer leurs recherches. Mais pour ce qui est de les utiliser en classe, ils ne se sentent pas très en sécurité (et c’est vers eux que devraient plus tendre les efforts de soutient et de formation). 

4)      Les craintifs  regroupent près de 40% des enseignants et sont aux niveaux 1 et 2 d’alphabétisation informatique. Ils correspondent à la «  majorité tardive » chez Rogers. Pour eux, l’ordinateur est encore une boîte mystérieuse dont ils ignorent le fonctionnement, qu’ils essaient d’utiliser le moins possible en classe, de peur qu’il ne se brise ou qu’il ne se plante, les laissant ainsi dans l’embarras. Ceux qui se retrouvent dans cette catégorie, ne connaissent pas beaucoup de logiciels et ne mesurent pas l’ampleur des potentialités d’un ordinateur ou d’Internet (ce groupe doit urgemment être pris en main à travers une  formation et un soutien en vue d’une appropriation  technique et pédagogique du matériel didactique sur support numérique. 

5)      Les réfractaires : Ce groupe concerne 20% du personnel enseignant et se situe aux niveaux 0 et 1 tant de l’échelle d’alphabétisation informatique que de l’échelle d’intérêt. Les efforts de formation et de soutien pour ce groupe doivent être importants. 

 Thierry Karsenti et Larose (2005), retrouvent ces catégories dans les propos des pédagogues qui affirment : « Nous manquons de temps, nous manquons de modèles d’usage efficient de ces technologies en classe, nous manquons d’assurance et notre sentiment de compétence dans l’utilisation de ces technologies avec nos élèves est très bas… la gestion de classe avec les TIC nous rend anxieux.  

Comme nous l’avons vu ci-dessus,  il existe cinq groupes d’enseignants donc cinq catégories d’attitudes : les pionniers-mordus, les insécures, les craintifs, les sceptiques et les réfractaires. Bibeau, (2005) affirme que parmi les quatre dernières catégories, nombreux sont ceux qui regardent et attendent. Car parmi ces enseignants, la majorité possède un ordinateur à domicile et ne s’opposent pas à l’utilisation pratique des TIC  en classe. Ils sont seulement sceptiques, insécures, craintifs, ou découragés devant l’ampleur de la tâche, le manque de temps et le manque de soutien technique et pédagogique. Nombreux sont les enseignants qui aimeraient être considérés comme innovateurs (des gens qui entreprennent une action innovatrice visant à résoudre une difficulté, à améliorer une situation, pourvu que l’effort leur semble profitable), mais ils hésitent car la preuve de la plus value pédagogique de ces TIC ne leur a pas encore été rapportée. En plus des difficultés liées à l’appropriation des TIC par les enseignants, d’autres facteurs contribuent à entraver l’intégration des TIC tels les problèmes infrastructurels et de disponibilité des ressources humaines.

 

4.2. L’acquisition d’infrastructures 

 

Le problème d’infrastructures est une limite majeure à l’intégration effective des TIC dans le système éducatif camerounais. En effet, faisant partie des pays pauvres très endettés, le Cameroun rencontre de nombreuses difficultés en matière d’équipements TIC, notamment du fait de leur coût jugé encore élevé pour le niveau de vie au Cameroun. Il est assez difficile pour un établissement qui voudrait se doter de matériel informatique de le faire, puisque les budgets qui lui sont alloués ne le lui permettent pas. De plus, avec le nombre impressionnant d’établissement scolaires que compte le pays, cela ne laisse aucune possibilité à l’Etat de pouvoir subventionner l’achat de ce matériel, si oui, il empiéterait sur le budget national.

Il faut également noter qu’avec les effectifs pléthoriques rencontrés dans les établissements, il est presque impossible d’acquérir un matériel suffisant. C’est pourquoi, les établissements sont  parfois obligés de se contenter de la quantité qu’ils ont pu acquérir et de gérer leurs effectifs en fonction de cette quantité de matériel. L’autre difficulté infrastructurelle réside dans la quasi inexistence des salles appropriées pour ce matériel d’un autre genre. Donc pour que le projet aboutisse, il faudrait penser à construire des salles adaptées et bien équipées, ce qui exige des moyens importants.

D’autres bémols non moins négligeables sont ceux liés à l’énergie électrique, impérative pour toute utilisation des TIC ; la connexion Internet qui est parfois interrompue, entravant ainsi l’utilisation optimale des TIC.

 

4.3. Les besoins en ressources humaines 

 

Le personnel formé à l’accompagnement (le nombre de personnes formées à la formation des autres) est insuffisant, pour ne pas dire inexistant. C’est pourquoi, l’espoir est que l’adhésion des enseignants au projet d’intégration des TIC (qui  se muteront en catalyseurs et en agents de changement), sera massive, et facilitera ainsi le processus d’intégration. De plus sur le terrain le personnel formé à l’utilisation des outils TIC est rare. Ce qui pourrait poser un problème d’assistance aux enseignants qui éprouveraient des difficultés lors de l’utilisation pratique. Mais aussi pour une question d’entretient et de maintenance de ces outils, il est nécessaire qu’il y ait des personnes qualifiées pour le sujet. Pour toutes les raisons sus évoquées, s’impose l’accompagnement du changement.

 


Chapitre 5 : L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT

 

Il a été démontré dans les chapitres précédents que l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais  et les changements attendus se heurtaient à quelques difficultés. C’est pourquoi cet autre chapitre envisagera comment encadrer ce changement afin d’éviter ces obstacles ; car le changement est une situation  pouvant déstabiliser la vie professionnelle des enseignants (dans la mesure où il impose des ajustements tant dans les attitudes, le contenu que dans la méthode), il doit donc être géré. C’est ce qui ressort des allégations  de Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre : « Si la technologie est mal intégrée au contexte ou si elle n’est pas entièrement acceptée par les différents acteurs qui utilisent seulement le minimum de ses fonctionnalités, il s’avère souvent que les bénéfices diminuent et peuvent disparaître totalement ». Le succès des projets d’intégration des TIC n’est plus fonction de la puissance de ces technologies, mais de la capacité des formateurs à exploiter leurs potentialités en vue d’améliorer l’efficience du processus d’apprentissage. Il ne suffit pas seulement d’introduire les TIC, il faut également y associer des contenus de qualité et des méthodes pédagogiques efficaces. D’où la nécessité de soutenir ces futurs utilisateurs en leur apportant les formations adéquates. Le chapitre traitera donc de la méthode d’accompagnement, de quelques domaines pouvant faire l’objet d’un accompagnement, et enfin par la proposition d’un plan de changement.

 

5.1.  Démarche d’accompagnement du changement 

 

Il est ici question d’analyser  comment initier le changement dans un système tel qu’un établissement scolaire.

Il est important de relever que chaque établissement se situe à un niveau qui lui est propre  par rapport à l’intégration des TIC dans son système. C’est pourquoi, on ne doit pas adopter le même plan, la même stratégie de changement pour tous les établissements, mais les introduire en tenant compte de sa situation et des difficultés qu’il rencontre. Il en est de même pour les enseignants. Pendant que certains sont au niveau zéro, d’autres utilisent des applications très évoluées. Le plan de changement  ne saurait donc être identique pour tous les établissements, mais le fond de la démarche restant le même comme suit : 

1)      Analyser l’existant  c’est-à-dire faire le point sur l’appréhension, le niveau d’appropriation en TIC de l’établissement qui envisage le changement à travers l’intégration des TIC.

2)      Critiquer l’existant c’est-à-dire faire ressortir les points qui pourraient être améliorés si on utilisait les TIC.

3)      Réaliser le diagnostic  c’est-à-dire présenter les points forts, les points faibles et les opportunités offertes par l’établissement en question.

4)      Elaborer et choisir des solutions c’est-à-dire, en fonction du diagnostic réalisé, proposer plusieurs solutions possibles et adopter celle qui sera appliquée. 

5)      Mettre en œuvre c’est déployer toutes les mesures pour son succès et entamer véritablement le processus d’accompagnement du groupe choisi (voir les domaines d’accompagnement  ci dessous). 

6)      Suivre et ajuster c’est se donner des indicateurs d’évolution qui permettront de vérifier si tout se déroule normalement, sinon utiliser des stratégies palliatives pour ajuster et améliorer. Cette stratégie pourra être déployée non pas seulement pour l’accompagnement des enseignants, mais aussi pour plusieurs autres domaines. Tous les aspects ne pouvant être entamés au même moment, on doit alors choisir par quel domaine commencer.

 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement.

 

Comme rapporté plus haut, une intégration réussie des TIC dans un système voudrait que tous les maillons de ce système soient impliqués et les utilisent effectivement pour accomplir leurs tâches. Ainsi, intégrer les TIC dans le système éducatif camerounais reviendrait à inclure tous ses acteurs dans le schéma directeur de l’accompagnement. C’est pourquoi, seront énumérés ici quelques axes pouvant faire l’objet d’un accompagnement et faciliter ainsi le changement.

 

5.2.1.      L’adoption des politiques TIC incitatives 

Sous d’autres cieux, les gouvernements ont adopté des stratégies pour accélérer l’intégration des TIC dans leurs établissements scolaires en distribuant par exemple des ordinateurs à tous les élèves d’une classe, en faisant des dons de salles entièrement équipées à des établissements etc.

Dans le contexte camerounais, l’Etat pourrait élaborer un plan de subvention auprès des établissements qui en feraient la demande et qui justifieraient d’une certaine crédibilité dans leur projet d’intégration des TIC, mais aussi, qui contribueraient au moins à hauteur de la moitié de toutes les dépenses à effectuer. Il pourrait également réduire les taxes à l’importation des ces outils ; signer des partenariats avec d’autres Etats pouvant apporter une aide à travers des dons de matériels  ou encore en amortissement de leurs coûts. Donc pour nous résumer, l’Etat devrait bénéficier de l’assistance (d’un accompagnement) d’experts en stratégies d’intégration des TIC pour élaborer ses plans d’intervention aux fins de propulser l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais.

 

5.2.2.      Sensibilisation à grande échelle: les média 

En vue de favoriser l’intégration des TIC dans l’éducation au Cameroun, des nombreuses campagnes médiatiques doivent être entreprises pour divulguer et promouvoir leur utilisation en classe. Ainsi, des campagnes d’information  répétitives pourraient avoir une influence sur les mentalités des populations car à force de parler et d’entendre parler des prouesses d’une chose, on finit par y croire.

 

5.2.3.       La formation : 

Ø  des Planificateurs aux  nombreuses techniques de planification de sorte qu’on puisse avoir le choix ou que l’on applique une autre si celle choisie ne produit pas les résultats escomptés.

Ø  des Décideurs à utiliser et savoir décrypter des indicateurs afin de prendre les meilleures décisions.

Ø  des Encadreurs pédagogiques  à choisir et confectionner de meilleurs contenus et supports pédagogiques.

Ø  des Dirigeants à initier et conduire des projets d’intégration pédagogiques des TIC dans leurs établissements.

Ø  des Enseignants à la manipulation, à la maîtrise et à l’utilisation des outils technologiques en salle de classe.

Ø  des Elèves  aux usages bénéfiques des TIC. C’est-à-dire comment les utiliser sans tendre vers la dérive et en tirer le maximum de profits. Au regard de ce qui précède, nous pouvons tenter de proposer un plan de changement.

 

5.3. Proposition d’un plan de changement 

 

 Le plan de changement ci-dessous proposé,  être considéré comme un canevas devant être présent dans l’esprit de celui qui veut initier le changement dans un système.

1)      Avoir un objectif global de restructuration.

2)      Adopter une approche systémique d’intégration (qui considère l’école comme un ensemble de sous systèmes inter reliés et inter dépendants) C’est -à -dire envisager une intégration  des TIC à tous les postes de travail d’un établissement et ne négliger aucun domaine.

3)      Identifier à quelle étape d’appropriation des TIC se trouve l’établissement dans lequel le projet d’implantation est envisagé.

4)      Procéder à une information, à une diffusion massive du projet d’intégration des TIC auprès des enseignants.

5)      Insister sur le fait que la décision d’adhésion au changement doit être un choix personnel, une décision délibérée de chaque enseignant  convaincu de la pertinence et de la nécessité du changement.

6)      Acquérir et installer les équipements en temps opportun.

7)      Confectionner une fiche de progression des formations

8)      Organiser les enseignants et planifier leur formation.

9)      Prévoir une assistance permanente pour d’éventuelles difficultés.

10)  Prévoir les phases de recyclage.

11)  Evaluer à la fin de chaque année les avancées et les améliorations à apporter.

 

Un accompagnement réussi conduit à l’acquisition de nouvelles compétences. Ainsi, tous les processus et plans envisagés dans le système éducatif ont un objectif principal : faire acquérir de nouvelles compétences aux acteurs du système éducatif. S’agissant de ces compétences, l’attention ne sera retenue ici que par les acteurs premiers du système éducatif à savoir les élèves et les enseignants

CONCLUSION

 

 

Mener une innovation dans un établissement est une tâche difficile. Elle l’est encore plus lorsqu’elle touche à des pratiques et des fonctions bien maîtrisées et bien ancrées dans le quotidien des enseignants et des étudiants. Introduire l’usage des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage exige de la prudence, et surtout, une démarche qui amènera la communauté éducative et notamment les enseignants à  accepter l’innovation, l’adopter et la défendre par la suite. Ainsi, une utilisation exemplaire des TIC passe par une intégration réussie. Et pour qu’elle le soit, cela suppose une procédure de changement bien encadrée. Pour ce faire, nous l’avons constaté avec nos recherches, que les enseignants ont un besoin urgent de formation. Ils  doivent être pris en charge à travers des formations visant à les doter de connaissances procédurales, techniques et pédagogiques leur permettant d’adopter sans difficultés les TIC. Mais au demeurant, pour une intégration efficace, d’autres actions parallèles à la formation des enseignants devraient être entreprises : des campagnes d’information, l’adoption de politiques incitatives, l’encadrement ou la formation des autres acteurs du système éducatif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECOMMANDATIONS

 

 

Qu’attendent donc les enseignants pour enclencher le processus d’intégration des TIC ? 

Ils espèrent que les orientations prises par les autorités en matière de TIC à l’école soient claires, précises et à long terme. Pour ce faire, nous recommandons que les autorités se dotent d’un plan stratégique et systémique d’implantation des TIC en milieu scolaire et que chaque établissement se donne un plan de mise en oeuvre de cette stratégie dans son propre milieu. Car chaque milieu  a son propre rythme d’intégration des TIC, c’est pourquoi il est recommandé qu’au préalable soient identifiées les différentes phases d’intégration des TIC en milieu scolaire et que les décisions d’implantations et les projets d’activités pédagogiques respectent la phase en cours dans chacun des établissements . Nous recommandons également que les autorités inscrivent la compétence transversale TIC dans le programme scolaire ; que le soutien technico-pédagogique soit plus immédiat, plus présent, plus rapide quand ils en ont besoin. Parfois, ils attendent simplement qu’on les informe de ce qui existe comme applicatifs scolaires, comme types de projets, comme ressources ou services et comme contenu numérique de qualité.


ANNEXES 

 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC. 

 

Phase 1 : Modalités de la formation 

 

Le déploiement de la formation doit s’effectuer en trois étapes :

Ø  Une étape de sensibilisation visant à informer au maximum les acteurs du système éducatif sur la nécessité et les opportunités de l’intégration des TIC ; à préparer les psychologies collectives et individuelles à accepter, faciliter et contribuer au changement.

Ø  Une étape de formation qui aura pour but de permettre aux acteurs du système éducatif (et dans le cas présent les enseignants), d’acquérir les connaissances nécessaires pour utiliser de manière experte, fréquente et continue les TIC pour accomplir leurs tâches.

Ø  Une étape de recyclage « formation continue » dont l’objectif sera de maintenir le niveau des personnes formées, et même de l’améliorer en l’adaptant aux évolutions.

Après l’analyse des modalités de la formation, suivra immédiatement celle du déploiement réel de la formation.

 

Phase 2 : le processus de formation 

La formation de déploie en cinq étapes : un questionnaire ; une catégorisation ; une prise en main ; un test d’appropriation des TIC ; et la formation elle-même en modules.

1) Comment fonctionne le questionnaire ? 

L’objectif est qu’à partir d’un formulaire, qu’il soit possible de déterminer dans quelle catégorie se retrouve l’enseignant-sujet. Le formulaire est constitué de vingt (20) questions ayant chacune cinq (5) propositions de réponse, chaque proposition correspondant à une catégorie. L’enseignant qui est soumis au questionnaire choisit la proposition qui semble le plus se rapprocher de sa considération. Au bout des vingt (20) questions, il aura forcément obtenu des résultats dans les catégories proposées. Il sera alors considéré comme appartenant à la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages.

2) Pourquoi classer les enseignant en catégorie ? 

Il est important de classer d’abord l’enseignant dans une catégorie précise avant de songer par après à sa formation, car de cette catégorisation dépend le conseil à lui prodiguer ou le discours à lui tenir pour l’inciter à vouloir utiliser les TIC. Les catégories en question selon  sont :

-  les réfractaires

-  les craintifs

-  les insécures

-  les sceptiques

-  les pionniers ou mordus

3) Pourquoi une prise en main ? 

La prise en main est le discours à tenir à une catégorie précise, visant à lever ses inquiétudes vis-à-vis des TIC. Elle est différente en fonction de la catégorie, et cela se justifie par le fait que les enseignants n’ont pas les mêmes appréhensions et ne rencontrent pas les mêmes difficultés dans le processus d’appropriation des TIC. Ce qui est du  soit à la situation géographique de l’enseignant qui peut ne pas être propice à l’expansion des TIC ; soit aux difficultés financières pouvant entraver l’acquisition d’outils technologiques et du même coup leur appropriation ; soit encore à des raisons purement subjectives liées à l’enseignant lui-même qui éprouve des difficultés à s’approprier les TIC. De ce fait, il y aura donc une prise en main pour réfractaires, pour craintifs, pour insécures, pour sceptiques, pour pionniers.

Après la prise en main catégorielle, l’enseignant sera testé sur son degré d’utilisation effective des TIC,  

4) Test d’appropriation des TIC 

Cette étape est assez simple car il suffit à l’enseignant de dire à quoi lui servent les TIC actuellement.

             A rien

 

             Pour satisfaire ses besoins personnels

 

             Pour remplir ses obligations professionnelles et administratives

 

 Pour enseigner

Sa réponse permettra de déterminer où il se situe dans l’appropriation des TIC, de savoir par où il l’a débutée et éventuellement pour savoir par où il va commencer (par la base) s’il ne l’a pas débutée. Ce qui permettra de savoir quels sont les modules qui lui restent à suivre pour être un enseignant complet au 21ème siècle. Le but étant que l’enseignant puisse au final savoir utiliser les TIC, au point de s’en servir pour enseigner ses élèves en classe. Il est recommandé, pour la formation intégrale de l’enseignant de suivre tous les modules de formation, et même de repasser par le module qu’il semblait déjà maîtriser, pour éventuellement affermir ses connaissances dans le module en question.

5) les modules de formation 

Il y en a quatre, en fonction du modèle synthèse proposé par Carole Raby. Il s’agit de :

Ø  sensibilisation : où l’enseignant est amené à se familiariser au vocabulaire et aux outils technologiques.

Ø  Initiation à l’utilisation personnelle : où l’enseignant est initié à  découvrir les TIC pour satisfaire sa curiosité et à les utiliser pour résoudre des problèmes d’ordre personnel tels que visionner, écouter de la musique, jouer, gérer son agenda ou son carnet d’adresses, etc. 

Ø  Initiation à l’utilisation professionnelle : où l’enseignant s’en sert pour gérer ses classes, résoudre les problèmes d’ordre administratif (répondre aux demandes d’explication, produire des rapports…), échanger avec ses collègues, etc. 

Ø  Initiation à l’utilisation pédagogique : où l’enseignant utilise effectivement les TIC en classe, avec ses élèves, pour rechercher des informations et enrichir ses cours, pour rester en contact avec les parents d’élèves, etc. 

Il est à préciser que ces modules ne se déroulent pas forcément de manière chronologique. L’enseignant commencera ou suivra par l’un ou l’autre module en fonction des ses besoins imminents, de ce qu’il veut en faire. Mais il reste conseillé de suivre tous les modules au final.

NB : Chaque module sera évalué sur 20 points, 10 comptant pour la théorie, et 10 autres pour la pratique. Un enseignant  ne pourra passer à un autre module, que s’il a obtenu au moins 15/20 dans le module qu’il suivait.

Au bout des quatre modules, il sera à nouveau soumis à une évaluation générale qui a pour but de tester les connaissances  acquises dans l’ensemble. S’il obtient au moins 15/20, il lui sera décerné un diplôme attestant qu’il a suivi tous les quatre modules et les a passés avec succès. Il est désormais compétent pour enseigner avec les TIC.

(Pour plus d’informations, se référer au document annexe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Articles de journaux 

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 Livrable

 

CONCEPTION D’UNE STRATEGIE DE FORMATION DES ENSEIGNANTS A L’USAGE DES TIC. 

 

Pour que le processus d’accompagnement du changement  (volet  formation des enseignants) réussisse, celui-ci doit être encadré de plusieurs mesures. Le but  étant d’amener les enseignants à  utiliser de façon experte les TIC pour enseigner. Et pour y parvenir, il convient qu’avant d’analyser le processus de formation (phase 2), qu’il soit au préalable examiné la méthodologie de formation (phase 1).

 

Phase 1 : METHODOLOGIE DE FORMATION 

L’accompagnement du changement se justifie par les nombreuses difficultés relevées comme éventuels obstacles à l’intégration des TIC. Il convient donc, de s’attarder sur le déploiement de l’encadrement à accorder aux enseignants pour lever ces difficultés. Ceci passe par une formation dont le plan est ci-dessous proposé. Il se subdivise en trois étapes : la sensibilisation, la formation proprement dite et le recyclage.

 

1.1.  Etape de sensibilisation 

La sensibilisation grand public vise à apporter le maximum d’informations aux personnes concernées par l’intégration des TIC dans le système éducatif à savoir : les planificateurs, les décideurs, les chefs d’établissement, les enseignants, les élèves, etc. Cette sensibilisation pourrait se déployer en trois moments : des campagnes médiatiques, des campagnes de proximité, des séminaires d’information.

 

1.1.1.      Les campagnes médiatiques 

Afin d’intéresser le maximum de personnes et d’incruster dans leur mémoire la culture technologique, une diffusion à grande échelle doit être effectuée à travers les médias écrits, audio et visuels. Pour ce faire, les masses médias doivent être utilisées non seulement pour cultiver les citoyens, mais aussi pour les informer des différentes planifications des formations. Ainsi, en vue de promouvoir la culture informatique :

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques visant la démystification de certains concepts et outils TIC doivent être proposées à fréquence régulière.

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques éducatives sur l’accompagnement du changement doivent également être programmées à fréquence régulière, ce en vue d’apporter un soutien au plan d’intégration envisagé par les établissements. Mais aussi dans le but de stimuler les établissements  retardataires à amorcer  le processus d’intégration des TIC.

Ø  Des communications dans la presse écrite doivent être faites pour informer le lectorat sur les opportunités, les apports et les avantages d’une intégration des TIC.

Ø  Des partenariats pourraient être signés avec des entreprises d’équipements informatique en vue d’assurer le sponsoring des émissions, rubriques, jeux (individuels par téléphone ou inter établissement en présentiel) technologiques dans les média pour équiper le plus grand nombre en matériel informatique tel les ordinateurs, les clés USB, des logiciels, des didacticiels.

 

1.1.2.      Les campagnes de proximité 

Le but des campagnes de proximité est de créer un certain rapprochement entre le public cible et les formateurs, pour que ce dernier ressente  véritablement l’urgence et la nécessité de l’intégration ; et qu’il y adhère parce qu’ayant été convaincu. Pour ce faire, les agents du changement pourraient passer par deux étapes : des rencontres en conseil d’enseignants, ou des rencontres inter personnelles.

Ø  Les rencontres en conseil d’enseignants. L’agent du changement pour mieux inculquer la notion et effectuer sa mission, doit pouvoir regrouper les enseignants soit de tout l’établissement, soit par discipline pour les entretenir sur la nécessité d’une intégration des TIC, en insistant particulièrement sur le rendement qui pourrait de ce fait être amélioré et le travail des enseignants facilité, l’économie de temps qui pourrait s’ ensuivre, la précision dans le travail, sans toutefois omettre de parler du nouveau rôle de l’enseignant, de ses nouvelles attitudes et de ses nouvelles compétences. Il devra aussi s’attarder sur la nécessité d’une intégration collective (un mouvement d’ensemble, tous devant se sentir concernés pour une intégration réussie), passant par l’intégration individuelle. Autrement dit, il les entretiendra sur les opportunités que pourrait offrir une intégration et comment la gérer.

Ø  Les rencontres interpersonnelles. Il s’agit pour l’agent de changement, chaque établissement d’aller vers les enseignants les rencontrer individuellement, pour leur présenter la situation, leur expliquer comment opérer personnellement son propre changement, susciter ainsi leur adhésion au projet d’intégration des TIC dans leur établissement. Il est donc essentiellement question pour l’agent de créer ou de propulser la motivation des enseignants. En leur expliquant qu’un changement d’ensemble commence d’abord par un changement au niveau individuel par le biais d’une motivation personnelle et d’une formation appropriée.

 

1.1.3.      Des séminaires.  

Dans le but de sensibiliser le maximum d’enseignants sur les offres de formation en vue d’une bonne intégration des TIC, des séminaires sur l’intégration, l’accompagnement du changement, les formations, les logiciels, l’apport des TIC etc, doivent être organisés régulièrement dans les établissements ; ceci pour préparer psychologiquement les participants à accepter et  suivre le changement. Pour ce faire, des experts en des domaines spécialisés de l’informatique, en TIC, en techno pédagogie, en des didacticiels précis pourront être invités à exposer et présenter les avantages à adopter ce qu’ils proposent. La phase de sensibilisation devra être suivie par un réel encadrement : la formation. 

 

1.2.  Etape de formation 

L’unesco publie en (2008) que : « Les nouvelles technologies nécessitent de nouveaux rôles pour les enseignants, de nouvelles pédagogies, et de nouvelles approches de la formation des enseignants. L’intégration réussie des TIC dans une classe dépendra de la capacité des enseignants à structurer l’environnement d’apprentissage selon des manières non traditionnelles, de fusionner les nouvelles technologies avec de nouvelles pédagogies, de développer des classes participatives, d’encourager une interaction coopérative, l’apprentissage collaboratif, et le travail de groupe. Cela nécessite le développement d’autres compétences de gestion des classes. Les compétences clés pour le futur incluront la capacité de développer des façons innovantes d’utiliser la technologie pour améliorer l’environnement de l’apprentissage, et d’encourager l’alphabétisation technologique, l’approfondissement des connaissances et la création de savoir ». 

Marcel Lebrun, (2004) constate que  l’imagerie populaire conçoit le fait d’apprendre comme étant une tâche dévolue aux seuls étudiants. Or tout comme eux, les enseignants apprennent , les sociétés aussi . Cet apprentissage constant de ces différents acteurs dénote du souci d’une éducation de qualité. Suite à l’innovation qui s’impose, les méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage doivent être revues afin de promouvoir l’innovation technologique. Ainsi, former les enseignants aux TIC, c’est d’abord leur donner un environnement favorable à l’apprentissage d’un usage réfléchi des TIC dans le cadre de leurs enseignements, c’est aussi les former pédagogiquement. 

Mais pourquoi les enseignants manifestent-ils une volonté d’apprendre ? Comment se déroule l’apprentissage des professeurs ? Si les professeurs apprennent, cela implique que certains deviendront des agents de changement dans leurs institutions !

 

1)      Les objectifs de l’apprentissage 

La formation pédagogique des enseignants a pour but de rendre ces derniers plus armés à favoriser le développement des compétences requises chez les étudiants.

 

2)      Apprentissage et méthodes. 

Pour que les enseignants apprennent, Il faut mettre en place des méthodes favorisant cet apprentissage : développer le sens critique, interagir, participer activement, construire la personnalité…qui sont les conditions d’un apprentissage en profondeur, de qualité. La description concerne les élèves mais est transposable aux enseignants qui sont également en situation d’apprentissage et devront donc à leur tour enseigner cela dans leurs classes.

 

3)      Outils et usages de l’apprentissage 

Les outils technologiques ont une efficacité maximum quand ils sont utilisés dans des dispositifs proches de la manière par laquelle l’individu apprend. C’est pourquoi ils sont appelés des amplificateurs car ils viennent améliorer une situation qui était déjà bonne, et empirer celle qui était dégradée. C’est dans ce sens que  Lebrun et Vigano, (1995b) pensent que : « (a) (…) l’ordinateur en lui-même, superposé à des formes traditionnelles d’enseignement ne peut améliorer la qualité ou le rendement de l’enseignement ». De plus, les facteurs personnels relationnels et méthodologiques supplantent les caractéristiques intrinsèques de l’outil même. Kadiyala et Crynes, (2000) estiment que des méthodes doivent entourer l’outil, mais qu’on doit surtout veiller à ce qu’il y ait congruence entre les objectifs, les méthodes et les outils;

« (b) : les bénéfices à escompter de l’utilisation des technologies ne doivent pas être attendus dans la seule sphère cognitive réduite aux connaissances et aux savoirs ». Pour C.Bagley et B.hunter, (1992), l’introduction des nouvelles technologies implique une restructuration des méthodes didactiques à savoir :

Ø  transition de la leçon ou du cours vers des formes d’enseignement axées davantage sur les ressources et l’accompagnement ;

Ø  transition d’un travail qui ne concerne que les meilleurs étudiants vers un travail partagé qui concerne l’ensemble des étudiants (chacun avec ses compétences particulières) ;

Ø  transition d’une classe « assoupie » d’étudiants inertes vers des étudiants plus engagés dans la tâche ;

Ø  transition d’une évaluation basée sur le contrôle de la rétention des connaissances vers une évaluation plus soucieuse des progrès, des processus et des produits réalisés ;

Ø  transition d’une structure sociale compétitive à une structure plus coopérative ;

Ø  transition d’un système dans lequel tous les étudiants apprennent la même chose vers un système différencié où chaque étudiant apprend éventuellement des choses différentes ;

Ø  transition de modes d’expression et de communication centrés exclusivement sur l’expression verbale à des modes qui intègrent différentes techniques d’expression (visuelle, graphique, audio…);

 « (c) : insérer ces nouvelles technologies ne va pas induire automatiquement de nouvelles formules d’enseignement et d’apprentissage ». L’information, le support technique et le soutien pédagogique aux enseignants sont une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. En acceptant les TIC, les rôles de l’enseignant s’en trouvent largement modifiés comme l’illustre le tableau comparant les modes  traditionnel et « techno pédagogique » (étendu).

 

 

Mode traditionnel 

(INSTRUCTION) 

Mode « étendu » 

(CONSTRUCTION DES CONNAISSANCES) 

 

Activité 

Centrée sur l’enseignant 

Didactique 

Centrée sur ce que fait l’apprenant et interactive

Rôle de l’enseignant 

« Récitant » et expert 

 

Collaborateur, guide et parfois apprenant

Rôle de l’étudiant 

« Récepteur » et apprenant 

Collaborateur et parfois expert

Apprentissage 

 

De la matière, des faits et de la reproduction 

Interrelation et recherche

Connaissances 

Accumulation 

Transformation

Performance 

Quantité 

Qualité

Évaluation 

 

Mémorisation et référence à une norme 

Critères de référence, cahier de charges

Usages technologiques 

 

« Le poste ou le siège » de travail 

 

Outils de communication, Collaboration, Accès à l’information, Modes d’expression 

 

Tableau 1Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow). Marcel Lebrun (2004, p.18) 

 

 

4)      Le chemin en TIC des professeurs. 

Le moteur d’une innovation pédagogique c’est avant tout l’enseignant porté par une certaine reconnaissance institutionnelle et sociale des pratiques nouvelles qu’il veut mettre en place. Ainsi, dans le but de les impliquer au mieux, les centres de ressource qui s’occupent de la formation des enseignants doivent mener des actions différentes pour chaque étape : faire connaître, informer au début, motiver, donner les moyens de l’action (soutien, supports technique et pédagogique, financement d’initiatives), encourager le partage de pratiques, ce qui favorisera l’émergence de projets. Et, pour qu’un enseignant soit  agent de changement, il a besoin de suivre au moins une formation même si c’est dans l’informel.

Le mot « enseignant » ici doit être entendu au sens large. Il recouvre par exemple les personnels de documentation, de l’administration et les conseillers pédagogiques, puisque toutes ces personnes sont appelées à utiliser les TIC dans leurs activités quotidiennes. Ils doivent de ce fait en maîtriser l’utilisation et les usages. Dans le rapport de l’ISTE Braun, (1990) recommande que chaque enseignant ait un ordinateur sur son bureau et un ordinateur à la maison, car selon ce rapport, les enseignants sont la clé du succès de tout changement en éducation. Les enseignants vont envisager les ordinateurs et les autres technologies comme étant des outils efficaces dans leurs classes uniquement lorsqu’ils se sentiront eux-mêmes suffisamment à l’aise avec ces outils et pourront eux-mêmes entrevoir ce qu’ils pourraient faire avec ceux-ci. Les enseignants de toutes disciplines doivent pouvoir employer l’informatique comme outil d’enseignement et parler à leurs élèves de son insertion dans la société. Ainsi, une éventuelle formation des enseignants aura donc pour but de permettre à tous d’acquérir : 

Ø  une connaissance générale de la nature de l’informatique et de ses applications dans la société d’aujourd’hui.

Ø  la compétence nécessaire pour employer des didacticiels dans leur enseignement.

            Cet emploi des didacticiels posera cependant des problèmes techniques et même pédagogiques qui ne pourront être résolus par tous les enseignants s’ils sont laissés à eux-mêmes. Toutefois, l’encadrement  des enseignants à  la production de didacticiels dans leur discipline, la recherche pédagogique, l’enseignement avec l’informatique, demandent des connaissances plus approfondies conduisant à construire des enseignants à double compétence : leur discipline et l’informatique. D’où la nécessité d’une formation continue pour les enseignants.  

Claude Pair, et Yves Le Corre, (1982) affirment qu’il existe trois principaux types de formation continue pouvant être proposées aux enseignants : la formation légère, la formation à l’animation, et la formation approfondie. Mais avant de suivre une formation continue, l’enseignant doit d’abord passer par une formation initiale.

 

1.2.1        Formation initiale 

Il s’agit des pré requis en informatique dont devront être dépositaires tous les futurs enseignants. La formation initiale doit porter à la fois sur l’informatique elle-même et sur son emploi dans l’enseignement et la documentation.  L’initiation à l’informatique devrait faire l’objet d’une unité de valeur dans toutes les formations universitaires conduisant à l’enseignement. Cette unité de valeur serait bien liée à la discipline principale de l’étudiant. D’autre part, dans l’année de formation professionnelle ((ENS, ENIEG…) devra être intégrée une formation qui insisterait sur l’insertion de l’informatique dans l’enseignement.

L’objectif étant d’atteindre le niveau 1(voir infra) pour tous les enseignants recrutés et de leur permettre un accès facile au niveau 2. Le niveau 3 devra toujours être acquis en formation continue si le choix  est de ne pas recruter de spécialistes d’informatique.

 

1.2.2.      Formation légère (niveau 1) 

Elle vise essentiellement les professeurs volontaires. Mais, pour que le choix soit fait en connaissance de cause, elle pourrait être précédée d’une information, destinée à tous les professeurs et effectuée par discipline sous la responsabilité des Inspecteurs Pédagogiques (cela rejoint la phase de sensibilisation : rencontre en conseil mentionnée plus haut). La formation légère doit être effectuée dans chaque établissement dans l’année de son équipement.  

Elle a un double objectif :

Ø  familiariser les enseignants volontaires avec l’informatique et ses applications, et à l’emploi de l’enseignement assisté par ordinateur

Ø  dégager une équipe d’animation comportant au moins une personne par discipline

Puis, un suivi devrait être assuré pour les enseignants engagés dans des travaux personnels et pour la formation de l’équipe d’animation.

La formation sera assurée par une équipe de professeurs formateurs de plusieurs disciplines. L’un deux sera désigné comme responsable (agent de changement dont le rôle sera de stimuler les autres formateurs à propulser et entretenir le processus de changement). Un formateur ne devrait être responsable que d’un établissement ; il pourrait intervenir dans 1 à 3 autres.  L’organisation et la répartition de la formation dans le temps seront mises au point par discussion entre le chef d’établissement et le responsable de formation.

Il faudrait envisager d’effectuer la formation en dehors des horaires de cours, en fournissant aux enseignants qui la suivent une contre partie monétaire pour le temps qu’ils y consacrent ; ceci dans le but de les galvaniser.  Ou  par exemple leur payer un montant forfaitaire par séance, qui pourrait leur assurer leurs frais de déplacement. L’inspecteur pédagogique de chaque discipline chargé de cordonner les activités pour cette discipline devra recevoir une formation préalable en vue d’un bon encadrement.   

 

1.2.3.      Formation à l’animation (niveau 2) 

            Cette formation a pour but principal de former des agents de changement. Ce sont des personnes ayant pour seul souci de voir réussir l’intégration des TIC. Ils seront donc amenés à être des catalyseurs, des promoteurs du changement. Ils seront chargés de stimuler le changement partout où ils se trouvent.

            De ce qui précède, le rôle de l’accompagnateur du changement est très important dans le succès de l’intégration. Car de son degré de motivation, dépendra l’adhésion ou non de son public cible. C’est pourquoi sa formation doit être le plus fournie possible.

            Elle commence en même temps que la formation légère. Puis, chaque année, l’équipe d’animation (composée d’au moins une personne par discipline), dans le rapport qu’elle doit fournir, fait état des besoins de formation complémentaire qu’elle ressent. L’inspection organise les formations nécessaires avec l’aide du Ministère.

 

1.2.4.      Formation approfondie (niveau 3) 

Cette formation concerne les enseignants désirant approfondir leurs connaissances dans un domaine spécialisé de l’informatique. Elle est effectuée pendant un an dans des centres universitaires qui auront une activité de Formation, de Recherche et de Développement. Ce sont les enseignants issus de cette formation qui assureront l’effectivité de la formation légère. Il est demandé aux centres d’assurer un suivi des anciens stagiaires.

 

1.3. Etape de recyclage : « formation continue » 

Après les différentes formations octroyées aux enseignants, et dans le but de solidifier les acquis, un plan trimestriel ou semestriel de remise à niveau devra être établi. Ainsi, les enseignants pourront rester en phase avec les techniques apprises mais également suivre le rythme des évolutions technologiques. Ces séances de recyclage pourront être organisées soit en fonction des disciplines d’appartenance, soit en fonction des difficultés antérieurement recensées, ceci pour évaluer leur degré de résolution.


 

 

Phase 2 : PROPOSITION d’une PROCEDURE  et d’un MODELE de FORMATION   

Après les étapes d’une formation envisagées à la phase précédente, il est important de marquer un temps d’arrêt sur la procédure de la formation.

 Autant les élèves apprennent (niveau micro), autant les enseignants (niveau méso) que les sociétés (niveau macro) apprennent comme mentionné plus haut. Cet apprentissage a pour but essentiel d’accroître les compétences. Pour ce qui est de l’enseignant, il passe essentiellement par des formations et, pour comprendre les situations pouvant amener un enseignant à s’intéresser aux TIC,  six voies de formation possibles ont été suggérées : l’autoformation, des contacts en dehors du milieu professionnel, un accompagnement ou un appui en situation professionnelle, des stages professionnels ou non (en formation initiale), des stages (en formation continue). Parmi ces voies possibles, l’autoformation est de loin la plus fréquente (surtout dans une situation où l’initiative d’intégration des TIC en classe viendrait des enseignants eux-mêmes. Alors ils se donnent les moyens pour y parvenir). Mais dans le cadre d’une intégration envisagée par la hiérarchie d’un établissement, l’accompagnement ou l’appui en situation professionnelle est la voie préconisée.

         Une stratégie de formation des enseignants ici proposée pourrait être résumée en quatre principaux moments : les enseignants sont soumis à un questionnaire, à la suite duquel ils sont classés dans les différentes catégories, ils sont ensuite orientés vers la prise en main (encadrement psychologique) prévue  pour leur catégorie, et enfin soumis aux modules de formation qui sont fonction du besoin immédiat et du niveau d’appropriation individuel de chaque enseignant.

 

 

 

2.1. Un questionnaire de catégorisation 

S’agissant du questionnaire, il permettra à partir du résultat obtenu de classer l’enseignant dans l’une des cinq catégories d’enseignants confrontés aux TIC dont il a déjà été fait mention.

 

Esquisse de questionnaire 

1- Vous êtes à Yaoundé et vous avez un ami  qui se trouve en  Espagne  vous voulez prendre de ses nouvelles: 

Ø  La distance vous décourage (réfractaires) 

Ø  Vous  lui écrivez une lettre manuscrite  que vous envoyez par la poste (craintifs)

Ø  Vous lui saisissez une lettre que vous envoyez par la poste (insécures)

Ø  Vous lui faites un e-mail et vous lui écrivez aussi une lettre (sceptiques)

Ø  Vous communiquez avec lui à travers la messagerie instantanée (pionniers)

 

2-  S’il fallait apprécier les TIC, vous diriez qu’ils sont : 

Ø  Inutiles (réfractaires)

Ø  Dangereux (craintifs)

Ø  Imprévisibles (insécures)

Ø  Utiles mais avec quelques réserves (sceptiques)

Ø  Indispensables (pionniers)

 

3- Votre opinion générale sur Internet : vous considérez que c’est : 

Ø  Un outil comme les autres (réfractaires)

Ø  Un outil à ne pas mettre entre toutes les mains (craintifs)

Ø  Un gain de temps (insécures)

Ø  Un gadget (sceptiques)

Ø  Un enjeu de société (pionniers)

 

4- Concernant la messagerie électronique, vous : 

Ø  N’avez pas d’adresse électronique (réfractaires)

Ø  Avez peur des répercussions sur votre santé physique ou mentale (craintifs)

Ø  Vous imaginez que d’autres personnes peuvent avoir accès à vos messages (insécures)

Ø  Avez un compte mais vous ne l’utilisez jamais (sceptiques)

Ø  Pouvez même joindre un fichier (pionniers)

 

5- Enseigner avec un ordinateur pour vous est : 

Ø  Sans importance (réfractaires)

Ø  A ne pas envisager  car on ne sait pas de quoi il est constitué (craintifs)

Ø  Utile pour la préparation du cours mais risqué pour sa présentation (insécures)

Ø  Envisageable mais reste encore à voir (sceptiques)

Ø  Un atout sans pareil (pionniers)

 

6- Concernant la maîtrise et l’usage d’un ordinateur, vous : 

Ø  Ne pouvez pas allumer un ordinateur (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher car vous ignorez quelle en sera la réaction (craintifs)

Ø  Pouvez l’allumer et l’utiliser  mais, pas pour une illustration publique (insécures)

Ø  Savez-vous en servir mais quant à l’utiliser en classe, vous n’en voyez pas trop l’importance (sceptiques)

Ø  Vous sentez en confiance avec  et vous êtes prêt à l’utiliser en classe (pionniers)

 

7- S’il fallait qualifier les TIC, vous diriez qu’ils sont : 

Ø  Sans importance notoire (réfractaires)

Ø  Dangereux et à déconseiller (craintifs)

Ø  Utiles mais leur manipulation est compliquée (insécures)

Ø  Importants mais doivent encore faire leurs preuves pour qu’on les adopte (sceptiques)

Ø  Indispensables de nos jours (pionniers)

 

8- Vous utilisez Internet pour : 

Ø  Rien du tout car vous n’en voyez pas l’utilité (réfractaires)

Ø  Réaliser des tâches qui ne peuvent pas endommager le système (craintifs)

Ø  Vous divertir  sous une fausse identité (insécures)

Ø  Rien, pourtant il regorge de nombreuses potentialités (sceptiques) 

Ø  Faire des recherches et publier vos travaux (pionniers)

 

9- Parmi les accessoires suivants, lequel vous semble le mieux adapté pour la sauvegarde de vos données : 

Ø  Des disquettes parce que ce sont les seuls que vous connaissez (réfractaire)

Ø  Des cédéroms car vous les maîtrisez mieux (craintifs)

Ø  Une imprimante car elle permet de sauvegarder les documents sur un papier qui peut être mieux conservé (insécures)

Ø  Les disquettes car elles ont fait leurs preuves et ne présentent pas d’incompatibilités (sceptiques)

Ø  Des disques durs externes car vous en connaissez les potentialités (pionniers)

 

10- Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’acheter  et/ou d’utiliser un ordinateur : 

Ø  Vous n’en avez pas besoin (réfractaires)

Ø  Vous n’êtes pas sûr de pouvoir contrôler la situation en cas de problème (craintif)

Ø  Il ne vous permet pas d’assurer la confidentialité absolue de vos données (insécures)

Ø  Vous avez l’impression qu’il ne vous servira  pas à grand (sceptiques)

Ø  L’achat des logiciels (pionniers)

 

11- Chez vous, vous disposez de : 

Ø  Aucun appareil (réfractaires)

Ø  Uniquement une radio et/ou une télévision (craintifs)

Ø  Un téléphone portable malgré vous (insécures)

Ø  Un ordinateur dont vous ne faites pas trop usage (sceptique)

Ø  Tous ces appareils et d’autres nouvelles sorties (pionniers)

 

12- Vous avez programmé un voyage de nuit et vous souhaitez effectuer une réservation. Votre frère dispose d’un ordinateur portable  connecté à  Internet via un  modem : 

Ø  Vous vous déplacer pour aller personnellement effectuer la réservation (réfractaires)

Ø  Vous ne vous sentez pas capable d’effectuer tout seul une réservation par Internet (craintifs)

Ø  Vous pensez que des problèmes inattendus pourraient perturber le bon déroulement de la transaction si vous utilisez ce poste (insécures)

Ø  Vous n’êtes pas sûr qu’avec le Net la réservation sera réellement effective (sceptiques)

Ø  Convaincu, vous savez que c’est possible et sans hésitation vous effectuez ou vous cherchez les moyens pour  effectuer la réservation par Internet. Vous appelez ensuite pour confirmer. (pionniers)

 

13- Pour capturer des images, vous vous sentez à l’aise en utilisant les appareils suivants : 

Ø  Rien, car vous n’avez pas besoin de savoir comment on fait une photo (réfractaires)

Ø  Un appareil photo analogique classique, car il semble plus facile à utiliser (craintifs)

Ø  Un téléphone portable car vous semblez mieux le maîtriser (insécures)

Ø  Un appareil photo numérique, car vous connaissez ses performances, bien que vous n’en maîtrisiez pas toutes les fonctionnalités (sceptiques)

Ø  Une caméra numérique (pionniers)

 

14- Par rapport à l’appropriation des TIC, vous diriez que vous : 

Ø  Ne savez pas à quoi ça sert  (réfractaires)

Ø  Avez peur d’y toucher (craintifs)

Ø  Pouvez les utiliser, mais vous en redoutez la fiabilité (insécures)

Ø  Voulez avoir la preuve de leur apport avant de vous lancer dans leur utilisation (sceptiques)

Ø  Vous considérez comme un expert (pionniers)        

 

15- Vous êtes souffrant et vous devez subir une simple opération de routine. Votre médecin vous propose de l’effectuer plus rapidement avec la dernière technologie de pointe en la matière. 

Ø  Vous refusez car vous ne voulez pas être un cobail (réfractaires)

Ø  Vous refusez car vous préférez une opération traditionnelle avec des humains car une panne serait mortelle (craintifs)

Ø  Vous refusez car vos ennemis pourraient en profiter, en piratant le système à distance  (insécures)

Ø  Vous refusez car vous souhaitez avoir la certitude que ça marche sur un nombre de cas statistiquement significatif  avant de l’essayer (sceptiques).

Ø  Vous acceptez volontiers car vous croyez fermement aux TIC et vous pensez que l’opération sera d’ailleurs meilleure (pionniers).

 

16- Si vous disposiez d’un ordinateur, vous l’utiliseriez pour : 

Ø  Orner votre salon comme joyaux (réfractaires)

Ø  Ecouter la musique ou jouer aux cartes (craintifs)

Ø  Saisir uniquement du texte (insécures)

Ø  Réaliser des taches routinières sans jamais essayer quelque chose de nouveau (sceptiques)

Ø  Effectuer vos expériences dans la découverte de ses opportunités (pionniers)

 

17- Votre frère vous envoie de l’étranger une série de logiciels divers : 

Ø  Vous les donnez à quelqu’un qui s’y connaît (réfractaires)

Ø  Vous les conservez soigneusement sans jamais y toucher (craintifs)

Ø  Vous testez ceux que vous connaissez (insécures)

Ø  Vous lui demandez de vous envoyer une version plus ancienne que vous maîtrisez déjà bien (sceptiques)

Ø  Vous les testez tous pour voir en quoi ils peuvent vous être utiles (pionniers)

 

18-  Vous avez un appareil (téléphone portable, appareil photo, ordinateur…) qui tombe en panne : 

Ø  Vous l’abandonnez  et vous achetez un autre (réfractaires)

Ø  Vous le rangez soigneusement (craintifs)

Ø  Vous faites appel à un expert mais vous observez  le dépannage à distance (insécures)

Ø  Vous faites appel à un expert et vous assistez attentivement au dépannage (sceptiques)

Ø  Vous tentez de résoudre le problème par vous-même (pionniers).

 

19-  Pendant la navigation sur Internet, vous avez suivi la publicité d’un article qui vous a intéressé et vous souhaiteriez l’acheter : 

Ø  Mais vous laissez tomber car vous ne savez pas trop comment ça se passe (réfractaires)

Ø  Vous voulez bien vous lancer mais vous craignez que ce ne soit une arnaque (craintifs)

Ø  Vous vous abstenez car vous ignorez comment l’article fera pour vous parvenir (insécures)

Ø  Vous effectuez des recherches pour savoir comment ça se passe et si c’est sûr (sceptiques)

Ø  Vous engagez directement le processus d’achat en suivant les instructions qui vous sont données (pionniers).

 

20- Vos collègues et vous êtes appelés à travailler en collaboration sur un sujet et produire à la fin un document. Pour y parvenir, vous devez effectuer des recherches sur Internet :

Ø  Vous attendez que les autres apportent ce qu’ils ont trouvé car vous ignorez comment chercher une information précise (réfractaires)

Ø  Vous préférez utiliser la bibliothèque du coin car vous savez mieux vous en servir (craintifs)

Ø  Vous apportez  quelque chose dont vous êtes convaincu  de la non pertinence, juste pour montrer que vous avez quand même cherché et cacher ainsi votre ignorance (insécures)

Ø  Vous apportez quelque chose, mais vous doutez de la pertinence car vous en ignorez les sources (sceptiques)

Ø  Vous êtes sûr de ce que vous apportez car vous savez identifier les informations fiables (pionniers).

 

2.2. Une catégorisation des enseignants 

Pour le deuxième moment qui consiste en la catégorisation des enseignants, il s’agira en fonction du nombre de réponses obtenu pour une catégorie, de situer le sujet dans la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages. Il faut rappeler que les catégories dont il s’agit sont issues de la classification proposée par Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) Comme suit : Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers.

Mais dans le souci de sauvegarder l’honorabilité des enseignants, en évitant de les frustrer par les termes péjoratifs de la classification (ceci pour les amener à répondre aux questions et pour suivre la formation sans préjugés), les termes Réfractaires, Craintifs, Insécures, Sceptiques, Pionniers seront utilisés pour les besoins de recherche, mais pour les résultats qui seront publiés à l’enseignant, il seront remplacés par Catégorie 1, Catégorie 2, Catégorie 3, Catégorie 4, Catégorie 5. Les enseignants ne doivent pas être décourages par le processus d’appropriation des TIC du seul fait  de la catégorie à laquelle ils appartiennent.

 

 

Catégories 

Correspondances 

Réfractaires 

Catégorie 1

Craintifs 

Catégorie 2

Insécures 

Catégorie 3

Sceptiques 

Catégorie 4

Pionniers 

Catégorie 5

Tableau 5 : Equivalence de catégorisation 

 

2.3. La prise en main catégorielle 

Le troisième moment serait la prise en main de chacune des catégories. Elle vise à apporter à l’enseignant la  réponse qui lèvera son inquiétude et l’incitera ainsi à utiliser les TIC. Cette étape est plus théorique que pratique ; dans la mesure où elle passe plus par les exposés, les présentations, les discours, enfin les démonstrations.

 

Ø  Prise en main pour catégorie 1 ayant pour but essentiel de montrer aux enseignants, de leur expliquer le bien fondé, la plus value, les opportunités que les TIC offrent et l’importance de l’utilisation de l’ordinateur en classe : l’ordinateur permet à l’enseignant de réaliser de manière plus rigoureuse, plus soignée et plus rapide des travaux qui lui sont déjà familiers.  

Ø  Prise en main pour catégorie 2 qui viserait à mettre en confiance les enseignants ayant des appréhensions, des préjugées sur l’ordinateur. Il sera donc question de démystifier cet outil en leur présentant son historique, ses rôles, ses opportunités, en précisant bien, qu’il ne s’agit que d’un appareil conçu par l’homme, pour faciliter l’existence humaine de par sa rapidité, sa capacité de stockage, sa performance dans les calculs, ses possibilités de représentation, de visualisation etc. Ils pourront même être amenés à le manipuler. 

Ø  Prise en main pour catégorie 3 qui poursuivra l’objectif de rassurer les enseignants sur le caractère inoffensif de l’ordinateur, en insistant bien sur le fait qu’étant une machine fabriquée par l’homme, un certain nombre de garanties sont prises, et par conséquent il est celui qui la commande. La machine n’exécutant que les désirs de l’homme qui la manipule. Pour les convaincre, un ordinateur pourra même être démonté (et les circuits expliqués) et remonté avec leur concours. 

Ø  Prise en main pour catégorie 4 qui cherchera à montrer, à présenter aux enseignants qui ont encore des doutes sur les performances des outils TIC, des applications qui ont fait leurs preuves. Cela signifie qu’il faudra à ce niveau, leur présenter des logiciels qui permettent de réaliser en un temps record des applications extraordinaires. On peut d’ailleurs en citer quelques uns. En mathématiques par exemple : Maple 9, Matlab ; en comptabilité et statistique : Excel ; en gestion : Access ; des logiciels de grammaire, d’orthographe, de géographie, de géologie, de sciences naturelles, etc.  

Ø  Prise en main pour catégorie 5 qui se focalisera beaucoup  plus dans  l’incitation à la découverte et la présentation de logiciels autres qui existent en expliquant comment ils fonctionnent.  Ils seront invités à tester les dernières sorties en matière des TIC. Donc ici, pour chaque discipline, des logiciels appropriés devront être présentés. 

 

Il faut remarquer que toutes ces prises en main devront immédiatement être suivies par des modules de formation, puisque l’objectif final est de faire parvenir les enseignants à une utilisation exemplaire des TIC c’est-à-dire à leur utilisation pédagogique.

 

 

 

2.4. Les modules de formation 

Le dernier moment serait  de soumettre les enseignants à une formation par module selon leur degré d’appropriation des TIC qui, en fonction du modèle-synthèse de Carole Raby ci-dessus retenu pourraient être : la « sensibilisation », l’« utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». Il n’est pas superflu de rappeler que ces modules ne sont pas successifs, en ce sens qu’un enseignant après sa formation au module de sensibilisation, peut devenir un expert en TIC c’est-à-dire aller directement à l’utilisation pédagogique, sans forcément suivre les modules intermédiaires; tout dépendant de la motivation personnelle qui l’incite à vouloir les utiliser,  de l’intérêt qu’il porte à l’intégration des TIC, et de l’utilité qu’il croit pouvoir en tirer. Rappelons-le, les modules de formation sont fonction du degré d’appropriation des TIC par l’enseignant. Ainsi, il sera orienté vers un module précis en fonction de son degré personnel d’appropriation  en TIC et /ou de ses besoins imminents.

 

Esquisse des modules  de formation 

 

Module 1 : sensibilisation 

Ce module, à travers la sensibilisation, vise à inciter, à motiver les enseignants à utiliser les TIC, ce en passant par la maîtrise de l’ordinateur qui se présente comme l’objet particulier de l’ensemble des TIC. De plus, l’ensemble des compétences en TIC s’organisent autour de lui et s’articulent en système de connaissances : conceptuelles et procédurales.

 

Objectif du module : 

Ø  Résoudre les problèmes liés à la connaissance du vocabulaire de base de l’ordinateur, de ses fonctions et de la petite maintenance ; 

Ø  sensibiliser aux possibilités de la création des outils de gestion pédagogique avec les TIC ;

Ø  maîtriser les mécanismes fonctionnels d’un ordinateur ;

Ø  Percevoir la transition et les mobilités ou mutation due à l’innovation technologique (électricité, câbles de branchement, réseau intranet ou Internet) ;

Ø  réaliser la maintenance de premier niveau (résoudre les petits problèmes de connexion ou les pannes mineures).

 

Le Contenu 

La connaissance de l’ordinateur ; de ses parties et de la maintenance de premier niveau visent à rendre l’enseignant capable d’utiliser un ordinateur et différents outils technologiques. Thierry Karsenti et autres, (1999) sont d’avis que cela inclut l’utilisation de logiciels et la manipulation de base comme : mettre en marche un ordinateur, ouvrir des logiciels, sauvegarder, enregistrer, créer, manipuler, éditer et distribuer des informations.           

Les TIC sont considérés comme une interface entre l’usager et le monde qui l’entoure; interface qui nécessite de la part de l’utilisateur des compétences manipulatoires pour pouvoir interagir avec l’objet technologique. Simplement, ce sont les compétences dont a besoin un apprenant pour savoir connecter les câbles d’un ordinateur, démarrer et fermer un ordinateur, choisir un espace de travail, c’est la connaissance de l’ensemble constitué du Hard et du software. Ces compétences techniques constituent alors le préalable à l’intégration des TIC dans l’enseignement. Leur maîtrise est essentielle pour la participation, l’interprétation et la modification des pratiques pédagogiques avec les TIC. Malheureusement, ce sont aussi des compétences qui donnent l’occasion de « technophobies »et de résistances à la technologie. En formation continue des enseignants et en formation des adultes, cette partie doit être abordée avec beaucoup de tact, pour justement ratisser le large et intéresser le plus grand nombre. Car malgré son côté convivial, l’ordinateur est d’abord perçu par les adultes comme un objet « boîte mystique ». Ces compétences techniques sont encore appelées compétences instrumentales, manipulatoires et procédurales. Donc en récapitulatif, ce module pourrait être découpé comme suit : Introduction (historique) ; les parties d’un ordinateur ; les outils matériels et logiciels ; les fonctions ; exploration de quelques périphériques ; maîtrise du clavier ; le diagnostic de disfonctionnement et la maintenance de premier niveau ; évaluation et conclusion.

 

Les outils pour la sensibilisation

Ce sont des outils matériels (documentaires, infrastructurels et numériques). Il s’agit des ordinateurs, des périphériques, des logiciels de dessin, des tableurs et de traitement de textes…des revues sur l’informatique et la maintenance informatique.

 

Activité dévaluation du  module : 

A travers des questions qui viseront à juger le niveau d’acquisition des connaissances des enseignants : citer les parties de l’ordinateur ; citer des outils matériels et logiciels en donnant leurs fonctions ; quelques périphériques ; comment distinguer certaines pannes ou certains problèmes.

 

 

Module 2 : initiation à l’utilisation personnelle 

Comme mentionné plus haut, lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : il est poussé par la curiosité ou par un besoin, ensuite il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels, enfin, il  recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

Objectif du module : 

Ø  Faciliter l’utilisation des TIC pour résoudre des besoins personnels et satisfaire sa curiosité ; 

Ø  Permettre  à l’enseignant d’avoir des connaissances de base dans certains logiciels courant afin qu’il puisse être apte à poursuivre tout seul et à compléter sa formation. Il s’agit des logiciels de traitement de textes, les tableurs, le PAO, de présentation, de conception  etc.

Ø  Rendre l’enseignant capable de rechercher des informations sur des sujets d’intérêt personnel, d’utiliser les TIC pour rester en contact avec ses connaissances, et pour résoudre des situations-problèmes ayant trait à ses besoins personnels.

Ø  écouter la musique, jouer, visionner des films, organiser son agenda, planifier ses activités, saisir ses textes, effectuer des calculs etc.

 

Contenu : 

Rendre l’enseignant capable d’utiliser des outils TIC  pour subvenir à ses besoins. D’abord théorique ensuite pratique, ce module visera à inciter les enseignants à vouloir utiliser les TIC, en leur démontrant exemples à l’appui, la nécessité de les utiliser. Cela passe par des exposés sur les opportunités offertes par les TIC, qui aiguiseront la curiosité des enseignants. Ensuite, par la présentation des avantages qu’il y aurait à les utiliser : gain de temps, rapidité, convivialité, meilleure illustration, etc.

Après cette phase, suivra celle pratique  qui consistera à initier les enseignants aux rudiments techniques de base en se servant de quelques logiciels tel : un logiciel de traitement de texte (exemple Word) pour la réalisation des projets personnels, la rédaction de notes à but personnel, la bonne conservation de ses archives ; un logiciel tableur(exemple Excel) qui lui permettra d’effectuer ses propres calculs, un logiciel de présentation(exemple PowerPoint) pour présenter ses travaux, un logiciel de conception(exemple Publisher) pour des cartes de vœux à sa famille par exemple, des plans, un logiciel de gestion de base de données(exemple Access) pour réaliser ses projets, l’initiation à  l’impression , l’initiation à la recherche sur Internet pour être à la une des informations du monde (Accès à Internet à l’aide d’un navigateur, Comment chercher une information précise, Accéder à des sites web, créer son propre Site ou son Blog et publier des informations. Bref, le module visera à initier  l’enseignant à la bureautique.

 

Activité d’évaluation du module : 

Des exercices lui seront proposés pour évaluer sa capacité à rechercher des informations d’intérêt personnel, produire des documents en lien avec ses besoins personnels de sorte qu’il ne soit plus obligé d’aller voir quelqu’un pour effectuer ses petites taches. Exemple : l’anniversaire de votre femme est dans quelques jours. Citez nous un outil courant que vous pourriez utiliser et concevez lui une carte de vœux ; Vous êtes responsable des activités de votre frère qui se trouve dans une autre ville. Vous lui adressiez mensuellement une lettre manuscrite pour lui faire le bilan de ses activités. En tant qu’enseignant utilisant les TIC, vous voulez l’épater en lui envoyant un autre style de lettre : saisie et comportant des calculs générés automatiquement. Qu’utiliserez-vous ? En laissant de côté la méthode traditionnelle de la poste, pourriez vous en plus  utiliser la messagerie électronique pour lui transmettre ces informations dans un fichier?

 

Module 3 : initiation à l’utilisation professionnelle 

S’agissant du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant justifiera l’utilisation des TIC par une raison précise, puis au fil du temps il s’y accommodera en les utilisant régulièrement  et utilisera enfin les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel (à l’aide d’Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession et résoudre les problèmes administratifs.

 

Objectif du module : Avoir des enseignants compétents à :

Ø  utiliser l’ordinateur et certains logiciels pour la saisie,
la PAO (Programmation Assistée par Ordinateur) et les calculs ; 

Ø  utiliser les TIC pour la gestion, la supervision et la planification de leurs activités professionnelles.

Ø  gérer des ressources humaines matérielles et numériques avec les TIC ;

Ø  construire des outils pertinents pour améliorer sa professionnalité.

Ø  familiariser les enseignants à l’utilisation des outils numériques pour la gestion, la planification pédagogique.

 

Contenu : 

Ici, l’enseignant sera capable d’utiliser des outils pour résoudre des problèmes en rapport avec sa profession, afin d’améliorer sa productivité et sa croissance professionnelle. Les habiletés de base sont acquises ce qui lui permet d’utiliser des fonctions plus avancées des logiciels d’édition, de communications et des appareils audio ou vidéo. C’est ce qu’affirment Thierry Karsenti et autres (1999). 

 Divisé en deux parties, ce module dans son approche  théorique permet de comprendre le rôle des TIC dans la gestion d’une école, alors que l’approche pratique permet de construire effectivement des outils de travail et d’améliorer la qualité de la gestion. Les points suivants seront alors développés dans ce module : la gestion avec les TIC;  la planification avec les TIC ;  construction des outils de gestion avec les TIC (tout ceci avec  à l’appui des logiciels adéquats)

Il en sortira que pour gérer sa classe,  l’enseignant aura par exemple besoin :

Ø  des fiches et grilles d’évaluation pour l’évaluation  des élèves et suivre la progression des enseignements ;

Ø  des grilles d’observation pour apprécier le parcours des élèves et veiller à la régularité et l’assiduité via le registre de présence, les taux de fréquentation ;

Ø  d’outils lui permettant la gestion des relations avec les élèves, avec l’administration avec le conseil de l’école et avec les parents d’élèves ; sans oublier la gestion des notes et procès verbaux des évaluations. Ces fonctions sont proposées par certains logiciels qu’il faudra présenter aux enseignants.

 

 

Activité d’évaluation du module : 

Des questions pourront être posées aux enseignants, mais aussi des petits tests pratiques tels : à l’issue d’un séminaire auquel vous avez participé, vous êtes chargé de produire un rapport destiné à votre proviseur. Soignez-le, et dites nous quel type de logiciel vous utiliserez en nous décrivant la procédure que vous suivrez pour produire ce document ;  Introduisez, programmez et produisez automatiquement les notes de vos élèves ; représentez les résultats en utilisant un histogramme. Vous avez été désigné par votre proviseur pour représenter l’établissement à un colloque où vous devez exposer. Il vous est alors demandé de préparer une présentation avec un outil. Citez en un exemple. Au sortir du colloque, vous avez les adresses électroniques de plusieurs de vos collègues comment ferez vous pour rester en contact avec eux et échanger vos expériences ?

 

Module : initiation à l’utilisation pédagogique 

Lors de l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement/apprentissage) pour enrichir son enseignement. Il les utilise fréquemment en classe avec ses élèves dans le cadre d’un apprentissage actif (interactif) et significatif.

 

Objectif du module : rendre les enseignants aptes à :

Ø  utiliser les TIC pour appliquer les principes des APC (approches par  compétences), de
la NAP (Nouvelle Approche Pédagogique), de la pédagogie par objectif et
la PGG (pédagogie des grands groupes) ; et ensuite à utiliser ces compétences techniques pour améliorer sa pratique pédagogique.

Ø  utiliser les TIC pour élaborer des outils de la recherche ;

Ø  résoudre les situations-problèmes liées à l’application de
la Pédagogie par Objectifs, et
la Pédagogie des Grands Groupes, à la nouvelle approche pédagogique et de l’Approche par  Compétences (APC) en utilisant les ordinateurs ; enseigner des grands groupes avec les TIC (exemple en utilisant un projecteur et des micros avec amplificateurs); conduire les activités pédagogiques selon les approches par objectif, par compétences.

Ø  résoudre des situations-problèmes liées à la réalisation des ressources pédagogiques avec des TIC pour améliorer leurs pratiques pédagogiques à travers  la réalisation des Didacticiels ( par : Preparing multimedia materials with Authorware ; using Macromedia Flash to create animations ; editing pictures with Adobe Photoshop ; Creating webpages with Dreamweaver ; principles of programming – Java Script Language ; development of e-portfolios ; instructional Design  selon pelgrum (2007).

 

Contenu : 

L’enseignant sait très bien utiliser les différents logiciels et les différents outils de communication. Il possède maintenant les habiletés nécessaires pour intégrer l’utilisation des ordinateurs et des technologies à ses stratégies d’enseignement et aussi adapter ses interventions en fonction de ses élèves et de la matière, selon Thierry Karsenti et autres (1999). 

Ce module est donc relatif à la gestion pratique en temps réel des activités des élèves, aux modes d’interventions et aux gestes professionnels nécessaires aux acteurs de l’école en fonction des contextes. Il s’agit de former les enseignants à la prise en compte pédagogique des problèmes posés par l’intégration des TIC à l’école. L’utilisation d’instruments rend complexes les relations dans l’école et en classe. C’est pourquoi le changement dans le processus de supervision ou d’enseignement/apprentissage qu’implique l’intégration des TIC nécessite de la part des acteurs l’adoption de nouvelles postures. Le système doit s’ouvrir et se transformer en un système ouvert avec interdépendance des facteurs humains et matériels.

 Au Cameroun, les compétences pédagogiques doivent permettre aux enseignants d’utiliser les TIC tout en appliquant les principes des Approches par les Compétences,
la Nouvelle Approche Pédagogique, et Pédagogie par Objectifs et
la Pédagogie des Grands Groupes. Tout ceci passe par : la construction de quelques exemples de didacticiels contenant des situations d’apprentissages (pour la maîtrise d’une langue ou d’une seconde langue (bilinguisme) ; pour comprendre un phénomène scientifique, pour résoudre des problèmes ; pour développer les compétences d’apprentissage). En utilisant des outils tels que des exercices d’expression orale, ou écrite, exercices de langue, reformulation de formules mathématiques, diagrammes, schémas, textes scientifiques, lois et règles, des cédéroms…

Il vise également à initier les enseignants à choisir des ressources selon les objectifs, le projet ou la compétence à acquérir ; à élaborer des contenus (des schémas, des diagrammes, les cartes…), construire des modèles permettant de rendre compte d’une série de situations de présentation, de manipulation et les mettre sur supports numériques. Ce module visera aussi à  soutenir les initiatives individuelles ; diffuser les bonnes pratiques ; valoriser les réalisations pour leur généralisation ; fédérer les ressources.

Le déploiement du  module comprend une partie théorique conceptuelle et notionnelle et une partie opératoire et expérimentale, divisées comme suit :

*          Les principes des approches pédagogiques par les objectifs, par compétences, de la pédagogie des grands groupes et
la NAP qui visent à : s’approprier ces pédagogies et les théories de l’apprentissage liées aux TIC en éducation.

* Lappropriation de ces pédagogies pour conduire quelques activités d’enseignement/apprentissage et animer des projets scolaires intégrant les TIC. Plusieurs outils devront être déployés pour le succès d’une telle entreprise:

Ø  la documentation sur les approches pédagogiques par les objectifs, l’APC, la pédagogie des grands groupes,
la NAP.

Ø  des situations typiques à travailler en atelier lors des pratiques ;

Ø  des références bibliographiques ;

Ø  des outils numériques hors ligne pour construire des grilles, des fiches de préparation de leçons, ou les fiches de progression par compétences, par objectifs…

Ø  usage et construction des didacticiels.

            De plus, en fonction de la discipline, des outils ou logiciels devront être proposés aux enseignants tels : les logiciels de tracé de graphiques sont à cet égard d’un intérêt particulier. Le temps qu’ils font gagner peut être consacré à l’étude des problèmes de méthode. Ces traceurs de graphes peuvent être des outils de type professionnel (Graph in the Box, grapheur de Works…), mais il sera judicieux de présenter d’abord des logiciels adaptés aux manipulations spécifiques de la discipline (tracé de diagrammes climatiques, de pyramides des âges…) qui sont d’une utilisation plus immédiate ; les logiciels de cartographie et leurs modules associés de traitement de données permettent de la même manière d’engager, à partir d’exemples rapidement réalisés, une profonde réflexion sur la valeur des représentations cartographiques (méthodes de discrétisation des données, choix des trames). L’intérêt de ces logiciels est donc, d’abord, méthodologique : la réflexion sur les choix opérés lors de la construction de la carte est plus importante que la qualité formelle du document fini. Pour cette raison on ne privilégiera pas forcément les logiciels les plus « professionnels » qui sont plus complexes à installer et à mettre en oeuvre (et sont souvent plus chers !) ; etc.

 

Activité d’évaluation du module : 

Une évaluation formative, constituée de questions pour évaluer les avancés et plusieurs activités pratiques pour intégrer, renforcer et remédier les acquis sur : les nouvelles compétences de l’enseignant, les usages des TIC (qu’est-ce qu’ils peuvent apporter à l’enseignement) ; l’enseignement avec les TIC (comment ça devrait se passer) ; prise en main à l’utilisation d’un projecteur en classe ; les nouvelles attitudes des enseignants ; les nouveaux rôles des enseignants.

 

NB : Chaque module sera évalué sur 20 points, 10 comptant pour la théorie, et 10 autres pour la pratique. Un enseignant  ne pourra passer à un autre module, que s’il a obtenu au moins 15/20 dans le module qu’il suivait.

Au bout des quatre modules, il sera à nouveau soumis à une évaluation générale qui a pour but de tester les connaissances  acquises dans l’ensemble. S’il obtient au moins 15/20, il lui sera décerné un diplôme attestant qu’il a suivi tous les quatre modules et les a passés avec succès. Il est désormais compétent et apte à enseigner avec les TIC.

 

(Pour toutes justifications, se référer au mémoire)

 

 

27 mai, 2009

Esquisse 5

Classé dans : Non classé — pdoungtio @ 23:16

TABLE DES MATIERES

 

Liste des tableaux et figures. 2

 

REMECIEMENTS. 3

 

RESUME.. 4

 

ABSTRACT.. 4

 

INTRODUCTION.. 5

 

 

 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS. 6

 

I.1. Intégration. 6

 

I.2. Changement 7

 

I.3. Accompagnement du changement 8

 

I.4. plan de formation. 8

 

 

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION.. 9

 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif. 9

 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif. 10

 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants. 11

 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif. 17

 

 

 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION   21

 

3.1. Les types de changement 21

 

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif. 22

 

3.3. Les différents niveaux du changement 22

 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC.. 23

 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 24

 

3.6. Autres obstacles au changement 26

 

 

 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION.. 29

 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC.. 29

 

4.2. L’acquisition d’infrastructures. 34

 

4.3. Les besoins en ressources humaines. 34

 

 

 

Chapitre 5 : L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT.. 35

 

5.1 Démarche d’accompagnement du changement 35

 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement. 36

 

5.3. Proposition d’un plan de changement 37

 

 

 

Chapitre 6 : COMPETENCES ATTENDUES AU 21ème SIECLE. 39

 

6.1. Standards pour les élèves : l’ISTE.. 39

 

6.2.      Standards pour les enseignants : l’UNESCO.. 41

 

 

 

CONCLUSION.. 50

 

RECOMMANDATIONS. 51

 

ANNEXES. 52

 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC. 52

 

BIBLIOGRAPHIE.. 55

 

Liste des tableaux et figures

 

 

 

 

 

Tableaux

 

 

 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch.  …………………………..12

 

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et Owyer….13

 

Tableau 3 : Tableau d’équivalence entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique…………………………………………………………………………29

 

Tableau 4 : Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow) (annexe)……………………………………………………6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figures

 

 

 

Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais…………………………………………………15

 

Figure 2: A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies …………48

 

 

 

REMECIEMENTS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RESUME 

 

L’intégration des TIC dans le système éducatif  provoque de nombreux changements tant dans les attitudes que dans les contenus pédagogiques. Ainsi de nouvelles attentes en termes de compétences seront envisagées. Dans le système éducatif Camerounais cette intégration semble en avoir surprit les acteurs. Ce qui implique que ces derniers éprouvent certaines difficultés à les adopter. Pour faciliter cette appropriation, ils doivent être encadrés. Les enseignants, vecteurs principaux de ce changement, ont besoin d’être formés en vue d’une utilisation efficiente  des TIC pour l’enseignement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ABSTRACT

 

The integration of ICT in an educational system leads to many changes which leads to attitude changes and changing of pedagogical contents. So, there are new competences which are awaited from the educational system actors. In Cameroon’s educational system, these actors seem to have been surprised by that integration. That is why they have so many difficulties to adopt the ICT system. In order to facilitate the appropriation these actors should be trained. Teachers, which are the principal vectors of this change, need to be trained for an efficient use of ICT in teaching.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

            La prolifération et la grande expansion des nouvelles technologies dans le monde, a poussé le gouvernement camerounais à décider il y a plus d’une décennie, d’entamer l’intégration des TIC dans le système éducatif. Au moment où tous les domaines s’évertuent à adopter les TIC parce qu’elles ont fait leurs preuves à travers le monde, le système éducatif ne saurait rester en marge de cette évolution. Un processus est alors engagé : celui de la réforme du système éducatif, qui doit désormais considérer ce facteur dans l’acte d’enseignement apprentissage.   

 

La politique gouvernementale vise à faire acquérir à tous les citoyens, des compétences  en TIC, sans lesquelles aucune compétitivité nationale et internationale n’est possible au 21ème siècle. Pour que ces compétences soient acquises par les élèves, leurs  dirigeants et leurs enseignants doivent d’abord les acquérir afin d’être aptes à pouvoir les conduire à les acquérir.

 

            Toutefois, cette intégration pose un problème, dans la mesure où les acteurs du système éducatif, semblent avoir été surpris. Ils  éprouvent de ce fait des difficultés à s’approprier ces nouvelles technologies et techniques d’enseignement. D’où la nécessité de leur accorder un encadrement particulier. Les enseignants, cibles de ce travail car sont les agents principaux de ce changement ont besoin d’assistance. Alors, quelle stratégie de formation mettre en place pour lever les difficultés des  enseignants et les arrimer ainsi à l’utilisation des TIC en classe? Autrement dit, quelle   formation leur offrir et comment la déployer ?

 

Afin de faciliter ce processus d’intégration des TIC dans le système éducatif, il serait judicieux de mettre en place des stratégies   visant à faciliter l’appropriation de ces TIC à travers un accompagnement. Et pour y parvenir, une analyse des procédés d’intégration dans le monde sera faite, avec un point d’ancrage sur le cas du Cameroun. Ce qui permettra à la fin de concevoir un modèle de modules de formation pour les enseignants désirant impliquer les TIC dans leurs enseignements.

 

Le travail consistera à faire un état des lieux  sur l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et camerounais en particulier, sur les changements pouvant être engendrés par cette intégration, sur quelques moyens d’accompagnement du changement, et enfin il sera question de proposer une méthode de formation des enseignants qui puisse leur faciliter l’appropriation des TIC et par ricochet leur intégration dans le système éducatif camerounais.

 

MOTS CLES : Intégration ; Changement ; Accompagnement du changement; Plan de formation.

 

 

 

 

 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS

 

Pour mieux cerner la quintessence du sujet, il est nécessaire que quelques concepts soient préalablement définis. Il s’agit des concepts d’intégration, de changement, d’accompagnement du changement, et du plan de formation.

 

 

 

I.1. Intégration

 

L’intégration, dans un sens large se réfère, selon Legendre (1993), à l’« action de faire interagir divers éléments en vue d’en constituer un tout harmonieux et de niveau supérieur ». Le concept de « technologies de l’information et de la communication » (TIC) fait référence aux équipements technologiques de type numérique  pouvant servir d’outils pédagogiques.  Ex. : Ordinateurs, serveurs, caméras numériques, caméras vidéo numériques, numériseurs, projecteurs, lecteurs de cédéroms, lecteurs de DVD, graveurs, imprimantes, modems, logiciels, etc. L’intégration des TIC dans le secondaire signifie une cohésion harmonieuse entre les TIC et tous les maillons intervenant dans la chaîne éducative d’un établissement afin de produire un enseignement et un apprentissage de meilleure qualité. Ainsi, chaque acteur d’un établissement devra être capable d’utiliser  les TIC de manière efficace et efficiente pour réaliser la tâche qui lui est attribuée. Dias, (1999) dit à ce propos que « les technologies sont intégrées lorsqu’elles sont utilisées de manière continue pour soutenir et pousser plus loin les objectifs du programme et pour engager les élèves dans des apprentissages significatifs » « (…) technology is integrated when it is used in a seamless manner to support and extend curriculum objectives and to engage students in meaningful learning ». Pour soutenir cette idée, d’autres auteurs tels que Hadley ;1993, Parks ;1994, Depover ;1996 estiment que pour parler d’intégration, les TIC devraient être utilisées de manière « quotidienne », « habituelle », « régulière » ou « fréquente ».

 

L’avis du Pr. Fonkoua et autres (2008) n’en est pas si éloigné, puisqu’ils affirment qu’ « il ne s’agit pas simplement de faire entrer les ordinateurs dans les écoles sans que les pratiques pédagogiques changent. L’enjeu ici est surtout l’appropriation des technologies pour changer, voire améliorer les pratiques pédagogiques. L’Intégration des TIC à l’école pense- t-on pourrait être l’un des leviers de la transformation de l’acte éducatif.

 

Mais, qu’est-ce que l’intégration pédagogique ? Plusieurs auteurs procèdent par la négative pour tenter de cerner le phénomène de l’intégration des TIC. Ils expliquent que l’intégration des TIC, ce n’est pas seulement :

 

Ø  placer les équipements dans les classes (Bray, 1999 ; Dockstader, 1999) ;

 

Ø  aller au laboratoire 40 minutes par semaine (Dias, 1999) ;

 

Ø  utiliser les ordinateurs comme une feuille d’exercice électronique ou une récompense pour les élèves qui ont terminé leur travail (Dias, 1999) ;

 

Ø  utiliser des logiciels sans but précis (Dockstader, 1999) ;

 

Ø  enseigner comment utiliser les TIC (Bailey, 1997).

 

Ce type de discours par la négative, sans vouloir en minimiser la valeur, ne permet pas de définir précisément ce qu’est l’intégration des TIC puisqu’il met plutôt l’emphase sur ce qu’elle n’est pas.

 

François Mangenot, (2000) propose tout de même la définition suivante : « l’intégration, c’est quand l’outil informatique est mis avec efficacité au service des apprentissages ». Parlant d’efficacité, un  rapport canadien (Bracewell & alii, 1996) souligne que les TIC peuvent servir aux enseignants soit à faire mieux ce qu’ils font déjà, soit à faire des choses différentes, les deux approches étant pertinentes au plan pédagogique. Rappelons-le, il ne s’agit pas d’une intégration physique qui consiste à mettre à la disposition des acteurs du système éducatif des dispositifs technologiques dont ils peuvent occasionnellement se servir, mais il s’agit plutôt d’une intégration pédagogique qui prône une utilisation effective et régulière des outils technologiques en présence.

 

 

 

I.2. Changement

 

Le changement est un processus de passage d’un état A vers un état B. parler d’un changement dans le système éducatif camerounais suppose le passage de l’état de non utilisation ou de la mauvaise utilisation des TIC dans les établissements à un état de déploiement systématique des TIC pour toutes les activités tant scolaires qu’extra scolaires.

 

Les acteurs du système éducatif camerounais n’ayant  pas été suffisamment préparés à ce changement, ont de ce fait  besoin d’être accompagnés dans ce processus d’intégration des TIC.

 

 

 

 

 

I.3. Accompagnement du changement

 

L’accompagnement du changement dans le système éducatif est le processus qui vise à encadrer les acteurs du système éducatif afin de favoriser une rapide et excellente appropriation des TIC. Il s’agit donc d’apporter  un soutien, une assistance à tous ceux qui en manifestent le besoin, pour faciliter le processus d’intégration des TIC, ceci notamment dans le système éducatif camerounais.

 

Cet accompagnement peut consister en une assistance-conseil, une assistance-expertise, une assistance -formation de tous les acteurs de la chaîne éducative. Il s’agit ainsi de mettre en place un cadre favorable à l’éclosion des TIC dans le système éducatif.

 

 

 

I.4. plan de formation

 

Le plan de formation c’est l’ensemble des étapes et des activités à mener pour le bon déroulement d’une formation. Il sera ici question de présenter toutes les phases envisagées pour mettre en place et assurer une formation qui puisse avoir des retombées positives sur les enseignants, afin que ces derniers puissent être à même d’utiliser les TIC en classe sans préjugés. Il s’agit donc de déployer une stratégie de prise en main des enseignants.

 

Une fois ces concepts élucidés, une analyse minutieuse du processus d’intégration des TIC dans le système éducatif et ses implications est nécessaire avant la proposition d’une stratégie d’encadrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION

 

            Après la définition des concepts du chapitre précédents, ce chapitre abordera quelques points sur  l’intégration des TIC à savoir : les méthodes, les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif, les modèles d’appropriation des TIC par les enseignants, les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif en général et dans le système éducatif camerounais en particulier.

 

 

 

2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif

 

Il ressort des écrits de Christian Depover qu’il existe deux principales manières d’intégrer les TIC dans un système : le top-down  et le bottom-up.

 

Le top-down ou approche descendante est une technique d’intégration qui fait intervenir des décisions politiques pour initier l’intégration. Les décisions sont prises par la hiérarchie et font l’objet de décrets définissant ses modalités d’application sur le terrain. De prime abord, on serrait tenté de dire que c’est la meilleure approche d’intégration, puisqu’elle vise le changement de tout le système éducatif dans son entièreté, et semble de ce fait plus apte à entraîner des modifications au sein du curriculum puisque se fondant sur une décision centrale imposable à tous. Mais dans les faits, cette approche se heurte rapidement à la résistance des enseignants de terrain  qui, de part leurs pratiques  refusent de légitimer un outil technologique dont les apports aux disciplines restent  encore largement à démontrer. Ainsi, les enseignants se liguent contre un projet qui leur est imposé et dans lequel à priori ils ne trouvent aucun intérêt.

 

Le bottom-up ou approche ascendante est la technique d’intégration par laquelle l’initiative d’intégration des TIC dans le système et notamment dans  un établissement est le fait des enseignants eux-mêmes. Cette approche se caractérise par la conception par les enseignants de projets innovants, dans le but d’utiliser les TIC en classe et d’inciter leurs élèves à les utiliser également. Ces projets sont ceux qui ont une chance de succès, s’ils étaient entrepris par tous les enseignants au même moment. A ce sujet, D Cavallo, (2004) affirme que  « l’une des caractéristique d’un environnement fertile au changement est le fait que les initiatives doivent surgir de la base » en ces termes «  bottom-up and emergent   large-scale growth comes from the basis of many little contributions ».

 

Mais, le fait qu’il ne  s’agisse que d’initiatives personnelles et éparses, celles-ci ne sauraient embraser tout le système, puisque tous les enseignants n’ont pas la même motivation à utiliser les TIC en classe. Des projets dispersés ne sauraient donc avoir un quelconque impact sur le curriculum de manière à le modifier.

 

La politique camerounaise semble être à cheval entre les deux approches, dans la mesure où, la hiérarchie éducative promeut une intégration des TIC dans le système éducatif, mais faute de moyens adaptés à cette politique, une méthode palliative semble être mise en place pour inciter les enseignants à être les acteurs prioritaires de cette intégration à travers leur implication personnelle.

 

De ce qui précède, il faut retenir que l’intégration des TIC dans un système peut commencer soit par le sommet, soit par la base. Cette intégration s’effectue-elle toujours de la manière souhaitée ? D’où la nécessité d’analyser les niveaux d’intégration.

 

 

 

2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif

 

Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux (1991) expliquent qu’il existe deux types d’intégration de l’ordinateur à la pédagogie : l’intégration physique et l’intégration pédagogique.

 

Par rapport à  l’intégration physique, ils affirment qu’elle : (…) consiste à placer les équipements technologiques à la disposition des enseignants et des élèves et à amener ces deux groupes à s’en servir occasionnellement en vue de répondre aux demandes pédagogiques ponctuelles du milieu. Et Bray (1999) dans la même lancée, affirme cependant que : « simplement placer les technologies dans la classe ou dans le laboratoire d’informatique ne signifie pas que les enseignants sauront comment les utiliser ou que le curriculum sera amélioré par leur présence »Simply placing technology in classrooms or computer labs does not mean that teachers will know how to use it or that the curriculum will be better for its presence»). Ainsi,  selon de nombreux auteurs (Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux, 1991; Depover et Strebelle, 1996 ; Dias, 1999), l’intégration physique est incontournable (puisqu ’elle est un préalable), mais c’est l’intégration pédagogique qui devrait plutôt être visée par l’implantation des TIC. IsaBelle (2002) précise en ce sens : « en milieu scolaire, l’aspect pédagogique des TIC constitue la pierre angulaire de la réussite ou de l’échec de leur intégration ». En d’autres termes, l’intégration est le fait d’utiliser les TIC dans le processus d’enseignement apprentissage.

 

L’intégration des TIC dans un système peut demeurer au niveau physique ou évoluer vers le niveau pédagogique, tout dépendant de l’appropriation ou non de ces TIC par les enseignants. Ce qui conduit à évoquer quelques modèles d’appropriation des TIC par les enseignants.

 

 

 

2.3. Modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants

 

Comme mentionné plus haut, l’intégration des TIC a pour objectif principal que les enseignants se les approprient, en vue de l’amélioration de la qualité du processus enseignement apprentissage dans le secondaire. Mais, il faut noter, pour que cette intégration ait lieu, les acteurs du système éducatif doivent subir certaines transformations, ou mieux, traverser certaines étapes. Vu sous cet angle, l’intégration des TIC ne serait donc pas un état de fait mais plutôt un processus  s’échelonnant sur une période. Donc, ce processus est évolutif, partant de la non utilisation « non user » à une utilisation exemplaire « expert user » des TIC. C’est ainsi que plusieurs chercheurs tels que Carole Raby, (2004) dans sa thèse de Doctorat se sont attelés à identifier les phases par lesquelles passent  les enseignants pour intégrer les TIC dans un établissement scolaire, dont il sera ici présentés quelques modèles et leurs caractéristiques.

 

 

 

2.3.1.      Le modèle de Moersch (1995,2001)

 

Moersch définit sept niveaux par lesquels passe un enseignant qui veut intégrer les TIC en classe.

 

Ø  Le niveau zéro (0) représente la non utilisation, qui est une étape pendant laquelle l’enseignant perçoit le manque d’accessibilité et de temps comme des freins à l’utilisation des TIC.

 

Ø  La sensibilisation (1) est l’étape où l’enseignant peut être en contact indirect avec les TIC présentes dans son environnement.

 

Ø  L’exploration (2) est la phase pendant laquelle l’enseignant emploie les TIC comme complément à son enseignement lors d’activités de renforcement, d’enrichissement ; engageant ainsi ses élèves dans l’utilisation des TIC.

 

Ø  L’infusion (3) pour sa part, est l’étape où l’enseignant utilise les outils technologiques de manière ponctuelle, lors d’activités pédagogiques pour faciliter le traitement de l’information, résoudre des problèmes et prendre des décisions.

 

Ø  L’intégration (4)  constitue un moment crucial, difficile à franchir car ici, l’enseignant implique ses élèves et a recours aux TIC pour identifier et résoudre les problèmes liées à un thème (bases de données, traitement de texte, feuille de calcul, télécommunication, multimédia).

 

Ø  L’expansion (5)  quant à elle est la phase où l’utilisation des TIC permet à l’enseignant d’entrer en contact avec l’extérieur.

 

Ø  Le raffinement (6) suppose le moment où l’enseignant utilise les TIC pour permettre aux élèves de rechercher l’information, de trouver des solutions et de développer un résultat en rapport avec les problèmes réels et surtout avec leurs intérêts propres.

 

 

 

NIVEAUX

CATÉGORIES

DESCRIPTIONS

0

 

NON-UTILISATION

Perception d’un manque de temps ou d’un manque d’accessibilité des TIC

1

 

SENSIBILISATION

Présence des TIC dans l’environnement de l’enseignant, mais sans lien direct avec lui (ex. : dénombrement flottant, coursofferts aux élèves le midi, etc.) ou utilisation des TIC pour la gestion de classe (ex. : gestion des notes informatisée – évaluation) ou utilisation des TIC pour enrichir les

présentations magistrales

2

 

EXPLORATION

Les TIC servent de complément à l’enseignement, c’est-à-dire renforcement, enrichissement, exercices répétitifs, jeux, recherche d’information. Implique des structures de raisonnement, de niveau.

3

 

INFUSION

Utilisation ponctuelle d’outils technologiques pour traiter l’information (ex. : feuille de calcul ou graphique pour représenter résultats d’une enquête). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur.

4

 

INTÉGRATION

(4AINTÉGRATION

MÉCANIQUE ET

4B INTÉGRATION

ROUTINIÈRE)

Utilisation d’outils technologiques pour identifier et résoudre des problèmes réels liés à un thème central ou à un concept dans un contexte d’apprentissage riche (ex. : Internet pour rechercher de l’information sur un problème à résoudre, traitement de texte pour la production de documents en lien le problème à résoudre). Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur.

5

 

EXPANSION

Utilisation des TIC pour permettre aux élèves d’entrer encontact avec le monde extérieur, dans un contexte de

résolution de problèmes réels liés à un thème central ou à un

concept (ex. : contacter la NASA, agence gouvernementale,

etc….). Implique des structures de raisonnement de niveau

supérieur

6

 

RAFFINEMENT

Utilisation des TIC comme processus, produit et/ou outil pourpermettre aux élèves de rechercher de l’information, de trouver des solutions et de développer un produit en lien avec des problèmes réels et significatifs pour eux. Implique des structures de raisonnement de niveau supérieur et un milieu d’apprentissage actif.

 

 

 

Tableau 1. Niveaux d’implantation des TIC selon Moersch. (Carole Raby, (2004, p.25)).

 

 

 

 

 

 

 

* Critique du modèle de Moersch

 

v  Un enseignant qui doit utiliser les TIC pour enrichir ses enseignements ne saurait en même temps être placé au stade de la « sensibilisation », où il n’est pas sensé être en contact indirect avec les TIC.

 

v  Ce modèle apparaît linéaire et présuppose donc que le parcours de tous les enseignants est similaire, c’est-à-dire que les enseignants traversent tous les niveaux  et selon l’ordre proposé.

 

 

 

2.3.2.      Le modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer (1997)

 

Sandholtz et ses collègues proposent un modèle en cinq stades. Selon eux, l’enseignant passe du stade de l’ « entrée »  où il se familiarise avec les TIC placées dans sa classe, au stade de l’ « adoption » où il utilise les TIC pour des exercices répétitifs en vue d’appuyer l’enseignement. Vient ensuite le stade de l’ « adaptation » pendant lequel l’enseignant se sert des TIC  fréquemment pour gérer la classe et pour tester de nouvelles techniques pédagogiques. Suit le stade de l’ « appropriation » durant lequel il modifie ses méthodes d’enseignement pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences chez les élèves. Au dernier stade, celui de l’ « invention », l’enseignant adopte de nouvelles méthodes d’enseignement centrées sur la construction des connaissances, la résolution des problèmes, la pensée critique, qui mettent en évidence toutes les potentialités des TIC.

 

 

 

STADES

DESCRIPTION

ENTRÉE

 

Mise en place du matériel technologique et maîtrise, par l’enseignant et les élèves, des rudiments techniques de son utilisation.

ADOPTION

 

Utilisation du matériel lors d’exercices répétitifs pour appuyer l’enseignement. Élaboration de stratégies pour résoudre les problèmes technopédagogiques rencontrés avec les TIC.

ADAPTATION

 

Usage fréquent et pertinent de la technologie. Utilisation des technologies pour la gestion de classe. Intégration des ressources technologiques aux méthodes traditionnelles d’enseignement. Questionnement sur les effets de l’enseignement avec les TIC.

APPROPRIATION

 

Maîtrise des ressources technologiques par l’enseignant. Transformation de l’attitude personnelle de l’enseignant à l’égard de la technologie.

INVENTION

 

Apparition de nouvelles méthodes d’enseignement favorisant l’acquisition d’un nouvel ensemble de compétences.

 

 

 

Tableau 2. Stades de l’évolution pédagogique, selon Sandholtz, Ringstaff et

 

Owyer. (Carole Raby, (2004, p.30)).

 

 

 

* Critique du modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer

 

Ce modèle est plus général mais est lui aussi linéaire. De plus, ce modèle  suggère qu’avec  l’intégration des TIC, l’enseignant  doit nécessairement transformer  ses méthodes d’enseignement. Alors, comment se déroulerait le processus d’intégration des TIC chez un enseignant novice à l’intégration des TIC ?

 

 

 

2.3.3.      Le modèle de Morais (2001)

 

Ce modèle définit deux phases à l’intégration pédagogique des TIC. La première : l’ « initiation » qui est subdivisée en deux étapes à savoir la « pertinence » : période pendant  laquelle l’enseignant se demande si les TIC peuvent améliorer ses pratiques pédagogiques. Une fois convaincu de l’influence positive que les TIC peuvent avoir sur ses pratiques pédagogiques, il fait face à des  sentiments d’anxiété, de  « peur », d’incertitude et d’insécurité liés au changement.

 

La deuxième phase: l’  « utilisation » est quant à elle subdivisée en trois étapes à savoir l’ « utilisation personnelle » où l’enseignant utilise les TIC pour ses besoins personnels, excluant ses élèves ; l’ « utilisation professionnelle » pendant laquelle il y a recours  pour remplir ses fonctions de nature administratives. Ce n’est qu’à l’étape de l’ « utilisation pédagogique » qu’il les fait intervenir pour  améliorer l’enseignement et l’apprentissage de ses élèves qui se retrouvent de ce fait inclus. Pour Morais, l’enseignant doit suivre systématiquement et progressivement les cinq étapes pour accéder à une utilisation pédagogique des TIC.

 

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Figure 1 : le modèle d’intégration de Morais. IsaBelle (2002, p. 85).

 

 

 

 

 

* Critique du modèle de Morais

 

Ce modèle est lui aussi linéaire, et  ne définit pas clairement les étapes que traverse un enseignant lorsqu’il progresse vers une utilisation exemplaire des TIC.

 

Ces trois modèles incomplets mais complémentaires ont permis à Carole Raby d’établir un modèle synthèse représentant le processus d’intégration des TIC.

 

2.3.4.      Le modèle -synthèse de Carole Raby (2004)

 

Ce modèle se fonde sur les trois précédents et illustre un processus menant de la non utilisation des TIC à une utilisation exemplaire, en quatre stades. La « sensibilisation », l’ « utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». A la « sensibilisation »,  l’enseignant est en contact indirect avec les TIC qui sont présentes dans son environnement personnel et/ou professionnel. Il côtoie dans son entourage des personnes qui s’en servent et les apprécient. Il est sans doute judicieux de préciser que le stade de « sensibilisation » sera suivi soit par l’ « utilisation personnelle », soit par l’ « utilisation professionnelle », ou encore par  l’ « utilisation pédagogique » en fonction des motivations pédagogiques qui poussent l’enseignant à suivre son processus d’intégration des TIC. Ce qui signifie que ces stades ne se succède pas forcément l’un à l’autre. Ils peuvent se chevaucher et même se dérouler simultanément, la base pour tous étant la « sensibilisation ».

 

Lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : la motivation  initiée par la curiosité ou le besoin  qui pousse l’enseignant à vouloir utiliser les TIC; la familiarisation, phase pendant laquelle il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels (s’il est d’abord passé par une autre phase telle l’ « utilisation professionnelle », il traversera plus rapidement cette phase de familiarisation ou même l’évitera) ; l’ exploration-appropriation où l’enseignant recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

Lors du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant traverse l’étape de motivation, puis celle de familiarisation plus ou moins longue et intense selon sa motivation et son expérience antérieure avec les TIC. Il est à relever qu’une motivation personnelle (curiosité ou besoin) permet plus facilement de traverser la familiarisation qu’un sentiment de contrainte (exemple, le chef d’établissement lui impose  de s’en servir pour une présentation : il sera confronté à une anxiété, une peur, une insécurité face à ce nouveau défi) ; et passe directement à l’étape suivante, celle de l’exploration-appropriation où il utilise les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel( à l’aide d’ Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession.

 

Lors du dernier stade : l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement apprentissage). Il amène même ses élèves à les utiliser en classe. Ce stade regroupe cinq étapes qui ne sont ni mutuellement  exclusives ni obligatoires. Il s’agit donc de la « motivation », la « familiarisation », l’ « infusion », l’ « exploration »,  l’ « appropriation ». Ainsi, un enseignant qui se retrouve à la quatrième étape du stade d’utilisation pédagogique peut avoir recours à des activités des étapes inférieures. Il n’est donc pas obligé de traverser toutes ces étapes. Ce stade commence par la curiosité, le  besoin pédagogique  ressenti par l’enseignant. Ici aussi, il passera très vite l’étape de familiarisation, selon sa source de motivation et son expérience. Toutefois, un enseignant qui éprouve le besoin d’utiliser les TIC  pour ses enseignements, sans  au préalable passer par l’utilisation personnelle ou professionnelle, traversera une familiarisation longue et pénible. Puisqu’ il apprendra lentement à maîtriser les rudiments techniques, ajouté à cela ses peurs, ses interrogations sur la pertinence des TIC, renforcé par le manque de temps et les difficultés d’accessibilité. A l’exploration, l’enseignant utilise les TIC pour enrichir son enseignement et donc il les utilise pour renforcer un concept enseigné en classe (exercice sur une notion de grammaire, visionnement d’un document multimédia, écoute d’un livre informatisé etc.) A l’étape de l’infusion, l’enseignant implique ses élèves dans une utilisation ponctuelle et isolée des TIC pour développer des compétences disciplinaires et  de poursuivre le développement des compétences transversales liées aux TIC. A la dernière étape, l’appropriation l’enseignant et ses élèves utilisent fréquemment les TIC  dans un cadre d’apprentissage actif et significatif. Exemple : approche par projets (modérer les communications par courrier électronique des élèves pour en tirer un élément d’information nécessaire à la réalisation du projet), approche coopérative (produire un journal informatisé pour un concours en se servant d’un logiciel de traitement de texte, de dessin), résolution de problèmes.

 

Si les enseignants s’approprient les TIC, l’intégration pédagogique pourra être acquise. Toutefois ce processus d’appropriation des TIC par les enseignants se trouve parfois perturbé par de nombreux obstacles liés à des raisons diverses.

 

 

 

2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif

 

D’abord, une analyse sera faite sur les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde en général, ensuite une étude présentera les obstacles communs aux pays en développement notamment Africains, et enfin, une emphase sera mise sur les obstacles propres au contexte camerounais.

 

 

 

2.4.1.      Les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde

 

Robert Bibeau, (2006) identifie six problèmes particuliers, mais mentionne tout de même que « le soutien pédagogique et technique et la formation continue des enseignants constituent encore et toujours la difficulté majeure ». Il note également au passage « l’insuffisance relative en quantité, en qualité et en pertinence des ressources et des contenus numériques éducatifs ». Les six problèmes en question sont :

  • le manque de fonds suffisants pour les technologies

L’acquisition d’applications et de contenus numériques entraîne des coûts récurrents qui peuvent devenir difficiles à supporter par les commissions scolaires. L’achat de logiciels outils, d’applications éducatives, de systèmes d’exploitation, la  libération des droits pour l’utilisation d’œuvres protégées est une entrave financière à l’intégration des TIC. Ici, la solution serait l’acquisition de logiciels libres qui sont en nombre réduit et couvrent d’ailleurs imparfaitement les besoins.

  • Le développement et la mise à jour de banques de ressources numériques

Les contenus éducatifs sur Internet  ne sont pas régulièrement revisités et ne sont mis à jour que sporadiquement. La solution serait une mise à jour régulière.

  • L’indexation normalisée et la diffusion des ressources numériques
    Il est souvent difficile pour les élèves et les enseignants de trouver ce qu’ils cherchent sur Internet. « Pour certaines disciplines, les informations sont relativement nombreuses, mais disparates et mal indexées (…)». la solution serait un traitement documentaire et un catalogage.
  • La qualité et l’évaluation des ressources numériques éducatives

La qualité et la validité des contenus numériques qui sont offerts sur le Web sont fortement critiquées par les enseignants. Puisque  n’importe qui peut publier n’importe quoi sur Internet. Tous ne prennent pas la peine d’indiquer leurs sources, si bien que l’élève ne sait plus ce qui constitue une information valide, de qualité, et ce qui constitue une désinformation. La solution serait d’outiller l’élève quant à l’évaluation de la pertinence et de la crédibilité des informations disponibles sur Internet.

  • Utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur
    Très souvent, des éducateurs soulignent leur ignorance face aux dispositions qui régissent le droit d’auteur sur Internet. A défaut de connaître et de comprendre la loi sur les droits d’auteur et devant le risque de poursuite judiciaire, les enseignants refusent l’accès à Internet à leurs élèves. Des campagnes d’information sur les droits et obligations du milieu éducatif doivent être envisagées.
  • Sécurité de navigation et contenus licencieux

Les adultes craignent que les élèves soient exposés à des images pornographiques, violentes ou inconvenantes en naviguant sur le Web. Pour cela, des filtres de navigation peuvent être implantés et les élèves formés à une bonne conduite.

 

 

 

2.4.2.      Les obstacles à l’intégration des TIC en Afrique

 

Evarariste Zongo, (2004), énumère quelques causes à la difficile intégration des TIC en Afrique :

 

Ø  la  résistance culturelle à adopter de nouveaux comportements ;

 

Ø  les coûts très élevés des équipements ;

 

Ø  les problèmes d’accès au réseau ;

 

Ø  le manque d’infrastructures telle l’énergie ;

 

Ø  le manque de politiques cohérentes en matière de TIC.

 

 

 

2.4.3.      Les entraves à l’intégration des TIC en  classe au Cameroun

 

Ø  Les effectifs pléthoriques : une application qui doit être exécutée simultanément se trouvent ralentie car le poste est partagé par plusieurs élèves. Toutefois, le problème des effectifs peut être résolu par l’utilisation d’un vidéo projecteur qui permettra de captiver l’attention de tous les élèves en même temps, les faire participer,  favoriser ainsi l’interactivité ;

 

Ø  La non maîtrise de l’usage pédagogique des TIC et de l’outil informatique par les enseignants qui rend problématique leur utilisation en classe ;

 

Ø  la maintenance du matériel informatique pose problème car lorsque les équipements tombent en panne, et  ne sont pas très vite pris en charge, ils sont voués à l’abandon, ce qui  réduit la progression des enseignements car il faut attendre que ceux qui n’ont pas de machines aient leur tour d’exécution;

 

Ø  l’ignorance des enseignants qui ne connaissent pas toujours quels sont les logiciels adaptés à leur discipline, et quand bien même ils les connaîtraient, ils ne les maîtrisent pas totalement ;

 

Ø  Ils ont également des problèmes de gestion du temps et du contenu ;

 

Ø  il est difficile de modifier les habitudes et les façons de travailler, ancrées depuis longtemps ;

 

Ø   il faut noter aussi le manque de motivation de la part des enseignants qui se demandent pourquoi se donner tant de mal.

 

Toutes ces difficultés sont dues au manque de formation des enseignants, au nombre insuffisant d’ordinateurs pour les élèves, voire nul pour les enseignants, au manque de temps des enseignants (emplois de temps chargés, et risque de ne pas achever les programmes, …), du manque d’intérêt et de volonté (les enseignants ont d’autres préoccupations). D’où la citation de Marcel Lebrun (2004) qui résume bien l’essentiel de la problématique : « L’importance de l’information, du support technique et du soutien pédagogique aux enseignants est une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. Sans cela, les nouvelles technologies permettront au mieux de reproduire les anciennes pédagogies. En d’autres mots, cela convient à dire que si les enseignants ne sont pas formés à ces technologies, dans bien des cas, ils risquent tout simplement de perpétuer les méthodes traditionnelles en utilisant un nouveau médium ».

 

Il faut soulever le fait que l’intégration des TIC tant souhaitée dans le système éducatif  aura des répercussions  qui provoqueront  forcément des changements si elle est réussie.

 

 

 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION

 

            Dans le but d’élucider les changements pouvant subvenir à la suite de l’intégration des TIC dans le système éducatif, ce chapitre abordera les types possibles de changement, ce qui pourrait provoquer un changement, les niveaux pouvant être atteints par ce changement, les changements conséquents à l’intégration, et les obstacles pouvant entraver le changement.

 

 

 

3.1. Les types de changement

 

Pour s’arrimer à l’ère technologique et ne pas être à la traîne du développement, les acteurs du système éducatif se doivent d’opter pour le changement, en vue d’améliorer les performances scolaires. Ce changement implique une révision des attitudes des acteurs du système éducatif, révision qui prendra en compte la nouvelle composante : les TIC.  Philibert de Divonne distingue ainsi deux types de processus interdépendants de changement:

 

Le changement organisationnel qui est le processus par lequel une organisation, un service …s’adapte en continu ou par rupture, sous la contrainte ou par anticipation, aux évolutions de son environnement. Et dans ce cas, l’action à mener pour parvenir à un changement est appelée conduite ou pilotage du changement, qui consiste à partir de la perception d’un problème d’organisation, à la définition d’un cadre d’actions qui permet l’élaboration, le choix et la mise en œuvre d’une solution dans les conditions optimales de réussite. Conduire le changement exige de faire appel aux outils de pilotage par projet, c’est-à-dire considérer le changement comme un projet à réaliser, et se donner les moyens pour y parvenir.

 

Le changement individuel  quant à lui est un processus psychologique d’apprentissage pouvant être appréhendé comme une adaptation des comportements individuels à un nouveau contexte. Pour que ce processus réussisse, un encadrement particulier doit être accordé : c’est l’accompagnement du changement. La somme des changements individuels entraîne l’évolution de l’organisation.

 

Il faut mentionner  que pour réaliser le changement organisationnel qui rappelons-le est le but de tout changement, il faut nécessairement réussir le changement individuel qui donnera l’opportunité à chaque membre de l’organisation de se sentir concerné et impliqué dans le processus du changement organisationnel envisagé. Mais alors, qu’est-ce qui pourrait justifier le désir de voir changer un système ?

 

 

 

3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif

 

Le développement rapide des technologiques a joué un rôle important dans la  marche du monde, tous les domaines de la vie ont été embrasés par TIC,  au point où on ne saurait plus les éviter. Tant les domaines commercial, sanitaire, managérial, administratif, Sportif, qu’industriel, architectural n’ont pas été épargnés. Le système éducatif n’ayant pas la prétention d’être du reste, a lui aussi opté pour une modernisation fondamentale de ses méthodes. Ce, afin de permettre une nette amélioration de la qualité et de la quantité des rendements scolaires. Pourront donc être retenues comme raisons à l’adoption des TIC par le système éducatif en général que :

 

Ø  Aucun domaine, aucun secteur de la vie ne pourra évoluer au 21ème siècle sans les TIC. Le système éducatif doit donc être en phase avec la marche du monde en s’ y arrimant.

 

Ø  Faire de chaque homme un citoyen du monde  est et a toujours été une préoccupation de l’éducation. Car l’analphabète du 21ème siècle sera celui qui n’a pas  de compétences  en matière des TIC.

 

Ø  Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la quantité des produits scolaires est un souci permanent de l’éducation, même si l’impact des TIC dans l’éducation est plus difficile à  démontrer que dans les autres  domaine, notamment sanitaire par exemple. Ce qui est confirmé par Sasseville et Karsenti, (2005)  « Il n’existe pas de véritable consensus sur l’impact pédagogique et la pertinence de l’utilisation des TIC en classe. » Ce changement peut se limiter à un niveau ou être entier.

 

 

 

3.3. Les différents niveaux du changement

 

Philibert de Divonne distingue deux niveaux de changement :

 

Ø  Le changement de niveau 1 : est une modification de certains facteurs à l’intérieur d’un système qui demeure relativement stable. Si au cours du changement il survient des conditions défavorables, le changement de niveau 1  peut générer des phénomènes d’autorégulation en vue d’assurer la pérennité du système déjà existant, évitant ainsi le changement.

 

Ø  Le changement de niveau 2 : est une modification qui affecte le système lui-même et dans son entièreté, l’amenant ainsi à se mouvoir. Selon le niveau du changement, l’impact dans le système éducatif sera  soit mineur, soit majeur. Le but étant d’atteindre le niveau 2. Avec l’implication  des TIC dans l’éducation certains changements sont inévitables.

 

 

 

3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC

 

Les changements occasionnés par l’intégration des TIC dans le système éducatif consistent prioritairement en un bouleversement dans les habitudes, une modification des curricula, une amélioration des rendements, un gain de temps, une gestion de qualité.

 

1)      le bouleversement des habitudes

 

Faouzia  Messaoudi, (2008) affirme que : « l’intégration des TICE requiert de la part des enseignants un changement dans les pratiques et attitudes ». Et selon Charlier, B. (1998) quant à lui estime que : « le changement en question peut concerner, ses routines, ses décisions de planification ou ses connaissances ». Fullan, (1998) pour sa part, dans son analyse de la mise en place de changements en éducation, pense que : « tout acteur de changement doit s’assurer du soutien et/ou de la participation de l’institution ; de travailler en équipe ; d’accepter la diversité et de revoir régulièrement ses idées ». Donc, on peut retenir que :

 

Ø  les techniques pédagogiques s’en trouvent modifiées, en ce sens que l’enseignant n’est plus le centre du processus enseignement / apprentissage car désormais il y a prise en compte d’un élément nouveau : les TIC avec lesquels il doit concilier. L’apprenant n’est plus un réceptacle, il est désormais capable et autorisé à construire ses propres savoirs sous le tutorat de son guide.

 

Ø  les outils pédagogiques sont améliorés, voire même modifiés .On partira par exemple du tableau noir au vidéo projecteur ; du livre à l’ordinateur portable etc.

 

Ø  les attitudes pédagogiques changent également. L’enseignement n’est plus un dogme mais un espace interactif. De ce fait l’enseignant n’est plus considéré comme le seul dépositaire du savoir, mais plutôt comme un tuteur, un encadreur, un facilitateur.

 

2)      Le curriculum éducatif  subit du fait de la présence de ces nouveaux outils un changement dans le but de les adopter et de s’y adapter. Enseigner sans les TIC impose un contenu fixe et précis, mais enseigner avec les TIC exige un contenu autre, ou du moins que celui qui existait déjà soit revisité afin de prévoir et de l’adapter à l’usage  des TIC. Par exemple, une leçon qui était faite sur une notion  et qui ne permettait que des abstractions représentables au tableau noir au prix de nombreux et fastidieux efforts,   pourra désormais être modifiée en incluant une application rapide et brève sur ordinateur pour représenter en image ou en son  la notion en question. Et pour cela, l’enseignant aura au préalable préparé sa leçon en tenant compte de ce fait et en recherchant des illustrations adéquates. Ce qui l’amène à modifier le contenu du curriculum.

 

3)      De meilleurs rendements scolaires, puisque les TIC permettent aux élèves de manipuler eux-mêmes, il n’y a pas meilleure méthode  que d’apprendre en pratiquant (apprentissage par essais d’erreurs). Il est certes vrai qu’on ne peut pas établir clairement le lien qui existe entre les TIC et l’amélioration des rendements scolaires, mais toujours est-il que beaucoup de points de vue s’accordent sur le fait que ces outils ont une contribution non négligeable dans l’amélioration des performances scolaires. Constat qui est plus facile à relever dans d’autres domaines.

 

4)      Une économie de temps, les tâches jadis effectuées manuellement sont désormais facilitées par les TIC. Ces outils ont une performance et une vitesse inestimables, permettant du même coup à l’enseignant d’optimiser son temps de travail et d’accroître ses rendements.

 

5)      Une gestion de qualité, en ce sens que les TIC favorisent une rapide et claire  visibilité sur l’ensemble des activités. Une vue sur l’ensemble des maillons d’un système favorise de meilleures décisions.

 

Toutefois, ces changements escomptés font face à de nombreux obstacles qui entravent considérablement leur atteinte.

 

 

 

3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance.

 

La résistance face à une action de changement ne doit pas être comprise comme une inertie visant à bloquer l’évolution, mais comme une phase de maturation nécessaire dont on ne peut faire l’économie ; car les individus ont besoin de comprendre les changements qui les concernent avant d’agir en conséquence .C’est l’opinion de Philibert de Divonne cité plus haut. Carr (1996), dans la même lancée, dit qu’ « un  principe de l’approche systémique est  l’effet qu’un système tend à se perpétuer lui-même ». Aussi, lorsqu’un élément nouveau y est introduit (par exemple, un laboratoire d’ordinateurs est installé dans une école), le milieu tendra à rechercher le même fonctionnement qu’avant l’arrivée de cet élément, de manière à ne pas se modifier lui-même (les mêmes pratiques d’enseignement utilisées sans les ordinateurs seront appliquées). Des efforts particuliers pour modifier divers éléments du système doivent donc être entrepris (par exemple, dans ce cas-ci, en offrant notamment de la formation à de nouvelles approches pédagogiques,). Ce qui explique le fait que par nature, les individus sont réfractaires à tout changement, quel qu’il soit. Ce n’est qu’après une phase de maturation qu’ils s’y adaptent. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas de faire prendre aux technologies un rôle plus actif dans l’école, mais plutôt que les personnes qui les utilisent modifient leur perception face à celles-ci et face à leur propre rôle dans l’école.

 

Selon Kanter (1985), les « récepteurs » résistent au changement pour des raisons sensées et prévisibles telles que :

 

Ø  La perte de contrôle les individus craignent que le changement qui s’opère ne vienne leur ravir la vedette et qu’ils n’aient plus aucune maîtrise sur les activités qu’ils semblaient contrôler.

 

Ø  La trop forte incertitude le manque d’information sur les  étapes suivantes ou sur les actions futures cantonne les individus dans une situation d’insécurité par rapport au changement qui s’opère.

 

Ø  Le manque d’information lorsque les décisions sont imposées et exposées aux individus  sans préparation ni concertation, ces derniers n’y adhèrent pas forcément.

 

Ø  Les coûts de confusion quand il y a trop de choses qui changent simultanément, les routines qui sont interrompues. Ce qui met les individus dans une situation de confusion où ils ne savent plus quoi faire.

 

Ø  Le sentiment de perdre la face quand la nécessité de changer donne aux gens le sentiment qu’ils sont stupides par rapport à leurs actions passées, surtout envers leurs pairs. Et donc pour préserver leur image, ils résistent à ce changement. Ces quelques exemples présentent les causes multiples qui sont à l’origine de la résistance au changement des individus. Toutefois, cette résistance peut prendre plusieurs formes.

 

 

 

Les formes de résistance au changement

 

Dans son ouvrage, Carton (1997)  a tenté de catégoriser les formes de résistance. Il a suggéré et définit  quatre formes principales de résistance : l’inertie, l’argumentation, la révolte ou le sabotage.

 

Ø  L’inertie consiste en une absence de réaction au changement. Les personnes manifestant l’inertie laissent croire  qu’elles acceptent le changement, mais tentent de reporter son application. Elles justifient cette inertie  en évoquant la prudence, la nécessité de demander des avis objectifs, car elles ne veulent pas se jeter dans l’inconnu, sans certitude.

 

Ø  L’argumentation est la forme privilégiée de la résistance et constitue la voie royale d’accès à l’intégration du changement. Un changement non argumenté n’est pas intégré. Il s’agit de la forme la plus productive et utile de résistance. L’argumentation peut se concevoir comme une négociation sur le fond et la forme du changement. Elle est un besoin naturel des individus d’influencer la réalité projetée afin de la rapprocher de la réalité vécue.

 

Ø  La révolte survient lorsqu’il y a incapacité pour un individu d’ajuster sa réalité à la réalité du changement proposé. L’action syndicale, la demande de mutation, le recours à la hiérarchie, la grève, … sont autant d’exemples de résistance qui prennent la forme de révolte. La révolte est toujours précédée de menace notamment dans l’argumentation. Le principe de base du changement étant de produire de façon implicite ou explicite, une amélioration, la menace à pour objet de montrer que le changement risque non pas d’améliorer mais de dégrader la situation.

 

Ø  Le sabotage est plus pernicieux et manipulateur que la révolte. Il prend souvent la forme d’excès de zèle dont le but est de démontrer la stupidité du changement, d’embarrasser le promoteur du projet. Le sabotage  est le reflet d’une soumission apparente au premier degré et d’une révolte au second degré. Mais il n’y a pas que la résistance comme obstacle au changement.

 

 

 

3.6. Autres obstacles au changement

 

D. Cavallo dit que « la véritable raison à l’absence de changement dans l’éducation n’est pas due au manque d’idées sur l’enseignement au niveau individuel mais plutôt à l’absence d’un modèle de changement pour tout un système » en ces termes ; « a major reason for the lack of change in education is not due to lack of ideas about learning on a micro or individual level, but rather is due to a lack of models for growth and change at a macro or systemic level».

 

Poellhuer et Boulanger (2001) quant à eux définissent quatre catégories d’obstacles au changement :

 

3.6.1. Manque de temps

 

Le temps requis à l’enseignant pour la préparation des nouvelles parties du cours constitue pour ce dernier un obstacle à l’adoption des TIC. Car «  pour certains domaines d’enseignement, l’utilisation des TIC affecte directement le contenu des cours, exige une mise à jour régulière et apporte un surcroît de travail au formateur .Ce surplus de travail est souvent reconnu comme un facteur dissuasif et signalé comme une conséquence négative de l’implantation des TIC ».Ce changement est souvent perçu comme une augmentation de la tâche.

 

 

 

3.6.2.      Transformation du style pédagogique

 

Ces auteurs définissent le style pédagogique comme « la manière habituelle d’être et d’agir du professeur lors de son intervention en classe ». De ce fait l’introduction des TIC dans son enseignement modifie la relation avec l’étudiant et la façon de travailler du formateur. L’une des frayeurs des enseignants est la crainte de l’échec lors de l’utilisation d’autres méthodes dont les contours sont encore assez flous pour le formateur. Il ne voudrait pas  être confronté à la défaillance du matériel ou à un manque de connaissances technique. (Devauchelle, 2002),  ce qui engendre chez le formateur un déficit de motivation. Poellhuber, (1998)  va même jusqu’à dire que « les TIC ne représentent en rien une nécessité pour l’enseignement », bien que le travail s’en trouve nettement facilité par les nombreux, conviviaux et puissants outils qu’elles offrent. L’enseignement avec les TIC est une activité qui nécessite une forte participation des étudiants or ces derniers ne sont pas toujours préparés à ces changements qu’ils subissent inertes.

 

 

 

3.6.3.      Manque de soutien

 

La carence de soutien des formateurs est un frein à l’adoption des TIC car toutes les mesures devant la faciliter ne sont pas entreprises  et les formateurs se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Une autre difficulté réside en la qualité du matériel choisi, qui est parfois désuet, insuffisant ou pas entretenu, ce qui renforce la résistance.

 

 

 

3.6.4.      Accès difficile aux technologies

 

Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre (2004), partagent un avis commun sur le fait qu’une intégration par les formateurs exige  que ceux-ci aient facilement accès à la technologie et  aient une bonne maîtrise des outils informatiques. En d’autres termes, les TIC doivent être dans une certaine proximité géographique avec le formateur, qui doit régulièrement les manipuler. Or les enseignants ne sont pas formés à cette  manipulation. Pour (Dary et Mallet, 1998) ceux qui prennent l’initiative de se former ne sont pas rémunérés, ni remplacés pendant ce temps de formation pris sur leur temps libre. Pour ceux qui les utilisent on note une certaine monotonie dans les outils utilisés, il y a une résistance à vouloir essayer d’autres. Ce qui s’explique par un certain nombre de difficultés rencontrées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION

 

             Les chapitres précédents ont présenté  les contours de l’intégration et les changements qu’elle pourrait provoquer. Ce chapitre  quant à lui, relève les facteurs qui constituent des limites à une parfaite utilisation pédagogique des TIC, à savoir les difficultés des enseignants face aux TIC, les problèmes infrastructurels, et l’insuffisance en ressources humaines.

 

 

 

4.1. Les enseignants confrontés aux TIC

 

Martine Leclerc, (2007), Desjardins, (2005), Rogers, (1995), ainsi que Hall & Hord, (1987) mettent en évidence six regroupements pour catégoriser les enseignants : les initiateurs, les collaborateurs, les observateurs, les apprentis, les hésitants et les réfractaires. Ces profils constituent un moyen pour mieux comprendre les enseignants face au changement qu’ils vivent par rapport à  l’intégration des TIC et ainsi permettre aux décideurs de mieux intervenir.

 

Ils proposent  deux  étapes de questionnement permettant, en fonction du degré d’accord que le sujet indique, de le situer dans une catégorie d’enseignant confronté aux TIC citée ci-dessus :

 

* Par rapport aux représentations faites de leurs compétences face aux TIC.

 

Ø  Compétence technique : Vous sentez vous prêt à apprendre à utiliser un ordinateur ?

 

Ø  Compétence informationnelle : êtes vous capable d’utiliser Internet pour effectuer une recherche spécifique via un moteur de recherche ?

 

Ø  Compétence sociale : pouvez-vous utiliser les outils technologiques pour échanger avec vos collègues ?

 

Ø  Compétence épistémologique : pouvez vous vous servir d’un ordinateur pour résoudre des problèmes, évaluer des idées ou dresser des analogies ?

 

* Par rapport au niveau où se situe l’enseignant sur l’échelle d’attitude

 

Ø  Au plan affectif : Vous sentiriez vous serein, anxieux ou peureux  s’il fallait utiliser les TIC

 

Ø  Au plan du confort : vous sentiriez vous en confiance face aux TIC ?

 

Ø  Au plan du plaisir : prenez vous du plaisir à utiliser les TIC ? En êtes-vous satisfait ?

 

Ø  Au plan de l’utilité : êtes vous convaincu que les TIC peuvent vous aider à résoudre les problèmes professionnels ou de la vie courante ?

 

Élisabeth HORDEQUIN (2006), a effectué une étude dans le but de faire un « Etat des lieux des pratiques et des perceptions de l’usage des dispositifs TICE par les enseignants et les élèves », qui a permis de détecter cinq typologies des enseignants :

 

- les bons élèves ;  – les « enthousiastes moteurs » ; – les intéressés individuels ; – ceux « en difficulté » ; – les désengagés.

 

Ce qui permet également de constater :

 

Ø  qu’il y a  une sous utilisation pédagogique des TIC.

 

Ø  qu’un accompagnement sociétal est nécessaire car les enseignants qui utilisent les TIC en classe avec leurs élèves sont ceux qui en ont d’abord une personnelle.

 

Pour Robert Bibeau, (2005) le personnel scolaire  pour être informatiquement alphabétisé, doit comprendre les caractéristiques de l’ordinateur, ses possibilités et ses applications. De plus il doit pouvoir apprendre à diffuser ses connaissances  par  une utilisation compétente et productive des TIC. Halle et Hord (1987) pour leur part, distinguent de ce fait sept niveaux d’alphabétisation informatique  encore appelés niveaux d’intégration de l’innovation technologique en milieu scolaire. A  ces niveaux d’intégration sont immédiatement associés autant de niveaux d’intérêt et de pratique chez le personnel enseignant. Ce qui est résumé dans le tableau suivant :

 

Sept niveaux d’alphabétisation informatique

En milieu scolaire

Sept niveaux d’intérêt et de pratique

Chez le personnel enseignant

Ø   0-Non utilisation u 0- Eveil
Ø   1-Orientation u 1- S’informe sur l’innovation
Ø   2-Formation initiale u 2- S’implique personnellement
Ø   3-Automatisme u 3- Gère l’implantation
Ø   4-Indépendance u 4- Observe les conséquences
Ø   5-Intégration u 5- Collabore à l’intégration
Ø   6-Renouveau u 6- L’intègre dans le système

 

 

 

Tableau 3 : Tableau d’équivalence entre niveaux d’alphabétisation informatique et  niveaux  de pratique.

 

 

 

Cependant, d’autres auteurs iront plus loin dans la classification des attitudes qu’ont les enseignants vis-à-vis de l’innovation technologique.  C’est ainsi que Rogers (1995) dans la même revue distinguera cinq catégories d’enseignants face aux nouvelles technologies à savoir :

 

1-  Les innovateurs ; 2-  Les utilisateurs précoces ; 3-  La majorité avancée ; 4-  La majorité tardive ; 5-  Les retardataires.

 

      Un autre aspect sous lequel on peut évaluer les enseignants face aux TIC est proposé par Lisa Deguire, (2001). Elle pense en effet qu’il y a deux façons d’appréhender les nouvelles technologies :

 

Ø  en expérimentant et en innovant, même sans préparation particulière ;

 

Ø  en étant d’abord convaincu de la pertinence des résultats avant de tenter toute expérience.

 

Pour elle, il n’ y a donc que deux situations possibles : soit pionnier, soit  récalcitrant. Il faut relever que ces deux catégories de personnes n’ont pas les mêmes  besoins et encore moins les mêmes intérêts  en matière d’intégration des nouvelles technologies.
 Les « récalcitrants » :

 

Ø  veulent des preuves tangibles, des résultats et des performances afin de s’assurer que leur investissement sera rentable.

 

Ø  s’attendent à utiliser un produit de qualité sur les plans de la convivialité, de la pertinence, de l’adéquation pédagogique ainsi que du support à l’usager.

 

Ø  veulent savoir comment ces outils amélioreront l’apprentissage et le raisonnement de leurs étudiants.

 

En conséquence, devant des enseignants démontrant méfiance et inquiétude, il y a intérêt à utiliser des produits qui ont fait leurs preuves et qui présentent peu de risques. Veiller à leur éviter les surprises, surtout en plein milieu d’un cours! Il n’y a aucun doute que l’utilisation de modèles pédagogiques pertinents, la formation sur l’utilisation des logiciels, l’encadrement par les pairs, le travail en équipe ont leur place. Mais la dimension la plus importante demeure le soutien technique des ressources humaines qui doivent assurer la fiabilité du réseau informatique, le fonctionnement adéquat des logiciels, des environnements informatiques, et le dépannage en cas de problème.

 

Les « pionniers » :

 

Ø  Veulent expérimenter toutes les dernières sorties en matière de technologie.

 

Ø  Découvrir toutes les opportunités offertes par l’outil qu’ils utilisent

 

Ø  Tester toutes les applications pour en observer les réactions et les répercussions.

 

Ø  Veulent s’en servir pour réaliser des choses extraordinaires.

 

Ø  Savent qu’on apprend en faisant, en explorant, en essayant, en échouant, en changeant, en adaptant nos stratégies et en surmontant les obstacles après plusieurs essais.

 

De ce fait, face à des enseignants démontrant autant d’enthousiasme, et de curiosité, il serait profitable pour une intégration rapide, de mettre à leur disposition un cadre propice à leur épanouissement. Ce qui pourrait d’ailleurs susciter l’admiration de leurs collègues encore sceptiques.

 

Pour ces auteurs : Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000) les enseignants peuvent être classifiés en fonction de leur réaction face aux TIC. Eux aussi, identifieront cinq catégories d’enseignants face à l’innovation technologique. Et, nous choisissons de nous appuyer sur les résultats de leurs recherches pour effectuer nos travaux. Il s’agit : des pionniers et « des mordus »,  des sceptiques,  des insécures, des craintifs, des réfractaires.

 

1)      Les pionniers et les « mordus » correspondent aux niveaux 6 et 5 d’alphabétisation informatique. Ces catégories regroupent approximativement 20%  du personnel enseignant Pierre Julien Guay, (2002). Ils ont déjà adopté les technologies et fournissent les efforts requis pour surmonter les obstacles  et offrir à leurs élèves des opportunités d’utilisation des TIC et de l’Internet. La majorité d’entre eux se situe cependant aux niveaux 4 et 5 de l’échelle d’intérêt et de pratique de l’innovation technologique. Ces derniers peuvent être d’une aide importante pour leurs collègues dans l’appropriation du matériel pédagogique numérique.

 

2)      Les sceptiques constituent environ 60% du personnel enseignant. Leur caractéristique principale est qu’ils ne sont pas réfractaires aux TIC, mais se demandent toutefois si « le jeu en vaut la chandelle ».Le moindre obstacle les dissuade, et ils  renoncent définitivement à l’utilisation des technologies si rien n’est fait pour améliorer les conditions et lever ainsi ces obstacles. Ce groupe se décompose en deux sous groupes : les insécures et les craintifs.

 

3)      Les insécures comptent pour environ 20% du personnel enseignant. Ils se situent aux niveaux d’alphabétisation  informatique 3 et 4 et sont des gens ayant entrepris et amorcé une démarche d’appropriation des TIC. Ils les utilisent régulièrement pour préparer leurs cours et effectuer leurs recherches. Mais pour ce qui est de les utiliser en classe, ils ne se sentent pas très en sécurité (et c’est vers eux que devraient plus tendre les efforts de soutient et de formation).

 

4)      Les craintifs  regroupent près de 40% des enseignants et sont aux niveaux 1 et 2 d’alphabétisation informatique. Ils correspondent à la «  majorité tardive » chez Rogers. Pour eux, l’ordinateur est encore une boîte mystérieuse dont ils ignorent le fonctionnement qu’ ils essaient d’utiliser le moins possible en classe, de peur qu’il ne se brise ou qu’il ne se plante, les laissant ainsi dans l’embarras. Ceux qui se retrouvent dans cette catégorie, ne connaissent pas beaucoup de logiciels et ne mesurent pas l’ampleur des potentialités d’un ordinateur ou d’Internet (ce groupe doit urgemment être pris en main à travers une  formation et un soutien en vue d’une appropriation  technique et pédagogique du matériel didactique sur support numérique.

 

5)      Les réfractaires : Ce groupe concerne 20% du personnel enseignant et se situe aux niveaux 0 et 1 tant de l’échelle d’alphabétisation informatique que de l’échelle d’intérêt. Les efforts de formation et de soutien pour ce groupe doivent être importants.

 

Thierry Karsenti et Larose (2005), retrouvent ces catégories dans les propos des pédagogues qui affirment : « Nous manquons de temps, nous manquons de modèles d’usage efficient de ces technologies en classe, nous manquons d’assurance et notre sentiment de compétence dans l’utilisation de ces technologies avec nos élèves est très bas… la gestion de classe avec les TIC nous rend anxieux. 

 

Comme nous l’avons vu ci-dessus,  il existe cinq groupes d’enseignants donc cinq catégories d’attitudes : les pionniers-mordus, les insécures, les craintifs, les sceptiques et les réfractaires. Bibeau, (2005) affirme que parmi les quatre dernières catégories, nombreux sont ceux qui regardent et attendent. Car parmi ces enseignants, la majorité possède un ordinateur à domicile et ne s’opposent pas à l’utilisation pratique des TIC  en classe. Ils sont seulement sceptiques, insécures, craintifs, ou découragés devant l’ampleur de la tâche, le manque de temps et le manque de soutien technique et pédagogique. Nombreux sont les enseignants qui aimeraient être considérés comme innovateurs (des gens qui entreprennent une action innovatrice visant à résoudre une difficulté, à améliorer une situation, pourvu que l’effort leur semble profitable), mais ils hésitent car la preuve de la plus value pédagogique de ces TIC ne leur a pas encore été rapportée. En plus des difficultés liées à l’appropriation des TIC par les enseignants, d’autres facteurs contribuent à entraver l’intégration des TIC tels les problèmes infrastructurels et de disponibilité des ressources humaines.

 

 

 

 

 

4.2. L’acquisition d’infrastructures

 

Le problème d’infrastructures est une limite majeure à l’intégration effective des TIC dans le système éducatif camerounais. En effet, faisant partie des pays pauvres très endettés, le Cameroun rencontre de nombreuses difficultés en matière d’équipements TIC, notamment du fait de leur coût jugé encore élevé pour le niveau de vie au Cameroun. Il est assez difficile pour un établissement qui voudrait se doter de matériel informatique de le faire, puisque les budgets qu’il gère ne le lui permettent pas. De plus, avec le nombre impressionnant d’établissement scolaires que compte le pays, cela ne laisse aucune possibilité à l’Etat de pouvoir subventionner l’achat de ce matériel, il ne s’en sortirait pas, il devra empiéter sur le budget des autres projets ce qui est techniquement impossible, à moins qu’un plan annuellement renouvelable de subvention ne soit entrepris.

 

Il faut également noter qu’avec les effectifs pléthoriques rencontrés dans les établissements, il est presque impossible d’acquérir un matériel suffisant. C’est pourquoi, on est parfois obligé de se contenter de la quantité qu’on a pu acquérir et de gérer ses effectifs en fonction de cette quantité de matériel. L’autre difficulté infrastructurelle réside dans la quasi inexistence des salles appropriées pour ce matériel d’un autre genre. Donc pour que le projet aboutisse, il faudrait penser à construire des salles adaptées et bien équipées, ce qui exige des moyens importants.

 

D’autres bémols non moins négligeables sont ceux liés à l’énergie électrique, impérative pour toute utilisation des TIC ; la connexion Internet qui est parfois interrompue, entravant ainsi l’utilisation optimale des TIC. Ces autres bémols sont des situations qui s’imposent, sans qu’on puisse y remédier, car dépendant des aléas d’autres services.

 

 

 

4.3. Les besoins en ressources humaines

 

Le personnel formé à l’accompagnement (le nombre de personnes formées à la formation des autres) est insuffisant, pour ne pas dire inexistant. C’est pourquoi, l’espoir est que l’adhésion des enseignants au projet d’intégration des TIC (qui  se muteront en catalyseurs et en agents de changement), sera massive, et facilitera ainsi le processus d’intégration. De plus sur le terrain le personnel formé à l’utilisation des outils TIC est rare. Ce qui pourrait poser un problème d’assistance aux enseignants qui seraient bloqués lors de l’utilisation pratique. Mais aussi pour une question d’entretient et de maintenance de ces outils, il est nécessaire qu’il y ait des personnes qualifiées pour le sujet. Pour toutes les raisons sus évoquées, s’impose l’accompagnement du changement.

 

 

 

Chapitre 5 : L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT

 

Il a été démontré dans les chapitres précédents que l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais  et les changements attendus se heurtaient à quelques difficultés. C’est pourquoi cet autre chapitre envisagera comment encadrer ce changement car le changement est une situation  pouvant déstabiliser la vie professionnelle des enseignants (dans la mesure où il impose des ajustements tant dans le contenu que dans la méthode), il doit être géré. C’est ce qui ressort des allégations  de Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre : « Si la technologie est mal intégrée au contexte ou si elle n’est pas entièrement acceptée par les différents acteurs qui utilisent seulement le minimum de ses fonctionnalités, il s’avère souvent que les bénéfices diminuent et peuvent disparaître totalement ». Le succès des projets d’intégration des TIC n’est plus fonction de la puissance de ces technologies, mais de la capacité des formateurs à exploiter leurs potentialités en vue d’améliorer l’efficience du processus d’apprentissage. Il ne suffit pas seulement d’introduire les TIC, il faut également y associer des contenus de qualité et des méthodes pédagogiques efficaces. D’où la nécessité de soutenir ces futurs utilisateurs en leur apportant les formations adéquates. Le chapitre traitera donc de la méthode d’accompagnement, de quelques domaines pouvant faire l’objet d’un accompagnement, et enfin par la proposition d’un plan de changement.

 

 

 

5.1 Démarche d’accompagnement du changement

 

Il est ici question d’analyser  comment initier le changement dans un système tel qu’un établissement scolaire.

 

Il est important de relever que chaque établissement se situe à un niveau qui lui est propre  par rapport à l’intégration des TIC dans son système. C’est pourquoi, on ne doit pas adopter le même plan, la même stratégie de changement pour tous les établissements, mais les introduire en tenant compte de sa situation et des difficultés qu’il rencontre. Il en est de même pour les enseignants. Pendant que certains sont au niveau zéro, d’autres utilisent des applications très évoluées. Le plan de changement  ne saurait donc être identique pour tous les établissements, mais le fond de la démarche restant le même comme suit :

 

1)      Analyser l’existant  c’est-à-dire faire le point sur l’appréhension, le niveau d’appropriation en TIC de l’établissement qui envisage le changement à travers l’intégration des TIC.

 

2)      Critiquer l’existant c’est-à-dire faire ressortir les points qui pourraient être améliorés si on utilisait les TIC.

 

3)      Réaliser le diagnostic  c’est-à-dire présenter les points forts, les points faibles et les opportunités offertes par l’établissement en question.

 

4)      Elaborer et choisir des solutions c’est-à-dire, en fonction du diagnostic réalisé, proposer plusieurs solutions possibles et adopter une qui sera appliquée.

 

5)      Mettre en œuvre c’est déployer toutes les mesures pour son succès et entamer véritablement le processus d’accompagnement du groupe choisi (voir les domaines d’accompagnement  ci dessous).

 

6)      Suivre et ajuster c’est se donner des indicateurs d’évolution qui permettront de vérifier si tout se déroule normalement, sinon utiliser des stratégies palliatives pour ajuster et améliorer. Cette stratégie pourra être déployée non pas seulement pour l’accompagnement des enseignants, mais aussi pour plusieurs autres domaines. Tous les aspects ne pouvant être entamés au même moment, on doit alors choisir par quel domaine commencer.

 

 

 

5.2. Les domaines d’accompagnement du changement.

 

Comme rapporté plus haut, une intégration réussie des TIC dans un système voudrait que tous les maillons de ce système soient impliqués et les utilisent effectivement pour accomplir leurs tâches. Ainsi, intégrer les TIC dans le système éducatif camerounais reviendrait à inclure tous ses acteurs dans le schéma directeur de l’accompagnement. C’est pourquoi, seront énumerés quelques axes pouvant faire l’objet d’un accompagnement et faciliter ainsi le changement.

 

 

 

5.2.1.      L’adoption des politiques TIC incitatives

 

Sous d’autres cieux, les gouvernements ont adopté des stratégies pour accélérer l’intégration des TIC dans leurs établissements scolaires en distribuant par exemple des ordinateurs à tous les élèves d’une classe, en faisant des dons de salles entièrement équipées à des établissements etc.

 

Dans le contexte camerounais, l’Etat pourrait élaborer un plan de subvention auprès des établissements qui en font la demande et qui justifieraient d’une certaine crédibilité dans leur projet d’intégration des TIC, mais aussi, qui contribueront au moins à hauteur de la moitié de toutes les dépenses à effectuer. Il pourrait également réduire les taxes à l’importation des ces outils ; signer des partenariats avec d’autres Etats pouvant apporter une aide à travers des dons de matériels  ou encore en amortissement de leurs coûts. Donc pour nous résumer, l’Etat devrait bénéficier de l’assistance (d’un accompagnement) d’experts en stratégies d’intégration des TIC pour élaborer ses plans d’intervention aux fins de propulser l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais.

 

 

 

5.2.2.      Sensibilisation à grande échelle: les média

 

En vue de favoriser l’intégration des TIC dans l’éducation au Cameroun, des nombreuses campagnes médiatiques doivent être entreprises pour divulguer et promouvoir leur utilisation en classe. Ainsi, des campagnes d’information  répétitives pourraient avoir une influence sur les mentalités des populations car à force de parler et d’entendre parler des prouesses d’une chose, on finit par y croire.

 

 

 

5.2.3.       La formation :

 

Ø  des Planificateurs aux  nombreuses techniques de planification de sorte qu’on puisse avoir le choix ou que l’on applique une autre si celle choisie ne produit pas les résultats escomptés.

 

Ø  des Décideurs à utiliser et savoir décrypter des indicateurs afin de prendre les meilleures décisions.

 

Ø  des Encadreurs pédagogiques  à choisir et confectionner de meilleurs contenus et supports pédagogiques.

 

Ø  des Dirigeants à initier et conduire des projets d’intégration pédagogiques des TIC dans leurs établissements.

 

Ø  des Enseignants à la manipulation, à la maîtrise et à l’utilisation des outils technologiques en salle de classe.

 

Ø  des Elèves  aux usages bénéfiques des TIC. C’est-à-dire comment les utiliser sans tendre vers la dérive et en tirer le maximum de profits. A regard de ce qui précède, nous pouvons tenter de proposer un plan de changement.

 

 

 

5.3. Proposition d’un plan de changement

 

Le plan de changement ci-dessous proposé,  être considéré comme un canevas devant être présent dans l’esprit de celui qui veut initier le changement dans un système.

 

1)      Avoir un objectif global de restructuration.

 

2)      Adopter une approche systémique d’intégration (qui considère l’école comme un ensemble de sous systèmes inter reliés et inter dépendants) C’est -à -dire envisager une intégration  des TIC à tous les postes de travail d’un établissement et ne négliger aucun domaine.

 

3)      Identifier à quelle étape d’appropriation des TIC se trouve l’établissement dans lequel le projet d’implantation est envisagé.

 

4)      Procéder à une information, à une diffusion massive du projet d’intégration des TIC auprès des enseignants.

 

5)      Insister sur le fait que la décision d’adhésion au changement doit être un choix personnel, une décision délibérée de chaque enseignant  convaincu de la pertinence et de la nécessité du changement.

 

6)      Acquérir et installer les équipements en temps opportun.

 

7)      Confectionner une fiche de progression des formations

 

8)      Organiser les enseignants et planifier leur formation.

 

9)      Prévoir une assistance permanente pour d’éventuelles difficultés.

 

10)  Prévoir les phases de recyclage.

 

11)  Evaluer à la fin de chaque année les avancées et les améliorations à apporter.

 

 

 

Un accompagnement réussi conduit à l’acquisition de nouvelles compétences. Ainsi, tous les processus et plans envisagés dans le système éducatif ont un objectif principal : faire acquérir de nouvelles compétences aux acteurs du système éducatif. S’agissant de ces compétences, l’attention ne sera retenue ici que par les acteurs premiers du système éducatif à savoir les élèves et les enseignants

 

Chapitre 6 : COMPETENCES ATTENDUES AU 21ème SIECLE.

 

Le 21ème siècle, exige de chaque citoyen du monde de posséder  certaines compétences, sinon sa compétitivité en sera ébranlée. Les compétences dont il s’agit sont prioritairement en rapport avec les TIC. C’est pourquoi, tous sont appelés à les acquérir. Car  l’analphabète de demain sera celui qui ne maîtrise pas les outils TIC. Ces habilités, sont regroupées sous l’appellation des 21st century skills ou compétences du 21ème siècle. Il s’agit de : développer l’esprit de créativité et d’innovation ; avoir une pensée critique pour résoudre les problèmes ; communiquer et collaborer ; pouvoir s’informer ; avoir une culture médiatique ; avoir une culture technologique ; le savoir être en société. Certes, en fonction du contexte socio-économique de chaque pays et de chaque établissement, les compétences attendues ne seront pas mêmes pour tous. Toutefois, certains organismes internationaux se sont évertués  à  recenser  des standards de compétences, comme idéal à poursuivre. Il s’agit des standards ISTE (Société Internationale pour le Technologie dans l’Enseignement) de la National Educational Technology Standards pour les compétences des élèves, et l’UNESCO pour les compétences  des enseignants. Ces compétences seront développées  ci-dessous.

 

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6.1. Standards pour les élèves : l’ISTE

 

L’ISTE propose six grandes compétences comme Standards pour les élèves du 21ème siècle. Ils devront  ainsi développer les compétences que sont:

 

 

 

6.1.1.      Créativité et innovation

 

Les élèves doivent être capables de développer  leur esprit de créativité, construire des savoirs, développer des produits et processus innovants utilisant les technologies. Les élèvent :

 

Ø  Utilisent les connaissances existantes pour générer de nouvelles idées, de nouveaux processus et produits.

 

Ø  Créent un travail personnel ou de groupe original

 

Ø  Utilisent les models et les simulations pour explorer des systèmes complexes et leurs débouchés.

 

Ø  Identifient les voies et les possibilités.

 

 

 

6.1.2. Communication et collaboration

 

Les élèves doivent utiliser les environnements et média numériques pour communiquer et travailler en collaboration même à distance pour soutenir l’apprentissage individuel et contribuer à l’apprentissage des autres. Les élèvent :

 

Ø  Interagissent, collaborent et publient avec les pairs, les experts, ou d’autres, en utilisant de multiples environnements numériques et média.

 

Ø  Communiquent effectivement l’information et les idées pour multiplier les audiences en utilisant plusieurs média et sous des formats variés.

 

Ø  Développent une compréhension culturelle et une vue globale en échangeant avec les apprenants des autres cultures.

 

Ø  Contribuent aux projets en équipe pour produire des travaux  originaux ou résoudre des problèmes.

 

 

 

6.1.3.      Recherche et information

 

Les élèves se servent  des outils numériques pour acquérir, évaluer et utiliser l’information. Les élèvent :

 

Ø  Planifient des stratégies pour guider la recherche.

 

Ø  Localisent, organisent, analysent, évaluent, synthétisent, et utilisent éthiquement l’information provenant de plusieurs sources et média.

 

Ø  Evaluent et choisissent les sources d’information et les outils numériques basés sur l’appropriation des domaines spécifiques.

 

Ø  Manipulent les données et notent les résultats.

 

 

 

6.1.4.      Pensée critique, résolution de problèmes, prise de décision

 

Les élèves utilisent leurs compétences de pensée critique pour organiser et mener des recherches, gérer des projets, résoudre des problèmes et prendre des décisions en utilisant des ressources et outils numériques appropriés. Les élèvent :

 

Ø  Identifient et définissent des problèmes cruciaux et des questions significatives pour la recherche.

 

Ø  Organisent et gèrent des activités pour développer une solution ou compléter un projet.

 

Ø  Collectent et analysent des données pour identifier des solutions et/ou prendre des décisions.

 

Ø  Utilisent plusieurs procédés et diverses perspectives pour explorer des solutions alternatives.

 

 

 

6.1.5.      Citoyenneté numérique

 

Les élèves comprennent les conséquences humaines, culturelles et sociétales liées aux technologies ainsi que les pratiques légales et les comportements éthiques. Les élèvent :

 

Ø  Défendent et font une pratique saine, légale et une utilisation responsable de l’information et des technologies.

 

Ø  Exhibent une bonne attitude par l’utilisation des technologies qui servent à la collaboration, à l’apprentissage et à la productivité.

 

Ø  Démontrent une autonomie pour une formation continue.

 

Ø  Exhibent un leadership pour la citoyenneté numérique.

 

 

 

6.1.6.      Maîtrise des concepts et des opérations technologiques.

 

Les élèves démontrent une bonne compréhension des concepts, systèmes, et opérations technologiques. Les élèvent :

 

Ø  Comprennent et utilisent les systèmes technologiques.

 

Ø  Sélectionnent et utilisent effectivement et efficacement les applications.

 

Ø  Expérimentent les systèmes et les applications.

 

Ø  Transfèrent les connaissances déjà acquises dans l’apprentissage des nouvelles technologies.

 

 

 

6.2.      Standards pour les enseignants : l’UNESCO

 

L’UNESCO dénombre  six grandes composantes comme standards pour les enseignants  dans trois domaines. Et la formation des enseignants aux outils technologiques leur permettra d’avoir une double compétence. Ils seront compétents d’abord dans leur discipline, ensuite ils auront des bases en informatique ou du moins en manipulation des outils technologiques. Car  pour enseigner leur discipline avec les TIC, ces dernières ne doivent plus être considérées par eux comme un mystère. Or  l’informatique pour les non informaticiens puristes revient à la maîtrise des TIC.

 

Pour ce qui est des compétences à acquérir par les enseignants, il s’agira beaucoup plus des compétences  techniques, pédagogiques et didactiques intégrant les TIC, ce qui est résumé par cette phrase du DEP 2005 « Une intégration réussie des technologies d’information et de communication (TIC) dans les pratiques enseignantes requiert surtout, au-delà des compétences techniques de manipulation des outils, une maîtrise des situations de classe et une forte structuration de leur préparation ». Et pour acquérir ces compétences, l’UNESCO préconise  six composantes qui doivent être adoptés par les enseignants : politique, programme et évaluation, pédagogie, TIC, organisation et administration, formation professionnelle de l’enseignant. Ce qui est décrit plus bas.

 

 

 

6.2.1. Programmes pour l’approche de l’alphabétisation technologique.

 

6.2.1.1. Politique.  Les enseignants devraient être capables de :

 

Initier des pratiques visant à faciliter l’appropriation des TIC .

 

6.2.1.2. Programme et évaluation. Les enseignants devraient être capables de:

 

Ø Choisir un éventail de logiciels spécifiques dans leurs matières et identifier les standards de programmes qui sont associés avec ces logiciels et discuter avec leurs élèves de la façon dont on les retrouve dans les applications.

 

Ø Aider les élèves à acquérir les compétences dans le contexte de leurs cours en leur faisant préparer un plan de leçon qui inclut l’enseignement de l’utilisation des TIC, comme des logiciels de traitement de texte, navigateurs Internet, emails, blogs, wikis et autres technologies émergentes. Leur faire montrer et enseigner ces compétences TIC aux autres.

 

Ø Utiliser les TIC pour évaluer ce que les élèves ont acquis comme connaissances sur un sujet et fournir aux étudiants un retour sur leurs progrès en utilisant des évaluations tant formatives que sommatives.

 

6.2.1.3. Pédagogie. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø   Décrire comment l’enseignement didactique et les TIC peuvent être utilisés pour aider les élèves à appréhender une matière, en l’illustrant par l’utilisation des TIC et de types spécifiques de logiciels qui peuvent aider les élèves à acquérir des connaissances sur une matière et en montrant les apports de l’utilisation de cette technologie à l’enseignement (ceci pourrait passer par des cours magistraux suivis des travaux pratiques)

 

Ø  Incorporer les activités TIC appropriées dans les plans des leçons. Faire concevoir par les élèves des plans de leçon qui incorporent des logiciels, e-ressources et e-contenu de tutorat, d’exercice et d’entraînement. Faire partager ces plans entre eux.

 

Ø Utiliser des logiciels de présentation et des ressources numériques pour aider l’instruction et compléter le cours magistral. Offrir une variété d’exemples de présentations éducatives et faire utiliser le logiciel de présentation aux élèves pour concevoir une présentation.

 

6.2.1.4. TIC Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø   Décrire et montrer l’utilisation des technologies courantes par la description du fonctionnement de base des différentes technologies, comme les ordinateurs de bureaux, les portables, les imprimantes, les scanners et les accessoires utilisables à la main.Par la description des tâches de base et les utilisations des traitements de texte comme la création de document, l’édition, le formatage et l’impression ; montrer comment les utiliser pour enseigner et faire créer des documents textes par les élèves.

 

Ø Montrer l’objectif et les caractéristiques de base d’un logiciel de présentation. Faire créer par les participants une présentation sur un sujet de leur choix en utilisant des ressources numériques.

 

Ø Décrire la fonction de base d’un logiciel graphique et l’utiliser pour créer une maquette graphique simple. Faire créer par les élèves  une maquette graphique et  leur faire partager avec leurs camarades la procédure de création.

 

Ø Décrire l’Internet et le World Wide Web, montrer leurs utilisations et décrire comment un navigateur fonctionne et utilise une URL pour accéder à un site Internet; faire utiliser par les élèves un navigateur pour accéder aux sites les plus connus.

 

Ø Utiliser un moteur de recherche pour effectuer une recherche de mots clés.

 

Ø Créer un compte de messagerie et l’utiliser pour une série de correspondances e-mails.

 

Ø Décrire la fonction et le but de logiciels de tutorat, d’exercice et d’entraînement et comment

 

Ø Trouver des logiciels éducatifs non-scolaires et des ressources Internet, les évaluer pour leur pertinence et leur concordance avec les standards des programmes et les faire coïncider avec les besoins des  étudiants spécifiques.

 

Ø Utiliser les logiciels de conservation de données en réseau pour faire les feuilles de présence, gérer les notes et conserver les données des étudiants.

 

Ø  Utiliser les technologies courantes de communication et de collaboration comme les messages texte, la vidéoconférence, et la collaboration fondée sur Internet et les environnements humains.

 

Pour toutes ces activités, l’enseignant devra décrire et montrer le fonctionnement aux élèves, en discuter avec eux et leur donner la possibilité de pratiquer eux-mêmes à travers des devoirs à faire à domicile en utilisant ces TIC.

 

6.2.1.5. Organisation et administration. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø  Intégrer l’utilisation d’un laboratoire informatique dans les activités d’enseignement actuelles, tout en donnant des exemples des différentes façons dont on peut utiliser un laboratoire informatique pour compléter l’enseignement de la classe ;

 

Ø  Faire créer par les participants des plans de leçon qui incluent des activités de laboratoire informatique.

 

6.2.1.6. Formation professionnelle de l’enseignant. Les enseignants devrait être capables de :

 

Ø  Utiliser les ressources TIC pour améliorer la productivité. Discuter des différentes tâches qui occupent les participants pendant leur journée de travail ; discuter comment les ressources TIC peuvent être utilisées pour ces tâches et améliorer ainsi la productivité ; faire utiliser par les participants des ordinateurs de bureau, des portables, des accessoires manuels et des logiciels comme un traitement de textes, des blogs, des wikis ou d’autres outils de productivité et de communication afin d’aider à l’une de ces tâches identifiées.

 

Ø  Discuter avec les élèves de comment utiliser les TIC pour l’acquisition de connaissances d’une matière et en pédagogie.

 

 

 

6.2.2. Programmes pour l’approche de l’approfondissement des connaissances

 

 

 

6.2.2.1. Politique. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø  Identifier les concepts clés et les processus dans les domaines de contenu ; décrire et montrer la fonction et l’objectif des simulations, visualisations, outils de collecte de données et logiciels d’analyse de donnée;

 

Ø  Et faire le lien entre la classe et le monde extérieur.

 

6.2.2.2. Programmes et évaluation. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Identifier les concepts clés et processus dans le domaine, décrire la fonction et l’objectif des outils spécifiques à un sujet et établir le lien avec le monde extérieur.

 

Ø Développer et appliquer des rubriques fondées sur les connaissances et la performance qui permettent aux enseignants d’évaluer la compréhension des étudiants des concepts clés, des compétences et des processus de leur matière, faire  appliquer par les participants.

 

6.2.2.3. Pédagogie. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Décrire comment l’apprentissage collaboratif, fondé sur le projet et les TIC peut aider les étudiants à penser et aider aussi à l’interaction humaine, et résoudre des problèmes du monde réel.

 

Ø Identifier ou concevoir des problèmes complexes du monde réel et les structurer de façon à incorporer des concepts de sujets et servir de base à des projets d’étudiants.

 

Ø Concevoir des matériels en ligne qui aident la connaissance approfondie des étudiants des concepts clés et de leurs applications aux problèmes du monde réel.

 

Faire travailler les participants en groupe pour concevoir un cours en ligne qui aide la compréhension des concepts clés et le développement de compétences connexes dans le domaine.

 

Ø  Concevoir des plans et des activités de classe afin que les étudiants se mettent à raisonner, à discuter et à utiliser des concepts clés du secteur quand ils collaborent pour comprendre, représenter et résoudre des problèmes complexes du monde réel.

 

Ø  Structurer des plans d’unités et d’activités de classe afin que des outils ouverts et des applications spécifiques au domaine aident les étudiants dans leurs raisonnements

 

Ø Mettre en œuvre des plans de cours fondés sur un projet et des activités de classe collaboratifs, tout en offrant des conseils aux étudiants pour les aider à finir avec succès leurs projets et leur compréhension approfondie et leurs concepts clés.

 

Ø Discuter du rôle des enseignants et les stratégies qu’ils utilisent pendant la mise en œuvre de cours collaboratifs fondés sur un projet. Faire montrer par les participants l’utilisation des stratégies et des ressources numériques pour aider la mise en œuvre de leurs cours.

 

6.2.2.4. TIC. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Faire fonctionner différents logiciels ouverts appropriés à leurs domaines comme la visualisation, l’analyse de données, les simulations de jeux de rôle, et les références en ligne. Faire explorer et essayer ces logiciels aux participants.

 

Ø  Evaluer la pertinence et l’utilité des ressources Internet pour aider l’apprentissage fondé sur un projet. Faire chercher des sites Internet et des catalogues aux participants pour identifier des logiciels appropriés pour l’apprentissage. Faire créer par les participants des critères d’évaluation et des rubriques et justifier leurs sélections fondées sur l’efficacité pour l’objectif recherché.

 

Ø Utiliser un environnement ou des outils de création pour concevoir des matériels en ligne.

 

Ø Utiliser un réseau et des logiciels appropriés pour gérer, contrôler et évaluer les progrès des différents projets d’étudiants ;

 

Ø Utiliser les TIC pour communiquer et collaborer avec les étudiants, les collègues, les parents et la communauté élargie afin de développer l’apprentissage de l’étudiant.

 

Ø Utiliser le réseau pour aider la collaboration au sein et au delà de la classe.

 

Ø Utiliser les moteurs de recherche, les bases de données en ligne et les e-mails pour trouver des gens et des ressources pour des projets collaboratifs.

 

6.2.2.5. Organisation et administration. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Placer et organiser des ordinateurs et d’autres ressources numériques au sein de la classe.

 

Ø Gérer les activités d’apprentissage des étudiants fondées sur un projet dans un environnement technologique avancé.

 

6.2.2.6. Formation professionnelle de l’enseignant. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Utiliser les TIC pour accéder et partager les ressources pour aider leurs activités et leur propre formation professionnelle.

 

Ø Utiliser les TIC pour accéder aux experts extérieurs et aux communautés d’apprenants pour aider leurs activités et leurs propres formations professionnelles.

 

Ø  Utiliser les TIC pour rechercher, gérer, analyser, intégrer et évaluer l’information qui peut être utilisée pour aider leur formation professionnelle.

 

 

 

6.2.3. Approche de la création de savoir

 

 

 

6.2.3.1. Politique Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Concevoir, mettre en œuvre et modifier des programmes de réforme de l’éducation qui mettent en œuvre les éléments clés des politiques nationales de réforme de l’éducation.

 

6.2.3.2. Programme et évaluation. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Identifier et discuter de la façon dont les étudiants apprennent et montrent des compétences cognitives complexes, telles que la gestion de l’information, la résolution de problème, la collaboration et la pensée critique.

 

Ø Aider les étudiants à utiliser les TIC pour acquérir les compétences de recherche, de gestion, d’analyse, d’intégration et d’évaluation de l’information.

 

Ø Concevoir des cours et des activités de classe qui intègrent un éventail d’outils et d’appareils TIC pour aider les étudiants à acquérir les compétences du raisonnement, de l’organisation, de l’apprentissage réfléchi, de la construction de savoir et de la communication.

 

Ø Aider les étudiants à utiliser les TIC pour développer les compétences en communication et collaboration.

 

Ø  Aider les étudiants à développer tant du savoir que des rubriques fondées sur la performance et les appliquer pour évaluer leur propre compréhension des matières et des compétences et des concepts TIC ainsi que la compréhension des autres étudiants.

 

6.2.3.3. Pédagogie. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Modéliser de façon explicite leur propre capacité de raisonnement, de résolution de problèmes et de création de savoir en enseignant aux étudiants.

 

Ø Concevoir en ligne des matériels et des activités qui entraînent les étudiants à résoudre des problèmes, rechercher et faire de la création artistique en collaboration.

 

Ø Aider les étudiants à concevoir des plans et des activités de projet qui les entraînent dans la résolution de problèmes, dans la recherche ou dans la création artistique en collaboration.

 

Ø Aider les étudiants à incorporer la production de multimédia, d’Internet, et les technologies de publication dans leurs projets afin d’aider la production courante de connaissances et de communication avec les autres publics.

 

Ø Aider les étudiants à réfléchir sur leur propre apprentissage.

 

6.2.3.4. TIC. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Décrire les fonctions et l’objectif des outils de productions et de ressources TIC (équipements d’enregistrement et de production multimédia, outils d’édition, logiciels de publication, outils de conception Internet) et les utiliser pour aider l’innovation et la création de savoir des étudiants.

 

Ø Décrire la fonction et l’objectif des environnements virtuels et les environnements de construction de savoir et les utiliser pour aider à plus de connaissances et de compréhension de la matière et le développement de communauté d’apprentissage en ligne et en vis-à-vis.

 

Ø Décrire les fonctions et l’objectif des outils d’organisation et de réflexion et les utiliser pour aider les étudiants à créer et à organiser leurs propres activités d’apprentissage et leur capacité à penser et apprendre de façon permanente.

 

6.2.3.5. Organisation et administration. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Jouer un rôle de leader dans la création d’une vision de ce que leur école pourrait être avec des TIC intégrées dans les programmes et les pratiques de classe.

 

Ø Jouer un rôle de leader dans l’aide à l’innovation dans leur école et l’apprentissage permanent parmi leurs collègues.

 

Ø Jouer un rôle de leader dans la formation et l’aide aux collègues à l’intégration des TIC dans leurs classes.

 

6.2.3.6. Formation professionnelle de l’enseignant. Les enseignants devraient être capables de :

 

Ø Evaluer et réfléchir de façon permanente sur la pratique professionnelle pour mettre en avant l’innovation et l’amélioration en cours.

 

Ø Utiliser les ressources TIC pour participer aux communautés professionnelles et partager et discuter les meilleures pratiques d’enseignement.

 

Toutes ces nouvelles compétences peuvent être résumées en quatre comme le montre le  schéma ci-dessous, tiré d’un document de l’UNESCO ( 2002) qui l’explique en ces termes : « These themes may be understood as a strategic combination of approaches that help teacher educators develop the four core competencies. The core competencies may be seen as clusters of objectives that are critical for successful use of ICTs as tools for learning. The ICT competencies are organized into four groups. Pedagogy is focused on teachers’ instructional practices and knowledge of the curriculum and requires that they develop applications within their disciplines that make effective use of ICTs to support and extend teaching and learning. Collaboration and Networking acknowledges that the communicative potential of ICTs to extend learning beyond the classroom walls and the implications for teachers development of new knowledge and skills. Technology brings with it new rights and responsibilities, including equitable access to technology resources, care for individual health, and respect for intellectual property included within the Social Issues aspect of ICT competence. Finally, Technical Issues is an aspect of the Lifelong Learning theme through which teachers update skills with hardware and software as new generations of technology emerge ».

 

 

 

 

 

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Figure 2. A Framework for ICTs in Teacher Education: four Competencies (UNESCO (2002, p.41))

 

 

 

A ce niveau du travail  où le tour de quelques points essentiels intervenant dans l’intégration des TIC et l’accompagnement du changement a été fait, il serait judicieux d’aborder à présent  le processus qui visera à rendre les enseignants technologiquement armés pour le 21ème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

 

Mener une innovation dans un établissement est une tâche difficile. Elle l’est encore plus lorsqu’elle touche à des pratiques et des fonctions bien maîtrisées et bien ancrées dans le quotidien des enseignants et des étudiants. Introduire l’usage des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage exige de la prudence, et surtout, une démarche qui amènera la communauté éducative et notamment les enseignants à  accepter l’innovation, l’adopter et la défendre par la suite. Ainsi, une utilisation exemplaire des TIC passe par une intégration réussie. Et pour qu’elle le soit, cela suppose une procédure de changement bien encadrée. Pour ce faire, nous l’avons constaté avec nos recherches, que les enseignants ont un besoin urgent de formation. Ils  doivent être pris en charge à travers des formations visant à les doter de connaissances procédurales, techniques et pédagogiques leur permettant d’adopter sans difficultés les TIC. Mais au demeurant, pour une intégration efficace, d’autres actions parallèles à la formation des enseignants devraient être entreprises : des campagnes d’information, l’adoption de politiques incitatives, l’encadrement ou la formation des autres acteurs du système éducatif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECOMMANDATIONS

 

Qu’attendent donc les enseignants pour enclencher le processus d’intégration des TIC ?

 

Ils espèrent que les orientations prises par les autorités en matière de TIC à l’école soient claires, précises et à long terme. Pour ce faire, nous recommandons que les autorités se dotent d’un plan stratégique et systémique d’implantation des TIC en milieu scolaire et que chaque établissement se donne un plan de mise en oeuvre de cette stratégie dans son propre milieu. Car chaque milieu  a son propre rythme d’intégration des TIC, c’est pourquoi il est recommandé qu’au préalable soient identifiées les différentes phases d’intégration des TIC en milieu scolaire et que les décisions d’implantations et les projets d’activités pédagogiques respectent la phase en cours dans chacun des établissements . Nous recommandons également que les autorités inscrivent la compétence transversale TIC dans le programme scolaire ; que le soutien technico-pédagogique soit plus immédiat, plus présent, plus rapide quand ils en ont besoin. Parfois, ils attendent simplement qu’on les informe de ce qui existe comme applicatifs scolaires, comme types de projets, comme ressources ou services et comme contenu numérique de qualité.

 

 

 

ANNEXES

 

Conception d’une stratégie de formation des enseignants à l’usage des TIC.

 

 

 

Phase 1 : Modalités de la formation

 

 

 

Le déploiement de la formation doit s’effectuer en trois étapes :

 

Ø  Une étape de sensibilisation visant à informer au maximum les acteurs du système éducatif sur la nécessité et les opportunités de l’intégration des TIC ; à préparer les psychologies collectives et individuelles à accepter, faciliter et contribuer au changement.

 

Ø  Une étape de formation qui aura pour but de permettre aux acteurs du système éducatif (et dans le cas présent les enseignants), d’acquérir les connaissances nécessaires pour utiliser de manière experte, fréquente et continue les TIC pour accomplir leurs tâches.

 

Ø  Une étape de recyclage « formation continue » dont l’objectif sera de maintenir le niveau des personnes formées, et même de l’améliorer en l’adaptant aux évolutions.

 

Après l’analyse des modalités de la formation, suivra immédiatement celle du déploiement réel de la formation.

 

 

 

Phase 2 : le processus de formation

 

La formation de déploie en cinq étapes : un questionnaire ; une catégorisation ; une prise en main ; un test d’appropriation des TIC ; et la formation elle-même.

 

1) Comment fonctionne le questionnaire ?

 

L’objectif est qu’à partir d’un formulaire, qu’il soit possible de déterminer dans quelle catégorie se retrouve l’enseignant-sujet. Le formulaire est constitué de vingt (20) questions ayant chacune cinq (5) propositions de réponse, chaque proposition correspondant à une catégorie. L’enseignant qui est soumis au questionnaire choisit la proposition qui semble le plus se rapprocher de sa considération. Au bout des vingt (20) questions, il aura forcément obtenu des résultats dans les catégories proposées. Il sera alors considéré comme appartenant à la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages.

 

2) Pourquoi classer les enseignant en catégorie ?

 

Il est important de classer d’abord l’enseignant dans une catégorie précise avant de songer par après à sa formation, car de cette catégorisation dépend le conseil à lui prodiguer ou le discours à lui tenir pour l’inciter à vouloir utiliser les TIC. Les catégories en question selon  sont :

 

-  les réfractaires

 

-  les craintifs

 

-  les insécures

 

-  les sceptiques

 

-  les pionniers ou mordus

 

3) Pourquoi une prise en main ?

 

La prise en main est le discours à tenir à une catégorie précise, visant à lever ses inquiétudes vis-à-vis des TIC. Elle est différente en fonction de la catégorie, et cela se justifie par le fait que les enseignants n’ont pas les mêmes appréhensions et ne rencontrent pas les mêmes difficultés dans le processus d’appropriation des TIC. Ce qui est du  soit à la situation géographique de l’enseignant qui peut ne pas être propice à l’expansion des TIC ; soit aux difficultés financières pouvant entraver l’acquisition d’outils technologiques et du même coup leur appropriation ; soit encore à des raisons purement subjectives liées à l’enseignant lui-même qui éprouve des difficultés à s’approprier les TIC. De ce fait, il y aura donc une prise en main pour réfractaires, pour craintifs, pour insécures, pour sceptiques, pour pionniers.

 

Après la prise en main catégorielle, l’enseignant sera testé sur son degré d’utilisation effective des TIC,

 

4) Test d’appropriation des TIC

 

Cette étape est assez simple car il suffit à l’enseignant de dire à quoi lui servent les TIC actuellement.

 

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Pour satisfaire ses besoins personnels

 

 

Pour remplir ses obligations professionnelles et administratives

Pour enseigner

 

Sa réponse permettra de déterminer où il se situe dans l’appropriation des TIC, de savoir par où il l’a débutée et éventuellement pour savoir par où il va commencer (par la base) s’il ne l’a pas débutée. Ce qui permettra de savoir quels sont les modules qui lui restent à suivre pour être un enseignant complet au 21ème siècle. Le but étant que l’enseignant puisse au final savoir utiliser les TIC, au point de s’en servir pour enseigner ses élèves en classe. Il est recommandé, pour la formation intégrale de l’enseignant de suivre tous les modules de formation, et même de repasser par le module qu’il semblait déjà maîtriser, pour éventuellement affermir ses connaissances dans le module en question.

 

5) les modules de formation

 

Il y en a quatre, en fonction du modèle synthèse proposé par Carole Raby. Il s’agit de :

 

Ø  sensibilisation : où l’enseignant est amené à se familiariser au vocabulaire et aux outils technologiques.

 

Ø  Initiation à l’utilisation personnelle : où l’enseignant est initié à  découvrir les TIC pour satisfaire sa curiosité et à les utiliser pour résoudre des problèmes d’ordre personnel tels que visionner, écouter de la musique, jouer, gérer son agenda ou son carnet d’adresses, etc.

 

Ø  Initiation à l’utilisation professionnelle : où l’enseignant s’en sert pour gérer ses classes, résoudre les problèmes d’ordre administratif (répondre aux demandes d’explication, produire des rapports…), échanger avec ses collègues, etc.

 

Ø  Initiation à l’utilisation pédagogique : où l’enseignant utilise effectivement les TIC en classe, avec ses élèves, pour rechercher des informations et enrichir ses cours, pour rester en contact avec les parents d’élèves, etc.

 

Il est à préciser que ces modules ne se déroulent pas forcément de manière chronologique. L’enseignant commencera ou suivra par l’un ou l’autre module en fonction des ses besoins imminents, de ce qu’il veut en faire. Mais il reste conseillé de suivre tous les modules au final. (Pour plus d’informations, se référer au document annexe)

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Articles de journaux

 

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Document annexe

 

 

 

CONCEPTION D’UNE STRATEGIE DE FORMATION DES ENSEIGNANTS A L’USAGE DES TIC.

 

 

 

Pour que le processus d’accompagnement du changement  volet  formation des enseignants réussisse, celui-ci doit être encadré de plusieurs mesures. Le but de ce travail  étant d’amener les enseignants à  utiliser les TIC pour enseigner. Et pour y parvenir, il convient qu’avant d’analyser le processus de formation, qu’il soit au préalable examiné la méthodologie de formation.

 

 

 

Chapitre 1 : METHODOLOGIE DE FORMATION

 

L’accompagnement du changement se justifie par les nombreuses difficultés relevées comme obstacles à l’intégration des TIC. Il convient donc, de s’attarder sur le déploiement de l’encadrement à accorder aux enseignants pour lever ces difficultés. Ceci passe par une formation dont le plan est proposé ci-dessous. Il se subdivise en trois étapes : la sensibilisation, la formation proprement dite et le recyclage.

 

 

 

1.1.  Phase de sensibilisation

 

La sensibilisation grand public vise à apporter le maximum d’informations aux personnes concernées par l’intégration des TIC dans le système éducatif à savoir : les planificateurs, les décideurs, les chefs d’établissement, les enseignants, les élèves, etc. Cette sensibilisation pourrait se déployer en trois moments : des campagnes médiatiques, des campagnes de proximité, des séminaires d’information.

 

 

 

1.1.1.      Les campagnes médiatiques

 

Afin d’intéresser le maximum de personnes et d’incruster dans leur mémoire la culture technologique, une diffusion à grande échelle doit être effectuée à travers les médias écrits, audio et visuels. Pour ce faire, les masses médias doivent être utilisées non seulement pour cultiver les citoyens, mais aussi pour les informer des différentes planifications des formations. Ainsi, en vue de promouvoir la culture informatique :

 

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques visant la démystification de certains concepts et outils TIC doivent être proposées à fréquence régulière.

 

Ø  Des émissions télévisuelles et radiophoniques éducatives sur l’accompagnement du changement doivent également être programmées à fréquence régulière, ce en vue d’apporter un soutien au plan d’intégration envisagé par les établissements. Mais aussi dans le but de stimuler les établissements  retardataires à amorcer  l’intégration des TIC.

 

Ø  Des communications dans la presse écrite doivent être faites pour informer le lectorat sur les opportunités, les apports et les avantages d’une intégration des TIC.

 

Ø  Des partenariats pourraient être signés avec des entreprises d’équipements informatique en vue d’assurer le sponsoring des émissions, rubriques, jeux (individuels par téléphone ou inter établissement en présentiel) technologiques dans les média pour équiper le plus grand nombre en matériel informatique tel les ordinateurs, les clés USB, des logiciels, des didacticiels.

 

 

 

1.1.2.      Les campagnes de proximité

 

Le but des campagnes de proximité est de créer un certain rapprochement entre les personnes concernées et les formateurs, pour que ces dernières ressentent  véritablement l’urgence et la nécessité de l’intégration ; qu’elles y adhèrent parce qu’ayant été convaincues. Pour ce faire, les agents du changement pourraient passer par deux étapes : des rencontres en conseil d’enseignants, des rencontres inter personnelles.

 

Ø  Les rencontres en conseil d’enseignants. L’agent du changement pour mieux inculquer la notion et effectuer sa mission, doit pouvoir regrouper les enseignants soit de tout l’établissement, soit par discipline pour les entretenir sur la nécessité d’une intégration des TIC, en insistant particulièrement sur le rendement qui pourrait de ce fait être amélioré et le travail des enseignants facilité, l’économie de temps, la précision dans le travail, sans toutefois omettre de parler du nouveau rôle de l’enseignant, de ses nouvelles attitudes et de ses nouvelles compétences. Il devra aussi s’attarder sur la nécessité d’une intégration collective (un mouvement d’ensemble, tous devant se sentir concernés pour une intégration réussie), passant par l’intégration individuelle. Autrement dit, il les entretiendra sur les opportunités que pourrait offrir une intégration et comment la gérer.

 

Ø  Les rencontres interpersonnelles. Il s’agit pour l’agent de changement, d’aller vers les enseignants de chaque établissement, les rencontrer individuellement, pour leur présenter la situation, leur expliquer comment opérer personnellement son propre changement, susciter ainsi leur adhésion au projet d’intégration des TIC dans leur établissement. Il s’agit donc essentiellement pour l’agent de créer ou de propulser la motivation des enseignants. En leur expliquant qu’un changement d’ensemble commence d’abord par un changement au niveau individuel par le biais d’une motivation personnelle et d’une formation appropriée.

 

 

 

1.1.3.      Des séminaires.

 

Dans le but de sensibiliser le maximum d’enseignants sur les offres de formation en vue d’une bonne intégration des TIC, des séminaires sur l’intégration, l’accompagnement du changement, les formations, les logiciels, l’apport des TIC etc, doivent être organisés régulièrement dans les établissements ; ceci pour préparer psychologiquement les participants à accepter et  suivre le changement. Pour ce faire, des experts en des domaines spécialisés de l’informatique, en TIC, en techno pédagogie, en des didacticiels précis pourront être invités à exposer et présenter les avantages à adopter ce qu’ils proposent. La phase de sensibilisation devra être suivie par un réel encadrement : la formation.

 

 

 

1.2.  Phase de formation

 

Un document de l’UNESCO (2008) stipule que : « Les nouvelles technologies nécessitent de nouveaux rôles pour les enseignants, de nouvelles pédagogies, et de nouvelles approches de la formation des enseignants. L’intégration réussie des TIC dans une classe dépendra de la capacité des enseignants à structurer l’environnement d’apprentissage selon des manières non traditionnelles, de fusionner les nouvelles technologies avec de nouvelles pédagogies, de développer des classes participatives, d’encourager une interaction coopérative, l’apprentissage collaboratif, et le travail de groupe. Cela nécessite le développement d’autres compétences de gestion des classes. Les compétences clés pour le futur incluront la capacité de développer des façons innovantes d’utiliser la technologie pour améliorer l’environnement de l’apprentissage, et d’encourager l’alphabétisation technologique, l’approfondissement des connaissances et la création de savoir ».

 

 

 

Marcel Lebrun, (2004) constate que  l’imagerie populaire conçoit le fait d’apprendre comme étant une tâche dévolue aux seuls étudiants. Or tout comme eux, les enseignants apprennent, les sociétés aussi. Cet apprentissage constant de ces différents acteurs dénote du souci d’une éducation de qualité. Suite à l’innovation qui s’impose, les méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage doivent être revues afin de promouvoir l’innovation technologique. Ainsi, former les enseignants aux TIC, c’est d’abord leur donner un environnement favorable à l’apprentissage d’un usage réfléchi des TIC dans le cadre de leurs enseignements, c’est aussi les former pédagogiquement.

 

Mais pourquoi les enseignants manifestent-ils une volonté d’apprendre ? Comment se déroule l’apprentissage des professeurs ? Si les professeurs apprennent, cela implique que certains deviendront des agents de changement dans leurs institutions.

 

 

 

1)      Les objectifs de l’apprentissage

 

La formation pédagogique des enseignants a pour but de rendre ces derniers plus armés à favoriser le développement des compétences requises chez les étudiants.

 

 

 

2)      Apprentissage et méthodes.

 

Pour que les enseignants apprennent, Il faut donc mettre en place des méthodes favorisant cet apprentissage : développer le sens critique, interagir, participer activement, construire la personnalité…qui sont les conditions d’un apprentissage en profondeur, de qualité. La description concerne les élèves mais est transposable aux enseignants qui sont également en situation d’apprentissage et devront donc à leur tour enseigner cela dans leurs classes.

 

 

 

3)      Outils et usages

 

Les outils technologiques ont une efficacité maximum quand ils sont utilisés dans des dispositifs proches de la manière par laquelle l’individu apprend. C’est pourquoi ils sont appelés des amplificateurs car ils viennent améliorer une situation qui était déjà bonne, et empirer celle qui était dégradée. C’est dans ce sens que  Lebrun et Vigano, (1995b) pensent que : « (a) (…) l’ordinateur en lui-même, superposé à des formes traditionnelles d’enseignement ne peut améliorer la qualité ou le rendement de l’enseignement ». De plus, les facteurs personnels relationnels et méthodologiques supplantent les caractéristiques intrinsèques de l’outil même. Kadiyala et Crynes, (2000) estiment que des méthodes doivent entourer l’outil, mais qu’on doit surtout veiller à ce qu’il y ait congruence entre les objectifs, les méthodes et les outils;

 

« (b) : les bénéfices à escompter de l’utilisation des technologies ne doivent pas être attendus dans la seule sphère cognitive réduite aux connaissances et aux savoirs ». Pour C.Bagley et B.hunter, (1992), l’introduction des nouvelles technologies implique une restructuration des méthodes didactiques. Huit tendances permettent de jauger cette transformation où on passe d’une situation à une autre :

 

Ø  transition d’un enseignement en grand groupe vers un travail en groupe plus restreint ;

 

Ø  transition de la leçon ou du cours vers des formes d’enseignement axées davantage sur les ressources et l’accompagnement ;

 

Ø  transition d’un travail qui ne concerne que les meilleurs étudiants vers un travail partagé qui concerne l’ensemble des étudiants (chacun avec ses compétences particulières) ;

 

Ø  transition d’une classe « assoupie » d’étudiants inertes vers des étudiants plus engagés dans la tâche ;

 

Ø  transition d’une évaluation basée sur le contrôle de la rétention des connaissances vers une évaluation plus soucieuse des progrès, des processus et des produits réalisés ;

 

Ø  transition d’une structure sociale compétitive à une structure plus coopérative ;

 

Ø  transition d’un système dans lequel tous les étudiants apprennent la même chose vers un système différencié où chaque étudiant apprend éventuellement des choses différentes ;

 

Ø  transition de modes d’expression et de communication centrés exclusivement sur l’expression verbale à des modes qui intègrent différentes techniques d’expression (visuelle, graphique, audio…);

 

 « (c) : insérer ces nouvelles technologies ne va pas induire automatiquement de nouvelles formules d’enseignement et d’apprentissage ». L’information, le support technique et le soutien pédagogique aux enseignants sont une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. En acceptant les TIC, les rôles de l’enseignant s’en trouvent largement modifiés comme l’illustre le tableau comparant les modes  traditionnel et « techno pédagogique » (étendu).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mode traditionnel

 

(INSTRUCTION)

Mode « étendu »

 

(CONSTRUCTION DES CONNAISSANCES)

Activité 

 

Centrée sur l’enseignantDidactique Centrée sur ce que fait l’apprenant et interactive
Rôle de l’enseignant  « Récitant » et expert  Collaborateur, guide et parfois apprenant
Rôle de l’étudiant « Récepteur » et apprenant Collaborateur et parfois expert
Apprentissage  De la matière, des faits et de la reproduction Interrelation et recherche
Connaissances Accumulation Transformation
Performance  Quantité  Qualité
Évaluation  Mémorisation et référence à une norme Critères de référence, cahier de charges
Usages technologiques  « Le poste ou le siège » de travail

 

Outils de communication, Collaboration, Accès à l’information, Modes d’expression

 

 

 

Tableau 4 : Comparaison des modes traditionnel et « étendu » selon les analyses ACOT (Apple Classroom of Tomorrow). Marcel Lebrun (2004, p.18)

 

 

 

 

 

4)      Le chemin en TIC des professeurs.

 

Le moteur d’une innovation pédagogique c’est avant tout l’enseignant porté par une certaine reconnaissance institutionnelle et sociale des pratiques nouvelles qu’il veut mettre en place. Ainsi, dans le but de les impliquer au mieux, les centres de ressource qui s’occupent de la formation des enseignants doivent mener des actions différentes pour chaque étape : faire connaître, informer au début, motiver, donner les moyens de l’action (soutien, supports technique et pédagogique, financement d’initiatives), encourager le partage de pratiques, ce qui favorisera l’émergence de projets. Et, pour qu’un enseignant soit  agent de changement, il a besoin de suivre au moins une formation même si c’est dans l’informel.

 

Le mot « enseignant » ici doit être entendu au sens large. Il recouvre par exemple les personnels de documentation, de l’administration et les conseillers pédagogiques, puisque toutes ces personnes sont appelées à utiliser les TIC dans leurs activités quotidiennes. Ils doivent de ce fait en maîtriser l’utilisation et les usages. Dans le rapport de la ISTE (Braun, 1990), il est recommandé que chaque enseignant ait un ordinateur sur son bureau et un ordinateur à la maison, car selon ce rapport, les enseignants sont la clé du succès de tout changement en éducation. Les enseignants vont envisager les ordinateurs et les autres technologies comme étant des outils efficaces dans leurs classes uniquement lorsqu’ils se sentiront eux-mêmes suffisamment à l’aise avec ces outils et pourront eux-mêmes entrevoir ce qu’ils pourraient faire avec ceux-ci. Les enseignants de toutes disciplines doivent pouvoir employer l’informatique comme outil d’enseignement et parler à leurs élèves de son insertion dans la société. Ainsi, une éventuelle formation des enseignants aura donc pour but de permettre à tous d’acquérir :

 

Ø  une connaissance générale de la nature de l’informatique et de ses applications dans la société d’aujourd’hui.

 

Ø  la compétence nécessaire pour employer des didacticiels dans leur enseignement.

 

Cet emploi des didacticiels posera cependant des problèmes techniques et même pédagogiques qui ne pourront être résolus par tous les enseignants s’ils sont laissés à eux-mêmes. Toutefois, l’encadrement  des enseignants à  la production de didacticiels dans leur discipline, la recherche pédagogique, l’enseignement avec l’informatique, demandent des connaissances plus approfondies conduisant à construire des enseignants à double compétence, leur discipline et l’informatique.

 

Claude Pair, et Yves Le Corre, (1982) affirment qu’il existe trois principaux types de formation continue pouvant être proposées aux enseignants : la formation légère, la formation à l’animation, et la formation approfondie. Mais avant de suivre une formation continue, l’enseignant doit d’abord passer par une formation initiale.

 

 

 

1.2.1        Formation initiale

 

Il s’agit des pré requis en informatique qui devront être dispensés à tous les futurs enseignants. La formation initiale doit porter à la fois sur l’informatique elle-même et sur son emploi dans l’enseignement et la documentation.  L’initiation à l’informatique devrait faire l’objet d’une unité de valeur dans toutes les formations universitaires conduisant à l’enseignement. Cette unité de valeur serait bien liée à la discipline principale de l’étudiant. D’autre part, dans l’année de formation professionnelle ((ENS, ENIEG…) sera intégrée une formation qui insisterait sur l’insertion de l’informatique dans l’enseignement.

 

L’objectif étant d’atteindre le niveau 1 pour tous les enseignants recrutés et de leur permettre un accès facile au niveau 2. Le niveau 3 devra toujours être acquis en formation continue si le choix  est de ne pas recruter de spécialistes d’informatique.

 

 

 

1.2.2.      Formation légère (niveau 1)

 

Elle vise essentiellement les professeurs volontaires. Mais, pour que le choix soit fait en connaissance de cause, elle pourrait être précédée d’une information, destinée à tous les professeurs et effectuée par discipline sous la responsabilité des Inspecteurs Pédagogiques (cela rejoint la phase de sensibilisation : rencontre en conseil mentionnée plus haut). La formation légère doit être effectuée dans chaque établissement dans l’année de son équipement. Elle peut être reprise ensuite pour les enseignants qui ne l’auraient pas suivie cette année-là.

 

Elle a un double objectif :

 

Ø  familiariser les enseignants volontaires avec l’informatique et ses applications, et à l’emploi de l’enseignement assisté par ordinateur

 

Ø  dégager une équipe d’animation comportant au moins une personne par discipline

 

Puis, un suivi devrait être assuré pour les enseignants engagés dans des travaux personnels et pour la formation de l’équipe d’animation.

 

La formation sera assurée par une équipe de professeurs formateurs de plusieurs disciplines. L’un deux sera désigné comme responsable (agent de changement dont le rôle sera de stimuler les autres formateurs à propulser et entretenir le processus de changement). Un formateur ne devrait être responsable que d’un établissement ; il pourrait intervenir dans 1 à 3 autres.  L’organisation et la répartition de la formation dans le temps seront mises au point par discussion entre le chef d’établissement et le responsable de formation.

 

Il faudrait envisager d’effectuer la formation en dehors des horaires de cours, en fournissant aux enseignants qui la suivent une contre partie monétaire pour le temps qu’ils y consacrent ; ceci dans le but de les galvaniser.  Ou  par exemple leur payer un montant forfaitaire par séance, qui pourrait leur assurer ne serait-ce que leurs frais de déplacement. L’inspecteur pédagogique de chaque discipline chargé de cordonner les activités pour cette discipline devra recevoir une formation préalable en vue d’un bon encadrement.

 

 

 

1.2.3.      Formation à l’animation (niveau 2)

 

Cette formation a pour but principal de former des agents de changement. Ce sont des personnes ayant pour seul souci de voir réussir l’intégration des TIC. Ils seront donc amenés à être des catalyseurs, des promoteurs du changement. Ils seront chargés de stimuler le changement partout où ils se trouvent.

 

De ce qui précède, le rôle de l’accompagnateur du changement est très important dans le succès de l’intégration. Car de son degré de motivation, dépendra l’adhésion ou non de son public cible. C’est pourquoi sa formation doit être le plus fournie possible.

 

Elle commence en même temps que la formation légère. Puis, chaque année, l’équipe d’animation (composée d’au moins une personne par discipline), dans le rapport qu’elle doit fournir, fait état des besoins de formation complémentaire qu’elle ressent. L’inspection organise les formations nécessaires avec l’aide du Ministère.

 

 

 

1.2.4.      Formation approfondie (niveau 3)

 

Cette formation concerne les enseignants désirant approfondir leurs connaissances dans un domaine spécialisé de l’informatique. Elle est effectuée pendant un an dans des centres universitaires qui auront une activité de Formation, de Recherche et de Développement. Ce sont les enseignants issus de cette formation qui assureront l’effectivité de la formation légère. Il est demandé aux centres d’assurer un suivi des anciens stagiaires.

 

 

 

1.3. Phase de recyclage : « formation continue »

 

Après les différentes formations octroyées aux enseignants, et dans le but de solidifier les acquis, un plan trimestriel ou semestriel de remise à niveau devra être établi. Ainsi, les enseignants pourront rester en phase avec les techniques apprises mais également suivre le rythme des évolutions technologiques. Ces séances de recyclage pourront être organisées soit en fonction des disciplines d’appartenance, soit en fonction des difficultés antérieurement recensées, ceci pour évaluer leur degré de résolution.

 

Chapitre 2 : PROPOSITION d’une PROCEDURE  et d’un MODELE de FORMATION 

 

Parvenus à ce niveau, il convient de rappeler qu’après les étapes d’une formation envisagées au chapitre précédent, il est important de marquer un temps d’arrêt sur la procédure ou les phases de la formation.

 

Autant les élèves apprennent (niveau micro), autant les enseignants (niveau méso) que les sociétés (niveau macro) apprennent. Cet apprentissage a pour but essentiel d’accroître les compétences. Pour ce qui est de l’enseignant, il passe essentiellement par des formations et, pour comprendre les situations pouvant amener un enseignant à s’intéresser aux TIC,  six voies de formation possibles ont été suggérées : l’autoformation, des contacts en dehors du milieu professionnel, un accompagnement ou un appui en situation professionnelle, des stages professionnels ou non (en formation initiale), des stages (en formation continue). Parmi ces voies possibles, l’autoformation est de loin la plus fréquente (surtout dans une situation où l’initiative d’intégration des TIC en classe viendrait des enseignants eux-mêmes. Alors ils se donnent les moyens pour y parvenir). Mais dans le cadre d’une intégration envisagée par la hiérarchie d’un établissement, l’accompagnement ou l’appui en situation professionnelle est la voie préconisée.

 

Une stratégie de formation des enseignants ici proposée pourrait être résumée en quatre principales étapes : les enseignants sont soumis à un questionnaire, à la suite duquel ils sont classés dans les différentes catégories, ils sont ensuite orientés vers la prise en main prévue  pour leur catégorie, et enfin soumis aux modules de formation qui sont fonction du besoin immédiat et du niveau d’appropriation individuel de chaque enseignant.

 

 

 

2.1. Un questionnaire de catégorisation

 

S’agissant du questionnaire, il permettra à partir du résultat obtenu de classer l’enseignant dans l’une des cinq catégories d’enseignants confrontés aux TIC dont il a été fait mention.

 

 

 

Esquisse de questionnaire

 

1- Vous êtes à Tibati et vous avez un ami  qui se trouve en  Espagne  vous voulez prendre de ses nouvelles:

 

Ø  La distance vous décourage (réfractaires)

 

Ø  vous  lui écrivez une lettre manuscrite  que vous envoyez par la poste (craintifs)

 

Ø  vous lui saisissez une lettre que vous envoyez par la poste (insécures)

 

Ø  vous lui faites un e-mail en espérant qu’il le verra un jour (sceptiques)

 

Ø  vous communiquez avec lui à travers la messagerie instantanée (pionniers)

 

2-  s’il fallait apprécier les TIC, vous diriez qu’ils sont :

 

Ø  inutiles (réfractaires)

 

Ø  dangereux (craintifs)

 

Ø  imprévisibles (insécures)

 

Ø  utiles mais avec quelques réserves (sceptiques)

 

Ø  indispensables (pionniers)

 

3- Votre opinion générale sur Internet : vous considérez que c’est :

 

Ø  un outil comme les autres (réfractaires)

 

Ø  un outil à ne pas mettre entre toutes les mains (craintifs)

 

Ø  un gain de temps (insécures)

 

Ø  un gadget (sceptiques)

 

Ø  un enjeu de société (pionniers)

 

4- concernant la messagerie électronique, vous :

 

Ø  n’avez pas d’adresse électronique (réfractaires)

 

Ø  vous imaginez que d’autres personnes peuvent avoir accès à vos messages (craintifs)

 

Ø  pouvez  seulement  écrire et envoyer un message (insécures)

 

Ø  avez un compte mais vous ne pouvez pas en  créer un (sceptiques)

 

Ø  pouvez même joindre un fichier (pionniers)

 

5- enseigner avec un ordinateur pour vous est :

 

Ø  sans importance (réfractaires)

 

Ø  inimaginable car on ne sait pas de quoi il est constitué (craintifs)

 

Ø  risqué (insécures)

 

Ø  envisageable mais reste encore à voir (sceptiques)

 

Ø  un atout sans pareil (pionniers)

 

6- Concernant la maîtrise et l’usage d’un ordinateur, vous :

 

Ø  ne pouvez pas allumer un ordinateur (réfractaires)

 

Ø  avez peur d’y toucher car vous ignorez quelle en sera la réaction (craintifs)

 

Ø  pouvez l’allumer et l’utiliser  mais, pas pour une illustration publique (insécures)

 

Ø  savez vous en servir mais quant à l’utiliser en classe, vous n’en voyez pas trop l’importance (sceptiques)

 

Ø  vous sentez en confiance avec  et vous êtes prêt à l’utiliser en classe (pionniers)

 

7- s’il fallait qualifier les TIC, vous diriez qu’ils sont :

 

Ø  sans importance notoire (réfractaires)

 

Ø  dangereux et à déconseiller (craintifs)

 

Ø  utiles mais leur manipulation est compliquée (insécures)

 

Ø  importants mais doivent encore faire leurs preuves pour qu’on les adopte (sceptiques)

 

Ø  indispensables de nos jours (pionniers)

 

8- vous utilisez Internet pour :

 

Ø  rien du tout car vous n’en voyez pas l’utilité (réfractaires)

 

Ø  uniquement communiquer à travers l’email (craintifs)

 

Ø  faire des rencontres (insécures)

 

Ø  uniquement  vous distraire (sceptiques)

 

Ø  faire des recherches et publier vos travaux (pionniers)

 

9- au cas où vous utilisez un ordinateur, quels accessoires utilisez vous :

 

Ø  des disquettes parce que ce sont les seuls que vous connaissez (réfractaire)

 

Ø  des cédéroms car vous les maîtrisez mieux (craintifs)

 

Ø  des clés USB parce que c’est à l’ère du temps et pour faire comme tout le monde (insécures)

 

Ø  des DVD puisqu’ils semblent plus performants mais vous n’en êtes pas si sûrs (sceptiques)

 

Ø  des disques durs externes car vous en connaissez les potentialités (pionniers)

 

10- qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’acheter  et/ou d’utiliser un ordinateur :

 

Ø  le coût du matériel (réfractaires)

 

Ø  le temps que vous consacrerez pour apprendre à l’utiliser (craintif)

 

Ø  vous n’êtes pas sûr de pouvoir contrôler la situation en cas de problème (insécures)

 

Ø  vous avez l’impression qu’il ne vous servira à rien (sceptiques)

 

Ø  l’achat des logiciels (pionniers)

 

11- chez vous, vous disposez de :

 

Ø  aucun appareil (réfractaires)

 

Ø  uniquement une radio et/ou une télévision (craintifs)

 

Ø  un téléphone portable malgré vous (insécures)

 

Ø  un ordinateur dont vous ne faites pas trop usage (sceptique)

 

Ø  tous ces appareils et d’autres nouvelles sorties (pionniers)

 

12- vous avez programmé un voyage de nuit et vous souhaitez effectuer une réservation. Votre frère dispose d’un ordinateur portable  connecté à  Internet via un  modem :

 

Ø  vous vous déplacer pour aller personnellement effectuer la réservation (réfractaires)

 

Ø  vous ne vous sentez pas capable d’effectuer tout seul une réservation par Internet (craintifs)

 

Ø  vous pensez que des problèmes inattendus pourraient perturber le bon déroulement de la transaction si vous utilisez ce poste (insécures)

 

Ø  vous n’êtes pas sûr qu’avec le Net la réservation sera réellement effective (sceptiques)

 

Ø  convaincu, vous savez que c’est possible et sans hésitation vous effectuez ou vous cherchez les moyens pour  effectuer la réservation par Internet (pionniers)

 

13- pour capturer des images, vous vous sentez à l’aise avec :

 

Ø  rien, car vous n’avez pas besoin de savoir comment on fait une photo (réfractaires)

 

Ø  un appareil photo analogique classique, car il semble plus accessible (craintifs)

 

Ø  un téléphone portable car vous semblez mieux le maîtriser (insécures)

 

Ø  un appareil photo numérique, car vous connaissez ses performances, bien que vous n’en maîtrisiez pas toutes les fonctionnalités (sceptiques)

 

Ø  une caméra numérique (pionniers)

 

14- Par rapport à l’appropriation des TIC, vous diriez que vous :

 

Ø  ne savez pas à quoi ça sert

 

Ø  avez peu d’y toucher

 

Ø  pouvez les utiliser, mais vous en redoutez la réaction

 

Ø  voulez avoir la preuve de leur apport avant de vous lancer dans leur utilisation

 

Ø  vous considérez comme un expert

 

15- Vous êtes souffrant et vous devez subir une simple opération de routine. Votre médecin vous propose de l’effectuer plus rapidement avec la dernière technologie de pointe en la matière.

 

Ø  Vous refusez car vous ne voulez pas être un cobail

 

Ø  Vous refusez car vous préférez une opération traditionnelle avec des humains car elle a fait ses preuves

 

Ø  Vous refusez car vous craignez que la technologie en question ne soit pas fiable à 100%

 

Ø  Vous refusez car vous souhaitez avoir la certitude que ça marche avant de l’essayer.

 

Ø  Vous acceptez volontiers car vous croyez fermement aux TIC et vous pensez que l’opération sera d’ailleurs meilleure.

 

16- Si vous disposiez d’un ordinateur, vous l’utiliseriez pour :

 

Ø  Orner votre salon comme joyaux

 

Ø  Ecouter la musique ou jouer aux cartes

 

Ø  Saisir uniquement du texte

 

Ø  Réaliser des taches routinières

 

Ø  Effectuer vos expériences dans la découverte de ses opportunités

 

17- votre frère vous envoie de l’étranger une série de logiciels divers :

 

Ø  Vous les donnez à quelqu’un qui s’y connaît

 

Ø  Vous les conservez soigneusement sans jamais y toucher

 

Ø  Vous testez ceux que vous semblez connaître

 

Ø  Vous les revendez à prix fort car vous en connaissez la valeur

 

Ø  Vous les testez tous pour voir en quoi ils peuvent vous être utiles

 

18-  Vous avez un appareil (téléphone portable, appareil photo, ordinateur…) qui tombe en panne :

 

Ø  vous l’abandonnez

 

Ø  vous allez le déposer chez un expert

 

Ø  vous faites appel à un expert mais vous observez à distance

 

Ø  vous faites appel à un expert et vous suivez attentivement le dépannage

 

Ø  vous tentez de résoudre le problème par vous-même.

 

19-  Pendant la navigation sur Internet, vous avez suivi la publicité d’un article qui vous a intéressé et vous souhaiteriez l’acheter :

 

Ø  mais vous laissez tomber car vous ne savez pas trop comment ça se passe

 

Ø  vous voulez bien vous lancer mais vous craignez que ce ne soit une arnaque

 

Ø  vous vous abstenez car vous ignorez comment l’article fera pour vous parvenir

 

Ø  vous effectuez des recherches pour savoir comment ça se passe et si c’est sûr

 

Ø  vous engagez directement le processus d’achat en suivant les instructions qui vous sont données.

 

20- Vos collègues et vous êtes appelés à travailler en collaboration sur un sujet et produire à la fin un document. Pour y parvenir, vous devez effectuer des recherches sur Internet :

 

Ø  vous attendez que les autres apportent ce qu’ils ont trouvé car vous ignorez comment chercher une information précise

 

Ø  vous préférez utiliser la bibliothèque du coin car vous savez mieux vous en servir

 

Ø  vous apportez  quelque chose dont vous êtes convaincu  de la non pertinence, juste pour montrer que vous avez quand même cherché et cacher ainsi votre ignorance

 

Ø  vous apportez quelque chose, mais vous doutez de la pertinence car vous en ignorez les sources

 

Ø  vous êtes sûr de ce que vous apportez car vous savez identifier les informations fiables.

 

 

 

2.2. Une catégorisation des enseignants

 

Pour la deuxième étape qui consiste en la catégorisation des enseignants, il s’agira en fonction du nombre de réponses obtenu pour une catégorie, de situer le sujet dans la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages.

 

 

 

2.3. La prise en main catégorielle

 

La troisième étape serait la prise en main de chacune des catégories. Elle vise à apporter à l’enseignant la  réponse qui lèvera son inquiétude et l’incitera ainsi à utiliser les TIC.

 

Ø  Prise en main pour réfractaires qui aurait pour but essentiel de leur montrer, de leur expliquer le bien fondé, la plus value, les opportunités que pourraient apporter les TIC et  l’utilisation de l’ordinateur en classe. L’ordinateur permet à l’enseignant de réaliser de manière plus rigoureuse, plus soignée et plus rapide des travaux qui lui sont déjà familiers.

 

Ø  Prise en main pour craintifs qui viserait à mettre en confiance les enseignants ayant des appréhensions, des préjugées sur l’ordinateur. Il sera donc question de démystifier cet outil en leur racontant son histoire, en leur présentant ses opportunités, en précisant qu’il ne s’agit que d’un appareil conçu par l’homme pour faciliter l’existence humaine de par sa rapidité, sa capacité de stockage, sa performance dans les calculs, ses possibilités de représentation, de visualisation etc. Ils pourront même être amenés à le manipuler.

 

Ø  Prise en main pour insécures qui poursuivra l’objectif de rassurer les enseignants sur le caractère inoffensif de l’ordinateur, en insistant bien sur le fait que c’est une machine fabriquée par l’homme, et par conséquent il est celui qui la commande, la machine n’exécutant que les désirs de l’homme qui la manipule. Un ordinateur pourra même être démonté et remonté avec leur concours.

 

Ø  Prise en main pour sceptiques qui quant à elle, cherchera à montrer, à présenter aux enseignants qui ont encore des doutes sur les performances des outils TIC, des applications qui ont fait leurs preuves. Cela signifie qu’il faudra à ce niveau, leur présenter des logiciels qui permettent de réaliser en un temps record des choses extraordinaires. On peut d’ailleurs en citer quelques uns. En mathématiques par exemple : Maple 9, Matlab ; en comptabilité et statistique : Excel ; en gestion : Access ; des logiciels de grammaire, d’orthographe, de géographie, de géologie, de sciences naturelles, etc.

 

Ø  Prise en main pour pionniers et mordus qui se focalisera beaucoup  plus dans       l’incitation à la découverte et la présentation de logiciels autres qui existent dans chacune  des disciplines, et en expliquant comment ils fonctionnent. Ils seront invités à tester les dernières sorties en matière des TIC.

 

Il faut remarquer que toutes ces prises en main devront immédiatement être suivies par des modules de formation, puisque l’objectif final est de faire parvenir les enseignants à une utilisation exemplaire des TIC c’est-à-dire à leur utilisation pédagogique.

 

 

 

2.4. Les modules de formation

 

La dernière étape serait  de soumettre les enseignants à une formation par module selon leur degré d’appropriation des TIC qui, en fonction du modèle-synthèse de Carole Raby ci-dessus retenu pourraient être : la « sensibilisation », l’« utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». Il n’est pas superflu de rappeler que ces modules ne sont pas successifs, en ce sens qu’un enseignant après sa formation au module de sensibilisation, peut devenir un expert en TIC c’est-à-dire aller directement à l’utilisation pédagogique, sans forcément suivre les phases intermédiaires; tout dépendant de la motivation personnelle qui l’incite à vouloir les utiliser,  de l’intérêt qu’il porte à l’intégration des TIC, et de l’utilité qu’il croit pouvoir en tirer. Rappelons-le, les modules de formation sont fonction du degré d’appropriation des TIC par l’enseignant. Ainsi, il sera orienté vers un module précis en fonction de son degré personnel d’appropriation  en TIC et /ou de ses besoins imminents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Esquisse des modules  de formation

 

 

Module 1 : sensibilisation

 

Ce module, à travers la sensibilisation, vise à inciter, à motiver les enseignants à utiliser les TIC, ce en passant par la maîtrise de l’ordinateur qui se présente comme l’objet particulier de l’ensemble des TIC. De plus, l’ensemble des compétences en TIC s’organisent autour de lui et s’articulent en système de connaissances : connaissances conceptuelles et procédurales.

 

 

 

Objectif du module :

 

- Résoudre les problèmes liés à la connaissance du vocabulaire de base de l’ordinateur, de ses fonctions et de la petite maintenance ;

 

- sensibiliser aux possibilités de la création des outils de gestion pédagogique avec les TIC ;

 

- maîtriser les mécanismes fonctionnels d’un ordinateur ;

 

- Percevoir la transition et les mobilités ou mutation due à l’innovation technologique (électricité, câbles de branchement, réseau intranet ou Internet) ;

 

-  réaliser la maintenance de premier niveau (résoudre les petits problèmes de connexion ou les pannes mineures).

 

 

 

Le Contenu

 

La connaissance de l’ordinateur de ses parties et de la maintenance de premier niveau le vise à rendre l’enseignant capable d’utiliser un ordinateur et différents outils technologiques. Thierry Karsenti et autres, (1999) sont du même avis que cela inclut l’utilisation de logiciels et la manipulation de base comme : mettre en marche un ordinateur, ouvrir des logiciels, sauvegarder, enregistrer, créer, manipuler, éditer et distribuer des informations.

 

-         Les TIC sont considérés comme une interface entre l’usager et le monde qui l’entoure; interface qui nécessite de la part de l’utilisateur des compétences manipulatoires pour pouvoir interagir avec l’objet technologique. Simplement, ce sont les compétences dont a besoin un apprenant pour savoir connecter les câbles d’un ordinateur, démarrer et fermer un ordinateur, choisir un espace de travail, c’est la connaissance de l’ensemble constitué du Hard et du software. Ces compétences techniques constituent alors le préalable à l’intégration des TIC dans l’enseignement. Leur maîtrise est essentielle pour la participation, l’interprétation et la modification des pratiques pédagogiques avec les TIC. Malheureusement, ce sont aussi des compétences qui donnent l’occasion de « technophobies »et de résistances à la technologie. En formation continue des enseignants et en formation des adultes, cette partie doit être abordée avec beaucoup de tact, pour justement ratisser le large et intéresser le plus grand nombre. Car malgré son côté convivial, l’ordinateur est d’abord perçu par les adultes comme un objet « boîte mystique ». Ces compétences techniques sont encore appelées compétences instrumentales, manipulatoires et procédurales. Donc en récapitulatif, ce module pourrait être découpé comme suit : Introduction (historique) ; les parties d’un ordinateur ; les outils matériels et logiciels ; les fonctions ; exploration de quelques périphériques ; maîtrise du clavier ; le diagnostic de disfonctionnement et la maintenance de premier niveau ; évaluation et conclusion.

 

 

 

Les outils pour la sensibilisation

 

Ce sont des outils matériels (documentaires, infrastructurels et numériques). Il s’agit des ordinateurs, des périphériques, des logiciels de dessin, des tableurs et de traitement de textes…des revues sur l’informatique et la maintenance informatique.

 

 

 

Activité dévaluation du  module 1 :

 

A travers des questions qui viseront à juger le niveau d’acquisition des connaissances des enseignants : citer les parties de l’ordinateur ; citer des outils matériels et logiciels en donnant leurs fonctions ; quelques périphériques ; comment distinguer certaines pannes ou certains problèmes.

 

 

 

Module 2 : initiation à l’utilisation personnelle

 

Comme mentionné plus haut, lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : il est poussé par la curiosité ou par un besoin, ensuite il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels, enfin, il  recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

 

 

Objectif du module :

 

-     Faciliter l’utilisation des TIC pour résoudre des besoins personnels et satisfaire sa curiosité ;

 

-          Permettre  à l’enseignant de maîtriser les connaissances de base dans certains logiciels courant afin qu’il puisse être apte à poursuivre tout seul et à compléter sa formation. Il s’agit des logiciels de traitement de textes, les tableurs, le PAO, de présentation, de conception  etc.

 

-          Rendre l’enseignant capable de rechercher des informations sur des sujets d’intérêt personnel, d’utiliser les TIC pour rester en contact avec ses connaissances, et pour résoudre des situations-problèmes ayant trait à ses besoins personnels.

 

-          écouter la musique, jouer, visionner des films, organiser son agenda, planifier ses activités, saisir ses textes, effectuer des calculs etc.

 

 

 

Contenu :

 

Rendre l’enseignant capable d’utiliser des outils TIC  pour subvenir à ses besoins. D’abord théorique ensuite pratique, ce module visera à inciter les enseignants à vouloir utiliser les TIC, en leur démontrant exemples à l’appui, la nécessité de les utiliser. Cela passe par des exposés sur les opportunités offertes par les TIC, qui aiguiseront la curiosité des enseignants. Ensuite, par la présentation des avantages qu’il y aurait à les utiliser : gain de temps, rapidité, convivialité, meilleure illustration, etc.

 

-         Après cette phase, suivra celle pratique  qui consistera à initier les enseignants aux rudiments techniques de base en se servant de quelques logiciels tel : un logiciel de traitement de texte (exemple Word) pour la réalisation des projets personnels, la rédaction de notes à but personnel, la    bonne   conservation de ses archives ;  un logiciel tableur(exemple Excel) qui lui permettra d’effectuer ses propres calculs, un logiciel de présentation(exemple PowerPoint) pour présenter ses travaux, un logiciel de conception(exemple Publisher) pour des cartes de vœux à sa famille par exemple, des plans, un logiciel de gestion de base de données(exemple Access) pour réaliser ses projets, l’initiation à  l’impression , l’initiation à la recherche sur Internet pour être à la une des informations du monde (Accès à Internet à l’aide d’un navigateur, Comment chercher une information précise, Accéder à des sites web, créer son propre Site ou son Blog et publier des informations. Bref, le module visera à initier  l’enseignant à la bureautique.

 

 

 

Activité d’évaluation du module 2:

 

Des exercices lui seront proposés pour évaluer sa capacité à rechercher des informations d’intérêt personnel, produire des documents en lien avec ses besoins personnels de sorte qu’il ne soit plus obligé d’aller voir quelqu’un pour effectuer ses petites taches. Exemple : l’anniversaire de votre femme est dans quelques jours. Citez nous un outil courant que vous pourriez utiliser et concevez lui une carte de vœux ; Vous êtes responsable des activités de votre frère qui se trouve dans une autre ville. Vous lui adressiez mensuellement une lettre manuscrite pour lui faire le bilan de ses activités. En tant qu’enseignant utilisant les TIC, vous voulez l’épater en lui envoyant un autre style de lettre : saisie et comportant des calculs générés automatiquement. Qu’utiliserez-vous ? En laissant de côté la méthode traditionnelle de la poste, pourriez vous en plus  utiliser la messagerie électronique pour lui transmettre ces informations ?

 

 

 

Module 3 : initiation à l’utilisation professionnelle

 

S’agissant du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant justifiera l’utilisation des TIC par une raison précise, puis au fil du temps il s’y accommodera en les utilisant régulièrement  et utilisera enfin les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel (à l’aide d’Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession et résoudre les problèmes administratifs.

 

 

 

Objectif du module : Avoir des enseignants compétents à :

 

-  utiliser l’ordinateur et certains logiciels pour la saisie, la PAO (Programmation Assistée par Ordinateur) et les calculs ;

 

- utiliser les TIC pour la gestion, la supervision et la planification de leurs activités professionnelles.

 

- gérer des ressources humaines matérielles et numériques avec les TIC ;

 

- construire des outils pertinents pour améliorer sa professionnalité.

 

- familiariser les enseignants à l’utilisation des outils numériques pour la gestion, la planification pédagogique.

 

 

 

Contenu :

 

Ici, l’enseignant sera capable d’utiliser des outils pour résoudre des problèmes en rapport avec sa profession, afin d’améliorer sa productivité et sa croissance professionnelle. Les habiletés de base sont acquises ce qui lui permet d’utiliser des fonctions plus avancées des logiciels d’édition, de communications et des appareils audio ou vidéo. C’est ce qu’affirment Thierry Karsenti et autres (1999).

 

Divisé en deux parties, ce module dans son approche  théorique permet de comprendre le rôle des TIC dans la gestion d’une école, alors que l’approche pratique permet de construire effectivement des outils de travail et d’améliorer la qualité de la gestion. Les points suivants seront alors développés dans ce module : la gestion avec les TIC;  la planification avec les TIC ;  construction des outils de gestion avec les TIC (tout ceci avec  à l’appui des logiciels adéquats)

 

Il en sortira que pour gérer sa classe,  l’enseignant aura par exemple besoin :

 

- des fiches et grilles d’évaluation pour l’évaluation  des élèves et suivre la progression des enseignements ;

 

- des grilles d’observation pour apprécier le parcours des élèves et veiller à la régularité et l’assiduité via le registre de présence, les taux de fréquentation ;

 

- d’outils lui permettant la gestion des relations avec les élèves, avec l’administration avec le conseil de l’école et avec les parents d’élèves ; sans oublier la gestion des notes et procès verbaux des évaluations. Ces fonctions sont proposées par certains logiciels qu’il faudra présenter aux enseignants.

 

 

 

 

 

Activité d’évaluation du module 3 :

 

Des questions pourront être posées aux enseignants, mais aussi des petits tests pratiques tels : à l’issue d’un séminaire auquel vous avez participé, vous êtes chargé de produire un rapport destiné à votre proviseur. Soignez-le, et dites nous quel type de logiciel vous utiliserez en nous décrivant la procédure que vous suivrez pour produire ce document ;  Introduisez, programmez et produisez automatiquement les notes de vos élèves ; représentez les résultats en utilisant un histogramme. Vous avez été désigné par votre proviseur pour représenter l’établissement à un colloque où vous devez exposer. Il vous est alors demandé de préparer une présentation avec un outil. Citez en un exemple. Au sortir du colloque, vous avez les adresses électroniques de plusieurs de vos collègues comment ferez vous pour rester en contact avec eux et échanger vos expériences ?

 

 

 

 

 

Module 4 : initiation à l’utilisation pédagogique

 

Lors de l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement/apprentissage) pour enrichir son enseignement. Il les  utilise fréquemment en classe avec ses élèves dans le cadre d’un apprentissage actif (interactif) et significatif.

 

 

 

Objectif du module : rendre les enseignants aptes à :

 

- utiliser les TIC pour appliquer les principes des APC (approches par  compétences), de la NAP (Nouvelle Approche Pédagogique), de la pédagogie par objectif et la PGG (pédagogie des grands groupes) ; et ensuite à utiliser ces compétences techniques pour améliorer sa pratique pédagogique.

 

- utiliser les TIC pour élaborer des outils de la recherche ;

 

-Résoudre les situations-problèmes liées à l’application de la Pédagogie par Objectifs, et la Pédagogie des Grands Groupes, à la nouvelle approche pédagogique et de l’Approche par  Compétences (APC) en utilisant les ordinateurs ; enseigner des grands groupes avec les TIC (exemple en utilisant un projecteur et des micros avec amplificateurs); conduire les activités pédagogiques selon les approches par objectif, par compétences.

 

- Résoudre des situations-problèmes liées à la réalisation des ressources pédagogiques avec des TIC pour améliorer leurs pratiques pédagogiques à travers  la réalisation des Didacticiels ( par : Preparing multimedia materials with Authorware ; using Macromedia Flash to create animations ; editing pictures with Adobe Photoshop ; Creating webpages with Dreamweaver ; principles of programming – Java Script Language ; development of e-portfolios ; instructional Design  selon  ICT in Teacher Education: Case Studies from the Asia-Pacif ic Region , 2007 UNESCO Bangkok  p.7-8 ).

 

 

Contenu :

 

L’enseignant sait très bien utiliser les différents logiciels et les différents outils de communication. Il possède maintenant les habiletés nécessaires pour intégrer l’utilisation des ordinateurs et des technologies à ses stratégies d’enseignement et aussi adapter ses interventions en fonction de ses élèves et de la matière, selon Thierry Karsenti et autres (1999).

 

Ce module est donc relatif à la gestion pratique en temps réel des activités des élèves, aux modes d’interventions et aux gestes professionnels nécessaires aux acteurs de l’école en fonction des contextes. Il s’agit de former les enseignants à la prise en compte pédagogique des problèmes posés par l’intégration des TIC à l’école. L’utilisation d’instruments rend complexes les relations dans l’école et en classe. C’est pourquoi le changement dans le processus de supervision ou d’enseignement/apprentissage qu’implique l’intégration des TIC nécessite de la part des acteurs l’adoption de nouvelles postures. Le système doit s’ouvrir et se transformer en un système ouvert avec interdépendance des facteurs humains et matériels.

 

Au Cameroun, les compétences pédagogiques doivent permettre aux enseignants d’utiliser les TIC tout en appliquant les principes des Approches par les Compétences, la Nouvelle Approche Pédagogique, et Pédagogie par Objectifs et la Pédagogie des Grands Groupes. Tout ceci passe par : la construction de quelques exemples de didacticiels contenant des situations d’apprentissages (pour la maîtrise d’une langue ou d’une seconde langue (bilinguisme) ; pour comprendre un phénomène scientifique, pour résoudre des problèmes ; pour développer les compétences d’apprentissage). En utilisant des outils tels que des exercices d’expression orale, ou écrite, exercices de langue, reformulation de formules mathématiques, diagrammes, schémas, textes scientifiques, lois et règles, des cédéroms…

 

Il vise également à initier les enseignants à choisir des ressources selon les objectifs, le projet ou la compétence à acquérir ; à élaborer des contenus (des schémas, des diagrammes, les cartes…), construire des modèles permettant de rendre compte d’une série de situations de présentation, de manipulation et les mettre sur supports numériques. Ce module visera aussi à  soutenir les initiatives individuelles ; diffuser les bonnes pratiques ; valoriser les réalisations pour leur généralisation ; fédérer les ressources.

 

Le déploiement du  module comprend une partie théorique conceptuelle et notionnelle et une partie opératoire et expérimentale, divisées comme suit :

 

* Les principes des approches pédagogiques par les objectifs, par compétences, de la pédagogie des grands groupes et la NAP qui visent à : s’approprier ces pédagogies et les théories de l’apprentissage liées aux TIC en éducation.

 

* Lappropriation de ces pédagogies pour conduire quelques activités d’enseignement/apprentissage et animer des projets scolaires intégrant les TIC. Plusieurs outils devront être déployés pour le succès d’une telle entreprise:

 

- la documentation sur les approches pédagogiques par les objectifs, l’APC, la pédagogie des grands groupes, la NAP.

 

- des situations typiques à travailler en atelier lors des pratiques ;

 

- des références bibliographiques ;

 

- des outils numériques hors ligne pour construire des grilles, des fiches de préparation de leçons, ou les fiches de progression par compétences, par objectifs…

 

- usage et construction des didacticiels.

 

De plus en fonction de la discipline, des outils ou logiciels devront être proposés aux enseignants tels : les logiciels de tracé de graphiques sont à cet égard d’un intérêt particulier. Le temps qu’ils font gagner peut être consacré à l’étude des problèmes de méthode. Ces traceurs de graphes peuvent être des outils de type professionnel (Graph in the Box, grapheur de Works…), mais il sera judicieux de présenter d’abord des logiciels adaptés aux manipulations spécifiques de la discipline (tracé de diagrammes climatiques,

 

de pyramides des âges…) qui sont d’une utilisation plus immédiate ; les logiciels de cartographie et leurs modules associés de traitement de données permettent de la même manière d’engager, à partir d’exemples rapidement réalisés, une profonde réflexion sur la valeur des représentations cartographiques (méthodes de discrétisation des données, choix des trames). L’intérêt de ces logiciels est donc, d’abord, méthodologique : la réflexion sur les choix opérés lors de la construction de la carte est plus importante que la qualité formelle du document fini. Pour cette raison on ne privilégiera pas forcément les logiciels les plus « professionnels » qui sont plus complexes à installer et à mettre en oeuvre (et sont souvent plus chers !) ; etc.

 

 

 

Activité d’évaluation du module 4:

 

Une évaluation formative, constituée de questions pour évaluer les avancés et plusieurs activités pratiques pour intégrer, renforcer et remédier les acquis sur : les nouvelles compétences de l’enseignant, les usages des TIC (qu’est-ce qu’ils peuvent apporter à l’enseignement) ; l’enseignement avec les TIC (comment ça devrait se passer) ; prise en main à l’utilisation d’un projecteur en classe ; les nouvelles attitudes des enseignants ; les nouveaux rôles des enseignants. Lorsque l’intégration des TIC est réussie, de nouvelles compétences sont désormais attendues des acteurs du système éducatif.

 

(Pour toutes justifications, se référer au mémoire)

25 mai, 2009

Classé dans : Non classé — pdoungtio @ 20:17

 

TABLE DES MATIERES

 

REMECIEMENTS. 3

 

RESUME.. 4

 

ABSTRACT.. 4

 

INTRODUCTION.. 5

 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS. 7

 

I.1. Intégration. 7

 

I.2. Changement 8

 

I.3. Accompagnement du changement 9

 

I.4. plan de formation. 9

 

1ère Partie : LE POINT SUR L’INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION ET L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT. 10

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION.. 10

 

I.2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif. 10

 

I.2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif. 11

 

I.2.3. Les modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants. 12

 

A.    Le modèle de Moersch (1995,2001) 13

 

B.    Le modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer (1997) 13

 

C.    Le modèle de Morais (2001) 14

 

D.    Le modèle -synthèse de Carole Raby (2004) 15

 

I.2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif. 16

 

a)     Les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde. 17

 

b)     Les obstacles à l’intégration des TIC en Afrique. 18

 

c)     Les entraves à l’intégration des TIC en  classe au Cameroun. 18

 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION.. 20

 

I.3.1. Les types de changement 20

 

I.3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif. 21

 

I.3.3. Les différents niveaux du changement 21

 

I.3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC.. 22

 

I.3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance. 23

 

I.3.6. Les autres obstacles au changement 25

 

Chapitre 4 : LES DIFFICULTES CONCRETES D’INTEGRATION.. 27

 

I.4.1. Les enseignants confrontés aux TIC.. 27

 

I.4.2. L’acquisition d’infrastructures. 31

 

I.4.3. Les besoins en ressources humaines. 32

 

Chapitre 5 : L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT.. 33

 

I.5.1 La démarche ou méthode d’accompagnement du changement 33

 

I.5.2. Les domaines d’accompagnement du changement. 34

 

1)     L’adoption des politiques TIC incitatives. 34

 

2)     Sensibilisation à grande échelle: les média. 35

 

3)     La formation : 35

 

I.5.3. Proposition d’un plan de changement 35

 

2ème Partie : LA  FORMATION  DES  ENSEIGNANTS. 37

 

Chapitre 6 : METHODOLOGIE DE FORMATION.. 37

 

II.6.1.  Phase de sensibilisation. 37

 

II.6.2.  phase de formation. 39

 

a)     La formation initiale. 43

 

b)     La formation légère (niveau 1) 43

 

c)     La formation à l’animation (niveau 2) 44

 

d)     La formation approfondie (niveau 3) 44

 

II.6.3. Phase de recyclage : « formation continue ». 44

 

Chapitre 7 : LA FORMATION PROPREMENT DITE.. 45

 

II.7.1. Un questionnaire de catégorisation. 45

 

II.7.2. Une catégorisation des enseignants. 45

 

II.7.3. La prise en main catégorielle. 45

 

II.7.4. Les modules de formation. 46

 

Chapitre 8 : LES NOUVELLES COMPETENCES ATTENDUES AU 21ème SIECLE. 54

 

II.8.1. Les nouvelles compétences des élèves : l’ISTE propose six grandes compétences comme standards  54

 

II.8.2. Les nouvelles compétences  des enseignants : l’UNESCO dénombre  six grandes composantes comme standards dans trois domaines. 56

 

I. Programmes pour l’approche de l’alphabétisation technologique. 57

 

II- Programmes pour l’approche de l’approfondissement des connaissances. 59

 

III- Approche de la création de savoir. 61

 

CONCLUSION.. 64

 

RECOMMANDATIONS. 65

 

ANNEXES. 65

 

BIBLIOGRAPHIE.. 69

 

 

 

 

REMECIEMENTS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RESUME 

 

L’intégration des TIC dans le système éducatif  provoque de nombreux changements tant dans les attitudes que dans les contenus pédagogiques. Ainsi de nouvelles attentes en termes de compétences seront envisagées. Dans le système éducatif Camerounais cette intégration semble en avoir surprit les acteurs. Ce qui implique que ces derniers éprouvent certaines difficultés à les adopter. Pour faciliter cette appropriation, ils doivent être encadrés. Les enseignants, vecteurs principaux de ce changement, ont besoin d’être formés en vue d’une utilisation efficiente  des TIC pour l’enseignement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ABSTRACT

 

The integration of ICT in an educational system leads to many changes which leads to attitude changes and changing of pedagogical contents. So, there are new competences which are awaited from the educational system actors. In Cameroon’s educational system, these actors seem to have been surprised by that integration. That is why they have so many difficulties to adopt the ICT system. In order to facilitate the appropriation these actors should be trained. Teachers, which are the principal vectors of this change, need to be trained for an efficient use of ICT in teaching.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

            Le développement rapide des technologiques a joué et continue de jouer un rôle important dans la  marche du monde ; tous les domaines de la vie ont été embrasés par TIC,  au point où on ne saurait plus les éviter. Les domaines commercial, sanitaire, managérial, administratif, Sportif, industriel, architectural… n’ont pas été épargnés. Le système éducatif n’évoluant pas en marge de la société, a lui aussi opté pour une modernisation fondamentale de ses ressources à travers l’intégration des TIC, afin que ses acteurs puissent s’arrimer au 21ème siècle considéré comme siècle des technologies. Mais une équivoque reste à lever car l’impression qu’on a est que l’adoption des TIC constitue le remède à tous les problèmes, notamment ceux  du système éducatif. On se demande alors si la seule introduction, la seule présence des TIC dans  le système éducatif suffit à améliorer irréversiblement celui-ci sans qu’on ait besoin d’un quelconque autre facteur. Quel est leur véritable impact sur les rendements du système éducatif ? Si d’ailleurs impact il y a ; Ce qui reste à démontrer, bien qu’il soit certes indéniable que leur apport n’est pas à négliger ; il est d’autant plus vrai que pour que cet apport soit remarquable, de nouvelles attitudes prenant en compte la présence de ces  TIC doivent être adoptées. C’est pourquoi, on devrait s’attarder sur les changements envisagés et les méthodes de leur encadrement. Quelles seront donc les nouvelles attitudes des élèves, des enseignants ; les nouveaux outils pédagogiques ; les nouvelles pratiques pédagogiques etc. Une intégration  réussie des TIC  implique pour les acteurs du système éducatif  certains changements qui leur permettront de s’arrimer. Les enseignants, vecteurs principaux de ce changement escompté, se doivent d’initier et d’impulser des processus devant déclencher le changement. Mais compte tenu du fait que ces derniers n’ont reçu aucune préparation ni formation préalable y afférente, ils  se trouvent eux aussi butés à ce processus d’intégration, d’où la nécessité d’un accompagnement qui pourrait éventuellement leur faciliter l’appropriation des TIC. Toutefois, la tâche de l’accompagnement sera relativement ardue eu égard au fait que les enseignants ne rencontrent pas les mêmes difficultés liées à l’appropriation des TIC. Certains sont au stade d’ignorants, tandis que d’autres le sont moins. Il sera donc question de trouver une stratégie qui permettra de prendre en compte tous les cas, afin de proposer une formation qui subvient aux besoins de chacun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contexte 

 

L’intégration des TIC dans le système éducatif intervient dans un contexte d’expansion des TIC. Tous les domaines les utilisent. Pourquoi pas le système éducatif aussi ? Bien qu’il soit plus difficile d’en démonter l’impact dans le système éducatif que dans tous les autres domaines (sanitaire, industriel, commercial…). Mais, cette intégration  au Cameroun en particulier  connaît quelques difficultés, puisque intervenant dans un milieu non suffisamment préparé. On pourrait même être amenés à croire que les acteurs du système éducatif sont surpris par l’introduction des TIC auxquels ils doivent s’arrimer pourtant. Cependant, les réalités socio économiques du Cameroun ne sont pas en faveur d’une intégration harmonisée pour toutes les régions, puisque les difficultés rencontrées sont fonction de la zone géographique. Pour certaines, les difficultés résident en l’acquisition et à l’entretien d’infrastructures, pour d’autres, il s’agit d’un problème lié à l’absence des ressources humaines aptes à initier et mener l’intégration. Pour palier à ces problèmes, des stratégies de changement doivent être mises sur pied telles des sensibilisations pour lever les résistances, la conclusion des partenariats pour l’acquisition d’infrastructures,  la redéfinition des politiques, la formation des décideurs et des dirigeants d’établissement, la formation des enseignants etc. Ce dernier aspect est celui  ayant retenu notre attention. Et toutes ces mesures peuvent être regroupées dans ce qu’on pourrait appeler l’accompagnement du changement.

 

 

 

Problématique : Quelle stratégie de formation mettre en place pour lever les difficultés des  enseignants et les arrimer ainsi à l’utilisation des TIC en classe? Autrement dit, quelle   formation leur offrir et comment la déployer ?

 

 

 

MOTS CLES : Intégration ; Changement ; Accompagnement du changement; Plan de formation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1 : DEFINITION DES CONCEPTS

 

Les concepts dont la définition nous intéresse  pour une meilleure appréhension de notre sujet sont : Intégration ; Changement ; Accompagnement du changement; Plan de formation.

 

 

 

I.1. Intégration

L’intégration, dans un sens large se réfère, selon Legendre (1993), à l’« action de faire interagir divers éléments en vue d’en constituer un tout harmonieux et de niveau supérieur » (p. 732). D’après François Mangenot, dans Intégrer les TIC dans une perspective systémique, « l’intégration c’est quand l’outil informatique est mis avec efficacité au service des apprentissages ». Le concept de « technologies de l’information et de la communication » (TIC) fait référence aux équipements technologiques de type numérique  pouvant servir d’outils pédagogiques.  Ex. : Ordinateurs, serveurs, caméras numériques, caméras vidéo numériques, numériseurs, projecteurs, lecteurs de cédéroms, lecteurs de DVD, graveurs, imprimantes, modems, logiciels, etc. L’intégration des TIC dans le secondaire signifie une cohésion harmonieuse entre les TIC et tous les maillons intervenant dans la chaîne éducative d’un établissement afin de produire un enseignement et un apprentissage de meilleure qualité. Ainsi, chaque acteur d’un établissement devra être capable d’utiliser  les TIC de manière efficace et efficiente pour réaliser la tâche qui lui est attribuée.( Dias, 1999, p. 11) dit à ce propos que les technologies sont intégrées lorsqu’elles sont utilisées de manière continue pour soutenir et pousser plus loin les objectifs du programme et pour engager les élèves dans des apprentissages significatifs « (…) technology is integrated when it is used in a seamless manner to support and extend curriculum objectives and to engage students in meaningful learning ». Pour soutenir cette idée, d’autres auteurs tels que Hadley ;1993, Parks ;1994, Depover ;1996 estiment que pour parler d’intégration, les TIC devraient être utilisées de manière « quotidienne », « habituelle », « régulière » ou « fréquente ».

L’avis du ROCARE (2008) n’en est pas si éloigné, puisqu’il affirme qu’ « il ne s’agit pas simplement de faire entrer les ordinateurs dans les écoles sans que les pratiques pédagogiques changent. L’enjeu ici est surtout l’appropriation des technologies pour changer, voire améliorer les pratiques pédagogiques. L’Intégration des TIC à l’école pense- t-on pourrait être l’un des leviers de la transformation de l’acte éducatif.

Mais, qu’est-ce que l’intégration pédagogique ? Plusieurs auteurs procèdent par la négative pour tenter de cerner le phénomène de l’intégration des TIC. Ils expliquent que l’intégration des TIC, ce n’est pas seulement :

- placer les équipements dans les classes (Bray, 1999 ; Dockstader, 1999) ;

- aller au laboratoire 40 minutes par semaine (Dias, 1999) ;

- utiliser les ordinateurs comme une feuille d’exercice électronique ou une récompense pour les élèves qui ont terminé leur travail (Dias, 1999) ;

- utiliser des logiciels sans but précis (Dockstader, 1999) ;

- enseigner comment utiliser les TIC (Bailey, 1997).

Ce type de discours par la négative, sans vouloir en minimiser la valeur, ne permet pas de définir précisément ce qu’est l’intégration des TIC puisqu’il met plutôt l’emphase sur ce qu’elle n’est pas.

François Mangenot, (2000)  l’intégration des TIC dans une perspective systémique  propose tout de même la définition suivante : l’intégration, c’est quand l’outil informatique est mis avec efficacité au service des apprentissages. Parlant d’efficacité, un  rapport canadien (Bracewell & alii, 1996) souligne que les TIC peuvent servir aux enseignants soit à faire mieux ce qu’ils font déjà, soit à faire des choses différentes, les deux approches étant pertinentes au plan pédagogique. Rappelons-le, il ne s’agit pas d’une intégration physique qui consiste à mettre à la disposition des acteurs du système éducatif des dispositifs technologiques dont il peut occasionnellement se servir, mais il s’agit plutôt d’une intégration pédagogique qui prône une utilisation effective et régulière des outils technologiques en présence.

 

 

 

I.2. Changement

 

 

 

Le changement selon  Philibert de Divonne est un processus de passage d’un état A vers un état B. parler d’un changement dans le système éducatif camerounais suppose le passage de l’état de non utilisation ou de la mauvaise utilisation des TIC dans les établissements à un état de déploiement systématique des TIC pour toutes les activités tant scolaires qu’extrascolaires.

 

Puisque les acteurs n’ont pas n’ont pas été suffisamment préparés à ce changement ils ont donc besoin d’être accompagnés dans ce processus d’intégration des TIC.

 

 

 

 

 

I.3. Accompagnement du changement

 

 

 

L’accompagnement du changement c’est le processus qui vise à encadrer les acteurs du système éducatif afin de favoriser une rapide et excellente appropriation des TIC. Il s’agit donc d’apporter  un soutien, une assistance à tous ceux qui en manifestent le besoin, pour faciliter le processus d’intégration des TIC dans un système et notamment celui camerounais.

 

Il peut consister en une assistance-conseil, une assistance-expertise, une assistance -formation de tous les acteurs de la chaîne éducative.

 

 

 

I.4. plan de formation

 

Le plan de formation c’est l’ensemble des étapes et des activités à mener pour le bon déroulement d’une formation. Il sera question ici pour nous de présenter toutes les phases que nous envisageons mettre en place pour assurer une formation qui puisse avoir des retombées positives sur les enseignants, afin que ces derniers puissent être à même d’utiliser les TIC en classe sans préjugés. Il s’agit donc de déployer une stratégie de prise en main des enseignants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1ère Partie : LE POINT SUR L’INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION ET L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT.

 

La deuxième partie de notre travail divisée en quatre chapitres, abordera tour à tour  la notion d’intégration des TIC dans le système éducatif (chapitre I), notion préalable sans laquelle on ne saurait parler d’accompagnement ; les changements qui pourraient subvenir dans le système éducatif à la suite d’une intégration (chapitre II) ; les difficultés concrètes d’intégration des TIC dans un système et notamment le système éducatif camerounais (chapitre III) ; et enfin  la notion d’accompagnement du changement elle-même (chapitre IV).

 

 

 

 

 

Chapitre 2 : INTEGRATION DES TIC DANS L’EDUCATION

 

            Nous aborderons dans cette partie, les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif, les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif, les modèles d’intégration ou d’appropriation des TIC par les enseignants, les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif.

 

 

 

I.2.1. Les méthodes d’intégration des TIC dans le système éducatif

 

 

 

Il ressort des écrits de Christian Depover dans le chemin de l’école croisera-t-il un jour celui des nouvelles technologies ? qu’il existe deux principales manières d’intégrer les TIC dans un système : le top-down  et le bottom-up.

 

Le top-down ou approche descendante est une technique d’intégration qui fait intervenir des décisions politiques pour initier l’intégration. Les décisions sont prises par la hiérarchie et font l’objet de décrets définissant ses modalités d’application sur le terrain. De prime abord, on serrait tenté de dire que c’est la meilleure approche d’intégration, puisqu’elle vise le changement de tout le système éducatif dans son entièreté, et semble de ce fait plus apte à entraîner des modifications au sein du curriculum puisque se fondant sur une décision centrale imposable à tous. Mais dans les faits, cette approche se heurte rapidement à la résistance des enseignants de terrain  qui, de part leurs pratiques  refusent de légitimer un outil technologique dont les apports aux disciplines restent  encore largement à démontrer. Ainsi, les enseignants se liguent contre un projet qui leur est imposé et dans lequel à priori ils ne trouvent aucun intérêt.

 

Le bottom-up ou approche ascendante est la technique d’intégration par laquelle l’initiative d’intégration des TIC dans le système et notamment dans  un établissement est le fait des enseignants eux-mêmes. Cette approche se caractérise par la conception par les enseignants de projets innovants, dans le but d’utiliser les TIC en classe et d’inciter leurs élèves à les utiliser également. Ces projets sont ceux qui ont une chance de succès, s’ils étaient entrepris par tous les enseignants au même moment. A ce sujet, D Cavallo dans

 

Models of growth – towards fundamental change in learning environments  publié dans BT Technology Journal • Vol 22 No 4 • October  2004 (p.100)   affirme que  l’une des caractéristique d’un environnement fertile au changement est le fait que les initiatives doivent surgir de la base «  bottom-up and emergent   large-scale growth comes from the basis of many little contributions ».

 

Mais, le fait qu’il ne  s’agisse que d’initiatives personnelles et éparses, celles-ci ne sauraient embraser tout le système, puisque tous les enseignants n’ont pas la même motivation à utiliser les TIC en classe. Des projets dispersés ne sauraient donc avoir un quelconque impact sur le curriculum de manière à le modifier.

 

La politique camerounaise semble être à cheval entre les deux approches, dans la mesure où, la hiérarchie éducative promeut une intégration des TIC dans le système éducatif, mais faute de moyens adaptés à cette politique, une méthode palliative semble être mise en place pour inciter les enseignants à être les acteurs prioritaires de cette intégration à travers leur implication personnelle.

 

De ce qui précède, nous  retenons qu’on peut intégrer les TIC dans un système en commençant soit par le sommet, soit par la base. Cette intégration permet-elle toujours d’atteindre le but escompté ? D’où la nécessité de nous pencher sur les niveaux d’intégration.

 

 

 

I.2.2. Les niveaux d’intégration des TIC dans le système éducatif

 

Dans la thèse de Doctorat de Carole Raby publiée dans la revue edutice-00000750, version 1 du 29 Novembre 2004 abondamment exploitée  plus loin, Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux (1991) expliquent qu’il existe deux types d’intégration de l’ordinateur à la pédagogie : l’intégration physique et l’intégration pédagogique.

 

Par rapport à  l’intégration physique, ils affirment qu’elle : (…) consiste à placer les équipements technologiques à la disposition des enseignants et des élèves et à amener ces deux groupes à s’en servir occasionnellement en vue de répondre aux demandes pédagogiques ponctuelles du milieu (p. 249). Et Bray (1999, p. 15) dans la même lancée, affirme cependant que : « simplement placer les technologies dans la classe ou dans le laboratoire d’informatique ne signifie pas que les enseignants sauront comment les utiliser ou que le curriculum sera amélioré par leur présence »Simply placing technology in classrooms or computer labs does not mean that teachers will know how to use it or that the curriculum will be better for its presence»). Ainsi,  selon de nombreux auteurs (Lauzon, Michaud et Forgette-Giroux, 1991 ; Depover et Strebelle, 1996 ; Dias, 1999), l’intégration physique est incontournable (puisqu ’elle est un préalable), mais c’est l’intégration pédagogique qui devrait plutôt être visée par l’implantation des TIC. IsaBelle (2002) précise en ce sens : « en milieu scolaire, l’aspect pédagogique des TIC constitue la pierre angulaire de la réussite ou de l’échec de leur intégration » (p. 9). Pour lui donner une définition, nous pouvons dire que c’est le fait d’utiliser les TIC dans le processus d’enseignement apprentissage.

 

L’intégration des TIC dans un système peut demeurer au niveau physique ou évoluer vers le niveau pédagogique, tout dépendant de l’appropriation ou non de ces TIC par les enseignants. Ce qui nous conduit à évoquer quelques modèles d’appropriation des TIC par les enseignants.

 

 

 

I.2.3. Les modèles d’intégration ou d’appropriation des  TIC par les enseignants

 

Les éléments de cette partie sont tirés de la  thèse de doctorat de Carole Raby de juillet 2004, p.20-41, publiée dans la revue edutice, volume 00000750, version 1, du 29 novembre 2004.

 

Comme nous l’avons dit plus haut, l’intégration des TIC a pour objectif principal que les enseignants se les approprient, en vue de l’amélioration de la qualité du processus enseignement apprentissage dans le secondaire. Mais, il faut noter que pour que cette intégration ait lieu, les acteurs du système éducatif doivent subir certaines transformations, ou mieux, traverser certaines étapes. Vu sous cet angle, l’intégration des TIC ne serait donc pas un état de fait mais plutôt un processus  s’échelonnant sur une période. Donc, ce processus est évolutif, partant de la non utilisation « non user » à une utilisation exemplaire « expert user » des TIC. C’est ainsi que plusieurs chercheurs se sont attelés à identifier les phases par lesquelles passent  les enseignants pour intégrer les TIC dans un établissement scolaire. Nous présenterons ici quelques uns de ces modèles et leurs caractéristiques.

 

 

 

 

 

 

 

A.    Le modèle de Moersch (1995,2001)

 

Moersch définit sept niveaux par lesquels passe un enseignant qui veut intégrer les TIC en classe.

 

-         Le niveau zéro (0) représente la non utilisation, qui est une étape pendant laquelle l’enseignant perçoit le manque d’accessibilité et de temps comme des freins à l’utilisation des TIC.

 

-         La sensibilisation (1) est l’étape où l’enseignant peut être en contact indirect avec les TIC présentes dans son environnement.

 

-         L’exploration (2) est la phase pendant laquelle l’enseignant emploie les TIC comme complément à son enseignement lors d’activités de renforcement, d’enrichissement ; engageant ainsi ses élèves dans l’utilisation des TIC.

 

-         L’infusion (3) pour sa part, est l’étape où l’enseignant utilise les outils technologiques de manière ponctuelle, lors d’activités pédagogiques pour faciliter le traitement de l’information, résoudre des problèmes et prendre des décisions.

 

-         L’intégration (4)  constitue un moment crucial, difficile à franchir car ici, l’enseignant implique ses élèves et a recours aux TIC pour identifier et résoudre les problèmes liées à un thème (bases de données, traitement de texte, feuille de calcul, télécommunication, multimédia).

 

-         L’expansion (5)  quant à elle est la phase où l’utilisation des TIC permet à l’enseignant d’entrer en contact avec l’extérieur.

 

-         Le raffinement (6) suppose le moment où l’enseignant utilise les TIC pour permettre aux élèves de rechercher l’information, de trouver des solutions et de développer un résultat en rapport avec les problèmes réels et surtout avec leurs intérêts propres.

 

* Critique du modèle de Moersch

 

-Un enseignant qui doit utiliser les TIC pour enrichir ses enseignements ne saurait en même temps être placé au stade de la « sensibilisation », où il n’est pas sensé être en contact indirect avec les TIC.

 

- Ce modèle apparaît linéaire et présuppose donc que le parcours de tous les enseignants est similaire, c’est-à-dire que les enseignants traversent tous les niveaux  et selon l’ordre proposé.

 

 

 

B.     Le modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer (1997)

 

Sandholtz et ses collègues proposent un modèle en cinq stades. Selon eux, l’enseignant passe du stade de l’ « entrée »  où il se familiarise avec les TIC placées dans sa classe, au stade de l’ « adoption » où il utilise les TIC pour des exercices répétitifs en vue d’appuyer l’enseignement. Vient ensuite le stade de l’ « adaptation » pendant lequel l’enseignant se sert des TIC  fréquemment pour gérer la classe et pour tester de nouvelles techniques pédagogiques. Suit le stade de l’ «appropriation » durant lequel il modifie ses méthodes d’enseignement pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences chez les élèves. Au dernier stade, celui de l’ « invention », l’enseignant adopte de nouvelles méthodes d’enseignement centrées sur la construction des connaissances, la résolution des problèmes, la pensée critique, qui mettent en évidence toutes les potentialités des TIC.

 

* Critique du modèle de Sandholtz, Ringstaff et Owyer

 

Ce modèle est plus général mais est lui aussi linéaire. De plus, ce modèle  suggère qu’avec  l’intégration des TIC, l’enseignant  doit nécessairement transformer  ses méthodes d’enseignement. Alors, comment se déroulerait le processus d’intégration des TIC chez un enseignant novice à l’intégration des TIC ?

 

 

 

C.    Le modèle de Morais (2001)

 

Ce modèle définit deux phases à l’intégration pédagogique des TIC. La première : l’ « initiation » qui est subdivisée en deux étapes à savoir la « pertinence » : période pendant  laquelle l’enseignant se demande si les TIC peuvent améliorer ses pratiques pédagogiques. Une fois convaincu de l’influence positive que les TIC peuvent avoir sur ses pratiques pédagogiques, il fait face à des  sentiments d’anxiété, de  « peur », d’incertitude et d’insécurité liés au changement.

 

La deuxième phase: l’  « utilisation » est quant à elle subdivisée en trois étapes à savoir l’ « utilisation personnelle » où l’enseignant utilise les TIC pour ses besoins personnels, excluant ses élèves ; l’ « utilisation professionnelle » pendant laquelle il y a recours  pour remplir ses fonctions de nature administratives. Ce n’est qu’à l’étape de l’ « utilisation pédagogique » qu’il les fait intervenir pour  améliorer l’enseignement et l’apprentissage de ses élèves qui se retrouvent de ce fait inclus. Pour Morais, l’enseignant doit suivre systématiquement et progressivement les cinq étapes pour accéder à une utilisation pédagogique des TIC.

 

* Critique du modèle de Morais

 

Ce modèle est lui aussi linéaire, et  ne définit pas clairement les étapes que traverse un enseignant lorsqu’il progresse vers une utilisation exemplaire des TIC.

 

Ces trois modèles incomplets mais complémentaires ont permis à Carole Raby d’établir un modèle synthèse représentant le processus d’intégration des TIC.

 

 

 

D.    Le modèle -synthèse de Carole Raby (2004)

 

Ce modèle se fonde sur les trois précédents et illustre un processus menant de la non utilisation des TIC à une utilisation exemplaire, en quatre stades. La « sensibilisation », l’ « utilisation personnelle », l’ « utilisation professionnelle », l’ « utilisation pédagogique ». A la « sensibilisation »,  l’enseignant est en contact indirect avec les TIC qui sont présentes dans son environnement personnel et/ou professionnel. Il côtoie dans son entourage des personnes qui s’en servent et les apprécient. Il est sans doute judicieux de préciser que le stade de « sensibilisation » sera suivi soit par l’ « utilisation personnelle », soit par l’ « utilisation professionnelle », ou encore par  l’ « utilisation pédagogique » en fonction des motivations pédagogiques qui poussent l’enseignant à suivre son processus d’intégration des TIC. Ce qui signifie que ces stades ne se succède pas forcément l’un à l’autre. Ils peuvent se chevaucher et même se dérouler simultanément, la base pour tous étant la « sensibilisation ».

 

Lors de l’ « utilisation personnelle », l’enseignant passe par trois étapes : la motivation  initiée par la curiosité ou le besoin  qui pousse l’enseignant à vouloir utiliser les TIC; la familiarisation, phase pendant laquelle il apprend à maîtriser les rudiments techniques c’est-à-dire une connaissance de base de certains logiciels (s’il est d’abord passé par une autre phase telle l’ « utilisation professionnelle », il traversera plus rapidement cette phase de familiarisation ou même l’évitera) ; l’ exploration-appropriation où l’enseignant recherche des informations sur des sujets d’intérêt personnel, se sert des TIC pour communiquer, pour produire des documents en lien avec ses besoins personnels.

 

Lors du stade de l’ « utilisation professionnelle », l’enseignant traverse l’étape de motivation, puis celle de familiarisation plus ou moins longue et intense selon sa motivation et son expérience antérieure avec les TIC. Notons qu’une motivation personnelle (curiosité ou besoin) permet plus facilement de traverser la familiarisation qu’un sentiment de contrainte (exemple, le chef d’établissement lui impose  de s’en servir pour une présentation : il sera confronté à une anxiété, une peur, une insécurité face à ce nouveau défi) ; et passe directement à l’étape suivante, celle de l’exploration-appropriation où il utilise les outils technologiques pour rechercher des informations d’ordre professionnel( à l’aide d’ Internet), communiquer et échanger des ressources pédagogiques avec ses collègues, communiquer avec des parents via l’e-mail, produire des documents ayant trait à sa profession.

 

Lors du dernier stade : l’ « utilisation pédagogique », l’enseignant utilise les TIC à des fins éducatives (lors d’activités incluant les élèves à l’enseignement apprentissage). Il amène même ses élèves à les utiliser en classe. Ce stade regroupe cinq étapes qui ne sont ni mutuellement  exclusives ni obligatoires. Il s’agit donc de la « motivation », la « familiarisation », l’ « infusion », l’ « exploration »,  l’ « appropriation ». Ainsi, un enseignant qui se retrouve à la quatrième étape du stade d’utilisation pédagogique peut avoir recours à des activités des étapes inférieures. Il n’est donc pas obligé de traverser toutes ces étapes. Ce stade commence par la curiosité, le  besoin pédagogique  ressenti par l’enseignant. Ici aussi, il passera très vite l’étape de familiarisation, selon sa source de motivation et son expérience. Toutefois, un enseignant qui éprouve le besoin d’utiliser les TIC  pour ses enseignements, sans  au préalable passer par l’utilisation personnelle ou professionnelle, traversera une familiarisation longue et pénible. Puisqu’ il apprendra lentement à maîtriser les rudiments techniques, ajouté à cela ses peurs, ses interrogations sur la pertinence des TIC, renforcé par le manque de temps et les difficultés d’accessibilité. A l’exploration, l’enseignant utilise les TIC pour enrichir son enseignement et donc il les utilise pour renforcer un concept enseigné en classe (exercice sur une notion de grammaire, visionnement d’un document multimédia, écoute d’un livre informatisé etc.) A l’étape de l’infusion, l’enseignant implique ses élèves dans une utilisation ponctuelle et isolée des TIC pour développer des compétences disciplinaires et  de poursuivre le développement des compétences transversales liées aux TIC. A la dernière étape, l’appropriation l’enseignant et ses élèves utilisent fréquemment les TIC  dans un cadre d’apprentissage actif et significatif. Exemple : approche par projets (modérer les communications par courrier électronique des élèves pour en tirer un élément d’information nécessaire à la réalisation du projet), approche coopérative (produire un journal informatisé pour un concours en se servant d’un logiciel de traitement de texte, de dessin), résolution de problèmes.

 

Si les enseignants s’approprient les TIC, l’intégration pédagogique pourra être atteinte. Toutefois ce processus d’appropriation des TIC par les enseignants se trouve parfois perturbé par de nombreux obstacles liés à des raisons diverses.

 

 

 

I.2.4. Les obstacles à l’intégration des TIC dans le système éducatif

 

D’abord, nous nous pencherons sur les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde en général, ensuite nous nous attellerons à présenter des obstacles communs aux pays en développement notamment Africains, et enfin nous nous attarderons sur les obstacles propres au contexte camerounais.

 

 

 

 

 

 

 

a)      Les obstacles à l’intégration des TIC dans le monde

 

L’article  Les TIC à l’école : proposition de taxonomie et analyse des obstacles à leur intégration (p. 11-15) de Robert Bibeau, publié dans la revue de l’Association Enseignement Public et Informatique (EPI) identifie six problèmes particuliers, mais mentionne tout de même que « le soutien pédagogique et technique et la formation continue des enseignants constituent encore et toujours la difficulté majeure ». Il note également au passage « l’insuffisance relative en quantité, en qualité et en pertinence des ressources et des contenus numériques éducatifs ».

 

Les six problèmes en question sont :

 

  • le manque de fonds suffisants pour les technologies

L’acquisition d’applications et de contenus numériques entraîne des coûts récurrents qui peuvent devenir difficiles à supporter par les commissions scolaires. L’achat de logiciels outils, d’applications éducatives, de systèmes d’exploitation, la  libération des droits pour l’utilisation d’œuvres protégées est une entrave financière à l’intégration des TIC. Ici, la solution serait l’acquisition de logiciels libres qui sont en nombre réduit et couvrent d’ailleurs imparfaitement les besoins.

 

  • Le développement et la mise à jour de banques de ressources numériques

Les contenus éducatifs sur Internet  ne sont pas régulièrement revisités et ne sont mis à jour que sporadiquement. La solution serait une mise à jour régulière.

 

  • L’indexation normalisée et la diffusion des ressources numériques
    Il est souvent difficile pour les élèves et les enseignants de trouver ce qu’ils cherchent sur Internet. « Pour certaines disciplines, les informations sont relativement nombreuses, mais disparates et mal indexées (…)». la solution serait un traitement documentaire et un catalogage.
  • La qualité et l’évaluation des ressources numériques éducatives

La qualité et la validité des contenus numériques qui sont offerts sur le Web sont fortement critiquées par les enseignants. Puisque  n’importe qui peut publier n’importe quoi sur Internet. Tous ne prennent pas la peine d’indiquer leurs sources, si bien que l’élève ne sait plus ce qui constitue une information valide, de qualité, et ce qui constitue une désinformation. La solution serait d’outiller l’élève quant à l’évaluation de la pertinence et de la crédibilité des informations disponibles sur Internet.

 

  • Utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur
    Très souvent, des éducateurs soulignent leur ignorance face aux dispositions qui régissent le droit d’auteur sur Internet. A défaut de connaître et de comprendre la loi sur les droits d’auteur et devant le risque de poursuite judiciaire, les enseignants refusent l’accès à Internet à leurs élèves. Des campagnes d’information sur les droits et obligations du milieu éducatif doivent être envisagées.
  • Sécurité de navigation et contenus licencieux

Les adultes craignent que les élèves soient exposés à des images pornographiques, violentes ou inconvenantes en naviguant sur le Web. Pour cela, des filtres de navigation peuvent être implantés et les élèves formés à une bonne conduite.

 

 

 

b)     Les obstacles à l’intégration des TIC en Afrique

 

Evarariste Zongo, 2004, l’observateur paalga,  Questions et défis de l’intégration des TIC dans l’éducation en Afrique) énumère quelques causes à la difficile intégration des TIC en Afrique : la  résistance culturelle à adopter de nouveaux comportements ; les coûts très élevés des équipements ;  les problèmes d’accès au réseau ; le manque d’infrastructures telle l’énergie ;  le manque de politiques cohérentes en matière de TIC.

 

 

 

c)      Les entraves à l’intégration des TIC en  classe au Cameroun

 

Les effectifs pléthoriques : une application qui doit être exécutée simultanément se trouvent ralentie car le poste est partagé par plusieurs élèves. Toutefois, le problème des effectifs peut être résolu par l’utilisation d’un vidéo projecteur qui permettra de captiver l’attention de tous les élèves en même temps, les faire participer,  favoriser ainsi l’interactivité ; la non maîtrise de l’usage pédagogique des TIC et de l’outil informatique par les enseignants qui rend problématique leur utilisation en classe ; la maintenance du matériel informatique pose problème car lorsque les équipements tombent en panne, et  ne sont pas très vite pris en charge, ils sont voués à l’abandon, ce qui  réduit la progression des enseignements car il faut attendre que ceux qui n’ont pas de machines aient leur tour d’exécution; l’ignorance des enseignants qui ne connaissent pas toujours quels sont les logiciels adaptés à leur discipline, et quand bien même ils les connaîtraient, ils ne les maîtrisent pas totalement ; Ils ont également des problèmes de gestion du temps et du contenu ; il est difficile de modifier les habitudes et les façons de travailler, ancrées depuis longtemps ; il faut noter aussi le manque de motivation de la part des enseignants qui se demandent pourquoi se donner tant de mal.

 

Toutes ces difficultés sont dues au manque de formation des enseignants, au nombre insuffisant d’ordinateurs pour les élèves, voire nul pour les enseignants, au manque de temps des enseignants (emplois de temps chargés, et risque de ne pas achever les programmes, …), du manque d’intérêt et de volonté (les enseignants ont d’autres préoccupations). D’où la citation de Marcel Lebrun (2004) qui résume bien l’essentiel de la problématique : « L’importance de l’information, du support technique et du soutien pédagogique aux enseignants est une priorité pour que les technologies catalysent réellement un renouveau pédagogique. Sans cela, les nouvelles technologies permettront au mieux de reproduire les anciennes pédagogies. En d’autres mots, cela convient à dire que si les enseignants ne sont pas formés à ces technologies, dans bien des cas, ils risquent tout simplement de perpétuer les méthodes traditionnelles en utilisant un nouveau médium ».

 

Notons que l’intégration des TIC tant souhaitée dans le système éducatif provoquera forcément des changements si elle est réussie.

 

 

 

Chapitre 3 : LES CHANGEMENTS SUBSEQUENTS A L’INTEGRATION

 

 

 

            Dans le but d’élucider les changements pouvant subvenir à la suite de l’intégration des TIC dans le système éducatif, nous aborderons les types possibles de changement, ce qui pourrait provoquer un changement, les niveaux pouvant être atteints par ce changement, les changements conséquents à l’intégration, et les obstacles pouvant entraver le changement.

 

 

 

I.3.1. Les types de changement

 

Pour s’arrimer à l’ère technologique et ne pas être à la traîne du développement, les acteurs du système éducatif se doivent d’opter pour le changement, en vue d’améliorer les performances scolaires. Ce changement implique une révision des attitudes des acteurs du système éducatif, révision qui prendra en compte la nouvelle composante : les TIC.  Philibert de Divonne distingue ainsi deux types de processus interdépendants de changement:

 

Le changement organisationnel qui est le processus par lequel une organisation, un service …s’adapte en continu ou par rupture, sous la contrainte ou par anticipation, aux évolutions de son environnement. Et dans ce cas, l’action à mener pour parvenir à un changement est appelée conduite ou pilotage du changement, qui consiste à partir de la perception d’un problème d’organisation, à la définition d’un cadre d’actions qui permet l’élaboration, le choix et la mise en œuvre d’une solution dans les conditions optimales de réussite. Conduire le changement exige de faire appel aux outils de pilotage par projet, c’est-à-dire considérer le changement comme un projet à réaliser, et se donner les moyens pour y parvenir.

 

Le changement individuel  quant à lui est un processus psychologique d’apprentissage pouvant être appréhendé comme une adaptation des comportements individuels à un nouveau contexte. Pour que ce processus réussisse, un encadrement particulier doit être accordé : c’est l’accompagnement du changement. La somme des changements individuels entraîne l’évolution de l’organisation.

 

Notons que pour réaliser le changement organisationnel qui rappelons-le est le but de tout changement, il faut nécessairement réussir le changement individuel qui donnera l’opportunité à chaque membre de l’organisation de se sentir concerné et impliqué dans le processus du changement organisationnel envisagé. Mais alors, qu’est-ce qui pourrait justifier le désir de voir changer un système ?

 

 

 

I.3.2 Les raisons du changement dans le système éducatif

 

Le développement rapide des technologiques a joué un rôle important dans la  marche du monde, tous les domaines de la vie ont été embrasés par TIC,  au point où on ne saurait plus les éviter. Tant les domaines commercial, sanitaire, managérial, administratif, Sportif, qu’industriel, architectural n’ont pas été épargnés. Le système éducatif n’ayant pas la prétention d’être du reste, a lui aussi opté pour une modernisation fondamentale de ses méthodes. Ce, afin de permettre une nette amélioration de la qualité et de la quantité des rendements scolaires. Nous pouvons donc retenir comme raisons à l’adoption des TIC par le système éducatif en général que :

 

-          Aucun domaine, aucun secteur de la vie ne pourra évoluer au 21ème siècle sans les TIC. Le système éducatif doit donc être en phase avec la marche du monde en s’ y arrimant.

 

-          Faire de chaque homme un citoyen du monde  est et a toujours été une préoccupation de l’éducation. Car l’analphabète du 21ème siècle sera celui qui n’a pas  de compétences  en matière des TIC.

 

Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la quantité des produits scolaires est un souci permanent de l’éducation, même si l’impact des TIC dans l’éducation est plus difficile à  démontrer que dans les autres  domaine, notamment sanitaire par exemple. Ce qui est confirmé par Sasseville et Karsenti, (2005)  « Il n’existe pas de véritable consensus sur l’impact pédagogique et la pertinence de l’utilisation des TIC en classe. » Ce changement peut se limiter à un niveau ou être entier.

 

 

 

I.3.3. Les différents niveaux du changement

 

Philibert de Divonne distingue deux niveaux de changement :

 

- Le changement de niveau 1 : est une modification de certains facteurs à l’intérieur d’un système qui demeure relativement stable. Si au cours du changement il survient des conditions défavorables, le changement de niveau 1  peut générer des phénomènes d’autorégulation en vue d’assurer la pérennité du système déjà existant, évitant ainsi le changement.

 

- Le changement de niveau 2 : est une modification qui affecte le système lui-même et dans son entièreté, l’amenant ainsi à se mouvoir. Selon le niveau du changement, l’impact dans le système éducatif sera  soit mineur, soit majeur. Le but étant d’atteindre le niveau 2. Une implication réussie des TIC dans l’éducation provoquerait forcément  certains changements.

 

 

 

I.3.4. Les  changements occasionnés par  l’intégration des TIC

 

Les changements occasionnés par l’intégration des TIC dans le système éducatif consistent prioritairement en un bouleversement dans les habitudes, une modification des curricula, une amélioration des rendements, un gain de temps, une gestion de qualité.

 

  • le bouleversement des habitudes

Faouzia  Messaoudi dans son article intitulé  Réussir l’intégration des TICE au Maroc : regard sur le déploiement de la stratégie nationale GENIE  publié dans CEMAFORAD en son volume 4 à Strasbourg en 2008 affirme que : « l’intégration des TICE requiert de la part des enseignants un changement dans les pratiques et attitudes ». Et selon Charlier, B. (1998) dans  apprendre et changer sa pratique d’enseignement : expériences d’enseignants, « le changement en question peut concerner, ses routines, ses décisions de planification ou ses connaissances ». Fullan (1998) The new meaning of educational change, quant à lui, dans son analyse de la mise en place de changements en éducation, estime que : « tout acteur de changement doit s’assurer du soutien et/ou de la participation de l’institution ; de travailler en équipe ; d’accepter la diversité et de revoir régulièrement ses idées ». Donc, on peut retenir que :

 

-les techniques pédagogiques s’en trouvent modifiées, en ce sens que l’enseignant n’est plus le centre du processus enseignement / apprentissage car désormais il y a prise en compte d’un élément nouveau : les TIC avec lesquels il doit concilier. L’apprenant n’est plus un réceptacle, il est désormais capable et autorisé à construire ses propres savoirs sous le tutorat de son guide.

 

-les outils pédagogiques sont améliorés, voire même modifiés .On partira par exemple du tableau noir au vidéo projecteur ; du livre à l’ordinateur portable etc.

 

-les attitudes pédagogiques changent également. L’enseignement n’est plus un dogme mais un espace interactif. De ce fait l’enseignant n’est plus considéré comme le seul dépositaire du savoir, mais plutôt comme un tuteur, un encadreur, un facilitateur.

 

  • Le curriculum éducatif subit du fait de la présence de ces nouveaux outils un changement dans le but de les adopter et de s’y adapter. Enseigner sans les TIC impose un contenu fixe et précis, mais enseigner avec les TIC exige un contenu autre, ou du moins que celui qui existait déjà soit revisité afin de prévoir et de l’adapter à l’usage des TIC. Par exemple, une leçon qui était faite sur une notion et qui ne permettait que des abstractions représentables au tableau noir au prix de nombreux et fastidieux efforts, pourra désormais être modifiée en incluant une application rapide et brève sur ordinateur pour représenter en image ou en son la notion en question. Et pour cela, l’enseignant aura au préalable préparé sa leçon en tenant compte de ce fait et en recherchant des illustrations adéquates. Ce qui l’amène à modifier le contenu du curriculum.
  • De meilleurs rendements scolaires, puisque les TIC permettent aux élèves de manipuler eux-mêmes, il n’y a pas meilleure méthode que d’apprendre en pratiquant (apprentissage par essais d’erreurs). Il est certes vrai qu’on ne peut pas établir clairement le lien qui existe entre les TIC et l’amélioration des rendements scolaires, mais toujours est-il que beaucoup de points de vue s’accordent sur le fait que ces outils ont une contribution non négligeable dans l’amélioration des performances scolaires. Constat qui est plus facile à relever dans d’autres domaines.
  • Une économie de temps, les tâches jadis effectuées manuellement sont désormais facilitées par les TIC. Ces outils ont une performance et une vitesse inestimables, permettant du même coup à l’enseignant d’optimiser son temps de travail et d’accroître ses rendements.
  • Une gestion de qualité, en ce sens que les TIC favorisent une rapide et claire visibilité sur l’ensemble des activités. Une vue sur l’ensemble des maillons d’un système favorise de meilleures décisions.

Toutefois, ces changements escomptés font face à de nombreux obstacles qui entravent considérablement leur atteinte.

 

 

 

I.3.5. L’obstacle principal au changement : la résistance.

 

La résistance face à une action de changement ne doit pas être comprise comme une inertie visant à bloquer l’évolution, mais comme une phase de maturation nécessaire dont on ne peut faire l’économie ; car les individus ont besoin de comprendre les changements qui les concernent avant d’agir en conséquence .C’est l’opinion de Philibert de Divonne. Carr (1996), dans la même lancée, dit qu’ « un  principe de l’approche systémique est  l’effet qu’un système tend à se perpétuer lui-même ». Aussi, lorsqu’un élément nouveau y est introduit (par exemple, un laboratoire d’ordinateurs est installé dans une école), le milieu tendra à rechercher le même fonctionnement qu’avant l’arrivée de cet élément, de manière à ne pas se modifier lui-même (les mêmes pratiques d’enseignement utilisées sans les ordinateurs seront appliquées). Des efforts particuliers pour modifier divers éléments du système doivent donc être entrepris (par exemple, dans ce cas-ci, en offrant notamment de la formation à de nouvelles approches pédagogiques,). Ce qui explique le fait que par nature, les individus sont réfractaires à tout changement, quel qu’il soit. Ce n’est qu’après une phase de maturation qu’ils s’y adaptent. Rappelons le, il ne s’agit pas de faire prendre aux technologies un rôle plus actif dans l’école, mais plutôt que les personnes qui les utilisent modifient leur perception face à celles-ci et face à leur propre rôle dans l’école.

 

Selon Kanter (1985), les « récepteurs » résistent au changement pour des raisons sensées et prévisibles telles que :

 

  • La perte de contrôle les individus craignent que le changement qui s’opère ne vienne leur ravir la vedette et qu’ils n’aient plus aucune maîtrise sur les activités qu’ils semblaient contrôler.
  • La trop forte incertitude le manque d’information sur les étapes suivantes ou sur les actions futures cantonne les individus dans une situation d’insécurité par rapport au changement qui s’opère.
  • Le manque d’information lorsque les décisions sont imposées et exposées aux individus sans préparation ni concertation, ces derniers n’y adhèrent pas forcément.
  • Les coûts de confusion quand il y a trop de choses qui changent simultanément, les routines qui sont interrompues. Ce qui met les individus dans une situation de confusion où ils ne savent plus quoi faire.
  • Le sentiment de perdre la face quand la nécessité de changer donne aux gens le sentiment qu’ils sont stupides par rapport à leurs actions passées, surtout envers leurs pairs. Et donc pour préserver leur image, ils résistent à ce changement. Ces quelques exemples présentent les causes multiples qui sont à l’origine de la résistance au changement des individus. Toutefois, cette résistance peut prendre plusieurs formes.

Les formes de résistance au changement

 

Dans son ouvrage intitulé « Eloge du changement », Carton (1997 p.51)  a tenté de catégoriser les formes de résistance. Il a suggéré et définit  quatre formes principales de résistance : l’inertie, l’argumentation, la révolte ou le sabotage.

 

  • L’inertie consiste en une absence de réaction au changement. Les personnes manifestant l&rsqu